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26 Fév 2008

Lutte contre l’échec scolaire : la fin de la discrimination positive ?

Argent-enfantNe dites plus discrimination positive, dites encadrement différencié et renforcé. A partir de la rentrée 2009, les écoles seront financées selon le type d’élèves qui la fréquentent

Définition de la discrimination positive

Apparu le 30 juin 1998, un décret « visait à assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale, notamment par la mise en œuvre de discriminations positives« . Les écoles étaient définies telles en se basant sur les caractéristiques socio-économiques des quartiers dont sont issus les élèves qui fréquentent les écoles visées. Il s’agissait principalement d’ « aides à accorder à des établissements ou implantations d’enseignement ordinaire fondamental et secondaire, susceptibles de promouvoir dans ces établissements ou implantations des actions pédagogiques destinées à assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale (art. 2)  » ((M DEMEUSE ; La politique de discrimination positive en Communauté française de Belgique : une méthode d’attribution des moyens supplémentaires basée sur des indicateurs objectifs ; Cahiers du Service de Pédagogie expérimentale – Université de Liège ; Janvier 2000.))

Financement différencié

40 millions d’euros s’ajouteraient à la manne des 20 millions d’euros déjà consentis pour la discrimination positive. Pour faire quoi ?

  1. Pour intégrer plus d’écoles dans le processus : 330 000 élèves, soit près de 40% des écoles qui seraient concernées, alors qu’on dépasse les 12% dans le système actuel de la discrimination positive. La priorité ira dans un premier temps à l’enseignement fondamental et au premier degré de l’enseignement secondaire. Une progression pour les écoles devra être constatée, mais pas d’obligation de résultats.
  2. Pour 1200 enseignants en plus qui viendraient renforcer les rangs … Sans savoir si ce sera pour réduire le nombre d’élèves par enseignant ou pour faire une pédagogie qui serait elle aussi différenciée, avec remédiation adaptée, etc. ?
  3. Pour 70 agents CPMS en plus

Globalement donc : plus de moyens pour plus d’écoles pour plus d’élèves … Le programme semble intéressant à première vue …

L’extension de la « D+ » pose question

Marie Arena a donc rejoint les propositions des autres partis pour un financement différencié des établissements scolaires. L’opposition (MR-Ecolo) s’interroge cependant toujours sur les modalités de ce financement : Marcel Cheron estime qu’en passant d’un critère territorial (voir plus haut) à un critère basé sur l’indice socio-économique de l’élève, on n’élimine toujours pas les incertitudes des seuils de financement (cela risque d’éliminer certains écoles d’une année à l’autre). M. Borus se demande lui où Marie Arena va trouver les 40 millions d’euros supplémentaires et avec quel objectif seront engagés les 1.200 enseignants.

La Ministre de l’Enseignement répond en partie aux interrogations : en réduisant l’échec scolaire, des moyens additionnels seront dégagés et réinvestis dans le processus d’encadrement différencié pour en amplifier encore les effets (elle estime à 150 millions d’euros d’économie si le taux de redoublement diminue en Communauté française).

Question(s) naïve(s) pour conclure … : Est-ce que ce grand coup de reins qui commence à la rentrée 2009 visera à réduire, à moyen terme, ce pourcentage élévé de 40% d’élèves touchés par le décret afin de ne pas grever les budgets de la Communauté française ? Est-ce que les enseignants supplémentaires seront formés aux techniques spécifiques de remédiation ? Enfin: est-il normal que notre système scolaire génère autant d’élèves en nécessité de remédiation … ?

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