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29 Août 2010

CGSP : trois priorités pour revaloriser le métier

La CSC (chrétien) et la CGSP (socialiste) sont les deux syndicats les plus représentés dans le monde enseignant. Alors que se profile à l’automne un nouveau round de négociations sectorielles, Le Soir a demandé eux deux présidents leurs priorités pour revaloriser le métier d’enseignant. Pascal Chardome, le Président de la CGSP-Enseignement est le premier à ouvrir le bal.

Priorité n°1?: la formation

Pascal Chardome veut une réforme de la formation des profs. Il faut, dit-il, l’amener au niveau universitaire, c’est-à-dire au niveau du master, même si elle reste dispensée en haute école. « Il ne reste plus que trois pays en Europe où ce n’est pas le cas. La formation des enseignants en Communauté française est aujourd’hui totalement inadaptée à la réalité des écoles. En particulier en matière de gestion des conflits, de détection des difficultés des élèves ou de remédiation. » Et ce, souligne-t-il, alors que la lutte contre l’échec scolaire est devenue pour tout le monde une priorité.

La CGSP regrette qu’aucune discussion n’ait débuté sur cette question et se dit ouverte à tous les scénarios, notamment sur les modalités d’un allongement des études et sur leur contenu. Elle rejette en tout cas en bloc l’argument selon lequel des études plus longues risqueraient de décourager les vocations?: «?Il suffit de voir qu’en Scandinavie, la pénurie d’enseignant a quasiment disparu après que les études ont été rallongées. Ils en sont presque à devoir imposer un numerus clausus?! » Pour Pascal Chardome, il va de soi qu’une formation approfondie s’accompagnera d’une «?revalorisation pécuniaire et sociétale » de la profession d’enseignant.

Priorité n°2?: l’accompagnement des jeunes

«?Deux jeunes enseignants sur cinq quittent le métier avant de l’avoir pratiqué cinq ans », martèle le président de la CGSP-Enseignement qui ne comprend pas que le gouvernement n’ait pas encore pris le taureau par les cornes, depuis le temps que dure l’hémorragie. Pour Pascal Chardome, les négociations sectorielles prévues d’ici la fin de l’année seront l’occasion de remettre le sujet sur la table, en le liant à la question très sensible des prépensions.

On sait en effet que pour des raisons budgétaires, la ministre Simonet veut revoir – sinon carrément supprimer – le système dit des DPPR (entendez?: départs précédant la pension de retraite) qui permet aux enseignants de partir en prépension dès 55 ans à des conditions favorables. «?Ce sera le sujet qui fâche de la rentrée », prédit Pascal Chardome, pour qui il est hors de question de le supprimer.

En revanche, le syndicat socialiste est prêt à débattre de l’aménagement des fins de carrières et propose des pistes alternatives. Dont celle qui consisterait à permettre aux enseignants plus âgés d’alléger leurs horaires pour consacrer une partie de leur temps de travail à accompagner des profs débutants. Pour les aider à faire leurs premiers pas. Et amortir ainsi le choc de la confrontation à des classes difficiles dans lesquelles ils sont aujourd’hui lâchés sans filet.

C’est ce que certains appellent le tutorat ou le mentorat des jeunes enseignants par leurs pairs plus expérimentés. Une idée défendue par tous les partis politiques avant les dernières élections régionales, mais qui n’a pas avancé d’un iota depuis un an que le gouvernement est en place. Or, dit Pascal Chardome, «?on ferait d’une pierre deux coups. En rendant le début de carrière moins difficile et la fin de carrière moins pénible, on réduirait l’hémorragie d’enseignants là où elle est la plus importante, chez les plus jeunes et les plus âgés ».

Priorité n°3?: l’attractivité du métier

Comment rendre le métier d’enseignant plus attractif?? Au-delà des pistes déjà évoquées, Pascal Chardome pense qu’il s’agit surtout d’améliorer les conditions de travail. Une piste à suivre?: celle de l’encadrement différencié. «?Il faut poursuivre et amplifier ce système, qui permet à la fois de diminuer le nombre d’élèves par professeur dans les écoles difficiles et de recruter des professionnels pour assister les enseignants. » Educateurs, psychologues, logopèdes, assistants sociaux, médiateurs… Ce dont les écoles ont besoin. Mais dans l’épure budgétaire qui est celle du gouvernement actuel, ce serait déjà beaucoup si le système était maintenu… ((Philippe Berkenbaum – Le Soir 26.08.10))

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