Profs non payés : la situation se répètera…

SalaireQue les enseignants qui attendent leur salaire du mois de septembre s’y préparent : ils devront encore vivre des situations difficiles dans les semaines et les mois à venir. On le sait depuis quelques jours, ils sont des dizaines (des centaines?) de profs (temporaires et nommés) à attendre leur premier traitement. L’administration du personnel enseignant, chargée du paiement des salaires, justifie ce retard par des absences pour maladie et donc des difficultés à traiter tous les dossiers à temps. Elle promet que ce couac restera exceptionnel et annonce une batterie de mesures : nouvelles procédures dans le traitement des dossiers, accélération des remplacements de personnel et nouvel outil informatique qui permettront d’assurer un meilleur service. Mais pour Didier Cornet, délégué permanent de la CSC au ministère de la Communauté française, tout cela ne changera rien au problème…

Au contraire, la situation se répètera… et empirera ! Mais pourquoi? Le délégué pointe tout d’abord le problème du manque de personnel.

Cela fait des années que l’on dénonce le manque d’anticipation en ce qui concerne le manque de personnel. Les remplacements des départs naturels? Il aurait fallu y penser plus tôt. Car lorsqu’on intègre quatre nouveaux agents, ce sont deux anciens qui sont sur la touche pour assurer la formation.

« On n’a fait que complexifier le travail des agents »

Quant au fait que l’administration procède au remplacement de seulement deux agents sur trois, le syndicaliste se dit surpris.

Car nous avions obtenu le retour à la norme 3/3. Mais on a détourné cette norme en mettant un remplacement sur trois dans un pot commun qui peut servir à d’autres services de l’administration.

La solution viendrait-elle alors de l’informatisation qui apporterait enfin l’efficacité requise dans ce genre de travail? Didier Cornet ne le pense pas…

A ce niveau, c’est de la folie ! On en est déjà au 2e ou 3e système et ce n’est toujours pas au point. Au contraire, on n’a fait que complexifier le travail des agents.

Des agents qui doivent mettre les bouchées doubles en ce moment et dont nous saluons tout de même le travail difficile, dans des conditions qui ne le sont pas moins.1

Enseignons.be est perplexe

De son côté, Enseignons.be se demande surtout si ce genre de publicité ne va pas causer une nouvelle fois du tort à l’image d’une profession déjà passablement écornée. A l’heure où les syndicats et la ministre de l’Enseignement débattent de la taille des classes et des conditions de travail des enseignants, ne serait-il pas raisonnable de s’assurer d’abord que les salaires arrivent bien en temps et en heure ?

Nous posons la question : est-il normal pour un enseignant ayant travaillé huit semaines de devoir demander une aide à son CPAS pour payer son loyer et ses factures ? Lorsque 40% de jeunes enseignants quittent le métier dans les cinq premières années, nous pensons que leur garantir de quoi subsister est le minimum !

Une de mes belles-filles débutait en maternelle, l’an dernier. A cause de retards de documents, elle n’a quasi pas été payée toute l’année durant. Invivable ! Du coup, elle arrête l’enseignement. Selon son papa, directeur dans le « libre », c’est fréquent. Honteux ! 2

  1. L’Avenir – 25.10.11 []
  2. Jean-Michel Zeelovitch sur notre page Facebook. []

Commentaires

  1. Delphine Panaux dit :

    Honteux!

  2. pierreux karine dit :

    Professeur de morale itinérant, j’ai peur de me remettre au travail, j’en arrive, à 48 ans, sans PO fixe à rester plus longtemps chaque année de peur de ne pouvoir, une fois de plus, payer mes factures et emplir le frigo. L’an passé, j’ai repris un partiel, 11/24, début février et la CF à commencer les premiers versements en MAI. En octobre, je touchais encore des brides de salaire différé. Il devient quasi impossible pour moi de vérifier ce qui m’est réellement payé. J’en ai vraiment ras-le-bol. J’envisage de me réorienter complètement pour pouvoir MANGER et me CHAUFFER.

  3. Jessica dit :

    J’ai déjà vécu cette situation de nombreuses fois. En septembre, je n’ai pas été payée. Raison? La personne en charge de mon dossier avait mal lu mon contrat de remplacement et m’avait mise en congé de maternité. Le pire? Une fois l’erreur signalée, on m’annonce que je ne serais pas payée avant la fin du mois… Je vis seule et je loue un appartement! La galère! Je songe à quitter l’enseignement. Non pas à cause des élèves, des parents ou de mes collègues comme les études veulent nous le faire croire. Car j’adore ce métier. Mais il est très difficile pour moi de vivre sereinement dans ces conditions.

  4. Kate dit :

    En tant que Maître spécial de néerlandais depuis 3 ans, active dans plusieurs réseaux, sous plusieurs statuts (APE, communauté française, heures communales) sur plusieurs provinces (hainaut et brabant), je confirme que la situation est délirante. Voici quelques exemples vécus…

    Pourquoi déjà plusieurs services de paie (par province) et pas centraliser les dossiers ? Mon dossier est géré sur 2 provinces, n’est pas consolidé (c’est donc moi qui dois faire signe pour les augmentations de barème), et pour l’instant, chaque province m’applique un barême différent.
    La province du Hainaut est censée me changer de barême depuis 2 ans et la province du Brabant m’applique le bon barème. La différence est de 600 euro x 1,54 (pas anodin donc). Lorsque je demande au Hainaut d’adapter mon barème, je reçois la réponse que leur priorité est de payer les temporaires et qu’ils me régulariseront (sur 2 ans donc !) lorsqu’ils auront le temps…

    Deux années de suite, une école où je travaille pourtant du 1/9 au 30/6 m’a payée en janvier ! La première fois, la commune a consenti à me faire une avance en décembre, la seconde fois, non !

    L’année passée, j’ai fait la bêtise de prendre des heures sous statut APE. Le service de paie est encore différent, a accès aux informations des services de paie habituels mais ne les exploite pas. Conclusion : mon ancienneté pécuniaire n’était pas prise en compte. J’ai dû envoyer 3 ans de copie papier (au 21ème siècle, alors qu’ils ont accès à mon dossier informatisé) d’attestations de service. Et même ainsi, ai dû faire intervenir mon syndicat. Au bout de 14 mois, la situation a été régularisée !

    Je viens du privé, et l’incertitude d’emploi et de salaire me fait sérieusement réfléchir à rester dans l’enseignement…

  5. collins danielle dit :

    Dans notre école, il y a pas moins de 12 personnes qui ont des erreurs de traitement dont 2 personnes qui n’ont pas été payées. Et quand on adressait des réclamations, c’est très lent pour y remédier. On me promet d’arranger mon salaire pour janvier. Incroyable.

  6. Deroeux Maxime dit :

    Ce qui est vraiment incroyable, c’est qu’il ne serait vraiment pas très compliqué que la Communauté Française paie un montant à la fin de chaque mois et fasse une régularisation par après. Qu’elle ait des problèmes organisationnel est une chose. Que des travailleurs ne soient pas payés pour leur prestations en est une autre. De plus, il est illégal de ne pas verser le salaire quand le travail a été effectué. Dès lors, pourquoi n’y a-t-il pas de procédure en cours au niveau juridique pour l’obliger à verser?

  7. Vandenbussche dit :

    Bonjour,
    Je voulais mettre cette note car je suis dans cette situation, je suis depuis peu assistante de direction au seins d’une école maternelle et primaire.
    Depuis septembre, je me retrouve sans salaire car au seins de la communauté française, une personne (dans soit-disant le ruch de la rentrée scolaire) s’est trompée et a envoyé mon salaire à une personne qui a le même nom et la même date de naissance que moi.
    Grâce à cette personne, je ne sais pas payer mes factures et les fins de mois sont très dures surtout avec deux enfants à charge.
    Je trouve ça honteux….
    Dans mon cas, je n’ai plus qu’à attendre le mois prochain et croiser les doigts pour être enfin payée.

  8. Dimitri Ansiaux dit :

    Pour moi, septembre n’avait pas été payé. Ma situation a été régularisé en octobre (salaire octobre + arriérés). Et là, surprise, pas payé en novembre et en décembre… Ils commencent à bien faire au ministère!!!!