Le cdH défend l‘égalité financière entre les réseaux

Bac belgeC’est une vieille revendication du cdH : un financement égal… pour toutes les écoles, au niveau des infrastructures scolaires. Un point capital de son programme, baptisé « plan d’avenir pour l’école ». Les Humanistes en feront même une condition sine qua non s’ils sont amenés à négocier un accord de majorité gouvernementale. Pas question, disent-ils, de relancer la guerre scolaire… mais ils souhaitent gommer cette discrimination dont souffre l’enseignement libre par rapport au réseau officiel organisé par la FWB. Le premier ne bénéficie que de 62% du financement prévu pour le second. Le cdH aimerait que l’on atteigne les 100%, une stricte égalité de traitement.

« Pour le cdH, le financement différencié des réseaux d’enseignement ne se justifie plus au 21ème siècle. Un enseignement moderne requiert que chaque élève soit traité de la même manière, et que les différents réseaux bénéficient des mêmes normes de financement ».

De ces cinq années passées à l’Éducation, les chrétiens démocrates tirent un bilan globalement positif : « 1.500 enseignants supplémentaires ont été engagés durant cette législature et 55 millions d’euros ont été dégagés pour permettre aux écoles de tous les réseaux de créer plus de 10.000 nouvelles places dans le fondamental et le secondaire pour les prochaines rentrées scolaires ». Mais il reste du travail pour redonner confiance aux enseignants, diminuer significativement notre taux de redoublement… et rendre une certaine autonomie – administrative et pédagogique – aux directions d’écoles. Le cdH avance ses propositions… Petit tour avec Enseignons.be.

Favoriser la socialisation des enfants

1. Abaisser progressivement l’âge de l’obligation scolaire de six ans en 2015 à trois ans en 2018… et ce pour « éviter un retard d’apprentissage dès le début des primaires ». Une idée partagée par d’autres partis, convaincus que l’école maternelle est une étape de leur vie que nos enfants ne doivent pas manquer, pour éviter les retards d’apprentissage et de socialisation. Cette réforme nécessitera cependant d’engager de nouveaux enseignants, au niveau fondamental d’abord… et au secondaire ensuite. Son coût ne peut pas être négligé.

2. Créer une filière technologique : « Aujourd’hui, la distinction entre l’enseignement technique et l’enseignement professionnel ne répond pas à l’ensemble des besoins – en particulier les qualifications intermédiaires – et ne valorise pas suffisamment l’enseignement professionnel ». Le cdH se propose de revoir les parcours de l’élève dans l’enseignement secondaire, en distinguant une filière générale, une filière technologique et une filière qualifiante et en redéfinissant les conditions d’accès à chaque étape du cursus, de façon à favoriser un choix positif de l’enseignement qualifiant.

Cette filière technologique aurait pour but de mieux préparer les élèves à des métiers dont la technicité exige une formation beaucoup plus pointue, de type « baccalauréat ». L’enseignement qualifiant, lui, serait totalement refondu. Le cdH imagine pouvoir réunir l’enseignement technique et professionnel en une seule filière organisée sur 3 ans, comprenant des périodes d’immersion en entreprise sous forme de stages.

Un Bac belge… pour fixer les savoirs minimums en fin de rhéto

3. Les Humanistes ont également dans leur programme la mise en place d’un baccalauréat après la Rhéto, comme chez nos voisins français.

4. Faire entrer l’école dans l’ère du numérique : le cdH continuera les investissements réalisés dans les écoles : ordinateurs, tableaux interactifs, tablettes… « Ce matériel doit avant tout avoir du sens pédagogiquement : il doit être le fruit d’un projet de l’école visant à donner plus de sens aux apprentissages. Enfin, l’utilisation de ces technologies doit être accompagnée par la formation des enseignants« .

Davantage d’autonomie pour le réseau de la Communauté française

5. La séparation de la tâche de régulateur et d’opérateur du Ministre de l’Enseignement dans le réseau la Fédération Wallonie-Bruxelles sera à nouveau discutée. Le cdH explique que le prochain gouvernement pourrait mettre sur pied des Pouvoirs Organisateurs autonomes et décentralisés, qui pourront dès lors plus facilement renforcer leurs collaborations avec les autres écoles du réseau officiel et libre. On vise ici à renforcer l’autonomie des écoles. « Les systèmes d’enseignement les plus performants dans le monde sont ceux qui parviennent à coupler l’autonomie octroyée aux acteurs de l’enseignement à la fixation d’objectifs clairs et régulièrement évalués. L’autonomie permet en particulier de tester les techniques pédagogiques et de favoriser la créativité et l’innovation, de permettre aux établissements de gérer leurs ressources propres pour, par exemple, mettre en place des modules de remédiation, de prise en charge des élèves avec des profils spécifiques… »

Et le décret Inscriptions? On sait que le cdH a dû défendre ce système qu’il n’avait pas imaginé. Derrière la structure tant décriée de ce décret, on retrouve le PS et Ecolo. Pas question cependant de le supprimer purement et simplement comme le voudrait le MR, par exemple. L’effet serait désastreux et provoquerait le retour aux files de parents devant les écoles. La solution? Créer des places là où la tension est la plus forte. Et accorder moins d’importance au critère géographique, en favorisant le choix des parents et les éventuels partenariats pédagogiques entre établissements primaires et secondaires.