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19 Déc 2014

« Je cherche quelqu’un pour me débarrasser de mes piles de corrections »

copies« Facebook : les profs dépassent les limites ». Le journal La Dernière Heure nous a offert ce mercredi un bel exemple d’article « pseudo scandaleux »  ou quand un journaliste instrumentalise une photo ou un titre pour accrocher le lecteur. Un article sans fond qui, sur le net, vous pousse à cliquer pour découvrir ce qui se cache derrière. Mais qu’ont encore fait ces **** d’enseignants?

Corriger un examen avec un(e) collègue? Pourquoi pas!

C’est ce qu’on appelle du « prof bashing » (ou lynchage médiatique) : des écrits susceptibles de monter la population contre les enseignants, ces fonctionnaires grassement payés, souvent absents (autre exemple de titre sulfureux : « Près d’un enseignant sur dix n’est pas présent en classe ») et qui se plaignent sans arrêt. Il y a quelques semaines, la chaîne de télévision privée RTL-TVI avait elle aussi – avant de faire son mea culpa – tenté l’exercice, en insinuant que les institutrices maternelles ne prestaient que 21 heures par semaine dans leur classe… et un régent un peu plus de 18h. C’est peu dire que les enseignants n’avaient pas apprécié le raccourci – ramassée en heures de 60 minutes, la charge horaire de nos collègues ne semble pas bien lourde – et les syndicats avaient immédiatement réagi.

Cette fois, ce sont les profs qui sollicitent l’aide de leurs collègues et connaissances pour corriger leurs copies d’examens qui semblent avoir éveillé l’intérêt des médias. Ces derniers jours, ils étaient nombreux, sur les réseaux sociaux (reconnaissons que ce n’est peut-être pas l’endroit idéal), à solliciter un petit coup de main, pressés par le temps et la nécessité d’encoder les résultats de leurs élèves avant l’impression des bulletins et les vacances d’hiver (mais pourquoi certains doivent-ils corriger 200 copies en 24h?). Est-ce une faute? « Je corrige moi-même mais je peux tout à fait comprendre que certains profs, qui ont des piles monstrueuses de corrections, délèguent. Avec un correctif, la correction est objective, peu importe la personne qui corrige. C’est d’ailleurs le cas pour les évaluations externes. D’ailleurs, échanger les copies entre profs et les corriger à l’aide d’un correctif, cela ne rendrait-il pas la correction encore plus objective? » réagit Amandine sur notre page Facebook.

L’enseignant est responsable de ses corrections et de ses notes

La pratique est courante, bien évidemment. Et rien ne la condamne. Si les statuts de l’enseignant lui intiment d’accomplir personnellement et consciencieusement les obligations légales, décrétales et réglementaires qui lui incombent, il peut profiter de l’expérience d’un collègue pour avoir un autre regard et un autre avis sur son travail, sur ses consignes… tout en restant maître des cotes qui seront attribuées aux élèves. Voilà plusieurs années que l’administration et les services de l’inspection encouragent les enseignants à collaborer, à créer et corriger des examens communs. C’est le cas pour le CEB, épreuve externe de fin de primaire, où un enseignant ne corrige pas les épreuves de ses propres élèves. Au secondaire, le CE1D est aussi régulièrement évalué au sein d’une équipe de professeurs enseignant la même discipline, avec une grille de correction précise.

Reste que déléguer ses corrections à la voisine ou à sa grand-mère n’est pas forcément une bonne idée. L’enseignant est responsable de son travail vis-à-vis de ses élèves et se doit de leur garantir une évaluation honnête et rigoureuse de leurs contrôles et examens. En cas de doute, ces derniers (et leurs parents) peuvent introduire un recours auprès de la direction de l’école. Et s’il ne peut justifier ses notes, l’enseignant risque une sanction. Autant le savoir avant de publier sur Facebook que c’est le chat qui a corrigé l’examen de mathématiques.

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