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20 Avr 2015

Les professeurs de morale prêts à défendre leur cours

CitoyenneteLes professeur de morale, de vulgaires prêcheurs de la laïcité philosophique? C’est peu dire que certains goûtent peu d’être considérés comme le bras armé du Centre d’Action laïque (CAL) – forcément subjectifs – et donc de voir leur discipline placée sur le même pied que les autres cours convictionnels que sont la religion catholique, musulmane, etc.

Le cours de morale est-ils ce fameux cours de citoyenneté?

Ce lundi, les parents ont pu découvrir le questionnaire qu’ils devront remplir pour signaler s’ils choisissent religion, morale ou rien. Ils devront remettre ce document à l’école pour le 8 mai. Et les écoles devront avoir communiqué les résultats au ministère pour le 18 mai. A ce stade, il s’agit pour la Ministre Milquet de prendre la température. Combien seront-ils à solliciter une dispense? Sur le terrain, comme dans les hautes sphères, on croise les doigts pour que, en septembre prochain, le taux d’élèves qui choisiraient de ne fréquenter aucun cours philosophique ne dépasse pas les 10%. L’impact sur l’emploi à court-terme serait limité et les écoles ne devraient pas proposer aucune alternative à ces enfants qui iraient alors vraisemblablement à l’étude.

Mais que se passera-t-il si, dans certaines écoles, le cours de religion et morale devait être massivement déserté? Et qui prendrait en charge le fameux cours de citoyenneté que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles prévoit de créer à partir de septembre 2016, à la place d’une des deux heures de religion? Les professeurs de morale se voyaient déjà chargés d’initier les jeunes têtes blondes à la philosophie, à l’Histoire des religions… Mais la Cour Constitutionnelle, qui estime qu’aucun des cours philosophiques (religion… et morale) n’est véritablement neutre, ne semble pas les considérer comme aptes à éveiller leurs élèves au pluralisme des convictions et des opinions.

Inquiets, ils ont alors décidé de répondre… se regroupant autour d’un collectif, aujourd’hui fort de près de 200 membres, sur les réseaux sociaux. « L’arrêté de la Cour s’appuie sur une interprétation partielle et partiale du programme de morale, de son histoire et de ses principes. Chacun pourra se rendre compte, en consultant l’entièreté de ce programme facilement accessible via internet, que le cours de morale est le cours de citoyenneté que beaucoup appellent de leurs voeux. »

 A travers la réflexion, les échanges, les ateliers philosophiques, mais aussi la recherche d’information rigoureuse, l’élève du cours de morale est ainsi amené à se construire en tant que personne ayant un sens civique.

« Et de dénoncer aussi la manipulation opérée, selon eux, par le questionnaire envoyé par le ministère. « Celui-ci est orienté afin de vous inciter à supprimer l’unique cours, celui de morale, pouvant se réclamer de la citoyenneté parce qu’il possède les moyens de donner à vos enfants les armes pour penser librement et ne pas se faire manipuler au sein d’une société où les miroirs aux alouettes sont nombreux. Ce cours est un réel plus pour votre enfant et vraiment mieux que « rien » »

Joëlle Milquet, comme Marie-Dominique Simonet à l’époque, ne conçoit pas le cours de morale comme un espace neutre et ouvert, le lieu d’accueil de tous les élèves dont les parents ne se reconnaissent dans aucune religion – et subséquemment, le premier lieu d’ouverture à l’esprit critique et au rassemblement des idées. Ancien Président du CAL, Pierre Galand s’était amusé, en 2013, de l’ignorance de la Ministre de l’Enseignement obligatoire : « Le cours de morale ne peut pas devenir neutre : il l’est déjà. En effet, étant organisé sous l’égide de la Communauté française, il tombe d’office sous le coup de la règle de neutralité. Il ne peut donc en aucune façon être taxé de militantisme ».

Une opinion partagée par les professeurs de morale du Collectif. Ils attendent maintenant des propositions claires de l’autorité… et tendent la main pour participer à la mise en place du futur cours de citoyenneté.

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