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09 Mai 2015

Religion/morale : Milquet enterre le « cours de rien »

MoraleC’était « la » question que se posaient tous les parents, les élèves, les enseignants et les chefs d’établissement : qu’allait-on bien pouvoir proposer aux milliers d’enfants qui, l’année prochaine, ne suivront aucun des cours philosophiques proposés dans l’enseignement officiel? Il n’était pas envisageable de leur montrer – tout simplement – le chemin de l’étude. Un cours de citoyenneté? Il ne sera mis en place – au plus tôt – qu’à la rentrée 2016.

Education à la démocratie et au questionnement

La Ministre de l’Enseignement obligatoire devait agir vite – d’autant que l’inquiétude était grande du côté des professeurs de morale et de religion, qui craignent pour leur emploi – et proposer un cadre fixant les modalités de mise en œuvre de la dispense. L’information est tombée vendredi soir et a été confirmé ce matin : les élèves dispensés – s’ils ne vont pas aux cours de religion ou morale, participeront, à la place, à une « activité » intitulée « encadrement pédagogique alternatif » (EPA).

Attention : il ne s’agit pour l’heure que d’un avant-projet de décret. Le texte doit encore être débattu en Commission, être soumis aux responsables syndicaux et aux pouvoirs organisateurs, avant d’atterrir au Parlement.

Concrètement, deux heures par semaine, l’EPA sera organisé par chaque établissement dans le cadre de son autonomie pédagogique avec des groupes de maximum 30 élèves dispensés. Il ne pourra générer aucun frais supplémentaires à charge des parents et  sera évalué par des enseignants. La note obtenue sera prise en compte au moment des délibérations de fin d’année.

Une place est laissée à l’initiative des écoles

Les thèmes abordés tourneront autour de la citoyenneté, de l’apprentissage de la démocratie, de la solidarité, en passant par le questionnement philosophique, le bien-être et la connaissance de soi et des autres

Le développement et la sensibilisation des élèves à ces valeurs pourront se faire grâce à des  travaux écrits, des présentations orales et des lectures. Le visionnage de films, de reportages, de documentaires suivis de questionnaires est également une piste envisagée, tout comme la participation à des activités ou initiatives citoyennes ou solidaires dans l’établissement scolaire ou à l’extérieur de l’établissement. Chaque école sera libre de concevoir son propre programme et de son matériel, adaptés à chaque degré d’enseignement. 

Pour encadrer les élèves, la Ministre a pensé aux professeurs (nommés ou engagés définitivement) de morale et de religion risquant de perdre leur emploi (une partie de leurs heures de cours passant à la trappe). Ceux qui disposent d’un titre pédagogique seront prioritaires sur les collègues (avantage ici pour les professeurs de morale). A défaut d’enseignant qualifié… et nommé, ce sont les professeurs de morale et de religion temporaires qui prendront le relais… ou, faute de mieux, tout enseignant, à défaut par un membre du personnel auxiliaire d’éducation, ou toute personne désignée par le pouvoir organisateur ou le chef d’établissement seulement pour l’accompagnement.

Les professeurs de morale et de religion sont prioritaires

L’évaluation des travaux des élèves restera réservée aux professeurs des cours philosophiques, quoiqu’il arrive.

Ce dispositif devra être mis en place dans les écoles pour le 15 octobre au plus tard. L’année 2015-2016 sera une période transitoire. A terme, il pourrait cohabiter avec le fameux cours de citoyenneté, qui s’imposera bientôt (soyons optimistes) à tous les élèves, à raison d’une heure par semaine. Certains élèves auront alors morale/religion + citoyenneté et d’autres citoyenneté + EPA. A ce stade, il faut tout de même avoir une pensée émue pour les horairistes chargés  de mettre un peu d’ordre dans tout ce bazar! La rentrée 2015 ne sera pas simple… celle de 2016 sera épouvantable.

Petit souci tout de même : si la Cour constitutionnelle a jugé, il y a quelques semaine, que le cours de morale – comme le cours de religion, mais c’était évident – n’était pas neutre… et ses enseignants, par défaut, engagés… (ce que réfutent les principaux intéressés) et qu’il était donc possible de ne pas s’y inscrire, pourquoi confier l’ « encadrement pédagogique alternatif » à ces mêmes enseignants? Voilà qui risque de ne pas faire plaisir aux parents qui ont décidé de ne pas choisir de cours philosophique pour leur enfant. On quitte un cours par la porte… et le prof revient par la fenêtre?

Joëlle Milquet précise tout de même que dans le cadre de l’EPA, aucune expression des convictions personnelles ne pourra avoir lieu. Si c’est demandé gentiment…

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