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23 Fév 2018

Le métier d’instituteur primaire et maternelle bientôt en pénurie

La Chambre de pénurie de l’enseignement s’est réunie en urgence jeudi. Elle a évoqué la problématique du manque d’instituteurs en Belgique francophone, d’une ampleur désormais inédite. « Et pour la première fois, il a été décidé de déclarer les métiers d’instituteurs primaire et maternelle comme étant en pénurie ».

L’information fera sourire les directions et les enseignants, qui vivent et/ou subissent la pénurie depuis quelques années. On la disait temporaire… elle est devenue structurelle. Nous nous souvenons qu’en 2010 déjà, de nombreuses écoles rencontraient les pires difficultés pour remplacer tantôt un instituteur malade, tantôt une enseignante en congé de maternité. A l’époque, il convenait de relativiser cette pénurie car elle ne touchait pas toutes les régions, les réseaux et les niveaux d’enseignement de la même façon. De plus, les perles rares n’étaient pas à rechercher en début d’année mais plutôt à la Toussaint ou après les vacances de Noël. A la rentrée, une grande majorité des écoles arrivaient encore à aligner une équipe complète. C’était un phénomène saisonnier. Aujourd’hui, c’est plus compliqué. Dans certaines écoles, les élèves n’ont pas encore vu la tête de leur professeur de mathématiques, de langues ou de sciences depuis… septembre! Et avec les examens qui approchent – et les épreuves externes – parents et directeurs commencent à avoir les miquettes.

Les enseignants forcément plus exigeants

Et Voilà les écoles obligées de se débrouiller avec les moyens du bord. A défaut de pouvoir engager des enseignants disposant du titre requis, elles font maintenant appel aux titres suffisants… puis aux porteurs d’un titre de pénurie. Place aux comptables, aux traducteurs, aux gradués en tourisme, aux agents immobiliers… Sans oublier les écoles primaires qui, au désespoir, n’ont plus qu’une solution : faire appel aux parents et aux bénévoles pour assurer une surveillance minimale dans les classes. L’école se transforme doucement en une gigantesque auberge espagnole, sous le regard médusé du monde politique, qui doit bien avouer que, cette pénurie, il l’avait pourtant vue venir de très très loin… mais n’a pas réagi à temps. Mais a-t-il seulement réagi?

Même les offres les plus affriolantes laissent de marbre les rares candidats encore sur le marché de l’emploi. Des temps pleins jusque juin sont boudés, snobés… Conscients de leur valeur et de l’intérêt soudain qu’on leur porte, ils n’hésitent plus à négocier et faire leur marché entre les différentes propositions qui leur sont faites. C’est à celui qui saura se montrer le plus généreux (attributions, horaires…) que reviendra le privilège de compter une nouvelle recrue dans ses rangs. A ce petit jeu, il n’y a jamais de perdant.

Conserver ses allocations de chômage tout en étudiant

« Mais à quoi cela va-t-il servir de coller une étiquette de « pénurie » à un métier dont même Jeff Tuche aurait pu dire qu’il était mal barré il y a dix ans? Tout simplement à faciliter la formations des nouveaux candidats (très espérés). Les personnes qui décideront de reprendre des études d’instituteur seront dispensées de certaines obligations. Elles continueront, par exemple, à bénéficier de leurs allocations de chômage, et ce même si elle ne sont plus enregistrées comme demandeuses d’emploi.

La Citicap (Commission interréseaux des titres de capacité) va relayer cette décision au gouvernement wallon, qui devra la valider par un arrêté. Elle espère ainsi susciter de nouvelles vocations… Mais avec l’allongement de la formation initiale de trois à quatre ans, et l’arrivée (massive?) d’étudiants à la rentrée 2018… Le feu restera à l’orange vif jusqu’en 2022 au plus tôt. Les écoles ont tout intérêt à s’y préparer.

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