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« J’ai créé mes outils de prévention moi-même »

Quatre ans après la réédition de son livre « Internet, mes parents, mes profs et moi », Christophe Butstraen revient avec une nouvelle version de son outil pédagogique. L’auteur y a ajouté trois chapitres très actuels pour les jeunes : le cyber-harcèlement, la pornographie et le commerce sur internet.

Une nouvelle version

Après 17 ans de carrière comme professeur de cours généraux, Christophe Butstraen décide de devenir médiateur scolaire. À l’époque, l’utilisation et la découverte d’internet chez les jeunes est en plein essor. « Les premières situations difficiles pour lesquelles je suis intervenu dans des classes ont été des cas d’élèves en difficulté suite à ce qu’ils avaient fait sur internet comme des insultes sur MSN et sur un blog et une publication de la photo d’un professeur. »

L’auteur décide alors de chercher des outils de prévention à propos du net et de ses dérives pour les parents, les professeurs et les élèves. Le problème est qu’il n’en trouve aucun. « Je les ai donc créés moi-même sous forme de conférences. A la fin de ces conférences présentées aux parents, ces derniers venaient régulièrement me demander si je n’avais pas un écrit qui résumait mes propos. J’en ai rédigé un et j’ai proposé un avant-projet à un éditeur qui a accepté immédiatement. C’est ainsi qu’est né le livre.« 

La première version voit le jour en 2012. Depuis, Chistophe Bustraen en est à la troisième adaptation de son outil pédagogique. Cette nouvelle édition est enrichie de trois chapitres supplémentaires en lien avec l’actualité et les nouveautés qu’offre internet : le cyberharcèlement, la pornographie et le commerce sur le net. Le chapitre sur les jeux vidéo a également été entièrement revu.

Les dérives d’internet

 

L’émergence de chaque nouveau médium apporte son lot de conséquences positives et négatives. Internet n’échappe pas à cette règle. Bien que cet outil offre à chacun énormément de possibilités, les dérives sont néanmoins présentes. Pour l’auteur, « le principal danger est de croire qu’il n’y en a pas. » Depuis quelques temps, les annonces de suicide ou de tentatives de suicide d’adolescents suite à du cyberharcèlement affluent dans les médias. Il est donc impératif de se rappeler les dangers d’une utilisation non contrôlée du net. Pour l’auteur, les dangers proviennent non seulement de faits évidents comme le cyberharcèlement, l’envoi de photos intimes à des inconnus ou encore le risque de tomber sur de la pornographie dès le plus jeune âge. Mais également des conséquences plus

subtiles comme un risque de « consommation excessive ou de réelle dépendance, d’être victime d’une arnaque lors d’une transaction financière, les copier-coller lors d’un travail scolaire ou le téléchargement illégal de films, de musiques ou de séries. » Internet permet aussi d’avoir accès à un monde de connaissances mais diffuse tout de même des fakes news pour lesquelles tout le monde n’a pas les outils nécessaires pour les décrypter.

Depuis quelques années, il y a une explosion de nouveaux réseaux sociaux ou d’applications qui permettent aux jeunes de rester en contact. « En 2014, lors de la 2ème édition, on ne parlait que de Facebook et un peu de Twitter. Aujourd’hui, c’est Instagram, WhatsApp, Snapchat, Périscope ou encore Sarahah. » Un phénomène récent qui pose de nouvelles questions : « Le défi auquel nous sommes tous confronté n’est plus de protéger notre vie privée mais bien de gérer notre vie publique. »
Christophe Butstraen ne souhaite cependant pas diaboliser l’utilisation d’internet et rappelle que « ces dérives ne représentent qu’un très faible pourcentage d’Internet qui reste avant tout et heureusement un outil sûr. Un peu comme la voiture finalement. S’il y a bien quelques accidents chaque jour, la plupart des trajets se passent sans encombre. « 

 

Les enseignants sont-ils suffisamment formés ?

 

L’intérêt pour l’éducation aux médias se développent de plus en plus dans les classes. Selon l’auteur, ce n’est pas suffisant au vu du développement rapide des technologies. « On remarque, et c’est indiscutable, que de plus en plus d’écoles fondamentales et secondaires s’équipent : tablettes, connexions Internet, tableaux blancs interactifs… Hélas, même si certains organismes comme Média Animation ou encore Passeport Tic font un remarquable travail d’éducation aux médias, ces initiatives sont encore trop rares et devraient faire partie intégrante du programme de cours dès l’entrée en première année. » Il souhaiterait que des cours d’éducation aux médias soient généralisés aux futurs enseignants dans leur formation initiale et proposés aux enseignants actifs en formation continue.

Pour empêcher les dérives d’internet chez les jeunes « À nous parents et professionnels de l’éducation de les accompagner afin qu’ils puissent s’y retrouver dans cette masse de « savoirs » souvent désordonnés, à nous de les guider vers les « savoirs-être » indispensables à la vie en société. C’est ainsi qu’ils pourront, je l’espère, tirer le meilleur de cet extraordinaire outil. Peut-être que mon livre y contribuera un peu. »

 

Pour Enseignons.be, les nouveaux médias occupent déjà une place importante au sein de l’asbl. Ainsi, nous organisons aussi des ateliers Fake News dans les écoles ou nous regroupons des informations sur les technologies sur notre groupe. Des actions à petite échelle qui contribuent à sensibiliser les enseignants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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