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Pénibilité : les enseignants n’ont pas été oubliés

Le secteur public connaît enfin la liste (provisoire) de ses métiers dits « pénibles », dont les travailleurs pourront prétendre à un départ anticipé à la pension, selon le degré de pénibilité qui leur est accordé. Le gouvernement fédéral doit cependant encore valider le texte, qui a déjà reçu le feu vert de deux syndicats : la CSC et la CGSLB. Le même travail d’analyse doit encore avoir lieu dans le secteur privé.

Pour être qualifié de « pénible », un métier devait rencontrer au moins un des quatre critères précédemment retenus : travail physique lourd, organisation du travail difficile et professions dangereuses. Le stress pouvait également entrer en ligne de compte comme facteur aggravant. Lorsqu’un métier devait rencontrer l’un de ces critères, il gagnait un rang sur l’échelle de la pénibilité. Un étant donc le minimum, quatre le maximum.

Sans surprise, policiers, pompiers et militaires se hissent au stade 4, rencontrant tous les critères de pénibilité. Le personnel roulant de la SNCB, les agents de Sécurail, les infirmières ou les gardiens de prisons bénéficient de trois critères. Les facteurs ou le personnel de gare en décrochent deux.

Et les enseignants? Il se retrouvent bien dans la liste… Mais tous ne font pas le même métier. Les directions et les enseignants du supérieur n’auront aucune possibilité de dételer avant l’âge légal de 67 ans – et 43 ans de carrière – s’ils souhaitent une pension complète.

Les instituteurs/trices de maternelle, les puéricultrices, les enseignants du spécialisé ou officiant des les filières professionnelles rencontrent deux critères. Les agents du fondamental et du secondaire ainsi que les auxiliaires d’éducation n’en auront qu’un.

Au plus les enseignants ont accumulé de critères – deux au maximum dans notre cas – au plus tôt ils pourront solliciter leur départ en retraite… ou une pension majorée s’ils attendent 67 ans. Dans tous les cas, ils ne pourront de toute manière pas partir avant 60 ans. Il faudra avoir exercé une fonction pénible pendant au moins dix ans pour pouvoir « profiter » de son bonus.

A carrière complète, les enseignants du maternel, du professionnel et de l’enseignement spécialisé pourront prendre leur pension avec quatre années d’avance, soit exactement à partir de 60 ans. Dans le primaire et le secondaire, les profs devront toutefois attendre d’avoir au moins entre 61 et 63 ans. Ils ne gagnent, eux, que deux années, au mieux.

Un exemple? Une jeune institutrice diplômée à 21 ans pouvait envisager une retraite anticipée à 64 ans. Grâce aux critères de pénibilité, elle pourra y prétendre dès 60 ans. Son collègue du secondaire, du même âge, devra attendre 62 ans.

Le système des DPPR reste lui maintenu, car il ne dépend pas du Ministre des Pensions. Reste que la Fédération Wallonie-Bruxelles doit régulièrement le renégocier avec le gouvernement fédéral… Sa survie n’est jamais garantie.

Le Ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine (MR) doit maintenant proposer son projet à ses collègues du gouvernement. La N-VA et l’Open Vld sont les plus critiques. Les libéraux flamands jugent que tous les enseignants ne méritent pas de se retrouver sur cette liste… et envisage de faire pression pour que les seuls instituteurs et institutrices de maternelle aient droit à des aménagements de fin de carrière.

Pour les syndicats, cela signifierait la rupture de l’accord conclu… et la fin de ce titanesque chantier. Et il est vrai que taper une nouvelle fois sur les enseignants, à l’heure où la Fédération Wallonie-Bruxelles fait face à une réelle crise des vocations, serait tout simplement suicidaire.

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