Les voyages scolaires sont un trou dans le portefeuille des parents, alors que leur visée éducative semble parfois très limitée, voire nulle. Poser la question du cout de la scolarité, c’est ouvrir une série de débats qui risquent de s’envenimer, car entre la volonté de proposer une règlementation et l’ingérance, il n’y a qu’un pas, et le drapeau de la « liberté pédagogique » risque d’être encore agité .. Que va proposer le cabinet de Madame la Ministre Arena pour réglementer ce dossier épineux ?
L’école n’est pas gratuite. Ce n’est pas neuf. La Ligue des Familles avait ouvert le bal en publiant son étude sur le cout de la scolarité. Nous en parlions précédemment avec la remise en cause de la gratuité de notre enseignement, mais aussi avec la réintroduction du manuel scolaire (qui pose la question – traitre – de l’usage des photocopies dans l’enseignement) et enfin de la nécessité de règlementer les voyages scolaires.
C’est ce dernier sujet qui revient sur le tapis (Le Soir 14/03). Comme l’avait montré l’étude, le point des voyages extrascolaires est celui pose le plus problème aux familles défavorisées, et qui grève sensiblement le budget des parents. L’enseignement des communes et provinces avait également souligné que c’est par cette porte de traverse que la gratuité de l’enseignement pouvait être remise en cause, alors que « la plupart des frais scolaires sont bien pris en charge par les communes » selon la secrétaire générale du CECP. Mais les pratiques sont divergentes d’un réseau à l’autre, et c’est le règne du désordre qui semble primer à nouveau. Plusieurs propositions sont avancées, mais toutes ne rencontrent pas l’approbation de Madame la Ministre :
- Proposer un maximum financier à ne pas dépenser. Cela équivaudrait à légitimer la non-gratuité de l’enseignement, ce que réfute Madame Arena.
- Vérifier l’aspect pédagogique du voyage. Ne risque-t-on pas de tuer les initiatives personnelles des enseignants (qui sont en général les plus motivés), et de tomber dans les travers d’une validation à tout va ? Par aileurs, le CPAN effectue déjà ce genre de travail pour l’enseignement catholique en publiant un catalogue des « bons plans ».
- Imposer un nombre minimum de participants. Actuellement, si 75 % des élèves ont leur sac-à-dos sur leurs épaules, le voyage peut se faire. Le Cabinet de la Ministre envisage de relever ce chiffre à 90, voire 100 %, afin d’éviter tout phénomène de discrimination et ainsi permettre à tous les enfants de participer au voyage.
On le sait, la marchandisation de l’enseignement est un sujet qui effraie, et l’on ne compte plus les initiatives qui organisent des voyages clés sur porte (la carte prof, educpass, …) ni les centres de dépaysement où la visée pédagogique est parfois douteuse, et où le dossier n’a de pédagogique que le nom, en vue d’attirer facilement les enseignants.
Affaire à suivre donc …
A lire également
Aucun article similaire
Vos commentaires