Jacques Tardif, grand chantre québecois des compétences et de leur évaluation, auteur d’ouvrages majeurs de la pédagogie concernant notamment le transfert des apprentissages, l’enseignement stratégique, a donné hier, à la suite de Claude Thélot sur la réforme de l’école, un exposé sur l’évaluation des compétences.
Si les compétences sont un peu mises à toutes les sauces, et identifiées parfois aux projets, parfois aux situations-problèmes, elles nécessitent cependant une évaluation spécifique, de type vidéographique. Alors même que toute l’évaluation traditionnelle est de type photographique (on fait une photo, année après année, des résultats de l’enfant, sans donner de cohésion à l’ensemble de son apprentissage, et avec une obstination certaine sur la mesure), l’évaluation des compétences se doit de fournir la trace de la trajectoire du développement, le parcours de formation de l’enfant.
Dans la mesure où l’on considère l’apprentissage plus comme un changement, une transformation que comme quelque chose de mémorisé, alors l’évaluation nécessite une démarche qui rend compte de l’ensemble des apprentissages et qui doit reposer sur des preuves. Ce sont les élèves eux-mêmes qui sont donc invités à documenter leur parcours de formation, à rendre compte de l’évolution de leurs apprentissages.
L’évaluation des compétences se doit d’objectiver trois points :
- le niveau de développement des compétences (vu qu’elles durent pendant plusieurs années, comme par exemple le socle de compétences) ;
- le degré de maitrise de celles-ci ;
- et l’étendue des situations dans lesquelles on peut déployer celles-ci
Le pire pour évaluer une compétence apprise dans un contexte X serait de le faire dans une situation Y. Les notes ne constituent quant à elles qu’une opération de mesure, une manière de rendre compte de l’apprentissage, qu’elle soient chiffrées, lettrées, avec des couleurs, etc.
L’exposé de M. Tardif était à vrai dire plutôt confus. Son diaporama de sa présentation sera prochainement en ligne sur le site du Département Education et Technologie. Notons simplement quelques expressions truculentes, comme » les profs sont les gens les plus désobéissants de la société civile » ou encore « parfois, en pédagogie, on en fume du bon ».
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