L'inspection se réforme

inspectionL’inspection est souvent un domaine obscur pour les enseignants. La fonction de conseiller pédagogique revêt le même flou. Un avant-projet de décret vient éclairer le métier et les responsabilités de ce « corps externe ». Trois axes principaux : moins d’administratif, plus de dialogues avec les animateurs pédagogiques, clarification des statuts des inspecteurs et des conseillers pédagogiques.

Le premier axe de la réforme porte sur les services d’inspection proprement dits. Les inspecteurs se verront déchargés d’une série de tâches de nature administrative, ils pourront ainsi se consacrer exclusivement à leurs missions d’ordre pédagogiques et tout particulièrement à l’évaluation du niveau des études. Par les constats qu’ils poseront, ils joueront le relai entre les responsables du système éducatif et les enseignants de terrain. Réunis au sein d’un Service général de l’inspection dirigé par un Inspecteur général coordonnateur, les inspecteurs seront répartis en sept services, un par niveau d’enseignement – fondamental, secondaire, spécialisé, artistique, promotion sociale– ainsi qu’un service pour l’enseignement à distance et un autre pour la promotion sociale.

Le second axe de la réforme traite des services d’animation pédagogique propres à chaque réseau d’enseignement. Ces nouvelles structures d’animation renforcées seront chargées de soutenir et d’accompagner les équipes pédagogiques et les directions d’écoles dans les efforts qu’elles mettent en oeuvre pour améliorer les résultats de leur action éducative. Il importait également d’assurer une articulation forte entre le service général d’inspection et l’animation pédagogique. L’avant-projet prévoit cette articulation au niveau central par la création d’un Collège de l’inspection, du conseil et du soutien pédagogique comme aux niveaux décentralisés. Sont ainsi définies les modalités de coordination des actions, de la concertation et de la transmission d’informations entre les inspecteurs et les animateurs pédagogiques

Enfin, recrutés sur la base d’un brevet obtenu au terme d’une formation et de trois épreuves, les inspecteurs bénéficieront d’un statut propre qui leur assurera notamment une totale indépendance par rapport aux écoles et aux pouvoirs organisateurs. Contrairement à ce qui est de mise actuellement au niveau de l’enseignement secondaire et de l’enseignement spécialisé, la fonction d’inspecteur sera accessible aux enseignants de tous les réseaux. Les conseillers pédagogiques bénéficieront également d’une formation spécifique et d’un statut définissant notamment les conditions d’accès à la fonction.

Si l’objectivité de l’accès à la fonction peut sembler pertinent (mais sont-ce les personnes les plus qualifiées qui sont les plus compétentes ? (cf. la valse des proviseurs)), cet avant-projet de décret nous parait développer davantage les structures et la centralisation à outrance – création d’un service général de l’Inspection et d’un collège de l’inspection, du conseil et du soutien pédagogique – alors même que la volonté affichée est d’aller vers moins d’administratif. Voir également la structure actuelle de l’inspection

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  1. Benjamin Nizet dit :

    L’opposition des tenants de l’indépendance du réseau de la Communauté française, qui n’acceptent pas que des enseignants du libre confessionnel puissent dorénavant inspecter des écoles officielles et donc neutres, reste tenace. Mais le débat actuel, porté par Prosper Boulangé (CSC-enseignement), porte sur une autre question que les spécificités réseaux : les droits à la défense d’un enseignant épinglé par l’inspection, et derrière eux toute la place de l’évaluation individuelle et collective dans l’enseignement. (lu sur altereduc.be) Voir par exemple le point de vue de la ligue de l’enseignement : http://www.ligue-enseignement.be/default.asp?V_DOC_ID=1622