A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, ce mercredi 17 mai, Marie Arena et Laurette Onkelinx annoncent des mesures contre l’homo-discrimination à l’école et en justice. La cour de l’école est un lieu où les insultes homophobes fusent très souvent. Les insultes et parfois les violences contre les homosexuels commencent tôt, dès l’enfance. Marie Arena a donc décidé de fournir aux écoles les outils pédagogiques qui permettront d’apporter aux jeunes des « connaissances objectives » sur les orientations sexuelles, et ainsi de favoriser le respect de la différence dès le plus jeune âge. Un dossier pédagogique de 60 pages auprès des écoles primaires et secondaires sera diffusé dès la rentrée prochaine. L’enjeu est d’éviter de stigmatiser une communauté spécifique, qui souffre énormément pendant l’adolescence (selon une étude de Test-Achats). Cet outil pédagogique sera diffusé dans les écoles dès la prochaine rentrée scolaire. Pour accompagner le lancement de cet outil, l’Institut de Formation Continuée (IFC) a également ouvert un appel à candidature comme opérateur de formation pour l’année scolaire 2006-2007. Un module est proposé pour chaque niveau (enseignement fondamental, secondaire et spécialisé).
Un vaccin contre le Vlaams Belang et le Front national? (René Georges, le 18 mai 2006)
Pour ceux qui ne le savent pas encore, le Vlaams Belang (un million de votants) a reçu cette année 6,7 millions d’€ de dotation, dont 76% vont à la propagande du parti d’extrême droite, avec quasi pas de frais de personnel et d’étude préalable. C’est tout dire… Une décision sera prise par le gouvernement avant le 18 novembre 2006, à savoir, s’il continue d’octroyer une subvention à ce parti très justement critiqué au sein de l’espace politique et public, notamment pour des prises de positions très clairement racistes, voir fondamentalement xénophobes.
Il faut savoir, et c’est très important de visualiser cet élément de manière concrète, que cette décision qui pourrait être prise par le gouvernement ne touche en fait qu’une fraction de la subvention globale. En effet, les moyens dévolus aux groupes parlementaires fédéraux (1,4 millions d’€), ainsi que ceux octroyés par le Parlement flamand (2,4 millions d’€) et les Provinces (600.000 €) ne sont pas visés par cette mesure de suppression de dotation qui pourrait être prise en compte dès le mois de novembre par nos dirigeants. Ce qui veut dire qu’avec un solde restant de plus ou moins 4,4 millions d’€ à des fins de propagande uniquement, ils leur restent une grande marge de manœuvre pour distiller auprès des populations leurs discours terribles et dangereux à notre équilibre démocratique.
Chose plus inquiétante encore, les mesures de la dite suppression de dotation ne couvriraient qu’une période de trois mois à un an. Connaissant le replis habituel et consensuel de nos politiques en la matière – chose plus encore à craindre du côté flamand malheureusement, puisque seul le SP.A s’est réellement positionné de manière très claire sur le danger que représente le Vlaams Belang pour la vie des citoyens belges d’origines étrangères, ou pas d’ailleurs, sans oublier encore les étrangers eux-mêmes (les plus exposés au Vlaams Belang)- quelle sera la décision prise en novembre par le gouvernement ?
Là est la question…Couperont-ils la poire du parti extrémiste en deux, ou trois, histoire de ménager tout le monde (surtout du côté fédéral), ou seront-ils plus radicaux dans leurs mesures et approches du phénomène Vlaams Belang ? Même si les mesures qui seraient appliquées par le gouvernement à l’égard du Vlaams Belang s’avèrent être des choix radicaux, par exemple, un non ferme à l’octroi de la dite subvention pour l’année 2007 à venir, le solde restant à disposition du Vlaams Belang a de quoi inquiéter le citoyen que je suis, et je pense une très grande partie de la population.
Une aberration, selon moi, surtout quand on analyse de très près la structure interne du parti et plus encore le contenu du programme du Vlaams Belang, inchangé depuis sa création, quand il s’appelait encore le Vlaams Blok, et que ce même programme appliqué aujourd’hui par le Vlaams Belang, fut hautement condamné en 2004 pour délits racistes par la cour d’appel de Gand. Seul le nom du parti a changé, pas les initiales VB. Le reste n’a pas bougé. En effet, il faut savoir que le Vlaams Belang, « c’est un même groupe comprenant exactement les mêmes personnes », c’est ce que disent les figures de proue du parti. C’est encore la même ASBL (Vlaams Concentratie) que du temps du Vlaams Blok qui réceptionne l’argent octroyé par le financement public. « Nous changeons de nom mais pas de programme » avait déclaré le président Frank Van Heke, lors du congrès fondateur du Belang. Or, c’est évidemment bien le programme et pas le nom qui avait été condamné pour délits racistes ou non respect de la convention européenne des droits de l’homme en 2004 par la cour d’appel de Gand. Depuis, le parti se ballade allégrement dans le paysage belge et passe par les mailles de notre démocratie, tel un virus qui de toute part est capable de se muter en mutant inamovible. Résultat, il se répand en toute immunité, et vocifère allègrement son poison au vu et au sus de tout le monde. Ce florilège de citations toutes récentes du Vlaams Belang en dit long sur ses intentions, elles sont tirées d’un congrès le 11 avril 2006 à Anvers, où les orateurs (le mot est très gentil) avaient fait un amalgame systématique entre étrangers et criminalité avec des phrases comme : « la multiculturalité entraîne la multicriminalité ». Le député fédéral Gerolf Annemans allait jusqu’à parler de « Marocains de merde » ou encore « qu’engager un policier allochtone c’est comme faire d’un pyromane un pompier ou d’un pédophile un enseignant ». Tout cela dit allègrement sous la sphère démocratique, et avec l’argent du contribuable s’il vous plaît…
Dans quel monde vivons nous, ou plutôt dans quelle Belgique voulons nous vivre ?
Tout cela pour vous signaler que l’idée démocratique (la nôtre) est devenu un système perméable à la violence et aux discours haineux et racistes, c’est un fait. C’est aussi un système (la démocratie) qui peut-être corrompu intelligemment malgré lui, grâce notamment à l’utilisation abusive opérée par certains partis -comme le Vlaams Belang- des lois, lois que la démocratie est pourtant censée protéger. Notre démocratie se retrouve donc dans une situation paradoxale qui ressemble fort à une impasse.
L’enjeu démocratique ne représente rien pour les yeux du Vlaams Belang. Il ne s’agit pour ses dirigeants que d’un concept malléable à souhait, qui se résume en gros à une histoire de magouilles et d’agencements politiques, d’utilisation des lois telles des règlements informels modifiables à l’envie, et qui de toute façons -s’ils sont élus majoritairement en Flandre- exploseront de partout pour faire place à une idéologie unique et dominante qui selon les mots de son président Frank Vanhecke devrait « faire vaciller l’arbre pourri de la Belgique », et appliquer un nouveau fascisme au cœur de notre XXI siècle. Voilà l’objectif principal défendu depuis toujours par le Vlaams Belang.
Faut-il le rappeler qu’il en va de même sur le fond et la forme du côté francophone avec le Front national.
En sachant cela, il n’est pas nécessaire -et l’histoire ne nous contredira pas- d’avoir fait des études universitaires pour imaginer ce qu’ils nous réservent d’horreurs et de violences dans les années à venir… Allez voir les caricatures sur leur site Web, c’est à frémir…
Ce genre de manœuvres appliquées par le Vlaams Belang et le Front national au sein de notre démocratie démontre néanmoins une chose importante, c’est que notre démocratie (notre vision à court ou long terme de celle-ci) est réellement entrée dans un état de réelle dépression.
Là est selon moi la seule utilité – toute proportion gardée- de la présence du Vlaams Belang et du Front national dans notre paysage politique belge. Ce sont des indicateurs de notre dépression.
Le Vlaams Belang et le Front national agissent, existent – avec et grâce- à notre outil démocratique. Qu’on se le dise une bonne fois pour toute ! Si la démocratie est affaiblie, le Vlaams Belang et le Front national se renforceront inévitablement, et vice versa. C’est une réalité, pas un non sens, et je dirais même que c’est logique. Ces partis sont une dérive de notre société, bien entendu, je ne prétends pas le contraire, mais ils sont aussi agréés par nous tous au sein de notre société. Cette situation nous en sommes donc tous responsables. C’est la nôtre.
Ces partis sont le symptôme maladif principal de notre société actuelle, trop repliée dans le matérialisme. Leurs tentatives de corrompre notre démocratie en frôlant les abords juridiques des lois doivent être regardées comme un indicateur important de la santé de not
re société. Nous devons regarder cette réalité bien en face si nous ne voulons pas devenir fous définitivement.
Notre responsabilité vis-à-vis de cette situation est engagée, mais elle pourrait être aussi notre espoir de guérison. Un vaccin efficace et radical est nécessaire, certes, et rapidement, afin que nous, citoyens, ne soyons plus sous le joug de cette épidémie grandissante de racisme et de haine que créent le Vlaams Belang et le Front national. La balle est aussi dans le camp du politique, plus que jamais c’est évident, mais avant tout elle réside dans nos mains. Nous devons nous positionner plus clairement à l’avenir et nous engager concrètement et de manière radicale cette fois dans notre vie de tous les jours, si nous voulons stopper cette hémorragie. Arrêtons de nous replier derrière ce que nous consommons uniquement – cette nouvelle idéologie totalement nihiliste. Cela équivaut aussi pour les idées…
Á nous d’accepter notre situation et d’en inverser le processus, car il n’est pas encore trop tard. Faisons preuve d’imagination vis-à-vis de nous-même et du politique ! Pour cela, nous disposons d’un outil important, les élections communales du 8 octobre 2006. Réagissons en votant massivement pour les partis démocratiques qui défendent, respectent les droits de l’homme. Mais aussi interrogeons massivement le politique à travers nos votes.
Un pas important a été franchi le 18 mai 2006 à la chambre. Attendue depuis quinze ans, la réforme de la législation de 1933 sur les ventes d’armes a été acquise en trois jours. Une conséquence de la fusillade d’Anvers. Cette loi était nécessaire mais elle n’est pas suffisante.
Nous sommes contraint d’aller plus loin, car nous avons besoin d’un monde juste si nous voulons survivre. Et nous n’avons pas besoin de la démocratie pour nous apprendre que nous avons besoin de justice comme moyen d’être humain. Ce qu’il faut créer est plus fondamental qu’une loi : c’est notre besoin d’être humain. Et nous poser une question : que veut dire aujourd’hui être humain ? Sur cette question, il y a un trou dans notre psyché, et ce n’est pas la technologie ou le matérialisme qui répondront à cette question. Parce que nous ne nous préoccupons pas de cette question fondamentale, la violence sous diverses formes peut s’installer impunément dans nos vies – être normal.
Sommes nous vraiment conscient de cela ? C’est la violence qui prend le masque du Vlaams Belang ou du Front national, et même si nous ne le voyons pas, ce masque finit par nous coller au visage. Pourquoi ? Parce que nous sommes trop préoccupés par le matérialisme et laissons notre imagination dans les rouages non humains de la technologie ? En partie oui, mais c’est plus fondamental encore. Nous ne sommes pas encore entrés dans notre besoin d’être humain. Voilà le centre de notre situation. Nous sommes encore sur le seuil de notre humanité, et nous nous demandons si nous devons ouvrir la porte qui donne accès au mot humain.
Pourquoi ne poussons nous pas la porte ? Parce que nous ne sommes plus maître de notre imagination. Elle appartient aujourd’hui à la technologie et à la corruption.
Sommes nous vraiment capable de créer ce vaccin salutaire, cet antidote contre le Vlaams Belang et le Front national et arrêter la progression de ce duo redoutable? Evidemment.
Le voulons-nous vraiment ? Là c’est une autre question auquel nous devons répondre impérativement. Voulons nous vraiment construire un monde juste où le mot humain sera le centre de toutes nos préoccupations ou vivre dans la corruption de notre imagination ?
Là est l’ultime question à se poser, ici et maintenant…
Ces paradoxes et les questions qu’ils suscitent appartiennent au monde qui sera créé par le postmodernisme.
René Georges (metteur en scène et acteur Bruxelles)
j’ai régulièrement des jeunes gens qui me rapportent que dans le sein même de leur école,élèves, professeurs, voir directeurs, portent des propos injurieux sur les jeunes gens qui ont eux le courage d’afficher clairement leurs orientations sexuelles.Que les jeunes de la classe portent ce genre de propos sur leurs camarades de classe, parce qu’ils sont dans une ignorance passagère, on peut le comprendre, mais le cadre enseignent et la direction qui ne profitent pas pour user de ce levier afin de donner des incitants de réflexions dans le cadre des études, afin de remédier au mieux a ces discriminations que subissent certains des jeunes , là je me dis que la situation à assez durée, il faut agir, par l’intermédiaire du législateur, et punir ce genre de comportement coupable et responsable de laisser une situation ce détériorer au sein de leur établissement, j’ai dit .
Christian De Clerck, professeur en C.F.
Personnellement, je suis gay, j’ai 14ans.
Il m’est impossible d’aimer celui que j’aime comme je le voudrais, c’est-à-dire comme les hétérosexuelles.
Je n’ai jamais entendu parlé de ces mesures à l’école, malgrès le faite que cela date de 2006 – 2007. Je ne suis pas le seul jeune homosexuel dans mon établissement, et pourtant, il est impossible de savoir qui est-ce sans etre proche des personnes.
Les élèves deviennent étroits d’esprit et violents, pour n’importe quelles raisons : homosexualité, différentes couleurs de peau, handicape, etc …
Notre monde bascule dans une abîme naissante. J’ai beau n’avoir que 14ans, mais j’ai l’impression d’être plus matûre que certains adultes …
Yannick Elève de 3ème secondaire à Binche