
A quelques mois de l’investissement de 1,5 millions d’euros pour l’achat de manuels scolaires (le plan, voté en mai, sera lancé en septembre 2006 avwec une augmentation du capital de 10 % tous les ans jusqu’en 2013), une enquête – commandée par les éditions Wolters Plantyn
montre que 9 enseignants sur 10 sont favorables aux manuels scolaires, mais qu’ils sont autant à les trouver couteux.
Les élèves belges sont par ailleurs souvent les derniers à posséder un manuel (seul 24 % par exemple en possèdent un en sciences deuxième secondaire), alors que plusieurs études montrent l’avantage d’un manuel :
- ils contribuent à diminuer le nombre de photocopies distribuées aux élèves
- ils favorisent l’apprentissage en autonomie
- ils facilitent la coordination entre collègues
- ils donnent plus de structure au cours
ils alourdissent le poids des cartables ?
Les directeurs d’école pourront acheter des manuels pour l’enseignement du français et des maths dans le fondamental. Ces ouvrages pédagogiques pourront ne pas être agréés (exceptionnellement pour l’année 2006-2007), alors que les prochains achats devront porter le sceau de l’agrément de la Commission de Pilotage, qui examine actuellement les propositions de manuels pour les « valider »
Pour réduire les couts, l’avenir du manuel scolaire pourrait être le manuel "collaboratif". Un premier exemple existe déjà pour les méthématiques, et d’autres vont suivre :
manuel.sesamath.net/
Comment peut-on décemment, en ce début de vingt-et-unième siècle, prétendre sans rire qu’un manuel est un outil efficace d’apprentissage?
Il y a cent ans, c’était concevable.Mais après les découvertes des : Piaget,Wallon,Claparède, Mialaret (constructivisme, apprentissage en interaction, motivation, autonomie de l’individu et surtout, les apports de Decroly et de Freinet (pour ne citer qu’eux) portant sur l’importance de l’observation, de l’expérimentation, du travail coopératif, de l’expression personnelle des enfants…comment admettre une telle ineptie!Que Plantyn cite un tel chiffre d’enseignants "pour" n’est pas étonnant de la part d’un éditeur…mais quel était l’échantillon sondé?
Notre joyeuse société ultra-libéraliste jette les bases de ce renouveau pédagogique des temps modernes (ne manquent que les écrous à visser) : "tournez la page, complétez, corrigez ; tournez la page, complétez, corrigez…" Bravo la gauche gouvernementale qui se charge vaillemment de cette mise à mort des pédagogies progressistes!
Bonjour,
Pour ? Contre ? D’un côté comme de l’autre on trouve des arguments valables. Après 41 années d’enseignement (excusez du peu !), je me permets une réflexion : certains professeurs photocopient 7 ou 8 pages d’un manuel, puis d’un autre et encore d’un autre…
Ce sont souvent les mêmes professeurs qui critiquent les manuels.
Il fallait le dire. Ce qui est fait.
JacquesNicloux, auteur de manuels.
Bonsoir,
Comme écrit précédemment, il ne me semble pas qu’un manuel puisse favoriser un apprentissage ; je peux admettre qu’il serve éventuellement à consolider certaines compétences, mais je redoute que certains enseignants, couverts (!) par une certaine hiérarchie politico-pédagogique, se laissent aller à suivre le dit-manuel, sensé contenir TOUT ce qui DOIT être intégré en termes cognitifs…Un genre de bible, quoi…Le fait que bcp d’entre-nous utilisent plusieurs manuels prouve qu’ils ne trouvent pas dans UN seul de ceux-ci ce qu’ils cherchent!Et il est logique qu’ils s’en plaignent…
Sans vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain, je peux accepter l’idée que de BONS manuels devraient être mis à la disposition des enseignants débutants (ce qui nouq ramène au problème de la formation initiale…) ou des enseignants craintifs ou désireux de simplifier leur tâche éducative…Mais encore une fois, qu’en est-il de la vie de la classe, des différences d’intérêts,de son vécu, des découvertes des enfants (dans le fondamental, un enfant apporte un jour un escargot, un autre jour on y voit une perruche, un hérisson (si si, il en existe encore), une autre fois, une maman apporte un potiron, etc…Il va falloir qu’ils soient très denses, ces manuels, adaptables à tous les enfants de toutes les classes, tenant compte des différences de rythme, de capacités cognitives (les exercisations qui ne manqueront pas tiendront-elles compte des différents niveaux taxonomiques par exemple?)
Quelle sera la valeur et les traces mnésiques d’une page du manuel sur, allez, prenons : le carnaval, par rapport à : l’écriture d’une classe pour inviter un gille en classe, une recherche en BIBLIOTHEQUE centrée sur les questions des enfants, une visite au musée de Binche, des travaux de groupe débouchant sur une conférence …Voilà vraiment un autre type de pédagogie, liée je le crains à d’autres valeurs : l’importance de l’éveil de l’intelligence au départ du vécu des enfants et de leur motivation à chercher, à dépasser une situation (pédagogie du projet) ; le développement du "gai-savoir" par les interactions entre pairs, la coopération en classe (et non la compétitition…), l’autonomie, l’esprit critique…
Et tout ceci n’inplique pas du tout l’usage inconsidéré de photocopies, au contraire!
Tout cet argent pour des manuels, alors que les classes manquent d’atlas, d’encyclopédies, de littérature enfantine de qualité, de PC performants et connectés, de balances, d’outils développant la psychomotricité, de matériel Hifi (musiques du monde, musique classique, cinéma et documentaires de qualité…)Tout ça dans un manuel…Aujourd’hui, je ne pouffe plus.Je suis vraiment inquiète face aux moyens mis en oeuvre pour piloter l’enseignement, avec l’idée délibérée (on peut le penser) de nous rendre ovins.
Il est clair qu’en qualité d’éditeur, la vision des choses diffère!
Les éditions Wolters Plantyn font une enquête sur les manuels scolaires. On attend une enquête de la Défense nationale sur le désir de paix des populations, une autre de Coca-Cola sur le désir de boissons pétillantes chez les jeunes et enfin une enquête des Témoins de Jehovah sur l’efficacité du porte-à-porte.
A en croire ce que certains écrivent plus haut, le manuel serait la Bible … le livre dont on tourne les pages une à une au fil des jours !!! Mais vous n’avez jamais utilisé un livre de math ou de français dans votre classe ???
Des manuels, j’en ai une bonne vingtaine, toutes matières confondues … et de temps en temps, je puise un exercice par ci, un exercice par là; mais je n’en suis nullement l’esclave !!
Ce que je crains surtout, c’est l’aspect financier de la chose !!! Que le manuel pondu par Monsieur l’Inspecteur Untel soit miraculeusement promu au rang de manuel de référence parce que ce monsieur aurait le bras long au ministère !!! Puis de quel droit certains se permettent-ils de juger un manuel … de l’estimer meilleur ou moins bon qu’un autre … selon quels critères ??? Le livre qui convient très bien à mon collègue ne me plait peut-être pas du tout !!! Comme pour ce qui est de la pédagogie, on n’a jamais réussi à m’imposer une façon de faire qui ne me convenait pas … il en sera de même pour les manuels !!! Alors pourquoi ne pas allouer un budget aux écoles en leur laissant la liberté d’acheter les livres qui leur conviennent plutot que de leur en imposer ???
Simple réflexion sur le vif … un peu brutale peut-être !!! Mais j’avais envie de donner mon avis !
Je viens seulement de voir l’intervention de mon ami Henry de la liste "Instit" … Il trouve toujours, avec beaucoup d’humour, les mots qu’il faut pour résumer la situation !!
Bien le bonjour Henry !!!
Cher Tof,
Si vous me relisez un peu plus attentivement, vous conviendrez que nous sommes d’accord sur ce sujet…
Mais justement, l’idée est de rendre quasi-obligatoires je suppose l’emploi de ces manuels : nous rendre esclaves ou ovins, on se rejoint, non?
La question étant : quel est le pourcentage d’enseignants qui vont rentrer dans le rang, avec l’accord -euphémisme- de leur hiérarchie, par rapport à ceux qui continueront à utiliser des pratiques pédagogiques actives et progressistes, en fonction de leurs valeurs propres (relisez plus haut..).Déjà qu’on n’est plus trop nombreux, va falloir s’accrocher!
De plus, vu le prix des manuels scolaires, je ne suis pas sur que cela va résoudre beaucoup de choses…
Je suis également très sceptique quant à cette utilisation (voir argumentations précédantes!)
Et qui va "agréer" ces livres?
On a essayé il y a quelques années de faire la même chose concernant les CD rom éducatif… en vain!
Beaucoup de pub pour pas grand chose… voilà mon avis!
Ha la la, comment ce fait-il que l’on puisse à ce point mépriser le travail de terrain! Tof a raison. Le manuel rigidifie et fossilise le con-tenu alors que la vie qui s’agite autour de l’enfant est en mouvement. Zelox a aussi raison! Qui va donc dire ce qui est "con-forme"? Quand on voit déjà le texte qui devrait servir de "programme" on peut être inquiet. 500.000 euros pour les logiciels de français et de math….là cela devient grotesque, pire que figé! Un logiciel définit une progression temporelle sans retour, souvent dans le vide!!! Puis-je demander qui décident quoi ici bas?
> Et qui va "agréer" ces livres?
Laisse-moi réfléchir… des inspecteurs de la CF… Tu sais, ceux qui écrivent des livres et donnent des conseils sur la pédogogie à utiliser… Comme cela, c’est cohérent: j’écris les même conseils que ceux que je donne et comme je suis d’accord avec moi-même, je m’agrée :+))))
On peut aussi être positif: par "manuel", on peut aussi entendre "dictionnaire", "atlas", "grammaire" (adaptée), recueil de textes (un choix d’auteurs belges par exemple), fichiers d’exercices, etc
Le problème, c’est que le livre scolaire est un marché: il surfe sur la vague des réformes et thématiques (compétences, citoyenneté, etc) institutionnelles mais répond aussi à une demande… Si celle-ci est de fournir des "outils prémachés", on aura une pédagogie clé en main (type syllabique ;+).
Si celle-ci exprime une orientation claire, le marché réagira…
Le pouvoir occupe les espaces libres. Après l’agrément vient la décision – ou non – d’acheter. Les enseignants n’ont cas (onka:+) affirmer une identité pédagogique…
Il leur sera sûrement donné ce qu’ils désirent.
Je me réjouis du commentaire 1/ de Julien à propos de Seasamath, qui va dans le sens de ce que je promeus.
Une question concrète maintenant: qui parmi vous serait prêt à se lancer dans la rédaction, éventuellement rémunérée de manuels libres de français et mathématique pour le cycle primaire (le genre de manuels qui seront fénancés par cette première vague de financement) mais pour rédiger collectivement des manuels libres dans l’esprit des manuels sesamath. Si vous êtes partants, merci de me contacter sur la liste instit de la communauté française (message à Nicolas Pettiaux) ou en laissant un message sur ce site.
J’ai rencontré aujourd’hui un représentant des édition Deboek.
Il a précisé que seulement les livres (1) de math et de français (2) destinés au premier cycle (3) non consommables … entraient dans la liste des manuels agréés pour le subside de 15 € !!! Par "non consommable", on entend les livres dans lesquels on ne sait pas écrire !!! Faisant le tour des manuels existant chez les divers éditeurs, je n’en retire que quelques-uns … très rares (lexique mathématique, Eureka, grammaire française … ) Bref, 95% de référentiels … aucun livre d’exercices ou d’apprentissage !!!! (ah si … Crack en Math qui ne contient que des situations-problèmes et dans lequel on n’écrit pas !!) Tout ceci ne nous laisse que très peu de choix … encore de la poudre aux yeux médiatique !!!!
Madame la Ministre Présidente de la Communauté française, en charge de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale,
Connaissez-vous Garcimore ? Ce petit magicien avec un drôle d’accent et un rire inimitable qui avait le don de rater chaque tour de magie qu’il présentait ?
Qu’il était comique, n’est-ce pas ?
Sans doute avait-il appris ses tours de magie dans un manuel non agréé ou encore n’avait-il que les dessins ou autres schémas représentant les étapes desdits tours de magie… Quoiqu’il en soit, il y avait de sérieuses lacunes dans son apprentissage de l’art de la prestidigitation.
Mais que diable vient faire Garcimore dans un courrier qui a pour objet la susnommée circulaire 1474 ? Le lien est pourtant simple ; développons-le si vous le permettez.
Après lecture attentive de ladite circulaire, je ne peux m’empêcher de remarquer quelques zones d’ombres, incohérences ou mieux, mesures discriminatoires.
Mais peut-être est-ce voulu, et je m’appuierai sur les propos que vous avez tenus à l’antenne de Bel RTL lors des discussions sur le Contrat pour l’Ecole : « J’aime beaucoup travailler de cette manière. C’est-à-dire prendre des décisions qui susciteront le débat. Je trouve cela très enrichissant. » (Sic)
Débutons par la remarque d’une mesure qui paraît, à mon sens, parfaitement discriminatoire.
Dans le calcul des indices 2006 pour l’attribution des budgets spéciaux aux écoles, un élève de l’enseignement ordinaire compte pour un, alors que dans le spécialisé, un élève compte pour 1/3. De fait, un élève de l’enseignement ordinaire pourra bénéficier de € 15,00 pour des manuels scolaires alors que celui du spécialisé n’aura droit qu’à € 5,00.
Une différence de € 10,00 par élève est inacceptable. Particulièrement quand on pense aux besoins spécifiques des enfants relevant de l’enseignement spécialisé, dont les enseignants doivent parfois jongler avec plusieurs méthodes d’apprentissages en Français comme en Mathématique.
En effet, les référentiels utilisés pour Pierre, ne seront pas forcément les mêmes que ceux pour Pol ou Jacques.
Et là, apparaît notre première incohérence dans votre circulaire.
Où donc se trouve l’égalité des chances pour nos élèves de réussir prônée dans le Contrat pour l’Ecole?
Comment faire pour que Pol et Jacques apprennent telle ou telle notion avec autant d’aisance que Pierre qui se voit muni d’un manuel lui convenant parfaitement ?
Mais je suppose que ces élèves ne doivent pas encore trop se plaindre car pour un an, leur enseignant a presque la liberté de choisir les livres qu’il veut. Alors que dès l’an prochain, le manuel qui convenait si bien à Pierre sera jugé obsolète et que rien de ce que la Commission chargée de donner les agrément ne lui permettra d’évoluer.
Si ce cas de figure imagé vous semble tiré par les cheveux, Madame la Ministre Présidente, je vous invite à faire comme votre prédécesseur Monsieur Jean-Marc Nollet et à vous rendre sur le terrain.
Non pas dans des écoles pilotes, ni des écoles de régions socio culturellement favorisées, mais bien dans nos écoles du si communément dénommé quart monde, de même que dans nos écoles d’enseignement spécialisé. Car la réalité n’est-elle pas plus parlante qu’un énoncé, un discours ou encore je ne sais quel colloque organisé de manière à se donner bonne conscience et pouvoir dire en cas d’échec que pourtant tout avait été mis en place pour permettre aux enseignants de travailler dans de meilleures conditions voire même de se gonser en mettant en avant les millions d’euros débloqués par la Communauté française.
Parce que, voyez les choses en face, Madame la Ministre. Ce n’est pas dans un colloque auquel participent des pédagogues, des directeurs d’écoles et une poignée d’enseignants (proportionnellement au nombre en service en Communauté française) que l’on juge et met en place une réforme aussi importante que celle mise en place aujourd’hui.
Il s’agit là en effet d’une réforme. Quel autre mot choisir dès lors que les enseignants seront désormais face à l’obligation d’utiliser certains manuels scolaires plutôt que d’autres. (A moins qu’ils n’y aillent de leurs poches comme à l’habitude et continuer comme avant).
Bien que spécifié dans la circulaire comme étant une mesure qui respecte les libertés de chacun, il est très aisé de vous démontrer en 2006 que le choix parmi les manuels scolaires susceptibles d’être remboursés est restreint.
J’ai par exemple sous les yeux le catalogue 2006 De Boeck éducation. Si je m’en tiens aux conditions énoncées quant aux livres remboursés dans le cadre du budget spécial, il ne reste comme choix que des référentiels : Eurêka ! et Grammaire de Base en Français et Leximath Junior en mathématique.
Quel éventail !!! En effet, quelle liberté dans le choix. Et qu’en sera-t-il dès 2007 ?
De plus, et là nous verrons une autre incohérence. Un manuel est en général complémentaire à un cahier d’exercices qui lui est rédigé en suivant une méthodologie suggérée dans un guide de l’enseignant. Comment dès lors utiliser un manuel à bon escient ?
C’est comme vouloir cuisiner avec uniquement les ingrédients sans les étapes reprises dans une recette, ou encore revenir de chez le médecin avec une ordonnance sans savoir quelle dose de médicament prendre.
(Ne dirait-on pas l’histoire de Garcimore avec sa magie ?)
Pour une mesure qui se veut prôner plus de cohérence, la copie est à revoir il me semble.
Autre point ; pourquoi ne pas avoir détailler dans la circulaire les manuels ainsi que les éditeurs susceptibles de recevoir l’agrément de la Commission ?
J’ai bien évidemment une idée, mais oserait-on la dire tout haut ?
Il semble que cette mesure a été adoptée dans l’urgence de sorte que les enseignants terminent leur année scolaire avec du baume au cœur en leur faisant miroiter monts et merveilles. Il passeront ainsi un été à se réjouir en consultant divers catalogues et en imaginant les progrès que leurs bambins feront grâce à Madame la Ministre.
Mais ils oublieront, car trop préoccupés à rédiger leurs bons de commandes dès la rentrée de septembre, que un peu plus de quatre semaines plus tard ils se rendront aux urnes.
[message modéré : hors-sujet (politique)]
Allez Madame la Ministre Présidente de la Communauté française, en charge de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale, rangez donc votre baguette ainsi que votre chapeau et relisez votre manuel du petit magicien (agrée par la Commission de la Magie). Nous avons tous vu le double-fond par lequel sortira le lapin blanc.
Je pense qu’il faut garder un équilibre… le manuel est tout simplement un outil supplémentaire pour l’élaboration d’une leçon, une source parmi d’autres sources. Il ne faut pas le diaboliser, simplement en faire un allié supplémentaire pour l’apprentissage de nos élèves.