La convention sectiorelle n’est pas encore sur le point d’aboutir. Rappel des faits.
- Début octobre, les syndicats clament la reprise des négociations avec le Cabinet.
- Fin octobre, ceux-ci ont alors programmé une heure d’arrêt de travail dans les écoles afin d’informer les « bases » du contenu des négociations, le jeudi 16 novembre.
- Mi-novembre, Marie Arena a fait appel à la Region Wallonne pour majorer de 3 millions les 5 millions déjà présents sur la table des négociations, les syndicats protestant face à une enveloppe trop fermée.
- Début décembre, le projet de convention sectorielle voit le jour.
Ce qui fut un accouchement douloureux pour les syndicats et le Cabinet Arena risque pourtant bien de rencontrer d’autres difficultés à la naissance. Alors que les syndicats et la Ministre Arena doivent signer l’accord avant la fin de cette semaine, les PO, le Segec, le Cpeons et la Felsi menacent d’un recours à la Cour d’arbitrage. Qui a déjà osé se lancer dans une lecture de la convention sectorielle se rendra compte que la majeure partie des mesures concerne l’organisation de l’encadrement. Et c’est là que le bât blesse : les réseaux estiment qu’il en est de leur ressort, et qu’ils devraient par conséquent être consultés. La Communauté Française réplique que c’est elle qui paie tous les enseignants. Et la complexité de notre système éducatif ressort de plus belle.
Outre les problèmes de concertation, les quatre organisations dénoncent :
- la limitation à 3 % des heures de coordination [1]
- l’interdiction des transferts de professeurs du 1er degré vers les deux autres,
- ainsi que la limitation des tailles de classe[2].
annonçant une probable réduction du nombre d’options et des heures de soutien aux élèves en difficulté. Plus que cela, c’est une véritable désorganisation qui s’annonce dans de nombreux établissements, en raison de cette limitation de 3 % du NTTP total.
Les pouvoirs organisateurs exigent une concertation avant la signature de tout accord. Il semblerait donc que l’accord bilatéral entre les syndicats et Madame Arena ne satisfasse pas l’ensemble des partenaires éducatifs. Parlant de syndicats, une critique citée dans le Vif/l’Express cette semaine laisse pensif. Et la « base » (syndiquée et non-syndiquée), qu’en pense-t-elle ?
Les premiers fossoyeurs de la Wallonie sont les syndicalistes de l’enseignement. On part pour trente-ans de sous-développement en Wallonie.
Etienne de Callatay, économiste à la Banque Degroof[3]
Notes
[1] Nombreuses sont les écoles qui dépassent (parfois largement) cette nouvelle limite, et il s’agit bien souvent des écoles les plus en difficulté (discrimination positive, enseignement spécialisée, etc.). Vu le faible taux d’encadrement accordé aux écoles, celles-ci doivent souvent faire appel au fameux NTPP pour faire face à des besoins pédagogiques, et combler ainsi les trous. On accorde à un professeur quelques heures pour la gestion de la bibliothèque ou du centre cyber-média (le plan précédent n’avait pas prévu d’encadrement pour les salles informatiques, pas plus que le prochain plan cyberclasse), pour un titulariat ou la gestion d’un autre implantation.
[2] La ministre de l’Enseignement impose aux écoles de tous les réseaux le respect d’un nombre maximal d’élèves par classe : 24 en 1er degré du secondaire, 27 en 2e degré de l’enseignement général et technique, 20 en 2e degré de l’enseignement professionnel, 30 en 3e degré de l’enseignement général et 24 en 3e degré de l’enseignement professionnel
[3] cité dans le Vif/L’Express, n°2893, p. 18. Repris de l’ouvrage Bye-Bye Belgium de Philippe Dutilleul, Labor-RTBF, publié dans la suite de l’émission-fiction de la RTBF sur la fin de la Belgique.
Voilà clairement démontrée, une fois de plus, l’absence de liberté pédagogique dans nos écoles. Est manifeste également l’autoritarisme de la ministre qui multiplie les décrets tatillons. La priorité des priorités est de réintroduire des exigences pédagogiques dans le primaire susceptibles de donner aux enfants les bases qui leur font cruellement défaut. Ce n’est pas dans le premier cycle du secondaire qu’il faut tenter d’y remédier, c’est bien avant… Qu’on cesse de brader l’enseignement primaire et qu’on y restaure les exigences prioritaires (apprendre à lire, à écrire et à compter) sans se perdre dans les méandres d’une pédagogie dont on revient partout ailleurs (sauf au Québec, peut-être!).
"C’est bien avant…"
Bien avant quoi ? Les études montrent que l’influence du milieu socio-culturel est déterminant dans le devenir scolaire des enfants… Le premier degré du secondaire, alors qu’il bénéficie (comme d’autres) d’un écrémage ne serait pas concerné par "la remédiation" (que j’exècre ce terme…) ? Quelle serait donc la motivation des instits à se "perdre dans les méandres de la pédagogie" alors qu’il est serait si facile de donner "l’injonction d’apprendre ?" Il était évidemment plus simple pour tout le monde lorsqu’au terme du 4ème degré on envoyait les enfants porter des caisses au marché vespéral… Pas de besoin de pédagogie pour cela, un bulletin suffit.
"La Communauté Française réplique que c’est elle qui paie tous les enseignants"
Gouverner mais pas ramer…
"Et la "base" (syndiquée et non-syndiquée), qu’en pense-t-elle ?"
La base était occupée ailleurs en ces temps de corrections et de conseils de classe. Elle ignore pratiquement tout (y compris beaucoup de délégués syndicaux) des conséquences pratiques qu’engendrera cette nouvelle règle des 3%. C’est à la rentrée prochaine, lorsque les effets se feront sentir (chute dramatique de l’encadrement dans certaines écoles, licenciement de jeunes profs par effet "domino", classes et cours dédoublés grâce aux heures récupérées mais sans profs (vous avez déjà entendu parler de la pénurie ?). Cà promets un beau bordel… Moi qui suis un syndicaliste convaincu, j’en viens à placer tous mes espoirs dans la saisine de la Cour d’Arbitrage par les PO. SIC…
Evidemment, si l’on préfère huit années de primaire et quatre années de secondaire…
Mais quelle réponse affligeante! Qui sous-entend que remédiation ou bases solides nécéssiteraient 8 ans dans le primaire contre 4 dans le secondaire? Nous sommes dans le même bateau, non? L’enseignement fondamental ne doit pas -et ne peut pas- être le seul à installer tous les apprentissages! Ne parle-t-on pas encore assez de la notion de cycle, d’apprentissages en construction etc..(cf Socles) dans le secondaire inférieur? L’idée que le fondamental doit tout apprendre (l’orthographe, les grandeurs, les propriétés des opérations, le fonctionnement du corps humain, mais aussi : la compréhension implicite d’un contenu écrit, la capacité d’analyse et de synthèse, l’autonomie, le sens des responsabilités, la citoyenneté…semble très utile, surtout pour lui jeter la pierre lorsque certains enfants présenteront des lacunes à l’entrée du secondaire. Et hop, voici comment liquider proprement sa propre responsabilité professorale…Ah, quand aurai-je l’ineffable plaisir de voir enfin l’enseignement secondaire inférieur se pencher sur les mots "Ecole de la réussite" et leur donner sens, à travers des démarches actives, motivantes, différenciées dans les approches et les applications (ce qui, pour nous les primates euh primaires, est pratiqué depuis plus de 20 ans..)
Tiens, un message (Le 4) s’est intercalé après ma réaction (cf 3 suivi du 5, donc), ce qui modifie évidemment la perspective de départ.
Ma réaction s’en trouve décalée!
Qui peut m’expliquer pourquoi les profs du 1er degré ne pourraient pas être transférés au 2e degré ?
La plupart des profs de mon école donnent cours dans les 2 degré.
Nos syndicats s’endorment !
Cela fait des mois pour ne pas dire années, que notre ministre prend toutes les décisions qu’elle veut et instaure des décrets sans que personne ne lève le petit doigt.
Dans les écoles, les syndicalistes mégotent sur une heure sup mais au communautaire, y’a personne !
Pour Jeune prof : Ce ne sont pas les profs du 1° degré qui ne peuvent pas être transférées dans le 2° ou le 3°, ce sont les heures NTPP qui ne se calculent pas de la même manière. L’école n’a pas le droit de disposer des heures à sa convenance, elle doit respecter des normes par degré.
Pour Affligé : les syndicats n’existent qu’en fonction des collègues qu’il représentent. Nous avons été cassés en 91 et en 96. Lors du dernier jour de grêve de 2005 contre notamment les risques de modification des fins de carrière, les jeunes n’ont pas bougé, alors que c’était eux qui étaient prioritairement concernés. Le temps ne semble pas propice à la révolte. C’est le règne du politiquement correct. Les médias se régalent de la violence dans quelques écoles, mais le vrai problème c’est que chez nous on n’apprend moins bien qu’ailleurs. Là est la vraie question. Et pour ma part, il faudrait commencer par le commencement, c’est-à-dire revoir totalement la formation des maîtres, y mettre le prix qu’il faut et n’y nommer que des enseignants chevronnés et passionnés par leur métier.
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