Les profs le savent bien, cette semaine est consacrée à l’évaluation externe (cette année, un test de lecture) qui, prévue par le Contrat pour l’école, va se charger de diagnostiquer les faiblesses de nos chères têtes blondes et permettre à l’enseignant d’éventuellement ajuster son enseignement.
Cette évaluation, diagnostique donc, ne comptera pas pour le bulletin et ne pourra en aucun cas servir à hiérarchiser les écoles en fonction des moyennes obtenues. Il est prévu que chaque établissement soit informé de la moyenne générale de ses élèves, dans le courant du mois d’avril.
Si le test de cette semaine est le premier du genre organisé en Communauté Française, l’année 2008 sera placée sous le signe des mathématiques, avant d’entrer dans l’ère des sciences et de l’histoire-géo. Les connaissances et compétences des choupis de 2e et 5e primaire, comme de 2e secondaire seront dorénavant évaluées chaque année.
Mais deux textes, proposés aux élèves de 5e primaire et 2e secondaire, divisent les enseignants. Le premier est une nouvelle de Bernard Friot, auteur pour la jeunesse bien connu. Sa « rédaction » raconte comment un enfant, pour avoir de meilleures notes à ses travaux, n’hésite pas à pousser sa soeur dans les escaliers ou verser de la poudre à lessiver dans le lait en poudre.
Le deuxième texte, une nouvelle extraite du recueil « Les ours n’ont pas de problèmes de parking », est du Belge Nicolas Ancion et décrit le déroulement d’un hold-up avec prise d’otage.
Les enseignants y voient une banalisation de la violence. Ils redoutent que les élèves, une fois rentrés chez eux, ne mettent en pratiques les idées pour le moins saugrenues présentées dans ces différents textes. A cela s’ajoute le fait que ces histoires tombent plutôt mal, à l’heure d’un grand débat sur la violence dans le milieu scolaire…
Interrogé sur le débat que provoque sa nouvelle, Nicolas Ancion s’étonne : « On voit bien pire à la télé ! »
De son côté, la ministre de l’enseignement, Marie Arena, a tenu à réagir en parlant d’un choix maladroit qui, dit-elle « va à l’encontre de ce qui est fait à l’école pour promouvoir respect et dialogue. De là à parler d’incitation à la violence, il faut garder son sang-froid. Ce serait absurde, et méconnaître la capacité de discernement des jeunes et la capacité des enseignants à leur donner les clefs de compréhension nécessaires à la mise en perspective de ce type de textes ».
La ministre rappelle également que ce test est obligatoire et que des sanctions, prises sur les subsides de l’école, menacent les enseignants qui boycotteraient l’épreuve. Elle encourage les enseignants à discuter de ce texte avec leurs élèves avant et après le test.
Source : « Une évaluation qui fâche l’école » – Le Soir du 29/01/07
J’ai suivi attentivement l’effervescent débat autour du texte "Rédaction" de B. Friot. J’ai passé l’évaluation ce matin dans ma classe. J’ai discuté du contenu avec eux. Tout s’est bien passé. Ils ont su faire preuve d’esprit critique. Ce qu’on essaie de former chez eux!
Et si on leur faisait confiance et qu’on arrêtait de les couver…
Je me demande, moi, pourquoi l’institutrice présentée est si cloche de ne pas voir la beauté du texte initial de l’enfant: "Chez moi le dimanche, il ne se passe rien : on va chez mes grands-parents, on fait rien, on mange, on refait rien, on remange et c’est fini". Comment mieux dire l’ennui ? "Insuffisant", juge la dame. Mais la concision, c’est une immense qualité. Pour moi, l’enfant est fondé à penser qu’on lui demande de "l’action", comme à la télé.
Euh… je ne suis pas instituteur et donc ma remarque vaut ce qu’elle vaut. J’ai lu le fameux texte de Friot sur le site de La Libre et au-delà du fond, c’est la forme qui m’a interpellé. Bon Dieu que ce texte est mauvais ! C’est comme cela que l’on apprend le français aujourd’hui ?
Que de foin pour si peu…!J’ai déjà vécu des événements bien plus importants qui n’ont pourtant été suivis d’aucun remou! Lorsque mes collègues et moi accueillons pour une année scolaire dans nos classes 30 élèves et parfois plus, il n’y aucun commentaire qui s’en suit! Pourtant, cela me semble davantage intolérable qu’un texte à lire!
Avant de distribuer l’épreuve à mes élèves de 5ème, j’ai pris beaucoup de plaisir et me suis même surprise à en rire.
Ce texte m’avait tellement amusé, que je me suis permise d’en faire la lecture orale à mes élèves de 6ème primaire qui ont eu la même réaction que moi ! Quel ne fut pas mon étonnement lorsque le soir à la télé, j’ai entendu que ce texte prêtait à controverse ….Aujourd’hui, sans leur donner mon avis, j’ai demandé aux enfants de 6ème de prendre position face à la critique que créait ce texte. Je peux vous assurer qu’à l’unanimité tout le monde avait perçu le caractère humoristique du texte et qu’en aucune façon on ne pouvait y voir une invite à la violence. Je suis entièrement d’accord avec eux ! J’ajouterai que pour voir le mal ainsi partout il faut être drôlement perturbé ou bien alors ne pas avoir grand chose à faire ou bien encore manquer cruellement d’humour … Et l’on s’étonnera encore que les enseignants sont mal considérés alors qu’ils sont ici, à la base de tout ce remue ménage ! S.V.P Arrêtez vos niaiseries , vos pitreries et gardez votre énergie pour les enfants…
Je suis outrée qu’on fasse un tel tapage pour un texte plutôt drôle. Les enfants ne sont pas idiots, ils ont bien compris que c’était une fiction, ils ont ri et les précautions avaient été prises avant. Je ne vois la dedans que des règlements de comptes politiques. Je trouve que dans l’enseignement il y a bien d’autres choses qui mériteraient un tel tapage et dont on ne parle pas et on perd du temps, de l’énergie et de l’argent à des bêtises. Ces épreuves sont bien faites, il était temps qu’on fasse un"état des lieux", est-il si difficile d’encourager certaines initiatives? Et pour le choix des textes, ils ne feront jamais l’unanimité mais est-ce là l’essentiel? Faisons un peu plus confiance aux enfants, ils sont capables de bien plus de jugeote que bon nombre d’adultes…
"Elle encourage les enseignants à discuter de ce texte avec leurs élèves avant et après le test."
Ben oui, c’est bien le but du test: discuter avec les élèves, vérifier s’ils ont bien tout compris, et ensuite poser des questions sur le texte.
C’est pas vraiment comme cela que je conàois une évaluation, mais je ne suis pas un "pédagogue faisant partie d’une commission payée par Marie mais pas contrôlée par elle
Xavier
Bon, pourquoi faire des tests alors si l’on connaît les capacités de nos jeunes?
"Ce serait absurde, et méconnaître la capacité de discernement des jeunes "
On aurait économisé une somme importante, on aurait économisé du temps.
Et pourtant, je reste partisan d’évaluations externes, mais que diable, respectons les ensignants en établissant des évaluations de qualité.
Dans La Libre, un lecteur disait à quel point il était sidéré par l’incompétence pédagogique de l’équipe qui a créé ces test et l’incompétence politique de Madame Arena.
C’est peu dire
Xavier
Mesdames, Messieurs,
Un enseignant, qui ne s’est pas autrement identifié, a posté sur le site de la FAPEO la simple question "Qu’en pensez-vous?" en joignant un extrait du texte controversé. Je vous fais grâce de ma réponse complète mais ne résiste pas à la tentation de vous dire, comme à lui, que ce n’est pas tous les jours qu’un enseignant demande leur avis aux parents sur le choix d’un texte scolaire. Heureusement, ils ne le font pas tous les jours mais je serais quand même curieux de savoir ce que certains choisissent comme textes au nom de leur liberté pédagogique.
Bien à vous,
Philippe Schwarzenberger
Président de la FAPEO
Juste à titre informatif, je me pose deux questions :
Les présidents des Associations de Parents FAPEO, UFAPEC… sont-ils élus ou volontaires ?
Les actuels présidents sont-ils enseignants ?
Merci de me répondre.
J’ai apprécié l’humour de cet auteur…
Avec les élèves de 5ème et 6ème , j’ai organisé un débat suite à la polémique….Pour ou contre ce texte dans une épreuve externe ?
Ils ont jugé à 45% que ce genre d’écrit n’avait pas sa place dans une évaluation "sérieuse"…
car l’humour distrait , car certains pourraient s’inspirer , car on ne s’amuse pas du malheur des autres, car ce n’est pas très moral d’empoisonner son père….
Les POUR :nous sommes suffisamment grands pour faire la différence entre réalité et humour, nous aimons lire des textes humoristiques… (surtout ceux qui n’aiment pas lire!)
Bref , les avis furent partagés et l’échange très riche!
Le travail s’est achevé par une rédaction dont voici le sujet: " Es-tu pour ou contre les rédactions du genre "Raconte tes vacances" "T’est-il aussi déjà arrivé de n’avoir rien à dire ou de ne pas avoir envie de raconter?…"
Les avis sont très diversifiés et je me suis bien amusée à les lire!
Réponse à "papa curieux":
Je suis président élu à la FAPEO. Je ne suis pas enseignant.
Philippe Schwarzenberger