Empreintes digitales pour sécuriser l'école ?

empreinte digitale La décision du directeur de l’école Marie-José à Liège d’installer un lecteur d’empreintes digitales pour gérer l’accès à l’école a pour objectif de sécuriser l’établissement, proie à diverses attaques extérieures, mais aussi de gérer l’absentéisme scolaire n’est pas une décision neuve.

En témoigne l’interview donnée par la directrice de Don Bosco (Woluwé Saint Pierre), dans le magazine Entrées-Libres du Segec :

Nous sommes passés d’environ 115 retards par jour à moins de 20 aujourd’hui! Par ailleurs, les élèves ne peuvent sortir de l’école que quand ils n’ont pas cours. Tout leur horaire est encodé! On mobilise moins de gens pour des tâches administratives et on gagne ainsi du temps à réinvestir dans ce qui est humain, on peut davantage suivre les élèves qui décrochent

D’autres avis sont opposés à ce système :

Au lieu d’installer un tel système, demandons-nous pourquoi les élèves sont absents. Pour moi, l’école est une microsociété où l’on doit apprendre la démocratie, et il est difficile de travailler sur de l’éducatif avec de tels systèmes de contrôle. Cela peut toutefois avoir le mérite de solutionner en partie la gestion administrative[1]

Alors que le système est déjà en place dans quelques écoles bruxelloises, la mesure adoptée par l’école Marie-José, qui relance le difficile débat sur la violence scolaire, suscite de multiples réactions, dont la presse se fait l’écho[2]

Atteinte aux libertés individuelles

La Comission de la Protection de la Vie privée estime les moyens disproportionnés par rapport aux objectifs recherchés. Dans le même ordre d’idée, le CJEF estime également que cette surenchère dans la réponse à la violence conviendrait plus à un univers carcéral qu’à une école.

Réactions des parents

La Ligue des Familles analyse cette mesure d’empreintes digitales comme

un appel à l’aide des directeurs d’école et des enseignants qui ne savent plus comment gérer les tensions liées à l’absentéisme, à la violence à l’extérieur de l’école, etc. [3]

Si Philippe Schwarzenberger, président de la FAPEO, se dit effrayé par ce type de procédé, l’association de parents de l’enseignement catholique [4] par contre préfère prendre le temps de la réfléxion et éviter de fustiger trop rapidement le directeur, qui a certainement agi dans le bien de ses élèves. L’UFAPEC estime également qu’il ne faudrait pas généraliser ce procédé à toutes les écoles.

Entre libertés individuelles et gestion plus rapide de l’aspect administratif d’une école, entre discussions-négociations avec les élèves et temps disponible pour du pédagogique et de l’humain, vous, enseignants, que choisissez-vous ?

Notes

[1] Paul Timmermans, directeur du Collège St-Pie X de Châtelineau, in Entrées Libres

[2] Le Soir, La Libre, Métro.

[3] Emily Hoyos, Ligue des Familles in Metro, 6/02/2007

[4] dont est issue l’école

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Vos commentaires

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  1. Anne dit :

    Pas si terrible dans le fond mais un fameux coup de pub pour l’école ! On ne parle que de ça depuis deux jours dans tous les médias !

  2. Eg dit :

    Il me semble qu’une fois de plus on écoute l’avis de gens extérieurs à l’enseignement…, ceux qui ne vivent pas la violence physique et morale au quotidien…et qui, sans connaitre et sans y être confronté quotidiennement parlent de violence…

  3. moune48 dit :

    Et si , on en revenait à l’ancien horaire..les cours de religion en dehors des grilles scolaires ..et remplacer ces cours par des cours de civisme ???
    Il faut revaloriser le métier des enseignants et les remettre sur le devant de la scène..apprendre à les respecter…ça c’est le boulot des parents!!!
    Moune
    :-)

  4. Jeune prof dit :

    Pourquoi faire disparaître un cours au profit d’un autre ? Et pourquoi un cours de civisme ?
    C’est à chacun de nous, profs et parents, de distiller au jour le jour les notions de civisme et de savoir vivre.
    En commençant aussi par donner l’exemple. ;)

  5. snorkise dit :

    Je pense que cela est une méthode comme une autre. Certaines écoles sont devant le mur et n’ont que cette solution pour réagir face à la violence et a l’absentéisme…
    Et puis, il faut vivre avec son temps… ;-)

  6. Bout d'Ha dit :

    Et si l’élève oublie ses doigts …
    A quand la lecture d’Iris, la reconnaissance vocale ou encore la micropuce tracer intégrée dans le cou des élèves …

    Même s’il est vrai que la lutte contre l’absentéisme est une noble cause difficile … ne devrait-on pas prendre le problème du bon côté, celui des parents et les mettre face à leurs responsabilité…

    … bientôt dans le journal : "Un élève égorgé pour ses empreintes" ou encore … "un élève se coupe les doigts pour les donner à un camarade qui lui, va à l’école"…

    Redonnons à l’école, aux enseignants la place qu’ils devraient avoir depuis longtemps, revalorisons nos écoles et plaçons parents et enfants devant leurs responsabilités. C’est là aussi une des solutions…

  7. GOBBE dit :

    Il y a, actuellement, beaucoup de violence à l’école. Les enfants (maltraités, abusés, en souffrance ou qui reçoivent une éducation laxiste…) n’ont plus de garde-fous, de repères et peuvent devenir un danger pour eux-mêmes et pour les autres. On peut donc comprendre cette mesure qui donnent des règles. MAIS, la première démarche serait de réintroduire des leçons de civisme dès l’école primaire et même maternelle dans les programmes, d’effacer les différences en rétablissant le port d’une tunique uniforme (si on ne veut plus de la blouse).

  8. Vieux prof dit :

    Ben, tiens ! C’est une idée ça !!! Mais comment n’y avait-on pas pensé plus tôt… retirer les cours de religion pour revenir à je ne sais quel ancien horaire ! Les élèves belges ont une grande chance d’avoir ces cours philosophiques et un "jeune prof" veut les supprimer. Dans ces cours, on peut apprendre aussi le respect de l’autre et le civisme. Et, comme écrivait un intervenant, ce sont tous les professeurs et tous les parents qui inculquent le civisme. Ne faisons pas porter à l’école la responsabilité de tous les problèmes de la société !

  9. Nana dit :

    pourquoi faire tout un plat de cette mesure ? Ceux qui sont "droits dans leurs bottes" ont tout à y gagner …quant aux autres, cela leur permettra peut-être de comprendre qu’ on ne fait pas ce que l’on veut quand on veut et que l’école n’est pas un supermarché où l’on vient à sa bonne convenance … Un peu de rigueur dans le laxisme ambiant ne fera aucun tort…Que cesse le règne de l’enfant-roi qui se croit tout permis !

  10. Flash dit :

    L’école est le reflet de la société… Traitons le problème à la racine. L’expérience démontre que les enfants qui reçoivent une éducation avec des limites claires et fixes dans un environnement stable posent peu de problèmes; par contre, les enfants provenant de familles qui pratiquent une éducation laxiste – voire pas d’éducation du tout – sont souvent parmi ceux qui posent problème. Eduquer son enfant ne dépend pas du revenu mais de la vision que l’on choisit pour sa vie. Il serait temps que les parents assument leurs responsabilités. Un enfant qui a appris à respecter les règles à la maison le fera aussi à l’école. L’éducation incombe aux parents et l’instruction à l’école. Dernière question: Pourquoi les écoles privées et onéreuses qui ont des règles strictes ont des élèves dont le comportement et les compétences dépassent de loin celles des écoles publiques? La réponse est évidente!

  11. Luc dit :

    Je suis d’accord avec "Jeune prof" et "Flash".
    C’est aux parents et aux enseignants à montrer l’exemple et à fixer les limites dans l’éducation des jeunes. C’est leur rôle d’adultes face aux enfants et aux jeunes qui leur sont confiés.
    La bonne éducation n’a pas de lien direct avec le milieu économique ou socio culturel. Elle dépend de la volonté et de la capacité des parents à éduquer correctement leurs enfants, sans verser dans le laxisme.
    Aller à l’école, venir à l’heure, faire ses devoirs, ne sont pas des choses exceptionnelles ou insurmontables à faire.