Indicateurs de l'enseignement

statistiques indicateurs La première édition des « indicateurs de l’enseignement » vient de paraitre et d’être envoyée aux écoles.[1]

Un indicateur ?

Afin d’étudier l’état de la situation de l’enseignement en Communauté Française, 30 indicateurs ont été mis sur pied et analysés. Ceux-ci constituent un ensemble d’informations objectives sur le système éducatif nécessaires pour en assurer le pilotage et portent à la fois sur l’environnement de l’école, sur les élèves ( leurs caractéristiques sociales, leurs parcours scolaires et leurs résultats) et le personnel les encadrant ainsi que sur les entités organisationnelles. Il s’agit donc d’un ensemble de statistiques sur l’enseignement en Communauté Française.

Chiffres ? Pour quoi ?

Pour résumer, il s’agit d’un ensemble de statistiques compilées et analysées, données provenant de principalement de la Communauté française mais aussi d’autres organismes comme l’INS ou l’OCDE (pour les indicateurs relatifs à PISA). On pourrait s’étonner, après les évaluations externes, les enquêtes PISA, les recherches en éducation, de la publication d’un nouveau type de statistiques. Pourtant cette publication permettra, selon la Ministre Arena, de piloter et de gérer plus efficacement le système éducatif francophone, en se basant sur des données chiffrées. Ces indicateurs permettront également de juger de l’efficacité d’une politique éducative, favorisant ainsi la transparence nécessaire au débat démocratique.

Quels enseignements ?

Enseignement inégalitaire

indicateur socio-économique Un des plus impressionnants résultats[2] est celui qui montre la répartition des élèves dans les filières en fonction de leur origine sociale. Les deux principaux moments du développement du phénomène de discrimination durant le parcours scolaire sont le début du secondaire et lors du choix des formes d’enseignement (ordinaire, technique, professionnel) au début du deuxième degré. Ceci est un élément permettant de justifier les politiques de mixité sociale promue par la ministre, qu’il s’agisse de la réforme du premier degré ou du décret inscriptions. Ces inégalités n’empêchent cependant pas à une augmentation du nombre et du taux de diplômés en Belgique.

Redoublement élevé

Le redoublement est très élevé en Communauté Française, avec près d’un élève sur cinq qui a doublé en primaire, et un élève sur deux en fin de secondaire. Il est, comme analysé dans ‘redoublement et enseignement qualifiant’, lié au type d’enseignement. C’est une forme de « remédiation » privilégiée par les enseignants, déplore indique la Ministre. [3]

Nombre d’élèves par classe

Le taux moyen d’élèves par classe est de 9,5 élèves, ce qui est un ratio élèves/enseignants très favorable dans l’enseignement secondaire ordinaire. Ce chiffre risque cependant de faire bondir de nombreux enseignants, souvent confrontés à une moyenne trois fois plus élevée. On notera également que les écoles de la Communauté Françaiseattirent bon nombre d’élèves étrangers, particulièrement pour l’enseignement spécialisé. [4]

Le MR s’interroge sur ces indicateurs

Une polémique a été lancée par Françoise Bertieaux qui a accusé mardi la ministre de l’Enseignement obligatoire Marie Arena (PS) d’avoir dissimulé au Parlement les chiffres concernant les « Indicateurs de l’enseignement », qu’elle a divulgués lundi devant la presse, ou d’avoir fait exécuter expressément une étude pour accréditer son Contrat pour l’école.

Puisque la Ministre n’a pas hésité à, délibérément, laisser la Commission dans l’ignorance, nous pouvons légitimement nous poser quelques questions quant à cette étude miraculeuse. Est-ce une commande de la Ministre qui, accumulant les critiques du secteur et des parents quant à son Contrat pour l’école, viendrait, de façon fort appropriée, justifier ses prises de position? Ou est-ce une étude bien réelle qui, alors, se devait de précéder la mise en place du Contrat pour l’école? Quoiqu’il en soit, le MR réclame un vrai débat au parlement autour de cette étude avant de voter tout nouveau projet de décret issu du Contrat pour l’école, comme le décret Inscription. Et nous avons écrit à la Présidente de la Commission Education en ce sens, réclamant également une explication de la Ministre quant à «l’omission» de ces statistiques en Commission
Françoise Bertieaux, groupe MR au Parlement de la Communauté Française, communiqué

La publication de ces indicateurs sera annuelle. Cette publication porte sur les chiffres 2004-2005. Notons la pertinence et l’intérêt de disposer d’un outil regroupant les différents éléments statistiques épars.

Notes

Là où il conviendrait de s’interroger, c’est sur le financement des élèves des pays limitrophes : pourquoi appliquer un décret à l’enseignement supérieur et pas à l’enseignement obligatoire si les finances de la Communauté Française sont limitées ? Est-ce que cela ne permettra pas de diminuer le nombre effectif d’élèves par classe ?

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9 réponses à Indicateurs de l'enseignement

  1. E-Chan dit :

    Bonjour,

    9.5 élèves en moyenne par classe. J’ai beau savoir ce qu’est une moyenne, on se demande comMent celle là est calculée. Le plus bas effectif que j’ai connu dans ma carrière est 23 élèves et la norme que je recontre depuis 10 ans est 34-35 élèves par classe. Je parle de lycéens de filière générale en ce qui me concerne et pas en option Grec du IVème siècle avant notre ère où on peut observer en effet ces effectifs. Mais je pense pas que ces options soient suffisamment généralisées dans notre enseignement pour tirer ainsi la moyenne vers le bas ;o)

    Je crois que je vais me mettre à ramasser et à corriger 10 copies en moyenne par classe à chaque devoir pour ne pas faire mentir les données institutionnelles.

    Cordialement.

  2. Moi dit :

    Effectivement, il y a de bonnes raisons de se poser des questions sur la manière d’arriver à une telle norme moyenne d’encadrement lorsque l’on voit le nombre d’heures NTPP disponibles pour organiser les grilles horaires de nos élèves… Perplexité…

  3. Moi aussi dit :

    a/ Le nombre d’enseignants comptabilisés prend en compte ceux en poste mais également ceux qui sont détachés, en mission, en congé de maternité, de maladie…

    b/ Les élèves ont plus d’heures de cours à suivre que les enseignants en ont à prester

    Conclusion: la moyenne annoncée ne correpond pas au nombre moyen d’élèves par classe

  4. Moi dit :

    A la vue de l’argumentation du point a/, d’autres questions tombent sous le sens…. Notamment, qu’il serait sans doute opportun de faire la part des choses dans les statistiques annoncées publiquement sans aucun recul… avec les impacts "politico-médiatiques" que cela entraîne.

  5. BJF dit :

    Ah, si cette moyenne était effective dans l’enseignement fondamental, je pense que nos élèves réussiraient tous! Nous pourrions leur mitonner des exercices individualisés, être à leur écoute, … Mais où est passé l’encadrement? Si tous les détachés et les "penseurs" des hautes sphères étaient "au charbon" aussi, nous tournerions moins en rond!

  6. Alain dit :

    Comme ces indicateurs arrivent à point nommer avant la mise en place de nouveaux décrets et la venue d’élections fédérales !
    Maria briguerait-elle un poste plus valorisant que l’enseignement ? ;(

  7. Ping : Questions à la une consacré à l’enseignement | Actualité de l’enseignement

  8. Philippe dit :

    Publier une telle moyenne d’élèves par classes est scandaleux pour notre image…. et délibéré!!!

    En effet, qui dans son école ( sauf rares exceptions) a déja rencontré de telles petites classes???

    Personnellement cela m’est arrivé une fois, une année pour un cours de Biotechnologie 4° avec seulement 3 élèves. Autrement c’est toujours entre 22 et 28 pour la théorie et 11 à 18 pour les Laboratoires

    Un enseignant preste devant les élèves +/- 20 heures/semaine (selon nineaux). Les élèves par contre assistent à +/- 32 h. Il est donc SCANDALEUX de réaliser une simple division élèves/enseignants car les bases horaires sont différentes. C’est ainsi que l’on en arrive à de tels chiffres fantaisistes

    C’est de la démolition organisée de notre image… ou de la bêtise…. ou les deux!

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