Les cas de publicité ou de propagande politique dans les écoles se sont multipliés ces derniers mois[1] :
- La rétribution financière d’ING à l’ouverture de comptes par des enfants
- La pédagogie comme support de la publicité : c’est la technique la plus courante. Citons par exemple :
- MédiaSmart : une formation à la publicité financée par les publicitaires.
- Le jeu « Le Compte est Bon« , toujours d’ING
- Des petits-déjeuners santé organisés par une célèbre marque de céréales
- La publicité frontale, emballée par des échantillons gratuits : le Collège Pack, juste équivalent du Student Pack[2]
- Le livre de Joëlle Milquet adressé aux écoles ou la présence d’Elio di Rupo dans la liste des homosexuels célèbres.
- la question des distributeurs de sodas dans les écoles
Ces nombreux cas montrent le flou dans lequel se situe une équipe éducative. D’où la nécessité d’une réglementation claire et précise de la question si sensible.
Réglementer la publicité à l’école ?
Les activités commerciales, propagandistes sont interdites dans les établissements scolaires depuis le Pacte Scolaire de 1959, article 41. Pourtant, jusqu’à présent, aucune commission n’avait vu le jour pour réglementer cet état flou. Le projet de décret créant une commission chargée de vérifier les infractions sur la publicité à l’école, mais aussi sur la propagande politique, a été approuvé fin mars en commission de l’Education du parlement de la Communauté française. Marie Arena a cependant revu sa copie suite à l’avis du Conseil d’Etat : le gouvernement – et non la future commission – aura le dernier mot pour prendre les décisions qui s’imposent en cas d’infraction. La Commission constituera donc un organe consultatif.
Un délai d’un mois sera accordé à la commission pour remettre un avis. A la suite duquel le gouvernement pourra décider de sanctionner l’établissement éventuellement fautif d’un retrait de subvention pouvant aller jusqu’à 5 %.
L’objectif n’est toutefois pas de sanctionner, mais bien de prévenir (Marie Arena). Le MR s’est dit favorable aux objectifs du texte mais il s’est abstenu de le voter, estimant qu’il ne présentait pas les garanties suffisantes de pluralisme et de neutralité : Quelle indépendance peut-il y avoir alors que l’organe chargé de statuer sur la propagande politique est lui-même le reflet d’une majorité?, s’est interrogée Françoise Schepmans (MR).[3]
Composition de la commission publicité
La commission sera composée d’un représentant des associations de consommateurs ainsi que des différents acteurs de l’enseignement déjà prévus
Mettre le doigt dans l’engrenage de la publicité à l’école sera cependant beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. Une école tire des profits à organiser une tombola, à vendre des sodas. Lui retirer cette source d’argent, c’est déjà la pénaliser. Alors la sanctionner par un retrait de subvention peut apparaitre fort. C’est probablement le seul moyen de pression disponible. Reste à se poser une question : faire de la pub pour la célèbre boisson de cola ou pour une marque blanche, est-ce que ce n’est pas encore et toujours de la publicité. Une « marque » de commerce équitable, est-ce également de la publicité, sachant qu’il existe d’autres labels ? Entre compromis et compromission, la différence n’est pas si grande … le sujet mérite réflexion …
Notes
[1] Les journaux du groupe Sud Presse les ont recensés partiellement dans un article du 29 mars 2007
[2] sac rempli d’échantillons et bourré de publicité en tout genres – auquel répond d’ailleurs la scène altermondialiste par Un autre Pack
D’accord pour lutter contre la pblicité à l’école, mais ne mélangeons pas tout. Dans l’article dont vous parlez, on laisse à penser qu’on va aussi réglementer les tombolas, les ventes de gaufres, de lasagnes… bref tout ce qui est hélas nécessaire aux écoles (surtout dans le libre, disons le) pour financer le matériel ou les classes vertes des moins nantis de nos élèves. Cela ne serait pas nécessaire si l’enseignement recevait des subsides dignes de ce nom !
Que notre ministre (et le suivant) pense d’abord à une refinancement sérieux et réel avant de nous mettre encore des bâtons dans les roues !
Cela rejoint ce que je disais dans un autre sujet. Si la CF possède 40 millions qu’elle augmente les subsides des élèves en situation précaire, qu’elle investisse dans quelques bâtiments plus que délabrés, qu’elle aide les écoles les moins nanties à accueillir leurs élèves dans de bonnes conditions, et ce tous réseaux confondus.
c’est chercher la petite bête car tout autour de nous est publicité il faut plutôt apprendre aux enfants le sens critique et la libertée de choix ne pas se laisser aller à la facilité ou au contaire utiliser le progrès au lieu de le combattre.
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Est-ce que des cours de Word de ce type-ci :
http://www.enseignons.be/secondaire/preparations-62-word-info-cours-4868.html
et l’absence de toute référence à la concurrence devrait être considérée comme de la publicité ?
Parce que là, c’est plus fort que le distributeur de soda ou qu’une distribution d’échantillons !
Il y a quand même citation exclusive d’un produit commercial avec une liste de ses caractéristiques et un cours d’utilisation.
Ou alors je ne compends rien ?
Tout d’abord, saluer le travail remarquable de clarté de ce cours. Saluer aussi l’esprit de partage de son auteur. Bravo! Merci!
Ensuite, compter le nombre d’occurrences de l’expression « traitement de texte »: j’ai compté 2.
Le nombre d’occurrences de l’expression « Word »: 17 fois.
Le nombre d’occurrences de l’expression « WordArt »: 10 fois.
D’après mes informations, les programmes, quant à eux, évoquent plutôt la notion de « traitement de texte ». Dans l’esprit des enseignants, cela se traduirait-il presque automatiquement par le nom d’un produit commercial?
Serions-nous en présence d’une sorte de Novlangue? Évacuation des mots inutiles au profit d’un lexique limité qui ne permet plus la subtilité de l’expression?
Le document référencé n’est certainement pas une publicité volontaire de la part de son auteur. Nombre de nos collègues n’imaginent même pas qu’il existe des produits alternatifs. Les opérations publicitaires sont remarquablement réalisées depuis de nombreuses années. Avec le succès que l’on sait.
Ne nous appartient-il pas maintenant, nous enseignants, de prendre conscience et de faire prendre conscience de cet état de fait?
Notre rôle est-il plutôt de produire de parfaits consommateurs ou de faire émerger chez chacun l’intelligence rationnelle qui lui permettra de faire des choix raisonnés?
Y compris celui de tel ou tel produit commercial dans telle situation -que l’on ne se méprenne pas sur mon propos.
Ou alors je ne comprends rien à mon métier?
Évidement le cours cité n’est pas la publicité volontaire ! Que l’on me parsonne si mes propos ont été mal compris. Mais ça n’est reste pas moins de la publicité — d’autant plus perfide que donnée à des enfants dans un cadre scolaire par un professeur sans que ce dernier ne s’en rendre compte.
Je crois que Wilbert a lu dans mes pensées : je souscrit à tout ce qu’il dit mot pour mot. J’apprécie la référence au Novlangue. Bonne comparaison.
Ce que je voulais dire en termes de publicité était ce type de cours en concordance avec les prix au rabais que Microsoft fait aux écoles. Du point de vue de Micorosoft il s’agit évidement de publicité directe.
J’ai enlevé tous les documents que je partageais afin de ne pas réaliser de publicité indirecte.
Personnellement mon cours ne changera pas cette année, je réalise avec les élèves des travaux en informatique avec mes connaissances (qui étaient pratiquement nulles au début de ma carrière d’enseignante) et le matériel qui est à ma disposition.
Si vous trouvez ça perfide de ma part, je pense que tous les professeurs font de la publicité en classe pour un produit ou l’autre, en commençant par les maisons d’édition qui nous fournissent les manuels scolaires ou des idées d’activités pour nos cours (dès lors la référence est donnée aux élèves). A moins que certains professeurs ne réalisent entièrement leurs cours sans ouvrages sur leur bureau … ce que j’ai fait pour les cours d’informatique que je donne mais en utilisant un produit pour lequel dès lors je fais de la publicité.
Une petite remarque pour mon choix de ce logiciel : en première année, j’ai un peu plus de 50 élèves et ils ont tous ce logiciel installé sur l’ordinateur de la maison sauf une, qui elle, n’a pas d’ordinateur à domicile.
Mon choix s’est donc porté dans la direction de parler d’un logiciel que la majorité (et une grande majorité) des élèves connaissaient. J’ai déjà dit aux conseillers pédagogiques ce que je réalisais et je n’ai jamais obtenu d’objections.
Je suis désolée d’avoir pu déclencher un tel débat et garderai à présent mes préparations afin d’éviter d’éventuels ennuis. En tout cas, j’essaye de réaliser au mieux mon métier et espère ne plus donner ce genre de cours où tout évolue très vite. Il est impossible d’éviter la publicité à partir du moment où un système d’exploitation est installé sur le matériel informatique de l’école (qui lui aussi a une marque …).
Je vous remercie de souligner la clarté de mon document ainsi que mon partage.
Comment éviter la publicité dans l’école ? Je pense qu’à l’heure actuelle, c’est impossible …
Désolé que tu le prenne si mal. Je voulais juste faire poser des questions, pas imposer de remèdes musclés.
Par ailleurs, je te rassure que bien d’autres cours que le tien peuvent se poser les mêmes questions, j’ai juste posté le premier qui m’est tombé sous la main.
Ceci pour te rassurer que je ne t’en veux absolument pas personnellent. Si coupable il y a, c’est dans le chef du service de marketing de Microsoft et de la part de la communauté française qui tombe si facilement dans la panneau en signant des accords de partenariat avec Microsoft pour équiper ses écoles. Là-dessus, évidement tu fais ce que tu peux avec le matériel que tu as. Mais au bout du compte, l’effet net sur l’élève est un lavage de cerveau au profit de Word, et l’absence de toute référence à l’existence d’un CHOIX (adulte) dans les logiciels.
Ce n’est donc pas *toi* qui est perfide, mais l’ensemble du système qui produit un résultat final perfide.
Je pense que la comparaison aux livres scolaires n’est pas correcte. En effet, il n’est pas dit au cours « Ouvrez votre DeBoek », mais «ouvrez votre livre de physique», et les élèves savent bien qu’il existe d’autres marques. Or ce dernier point est un point capital : le simple fait que les élèves ne savent massivement pas qu’il existe autre chose que Word, ou si ils n’ont jamais utilisé autre chose est en soi une raison pour parler d’autre chose. J’y reviendrai.
D’autre part, sur ces 50 élèves, combien ont une Word non piratée ? C’est aussi une question à se poser avant d’affirmer que «la majorité» a Word. Moi, dans mon entourage, je ne connais pas la moitié de mes connaissances qui utilisent une version légale de MS-Office. Et ceux qui en ont une, violent souvent les conditions d’utilisation (par exemple avec la Home et Student, on ne peut pas taper un jeu pour les scouts ou plus généralement faire quoi que ce soit pour une ASBL).
Et combien parmi tes élèves, quand ils achèteront leur propre ordinateur, feront l’effort de déposer des centaines d’euros sur la table pour avoir un produit légal ?
Il faut comprendre que le système «tout le monde a Word» fonctionne en grande partie sur le piratage (et donc l’illégalité). C’est aussi une réalit qui doit poser question au moment de choisir un logiciel à présenter aux enfants.
D’autre part, je ne comprends pas ceci :
«
Mon choix s’est donc porté dans la direction de parler d’un logiciel que la majorité (et une grande majorité) des élèves connaissaient.
»
Si ils le connaissent, pourquoi en parler ? Il me semble que cela est justement un argument pour ne pas en parler. On est là pour ouvrir l’esprit des élèves, non ? Pour former des adultes, pas pour former des consommateurs qui, étant satisfait de leur achat actuel, ne se demandent pas si il existe meilleur achat ailleurs.
Voila. Ce que je veux dire, c’est que tout ça sont des questions qu’il faut se poser, et des problèmes dont il faut être conscient. Vu sa position dominante, on ne peut pas parler des produits de Microsoft comme de n’importe quel autre produit commercial (quelle autre société a des parts de marché *mondial* de 95% ?). Affin d’éviter l’effet Novlange, il faut être plus prudent avec Word qu’avec une marque de stylo, de compas, de manuel scolaire ou de soda.
Je passe parole à qui en parle mieux que moi :
http://fr.openoffice.org/Marketing/matexpo/Documents/pourquoi_utiliser_ooo.pdf
Bonne semaine !
« J’ai enlevé tous les documents que je partageais afin de ne pas réaliser de publicité indirecte. »
Et je le déplore.
Comme je l’ai indiqué, je trouve le document référencé ici tout à fait remarquable de clarté. C’est tout à fait sincère.
Que Delphine accepte mes excuses si j’ai pu la vexer d’une manière ou d’une autre. Ce n’était vraiment pas le but.
Mais que ce document (je n’ai pas eu la chance de voir les autres documents de Delphine, et je ne puis que présumer de leur qualité) serve au moins d’exemple. Je n’ose imaginer le nombre d’heures de travail qui se cachent derrière.
La prémisse de Delphine me paraît tout à fait correcte. Il est particulièrement pertinent de s’interroger sur les logiciels dont pourront disposer les élèves afin de pouvoir au mieux travailler le cours. C’est aussi une question de justice sociale.
Mais personnellement, je ne me pose pas cette question: je distribue tous les logiciels utilisés aux cours sur CD (en échange d’un CD vierge). Éventuellement même le système d’exploitation.
PS: sur le CD distribué
- OpenOffice.org
- Mozilla Firefox
- Mozillar Thunderbird
- Scribus
- Inkscape
- KompoZer
- 7Zip
- …..
PPS: l’OS peut être commandé et est envoyé gratuitement par la poste:
http://shipit.ubuntu.com/
Tant qu’on y est (mais ça ne parle plus de pub) …
Un autre point qui fait de Word un logiciel particulièrement mal adapté à l’utilisation scolaire est qu’on ne peut pas citer par exemple Wikipédia avec Word.
(limitation d’ordre légal; évidement pas technique)
Cela est une *très* importante limitation de Word pour usage scolaire … sauf si on considère que ce n’est pas plus mal de ne pas pouvoir faire de copier-coller depuis internet pour réaliser des travaux. C’est un point de vue avec lequel je ne suis pas loin d’être d’accord.
Plus de détails à la troisième page de ce fil-ci :
http://www.enseignons.be/forum/ftopic5306-0-asc-20.php