Evaluation externe : les résultats des élèves en lecture

lectureLe couperet est tombé, et la presse en fait largement écho : les évaluations externes, qui avaient fait tant de bruit à propos d’un texte de Bernard Friot (certaines écoles ont menacé de ne pas faire passer le test, pourtant obligatoire par décret) viennent de livrer leurs résultats. Ces tests portaient sur la compréhension en lecture et la production écrite à quatre moments du curriculum :

La lecture des élèves en Communauté française

Résultats en deuxième primaire :

La moyenne à l’épreuve de lecture est de 76,0 %. Les compétences visées par l’épreuve concernaient les premiers éléments de la lecture et de la compréhension. Si une proportion importante d’élèves possède donc un solide bagage de compétences en lecture, certains, par contre, ne maîtrisent pas le socle nécessaire à la bonne poursuite de l’apprentissage de la lecture.

Résultats en cinquième primaire :

La moyenne à l’épreuve est de 67,7%. L’épreuve faisait intervenir des démarches de lecture plus expertes qui doivent, en outre, s’appliquer à des supports écrits également plus complexes.

Résultats en deuxième générale et professionnelle

Au niveau du secondaire, les élèves de 2ème générale obtiennent un score de 58,6% et ceux de 2ème professionnelle de 48,1%. Les élèves du général ont été soumis à des supports écrits à la fois plus denses et plus longs qu’en 5ème primaire et ont été évalués sur la maîtrise de compétences nettement plus expertes telles que « savoir proposer une interprétation personnelle en se fondant sur des éléments du texte ».

Précisions

  1. Les directions d’école ont reçu les résultats que les élèves et parents peuvent connaitre, sur demande.
  2. Ils ne peuvent en aucun cas servir de publicité à l’école, ceux-ci doivent donc rester confidentiels.
  3. Ces épreuves ont une valeur formative. Contrairement à l’épreuve externe réalisée en fin de primaire (qui sera généralisée en 2009) et débouchant sur l’obention du CEB, l’évaluation externe en lecture ne sert qu’à diagnostiquer. Dans un second temps, les traditionnelles « pistes didactiques » seront envoyées aux écoles afin de pallier les problèmes analysés par cet échantillon.
  4. Les évaluations externes ne constituent rien de neuf, elles existent déjà depuis un certain temps, elles ont été rendues obligatoires par décret.
  5. L’année prochaine, les mathématiques seront évaluées, et puis l’éveil, et retour au français dans 3 ans.

Selon le ministère de la Communauté française, ces chiffres n’indiquent pas que les élèves lisent de moins en moins bien mais que trop d’élèves ne progressent pas assez vite, alors que les compétences deviennent de plus en plus complexes. Pour répondre à cet adage « La lecture, on l’enseigne jamais, on ne fait que l’évaluer », l’équipe chargée du projet préconise (mais n’est-ce déjà pas le cas dans les programmes d’études de la fin des années 90) un enseignement explicite des stratégies de lecture [1]

En savoir plus :

Notes

[1] Nous conseillons notamment les travaux de Jocelyne Giasson pour les lecteurs intéressés

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Vos commentaires

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  1. Affligé dit :

    Bon !
    Et maintenant… qu’est-ce qu’on fait ?

  2. catherine dit :

    On commence par lire les analyses des résultats, on en tire les conclusions par rapport à sa pratique pédagogique, puis on peut éventuellement venir sur le forum et discuter avec des autres profs pour voir quelles seraient les meilleurs pistes, formations, possibles.
    bref on réagit

  3. Xavier dit :

    Rien de neuf: les études Pisa que notre Ministre mettait en doute, avait déjà indiqué que notre enseignement est malade.

    Bien sûr, chacun de nous doit se demander comment améliorer la qualité.

    Ce qui m’afflige c’est (de nouveau) le manque de réaction de la Ministre qui présente un "bilan" de mi-exercice flatteur et qui considère que rien ne doit être changé

    Xavier

  4. tjp dit :

    Comme je l’ai dit ailleurs, il faut tenir compte que beaucoup d’enfants n’ont de contact avec la lecture, le livre qu’à l’école.
    Aujourd’hui, tout le monde ou presque à la télévision et un lecteur DVD, souvent un ordinateur mais j’ai encore des élèves qui n’ont pas de dictionnaire chez eux. Chez certains, on n’achète pas le journal. Juste un programme télé.
    Pour aider ces élèves, leur donner le goût de la lecture, travailler leur compréhension, leur représentation des choses… il faudrait beaucoup plus de temps que celui qu’on a. En primaire, déjà. En humanités ensuite.

  5. youpie dit :

    Bravo, avec toutes vos réformes tout va de mieux en mieux. Avant, les enfants qui sortaient du primaire savaient lire, écrire et calculer correctement, maintenant ce n’est plus cas… Revoyez vos copies et lisez "l’enseignement de l’ignorance" de Jean Claude Michéa, nous y sommes, il y a une volonté politique de rendre les gens plus ignorants afin qu’ils soient mieux manipulables par une certaine élite!

  6. Directeur désabusé dit :

    Attention à la manipulation des résultats… Comme le dit Catherine plus haut, il est nécessaire de revoir sa copie dans nos écoles. Maintenant, j’ai participé aux corrections du primaire et je peux vous assurez qu’il y a eu énormément de problèmes, ce qui me laisse dubitatif quant à la valeur de ces résultats. Maintenant, le malaise existe, nous avons une part de la responsabilité… Je dirais juste une chose. Pourquoi toujours culpabiliser les écoles? Sommes-nous les seules à devoir porter l’éducation des enfants? Non, je ne peux le penser. Posons-nous les bonnes questions? Mon milieu scolaire est très hétérogène (familles aisées, 1/4 monde, plus de 20 nationalités bref un reflet de notre société d’adultes). Et bien, les parents ne lisent pas les avis, ne signent pas (pour nombreux d’entre eux) les journaux de classe, ne respectent pas les horaires pour certains (je suis obligé de téléphoner aux parents pour y arriver), on ne lit pas à la maison alors que l’on met en place des procédures pour lire (et comprendre) tous les jours!!! La société ne pousse pas à la lecture, elle pousse à la consommation. Mme Arena dépense son enveloppe pour des manuels scolaires (merci le lobbing des maisons d’édition: maintenant on est invité à des barbecues, on nous fournit les manuels du maître (alors qu’avant ces mêmes sociétés ne faisaient aucun effort!!!), des périodes Arena ( 6×50 min pour 96 élèves! ouah!! on est sauvé). On supprime tout, on arrête avec les rustines et on trvaille à l’essentiel à savoir : 1 prof pour 20 élèves, 1 prof de langue à temps plein, 1 direction compétente, 1 secrétaire et une ligne de conduite claire, un travail où l’enseignement ouvert est utilisé (mise en situation-problème)avec des périodes d’enseignement fermé. Il faut étudier, retenir les savoirs! Il n’y a pas de secret. Il y a plus de dix ans on a poussé vers la lecture globale pour revenir à de l’analytique, ce même pouvoir qui veut appliquer par copier-coller ce qui fonctionne ailleurs sans prendre en compte l’histoire belge et ses spécificités. Alors SVP, ne vous limitez pas aux écoles et à leurs travails. Elles font pour le mieux avec ce que l’on veux bien leur donner. Arrêtez ces clichés avant c’était mieux… les parents n’étaient pas les mêmes, l’école n’étaient pas un lieu de parking pour enfants, les enseignants étaient respectés ainsi que l’école, on faisait confiance dans leurs compétences. Depuis 15 ans, on a sacrifié l’enseignement car non porteur. On a trouvé un lieu où l’on peut se défouler, où l’on peut rejeter la faute… Alors vous savez quoi? Zut y en a marre, construisons plutôt que de détruire. Il y a des adultes qui bossent tous les jours avec les enfants et qui voudraient tellement qu’ils aient 90% à tous vos tests… Ne l’oubliez pas!

  7. Directeur désabusé dit :

    oups les fautes d’orthographe…. sorry; "on travaille et pas on trvaille"; "leur travail et pas leurs travails"; "l’école n’était et pas n’étaient"

  8. Une instit' dont le feu sacré s'éteint peu à peu dit :

    C’est tellement facile, après coup, de tirer des conclusions, de jeter la pierre. Mais quand va-t-on enfin mettre le doigt là où ça fait mal? Oui, les enseignants sont mal vus quand ça va mal et ignorés quand ça va bien (Quoi? C’est pas leur métier après tout?). Non, les enfants ne sont pas prêts de progresser dans un pareil système. Arrêtons de nous voiler la face : depuis 3 mandats ministériels, les compétences auxquelles les enfants sont soumis ont doublé de volume : vive les savoir-faire (Pendant ce temps-là, dites-moi où je peux caser mes savoirs?). Chacun veut marquer de sa main de maître (un bras cassé) son passage dans l’Enseignement. Chaque cheval de bataille avançé par nos chers dirigeants sont des leurres, pendant qu’on essaie de faire de son mieux pour imbriquer dans un horaire déjà surchargé, les nouvelles directives qui tombent presque chaque année, on en oublie l’essentiel : apprendre à lire (la vraie lecture), apprendre à calculer et à s’exprimer correctement!!! Regardez la réalité : ON A PAS ASSEZ DE TEMPS POUR FAIRE TOUT CE QUE DEMANDENT LE PROGRAMME ET LES SOCLES DE COMPETENCES!
    Peut-être la solution résulterait-elle dans un nouveau décret où certaines heures de cours seraient consacrées à l’immersion en classe de certains parents (oui, certains ont bien besoin qu’on les rééduque, triste constat) et pourquoi pas de certains de nos chers ministres, car finalement qu’en savent-ils de nos conditions réelles de travail?

  9. xavier dit :

    Arena a-t-elle compris en voyant ses voix de préférence?

    Je crains que non.

    D’après Di Rupo, ses ministres sont "les meilleurs ministres"

    J’apprécie la modestie de ses propos

    Xavier

  10. thycastelopolitain dit :

    De ce que j’ai pu voir dans mes nombreuses visites de classes, peu d’enseignants appliquent correctement la méthode de lecture prônée par la CF. La connaissent-ils vraiment ? En connaissent-ils vraiment les tenants et les aboutissants ? Quels sont les enseignants qui lisent encore des livres sur les méthodes de lecture actuelles ? En sont-ils convaincus des résultats ? Pour ma part, je pense que la méthode fonctionnelle est la seule qui donne du sens à ce qui est lu, loin des idioties qu’on m’apprenait à l’école quand j’étais gosse (gestuelle qui me dégoûtait de lire). Les enseignants sont-ils réellement formés à cette méthode ou simplement initiés ? Comment un enseignant non convaincu d’une méthode peut-il l’enseigner correctement ? N’est-ce pas non plus un problème d’unicité de l’équipe éducative (continuité dans la méthode d’apprentissage) ? Apprenons à nos enfants à REFLECHIR et pas simplement à déchiffrer !

  11. Evidences dit :

    Que d’argent dépensé et gaspillé…. Il faut bien évidemment justifier certains salaires .. mais enfin .. ! Je pense que l’on enfonce des portes ouvertes… Il est grand temps que notre Ministre Arena se mette vraiment à l’écoute des responsables des établissements scolaires au lieu de se tourner prioritairement vers les "penseurs" de l’Education… (surtout du PS et du Centre E. Vandervelde). Il faut évidemment oser investir dans l’Ecole… Laurette a retiré plus de 3000 profs… je suis persuadé que si on en avait ajouté 3000, on aurait non seulement fait des économies, mais que les élèves seraient plus performants… Ici, avec des bouts de ficelles, on veut régler des problèmes sociaux, culturels, l’intégration, la mixité sociale … on veut tout uniformiser, tout régenter… pas de place aux initiatives… que des décres imbéciles, inutiles et impraticables .. ! Quelle chance d’être Communauté française… !

  12. Mathieu Eric dit :

    Madame, Monsieur,

    En juin 2008, un plus grand nombre d’écoles va participer à ces épreuves externes de fin 6ème primaire.
    Où peut-on se procurer les épreuves externes de fin 6ème de juin 2007 afin de préparer au mieux ses élèves ? Y a-t-il une adresse internet où l’on peut télécharger ces épreuves ?

    D’avance, merci ?

  13. Magda dit :

    Je pense simplement que toutes ces méthodes de lecture globale et semi-globale enfoncent inexorablement nos enfants vers l’illetrisme. On n’a jamais vu autant d’élèves ne sachant pas lire correctement ou écrire sans faute depuis l’apparition de ces méthodes dites modernes inventées par des soi-disant génies de l’éducation et que nos dirigeants suivent à la lettre comme des crétins. A quand le retour de la méthode syllabique et des dictées, la seule méthode efficace à mes yeux. Les meilleurs élèves des classes sont ceux qui apprennent la méthode syllabique à la maison avec leurs parents sans rien dire à leurs institutrices ou instituteurs qui pensent que le progrès vient d’eux. Mais non, ce sont des parents qui heureusement ont flairé la catastrophe à temps et qui veulent sauver leurs enfants ! Il ne faut pas tout mettre sur le dos de la pénurie d’enseignants certe réelle mais il faut CHANGER LA METHODE D’ENSEIGNEMENT DE LA LECTURE ET TOUT IRA BEAUCOUP MIEUX ! OSEZ CHERS ENSEIGNANTS DEFIER LES METHODES IMPOSEES ET SAUVEZ NOS ENFANTS !

  14. lulu dit :

    Je suis un enseignant tout frais et viens du privé. La seule constatation faite au niveau du deuxième degré secondaire est que ces « enfants » manquent cruellement de bases saines en tout domaine. (que ce soit en mathématiques, français, respect ou discipline). Tous ces tests sont très rigolos à lire mais comment voulez-vous « enseigner » alors que ces « compétences primaires au sens propre du terme » ne sont pas acquises?
    La fonction 1.1.1.1.1 de ses programmes ne devrait-elle pas être « vérification du niveau de « connaissances » de l’enfant??????
    Bon, maintenant je retourne travailler à l’inversion de la tendance mondiale vers « l’imbécilisation globale ».YA KOR DU « travail ». désolé, je n’ai pas trouvé la traduction dans mon GSM.

  15. lulu dit :

    de quelle façon, peut-on m’expliquer en quoi ce commentaire doit être modéré?

  16. élève qui en a assez dit :

    Je trouve que les ministres devraient se rendre sur place et partager quelques jours avec les élèves afin de se rendre compte de ce qu’il en est vraiment. Je suis tout à fait d’accord avec l’instit.

  17. John dit :

    Au delà du clivage approche analytique ou synthétique de la lecture, ce qui manque aux enseignants, ce sont des outils pour apprendre à diagnostiquer les lacunes de leurs élèves (en difficulté) dès le plus jeune âge mais aussi par la suite. Une fois, ces lacunes mieux évaluées, on peut effectivement y apporter un remède plus spécifique. Chaque enfant est différent et certains se retrouvent mieux tantôt dans une méthode syllabique et/ou gestuelle et d’autres dans une approche plus fonctionnelle.
    La pédagogie différenciée, c’est très bien mais parfois difficilement applicable en fonction du contexte : une classe difficile, une sur-représentation d’élèves en difficulté…
    Notre tâche est loin d’être aisée et ce que chacun d’entre nous attend, c’est aussi de la reconnaissance, un soutien pour le travail déjà effectué et des outils pratiques et réalistes pour progresser.