A la suite de la récente polémique sur l’obligation d’accueillir les élèves jusqu’au 30 juin (une circulaire a été récemment envoyée dans les établissements scolaires à cet effet), la ministre de l’Enseignement obligatoire songe à déterminer une date commune d’organisation des examens de fin d’année.
Une période de battement existe en effet entre la fin des examens et la fin officielle de l’année scolaire, période pendant laquelle peuvent se tenir les délibérations, recours et conseils de classe. Officiellement fixés à 182 par année scolaire, les jours de cours effectifs se voient réduits pour laisser la place à de pré-vacances (parfois plus de deux semaines !) pour les élèves en fonction de l’organisation ou pas d’un accueil par l’établissement. Et c’est précisément ce que la ministre entend aplanir :
Certaines écoles parviennent à organiser les conseils de classe et les recours sur une seule semaine, fin juin. Pourquoi d’autres ne le pourraient-elles pas ? Essayons de généraliser les bonnes pratiques, cela libérera du temps pour l’apprentissage. Les corrections, elles, peuvent se faire l’après-midi, pendant la session d’examens.
Marie Arena, La Libre Belgique (20/06/2007)
La Ministre-Présidente de la Communauté française entend cependant concerter les pouvoirs organisateurs, les syndicats, les associations de parent sur cette possibilité de fixer des dates communes pour les examens, limitant de facto la période de battement avant juillet, dans tout l’enseignement général [1]. Parmi les idées proposées, Marie Arena suggère d’utiliser cette période pour l’organisation de voyages scolaires ou pour réaliser des évaluations partagées avec les élèves. Un don d’ubiquité pour les enseignants sera-t-il prochainement exigé pour la dernière semaine de l’année scolaire ? Les enseignants attendent avec impatience la proposition concrète pour l’année prochaine.
Notes
[1] l’enseignement technique et professionnel nécessitant de plus longues périodes d’examen, la mesure ne toucherait que l’enseignement général
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En fait, si l’on applique la législation en vigueur, y compris pour les procédures de recours interne et externe, impossible de faire moins d’une semaine et demie entre la fin des examens et la fin de l’année. Je vais donner mon planning dans mon établissement : trois jours de délibération (1250 élèves), trois jours pour les recours internes (pendant lesquels nous confectionnons nos bulletins, nous procédons à un classement pour l’homologation, nous participons à une réunion de programmation d’accueil en 4G, nous procédons à un jury pour un prix spécifique à nos terminales, nous assistons au conseil de classe de recours). Ensuite, un jour creux, jeudi prochain, et la remise des bulletins le vendredi 29 juin, avec réunion de parents à la clé. Bref, tout ce tintouin pour un jour
Il y a quelques années, la polémique avait porté sur la période qui suit les examens de Noël : nous avions repris les cours pendant les trois jours qui précédaient le congé et je ne cessais de croiser mes élèves… dans la rue, en train de faire du shopping avec ou sans leurs parents. Et pendant ce temps, les classes étaient désertes, alors qu’un avis avait précisé qu’il nous fallait corriger les examens…
Magnifique raisonnement de qui a désiré l’autonomie de fonctionnement des écoles et fait mine de s’indigner quand un problème se pose dans certaines d’entre elles…
A bientôt
"Les corrections, elles, peuvent se faire l’après-midi, pendant la session d’examens." –> Vous arrivez à corriger les productions de textes, par exemple, d’une classe d’une vingtaine d’élèves en une après-midi?
Il me semble qu’au moins ce propos relève de l’utopie
"Les corrections, elles, peuvent se faire l’après-midi, pendant la session d’examens."
Effectivement, à condition d’y passer la nuit
Je me demande s’il n’y a pas une sorte de syndrome du CEB à la Communauté, pour le moment : il faudrait aussi s’interroger sur le temps passé en corrections, examens et réunions préparatoires par nos collègues instituteurs. Démentiel !
Ce n’est pas en tentant de pressurer les enseignants que l’on améliorera la qualité de l’enseignement.
Par contre, on pourrait peut-être remettre sur le tapis le remplacement "rapide" des collègues absents ou la perte de trois jours scolaires pour des formations de moins en moins adaptées au métier et imposées, par la force des choses, aux profs non en fonction de leur intérêt mais du nombre de places disponibles… Ceci est sans doute un autre sujet…
A bientôt.
Marie Arena devrait faire une séance de "vis ma vie" dans les diverses formes du métier enseignant (différents réseaux, niveaux d’enseignement, types d’enseignement, et disciplines)… Je suis CERTAIN qu’elle sortirait beaucoup moins d’inepties dans les pages de nos quotidiens.
Depuis la mi-mai, je bosse en moyenne 75 heures/semaine. Ce qui implique que je serais dans l’impossibilité de me contenter de quelques après-midi pour réaliser tout mon travail de préparation, de correction, d’évaluation, et alii lié aux examens.
Mme Arena doit comprendre aussi qu’il faut de la souplesse en toute chose… Laisser des marges de manoeuvre aux écoles pour qu’ils organisent au mieux et dans l’intérêt de tous ces périodes d’examens, d’évaluations, de délibérations et de communication entre profs, avec les élèves et les parents.
La volonté de tout cadenasser ne fera que des mécontents.
Sans compter qu’elle risque de créer des conseils de classe de profs exténués ce qui ne me parait pas très sain pour des délibérations sereines.
Bref, Mme Arena à quand un discours respectueux et conscient de la réalité des ressources humaines de l’enseignement et des enseignants?
1. je corrige "aux écoles pour qu’elles organisent"
2. Autre ineptie de Mme Arena: l’idée d’organiser des voyages scolaires en fin d’année. Pourquoi?
2.1. Les finances: les parents qui s’offrent des vacances en famille en juillet/août, ils les paient comment les voyages scolaires de fin d’année?
2.2. La pédagogie, l’intégration des voyages scolaires dans des séquences d’apprentissages, elle place cela où Mme Arena? Le dernier jour de l’année, le 29/06?
Ridicule, bien entendu. Organiser des voyages scolaires durant l’année permet une intégration, souvent pluridisciplinaire, de cette expérience, sans compter les démarches de préparation et d’évaluation qui peuvent être réalisées avec les élèves avant et après le voyage. Sans compter que cela a du sens pour les élèves lorsque cela s’intègre bien dans des cours, mais, en fin d’année, ne risque-t-on pas de tomber dans le plus bas des tourismes scolaires consuméristes?
Mme Arena est-elle en charge du tourisme pour proposer pareille idée?
3. Entre les examens, les délibés, la rédaction des bulletins, les corrections, les profs utilisent aussi les quelques périodes libres et sans élèves pour se réunir entre eux pour préparer l’année suivante, faire leur propre évaluation de l’année en vue de réajuster leur cours, de prévoir des activités hors de l’école avec les élèves, de préparer les journées pédagogiques, de fixer les budgets de leur département, de travailler à la mise en oeuvre du projet d’établissement, etc.
Et puis, ils ont quelques heures de sommeil à récupérer eux aussi pour délibérer sereinement…
Il y a déjà un cadre de 15 jours/an que l’on ne peut dépasser pour organiser les examens d’une année. Comment faire mieux ?
Mes examens sont terminés depuis mercredi et je n’ai pas encore eu une minute à moi, corrigeant entre deux délibés !
J’ai 182 élèves, à 20 minutes par élèves (et c’est court !!) faites le compte !
Je ne comprends pas non plus pourquoi il faut 2 semaines pour les délibérations dans l’école de ma fille en Wallonie et seulement 1 semaine dans l’école de mon fils en Flandre. Le nombre d’élèves est aussi important dans l’une que dans l’autre école. En plus on a le culot de dire à ma fille qu’elle ne peut pas partir en vacances (alors qu’elle a son bulletin le mardi déjà et qu’il n’y a plus rien de prévu après à l’école) avant la fin de la semaine.
Il n’y a pas de stage pendant cette période et vous savez comme moi ce que font les ados qui ‘trainent’ tout seul à la maison: jeux vidéos, télé et ordinateur.
Trouvez un moyen de les occuper positivement à l’école ou en occupation utile à la communauté si vous n’avez pas assez de profs pour que chacun reste dans sa classe.
Chère Madame,
Les opérations de fin d’année sont différentes en Communauté flamande et en Communauté française : et elles ne se résument vraiment pas aux seules délibérations. Par contre, ceci n’explique pas la délivrance anticipée du bulletin, qui sera pourtant daté du 30 juin
A moins que votre fille ne soit en rhétorique ? Les cérémonies précèdent en général les remises de bulletins des autres classes.
Sinon, pour le boulot en fin d’année, merci ! J’ai vraiment ce qu’il me faut
Mais bien sûr …. pourquoi diable ne pas faire le travail de tous les autres aussi ??? Pendant que JE suis en délibé, ma fille de 12 ans est à la maison, heureuse et libérée, profitant enfin de son statut de "grande". Je n’ai aucun problème à la savoir à la casa toute seule et de toute façon, je n’ai aucune autre solution !
On prépare bien les vacances ausi dans les ministères, il doit bien y en avoir des tas qui se recomptent les orteils pour la 40ième fois … donnons leur une activité saine, qu’ils viennent donc dans les écoles et fassent des ateliers avec les élèves !!!!
Je suis un peu surprise Ubu que vous vous étonniez de la délivrance anticipée du bulletin. Avec les recours, il faut bien les rendre avant le 30 juin puisque les parents doivent avoir tous les éléments sous les yeux pour introduire ce recours dans des délais légaux.
Cher jeune collègue,
La publication des résultats des délibérations est suffisante pour entamer une procédure interne : si un nouveau conseil de classe est convoqué, la décision peut être modifié et le brouillon du bulletin devient obsolète. C’est d’ailleurs à partir de l’issue des délibés que sont ouverts les délais d’introduction en interne, avec possibilité de consultation des copies d’examen.
Par contre, le bulletin peut servir document d’appui dans un dossier pour les recours externes, qui ne sont pas pratiqués dans les mêmes délais.
Remarquez, les délibérations et le bulletin seront tous datés du 30 juin