Les chiffres 2006 viennent d’arriver… Pour ceux de 2007, il faudra attendre l’année prochaine, les écoles protégeant jalousement leurs chiffres.
Et le grand cru 2006 n’est pas brillant. Et ce n’est pas peu de le dire. De la piquette !
Enseignement primaire
Les résultats des élèves se sont légèrement améliorés. Le redoublement a baissé dans toutes les années sauf en cinquième et sixième. Et cependant, 6% des élèves redoublent encore leur première année primaire… et autant échouent en seconde. Lorsque l’on sait que la nouvelle règle oblige les enfants ayant doublé deux fois à poursuivre leur cursus jusqu’en 6e, et cela même s’ils n’arrivent plus à suivre, on comprend les dégâts observés en début de secondaire.
Enseignement secondaire
Tableau plus sombre encore pour le secondaire où toutes les classes sont en augmentation de redoublement sauf la 4e. La 3e et la 5e année sont les plus touchées avec respectivement 19,2% et 17% d’échecs. Des résultats jamais atteints !
L’enseignement général sauve les meubles avec un redoublement qui stagne autour de 10% mais l’enseignement technique s’effondre avec des taux records en technique de transition (23,2% en 3e et 20% en 5e) et en technique de qualification où près de 30% des élèves échouent en 3e année… un élève sur trois !
Le redoublement, qui est une véritable tradition chez nous, est si important que seulement 4 élèves sur 10 peuvent aujourd’hui prétendre avoir effectué tout leur parcours sans prendre du retard. Six élèves sur dix rateraient au moins une année de leur cursus scolaire.
Au cabinet de la ministre Marie Arena, on réagit en constatant que le taux de redoublement et le retard scolaire moyen continuent à s’accentuer : « On ne peut que constater que la stratégie du redoublement n’est pas efficace, puisque les compétences des enfants ne s’améliorent pas. Il faut faire autre chose et c’est ce que nous avons entrepris avec les diverses mesures du contrat pour l’école, qui ambitionne d’aller chercher chaque enfant là où il est et l’amener au maximum de ses possibilités. Plusieurs mesures doivent agir conjointement, comme mille instits en plus pour le premier degré du primaire, la réforme du premier degré, une politique cohérente en matière d’investissements en équipements pour les écoles professionnelles et techniques, un million d’euros pour des manuels scolaires… »
Pour Christian Maroy, directeur du Groupe interfacultaire de recherche sur les systèmes d’éducation et de formation (UCL), « l’inefficacité pédagogique du redoublement est connue. Mais ce qui est frappant, c’est que depuis dix ans, la politique éducative condamne l’emploi du redoublement. Pourquoi est-il alors encore si présent? Parce que le redoublement remplit d’autres fonctions, comme la gestion de la classe. La note et le redoublement sont une menace, même discrète. De même, la sélection est un critère publicitaire pour certaines écoles, dans le quasi marché scolaire que nous connaissons. Si nous ne changeons pas cela, les taux d’échec ne pourront pas diminuer notablement »
En savoir plus sur le site du Soir :
- L’édito de Frédéric Soumois
- Le recours est un faux débat: le problème, c’est l’échec !
- Une seule erreur reconnue est une victoire de la démocratie
Je touve ces chiffres effrayants. En Suisse, je pense que nous ne sommes pas loin de cette situation.
Il est vrai que la menace de l’échec est une triste mais efficace méthode de soumission!
Si de nouvelles écoles secondaires sont créées à Bruxelles (voir article sur nouvelles places disponibles aussi), nous souhaitons, en tant que parents, un cadre dérogatoire pour la création d’écoles alternatives en CF (sans redoublement). Nous avons des écoles communales primaires Freinet à Evere, des écoles différentes existent à Floreffe, à Liège, à Ottignies… Ces Ecoles Nouvelles, fondamentales et secondaires gratuites, ont été jugées adaptées aux besoins changeants de la société : prise de conscience politique puis action réussie, fortement plébiscitée par un nombre croissant de parents et d’élèves.
Il nous manque une école secondaire alternative sur Bxl Nord (quelle école après Clair-Vivre?)
Pédagogie Nomade est une expérience formidable pour les 3 dernières années du secondaire (super projet) mais cette école est située au fond des Ardennes et n’a pas de cadre spécifique en qualité d’école alternative.
Nous sommes de nombreux parents qui souhaitons des écoles différentes sans redoublement pratiquant une pédagogie innovante.
J’espère que ces demandes seront entendues…