Numérus clausus : les étudiants prêts à saisir la justice

Ce sera certainement la saga de l’été. Après avoir passé – et réussi – leurs examens de juin en 1ère année de médecine, de nombreux étudiants ont tout de même été « recalés » et invités à recommencer leur année… ou à aller voir ailleurs. En cause, le numerus clausus, mis en place par la Communauté française pour limiter l’accès à la profession, déjà atteint lors de la 1ère session. Ce dispositif de sélection prévoyait un quota de 110 places pour l’UCL, 97 pour l’ULB, 96 pour les FNDLP de Namur, 90 pour l’Ulg et 27 pour l’UMH de Mons. Or, à Liège, 133 étudiants avaient réussi leur année… de quoi grincer des dents.

Les 43 liégeois malchanceux, comme leurs collègues, n’ont pas le choix : recommencer leur année (sans la moindre dispense), soit poursuivre dans une autre filière (médecine dentaire, pharmacie…), soit tenter leur chance à l’étranger…

Il va sans dire que beaucoup la trouvent saumâtre… A tel point que certains se disent aujourd’hui prêts à saisir la Justice afin de pouvoir poursuivre leurs études. Partie de la « Cité ardente », la fronde cherche à rassembler tous les « recalés » via une pétition et les invite à les rejoindre dans l’action judiciaire qu’ils comptent bien entreprendre, en référés (parce que le temps presse), auprès du président du tribunal de première instance de Liège. Pour avoir une chance de passer en 2e, il faudra impérativement s’associer à la cause, ce qui ne garantit nullement l’obtention à terme de l’agrégation nécessaire à l’exercice de la profession.

Pour le cabinet Misson, à qui les étudiants entendent confier la défense de leurs intérêts, « il apparait clairement que les restrictions mises en œuvre par l’Etat fédéral et par la Communauté française portent atteintes aux droits fondamentaux des individus : le droit d’accès à la formation professionnelle et le droit de choisir sa profession librement ». L’avocat Luc Misson compte profiter de l’action pour interpeller la Cour de Justice européenne faisant valoir qu’il est absurde de restreindre l’accès à une profession qui enregistre déjà des situations de pénurie dans certaines spécialités uniquement pour des raisons purement budgétaires.

Le Conseil d’Etat ainsi que la Cour constitutionnelle pourraient également être saisis.

Du côté des politiques, le soutien est vert. La députée Ecolo Muriel Gerkens vient de déposer une proposition de résolution demandant l’adaptation des quotas fédéraux. Son parti se tourne vers Val Duchesse où se trouvent actuellement le formateur et les négociateurs de la (probable) majorité gouvernementale et leur demande d’étendre d’urgence les quotas ou « d’installer un moratoire permettant, dès l’installation d’un nouveau gouvernement, de revoir en profondeur la manière de réguler l’offre médicale sans devoir recourir à des méthodes inéquitables et inadaptées face aux besoins criants présents et à venir en médecins généralistes et en spécialistes dans les hôpitaux. Sans compter les besoins non rencontrés par l’Office de la Naissance et de l’Enfance, la médecine du travail, la santé à l’école ainsi que le suivi des maladies environnementales. »

Source : Les recalés du numerus clausus se rebiffent – Le soir du 8/08/07

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  1. vandenplas brigitte dit :

    Bonjour,
    ma fille est étudiante en medecine à l’ULB BA1. Elle est dans le cas des étudiants de Liège : moyenne atteinte >12/20 et aucun échec. Cependant recalée car hors des quotas. Elle n’est malheureusement pas la seule ds ce cas. La décision de justice en référés (à l’initiative des étudiants de Liège) sera prise le 25 septembre 2007. Nous espérons tous un dénouement positif à cette affaire. Sinon, nous continuerons à nous battre car nos enfants veulent devenir médecins.

  2. Verloove Sylvie dit :

    Bonjour,

    Nos enfants sont 9 ou 10 dans cette situation à l’ULB, quelques étudiants de l’UCL viennent également grossir les rangs de ces étudiants méritants mais malchanceux qui doivent faire les frais de ce numérus clausus, reconnu comme obsolète par de nombreux intervenants, Mme Arena en tête.
    Dans de nombreux secteurs, la pénurie se fait déjà sentir.

    Merci de nous aider et de soutenir nos enfants qui ont les qualités requises et le profond désir de poursuivre leurs études.

  3. Bonjour,
    Mon fils a été classé ce 14/9 à la 98e place du quota ULB(97) après départage de 4 ex aequo à 62% , tous les cours réussis au dessus de 10/20,et ce après des recalculs surréalistes et une attente insupportable ; ce jour-là , Madame Arena a le culot d’annoncer que le numerus clausus est une ineptie et sera supprimé alors qu’il est déjà trop tard: la Médecine manque de médecins et notre système est en grand danger.
    La médecine a besoin de ces médecins, pas d’étudiants -martyrs ,victimes d’un système injuste .
    Que les politiques agissent enfin pour faire progresser cette médecine exsangue.
    Que tous les étudiants et nos Autorités académiques se mobilisent pour se faire entendre chez notre Ministre et faire cesser cette triste et inutile mascarade

  4. Marie-Christine Pollet et Alain Detaille dit :

    En tant que professeurs dans l’enseignement supérieur, nous sommes consternés par le paradoxe entre deux discours émanant d’un même pouvoir politique : en effet, comment peut-on à la fois prôner la promotion de la réussite et appliquer la sanction administrative de refus de réussite à des jeunes ayant pourtant satisfait à toutes les épreuves organisées par l’université ?
    Cette contradiction ne peut générer, chez les étudiants qui en sont victimes,que désillusion, démotivation, voire un certain poujadisme dont nous voudrions ne pas être le relais.
    Pour fréquenter de nombreux jeunes désirant ardemment réussir et s’impliquant intensément dans ce but, il nous semble déplorable de leur couper les ailes. Nous pensons qu’il est vital de faire en sorte que la génération qui nous suit ait la juste récompense de ses efforts et puisse continuer à porter les idéaux auxquels nous aspirons.

  5. le papa d'une victime dit :

    Je réagis en tant qu’enseignant dans le primaire.

    A longueur de journée,les instituteurs s’efforcent de donner aux enfants le gout de l’effort et l’ambition de réussir quelque chose dans leur vie. A longueur d’année,les inspecteurs incitent les enseignants à « emmener »les enfants vers la réussite. Ils se battent pour que les enfants croient en eux et beaucoup font du bon travail. Les enfants d’ ailleurs s’en souviennent plus tard.
    Puis, un jour, ces jeunes étudiants réalisent que le travail et l’effort ne les emmèneront nulle part sinon à l’échec injuste et cruel.Comment voulez-vous que la jeunesse ne se révolte pas? .On leur coupe les ailes! Ils sont là, démunis, ne comprenant pas pourquoi le message que leurs parents et leurs enseignants leur ont transmis n’était qu’un mensonge,voire une trahison.
    J’ai honte de vivre dans un pays utilisant de telles méthodes et je me demande pourquoi continuer à promettre aux jeunes un bel avenir « s’ils travaillent » en feignant d’ignorer ce qui les attend réellement. La démotivation ne touche pas uniquement ces jeunes victimes.Elle s’étend bien plus loin. En ce qui me concerne, j ai perdu quelque peu ma foi en ce système et me sens moins investi dans ma profession à laquelle je voulais croire.