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Archive pour décembre 2007

déc  07
16

L’inspection flamande dans les écoles primaires : les réactions

Il n’y a plus que les flamands pour s’étonner de ce que les politiques francophones sortent de leurs gonds au lendemain de ce qui est, il faut bien le dire, un nouveau camouflet à leur égard.

Tous les partis flamands (Groen ! excepté) se sont rassemblés derrière le texte déposé par un député de la N-VA, Kris Van Dijck, texte qui prévoit, pour rappel, que la Flandre sera désormais compétente pour l’Inspection pédagogique dans les écoles primaires francophones des communes de la périphérie bruxelloise et ce pour la rentrée 2009. Les flamands mettent ici en pratique le principe de payeur-contrôleur. Si les écoles se trouvent sur le territoire flamand, si elles sont subsidiées par la Communauté flamande alors elles doivent être soumises au programme flamand.

Les réactions

Mais ce n’est pourtant pas si simple. Les réactions, au nord et au sud du pays, sont pour le moins divergentes.

Kris Van Dijck, député N-VA :

Je ne vois pas en quoi ce décret peut poser problème. Il a été conçu en faveur des élèves francophones. J’étais moi-même instituteur et, à ce titre, c’est d’abord à eux que je pense, flamands ou francophones.

Nos lois s’appliquent en région flamande. Ce décret confirme la compétence de la Communauté flamande sur l’enseignement primaire flamand en langue française dans les communes de la périphérie flamande. Aujourd’hui, la Flandre n’a aucun droit de regard sur la qualité de l’enseignement dans ces écoles.

Sven Gatz, chef de groupe VLD au Parlement flamand :

Les Francophones nous font un procès d’intention : tous les auteurs de ce décret sur l’inspection des écoles s’y sont rendus jeudi dernier, ont ouvert un dialogue direct avec les parents et les directions pour les rassurer. Ces inspections se dérouleront en français : pas question pour nous de menacer le caractère francophone de ces écoles en périphérie. Il est tout à fait logique de réaliser nous-mêmes cette inspection pédagogique dans des écoles que nous finançons.

Côté francophone, les quatre partis démocratiques ont adopté à l’unanimité (moins l’abstention d’Ecolo) la proposition de motion en conflit d’intérêt. Pour les francophones, ce sont les droits des minorités qui sont menacés par ce décret. Il n’est pas question de rester sans réagir.

Marie Arena, ministre francophone de l’enseignement (PS) :

Le jour où ils feront des propositions constructives, je ne ferai pas de procès d’intention. Systématiquement – et ce décret le démontre à nouveau –, ils affichent leur volonté d’interpréter les droits des Francophones dans la périphérie comme des droits transitoires. Leur but est de faire en sorte que tous ces Francophones deviennent un jour des Néerlandophones. L’inspection de ces écoles s’est toujours déroulée sur base des socles de compétences exigés en Communauté française. Quel est l’intérêt de ce décret, sinon de flamandiser ces écoles et de faire en sorte qu’en secondaire, les élèves choisissent l’enseignement flamand ?

Marcel Cheron, député Ecolo :

L’abstention d’un membre Ecolo du parlement de la Communauté française – lors de l’adoption de la motion en conflit d’intérêt – signifie que pour nous, le texte flamand est inacceptable, mais elle exprime aussi notre volonté de dialogue avec ceux qui prennent ce genre de risque. Au parlement flamand, un élu Groen a eu une parole « dérangeante » en Commission en jugeant le texte inopportun et en affirmant que s’il avait eu le droit de vote, il n’aurait pas approuvé la proposition de décret.

Le décret est aujourd’hui suspendu grâce à la motion en conflit d’intérêt. Le vote en séance plénière est impossible. Du moins pas avant 120 jours. Il reste à espérer que le prochain gouvernement – s’il est créé d’ici là – invite rapidement les deux communautés à se parler et à trouver ensemble une solution équitable pour sortir de l’impasse.

Source : Le Soir et Vers l’Avenir – 14.12.07

déc  07
13

Qui veut la peau des francophones ?

Nous vous en parlions le 21 novembre dernier. C’est aujourd’hui chose faite. Le parlement flamand a voté un décret qui offre la possibilité à la Communauté flamande d’inspecter les écoles francophones de la périphérie. Il s’agit d’un geste fort – le troisième après le vote de BHV et le refus des nominations des trois bourgmestres FDF le mois dernier – qui aura des conséquences importantes pour les établissements visés. Ceux-ci devront se conformer au programme d’étude flamand, faire respecter pour l’enseignement spécial les dispositions relatives au plan d’action du gouvernement flamand et se verront imposer un contrat ou un plan de gestion avec un centre d’encadrement des élèves relevant de la Communauté flamande. Dehors donc les inspecteurs de la Communauté française. Exit les centres PMS francophones… Est-il pensable d’être inspecté par un agent n’ayant pas comme langue maternelle celle dont les enseignants usent pour transmettre leur savoir aux enfants ?

Marie Arena en colère !

Toutes ces mesures ne sont évidemment pas adaptées aux spécificités d’un enseignement francophone, et plus particulièrement de l’enseignement de la langue française. Si ce décret est exécuté, il conduirait à la disparition progressive du caractère francophone de ces écoles.

Si la mesure a surpris tout le monde, c’est que tous, la ministre y compris, croyaient les accords conclus entre les deux communautés bétonnés depuis 1977. C’est cette année que les huit écoles fondamentales francophones de la périphérie bruxelloise, et leur contrôle pédagogique, avaient été placés dans le giron du ministre francophone de l’enseignement. Pour Marie Arena, « Ces dispositions légales édictaient que les différents législateurs et gouvernements régionaux ne peuvent porter atteinte au caractère bilingue des communes bruxelloises, ni aux garanties offertes aux francophones, néerlandophones et germanophones résidant dans des communes à statuts linguistiques spéciaux ».

Une troisième gifle !

Les directeurs des écoles de la périphérie soulignent « combien il serait inadéquat que leurs enseignants et leurs écoles soient inspectés par des personnes ne disposant pas des compétences et des outils nécessaires pour vérifier la parfaite adéquation entre les leçons données et les objectifs scolaires à atteindre. »

Du côté du MR, Françoise Bertieaux estime qu’il n’est plus possible d’attendre sans réagir. Ce décret est susceptible, à terme, de priver les élèves de ces établissements de poursuivre leurs scolarité soit dans une école francophone, soit néerlandophone. Mais ces écoles seraient aussi menacées de disparaitre en l’absence d’une convention avec les autorités flamandes, ce qui est plus que probable.

Dans un communiqué, Mme Bertieaux affirme :

Il s’agit d’une atteinte grave à la politique de respect des minorités et aux accords intervenus en 1977.

Verra-t-on enfin les politiques francophones réagir avant que la Flandre ne termine de dépecer ce qu’il nous reste de garanties et de facilités ? Le cdH a également réagi sur son site Internet et défend le dépot d’une motion en conflit d’intérêts au Parlement de la Communauté française. Aucun écho chez Ecolo, pour le moment…

Notre enseignement, déjà mal en point, n’a vraiment pas besoin de ca.

Source : Le soir – 13.12.07
déc  07
10

Armistice scolaire en Flandre

La hache est enterrée. Alors que les feux médiatiques sont braqués sur le rapport PISA ou les retombées du décret « inscription » de la ministre Arena, la Flandre vient de mettre fin à une guerre qui faisait rage depuis 1878. En modifiant, fin novembre, le régime de financement des réseaux scolaires, abolissant toute discrimination envers les écoles non publiques, le ministre flamand de l’enseignement Frank Vandenbroucke vient de poser un geste politique fort.

Retour au XIXe siècle : en 1878, le gouvernement Frère Orban-Van Humbeeck décrète que seuls les établissements publics peuvent bénéficier d’une subvention de l’Etat. Cette discrimination est aujourd’hui défunte. Le ministre balaie les critères idéologiques et préfère répartir l’argent aux écoles en tenant compte d’autres facteurs.

Le montant accordé à une école sera notamment plus élevé…

  1. Pour les élèves originaires d’un milieu défavorisé ;
  2. Pour les élèves venant d’une famille ne maîtrisant pas le néerlandais ;
  3. Pour les enfants dont la mère n’a pas de diplôme.

Le geste du gouvernement est qualifié de « révolutionnaire« , dans le journal « De Morgen ». Mais l’ouverture n’est pas forcément partagée. Ainsi Mieke Van Hecke, la patronne du réseau catholique, a affirmé que les élèves étudiant en dernière année dans les écoles catholiques ne recevraient aucune information sur les possibilités de poursuivre leurs études à la VUB… l’université bruxelloise dont le défaut est… d’être sans Dieu !

Voilà bien une mesure qui cherche à encourager les établissements flamands à s’ouvrir à davantage de mixité sociale. Aura-t-elle plus de succès que le décret « inscription » de notre ministre ? L’avenir le dira.

Source : La Libre : 10.12.07


déc  07
10

Décret inscription : les chiffres d’Arena contestés

Le Secrétariat général de l’Enseignement catholique (SEGEC) a mené sa propre enquête, une semaine après les files médiatiques qui se sont formées devant plusieurs écoles, principalement dans la région Bruxelloise et dans le Brabant wallon. Le constat est bien différent de celui du ministère. Ainsi, 40% des écoles du réseau libre ont connu des files qualifiées « d’anormales », c’est-à-dire des files formées avant le 30 novembre à six heures du matin. Dans 19 % de ces établissements, les files se sont formées avant le 30 novembre. Et dans 21 % des écoles, elles ont débuté le 30 novembre avant 6h00 du matin. Pour le SEGEC, les files dans les écoles catholiques ont concerné également de nombreux établissements dans les provinces de Liège et de Namur.

Marie Arena conteste ces chiffres. Et n’a pas hésité à charger le SEGEC. Pour rappel, la ministre a annoncé que les files ne concernaient que 3% des écoles de la CF.

Thierry Lambermont, leur président :

Elle nous a dit que c’était une manière de la traiter de menteuse mais nous ne faisions que répondre à ses chiffres par des chiffres. Et nos chiffres sont la réalité

Les parents du réseau catholique sont, ce n’est pas une surprise, remontés contre le décret Arena. L’Union des Fédérations des Associations de Parents de l’Enseignement Catholique (UFAPEC) a interrogé près de 500 parents dont 88% estiment que le décret n’est pas une bonne chose en l’état. Pour eux, la liberté du choix de l’école a été bafouée… certains allant même jusqu’à parler de « fiasco total ».

Voir à ce sujet le dernier communiqué de l’ABSL « Eleves.be », ici.

Du côté des parents de l’enseignement officiel (FAPEO), on est plus nuancé. Le texte est jugé plus que louable mais les parents sondés reconnaissent que son application ne s’est pas faite dans des « conditions optimales ». Une trop grande médiatisation engendrant un phénomène de panique aurait brouillé les cartes. La FAPEO estime également que le décret tel qu’on l’a vu au soir du 30 novembre n’est déjà plus qu’une coquille vide, les trop nombreuses exceptions existantes ne lui ayant pas permis d’atteindre ses objectifs.

Le cabinet de la ministre Arena rendra un rapport fin janvier après avoir rencontré tous les acteurs de l’enseignement. Les objectifs du décret ne seront pas remis en cause. Seules les modalités d’application seront peut-être réexaminées. Le MR, qui exige que le décret soit entièrement repensé, ne décolère pas. Mais la ministre ne fera pas marche arrière.

Rendez-vous fin janvier.

Source : Le Soir, La Libre, Vers l’Avenir du 7.12.07
déc  07
8

Le plan d’équipement informatique des écoles bruxelloises

CIRB3,5 millions d’euros seront consacrés pour mettre en oeuvre la troisième phase du Plan Multimédia élaborée par le ministre Guy Vanhengel pour 2008. C’est le CIRB (Centre d’Informatique de la Région Bruxelloise) qui continuera à assurer l’achat, la livraison et le soutien des classes multimédias pour toutes les écoles secondaires de la capitale.

Matériel

Les écoles faisant le choix de logiciels libres et des standards ouverts recevront des écrans supplémentaires. Le nouvel équipement comprend 16 à 18 ordinateurs à écran TFT, dont deux PC multimédias, un commutateur de réseau, une imprimante laser réseau, un projecteur vidéo numérique et l’écran de projection correspondant.

Service

Le Plan prévoit un contrat de garantie et de maintenance étendu sur 4 ans tant pour le matériel que pour les logiciels, ainsi qu’une aide en ligne. Une formation pourra être assurée pour les personnes responsables du Plan multimédia dans les écoles.

Historique du Plan Multimédia à Bruxelles

Il s’agit de la troisième phase du programme d’informatisation des écoles de la Région de Bruxelles-Capitale géré par le CIRB. Pour rappel :

  1. 144 écoles secondaires ont reçu huit stations de travail, un serveur, une armoire forte, un hub et trois imprimantes en 1998. En 2001, ce fut le tour des 327 écoles primaires adhérant au Plan Multimédia, qui ont pu bénéficier d’une salle multimédia similaire, avec quatre stations de travail, un serveur, l’armoire forte, un hub et une imprimante.
  2. En 2005, la deuxième phase du Plan a été activée dans les écoles secondaires, avec neuf nouveaux postes de travail et un nouveau serveur. Les équipements existants ont été remplacés ou mis à niveau. Les connexions Internet existantes ont été remplacées par des connexions à large bande du réseau IRISnet. En 2006, même opération dans les écoles primaires de la Région de Bruxelles-capitale.

Pendant ce temps … en Région Wallonne, Cyberclasse semble ankylosé …

déc  07
5

Revue de presse du 4 décembre

Presse-enseignementVoici les articles intéréssants parus ce 4 décembre dans la presse :

déc  07
4

Le Pisa nouveau est arrivé !

Saint-Nicolas a veillé à ne pas oublier le bulletin de notre enseignement. Pisa 2006 dans sa hotte, il a déposé le précieux rapport dans les petits souliers des responsables de l’enseignement en Communautés française et flamande. Avec deux petits jours d’avance, politiques et pédagogues ont donc pris connaissance des résultats de nos élèves dans les domaines des sciences, des mathématiques et de la lecture.

Bonne nouvelle : une lecture rapide des résultats indique que nos élèves – âgés de 15 ans – obtiennent une moyenne légèrement supérieure à celle des pays de l’OCDE… et ce dans les trois disciplines. Avec 510 points pour les matières scientifiques, 520 pour les mathématiques et 501 points pour la lecture, les Belges décrochent les jolies 13e, 8e et 10e positions sur les 30 des pays de l’OCDE. Pas si mal donc…

Mauvais bulletin pour les francophones

Mais une analyse plus poussée – et plus communautaire – met en lumière de fortes disparités entre les résultats des petits francophones et ceux de leurs voisins flamands. Le verdict tombe rapidement, implacable : si les Belges pointent au top 10 PISA, c’est surtout grâce aux résultats de nos voisins du nord. En effet, la moyenne flamande est de 529 points, la communauté germanophone enregistre la note de 516 alors que la Communauté française se voit attribuer un maigre 486.

Et l’analyse est cette fois toute différente. La Communauté française ne devance alors – heureusement – que des pays comme le Portugal, la Grèce ou le Mexique… mais est larguée par la France, la Suède et bien sûr la Finlande, première du classement.

Le tableau n’est pourtant pas complètement noir. L’enquête Pisa révèle également que les élèves francophones ont une attitude positive vis-à-vis des sciences et des mathématiques. Près de 31% des élèves interrogés souhaitent étudier les sciences après leurs études secondaires. S’ils ne sont pas particulièrement doués, les jeunes francophones sont au moins motivés, c’est toujours cela de gagné.

La lecture reste encore un problème malgré l’avertissement de 2003. La moyenne chez nous est désastreuse (473 pts) comparée à celles de nos voisins : 492 pour l’OCDE, 490 pour les Communautés germanophones et flamandes.

La cause de cet échec ? Encore et toujours notre enseignement… trop discriminatoire et inégalitaire. Le taux d’échec reste impressionnant : 44% d’élèves de 15 ans présentent un retard par rapport au cursus scolaire normal contre 23% en Flandre. Une situation unique parmi les pays industrialisés ! Notre école sélectionne, notre école trie…. et trie beaucoup… Les différences de résultats sont significatives entre les élèves « natifs » et les élèves-immigrés des 1ères et 2emes générations ainsi qu’entre les élèves en fonction de leur niveau socio-économique.

Pour Marie Arena :

Les élèves qui ont de bons résultats sont dans la moyenne des autres pays mais le nombre d’élèves faibles reste trop important. Il faut encore travailler, non pas pour atteindre la première ou la deuxième place du classement PISA mais pour que chaque enfant soit tiré vers le haut en Communauté française.

La ministre a également rappelé les mesures adoptées en 2004 dans le cadre du Contrat pour l’école et qui devraient seulement produire leurs pleins effets.

Le rapport ne manquera pas de susciter des réactions dans les prochains jours. Le sénateur libéral Alain Destexhe a déjà insisté sur la nécessité d’instaurer des évaluations externes systématiques tandis que l’Association de parents contre l’échec scolaire prône une responsabilisation accrue des enseignants.

Extraits choisis :

Les résultats sont catastrophiques une fois de plus. Les résultats des élèves doivent être évalués par des épreuves externes, ce qui est un incitant suffisant pour amener les enseignants à améliorer les pratiques (A. Destexhe)

Nous devons sensibiliser davantage les enseignants sur « l’inutilité du redoublement ». Chez les jeunes en échec scolaire, la situation d’apprentissage est à l’origine de peurs qui perturbent l’organisation intellectuelle, ce qui rend nos enfants moins performants car ils ont moins confiance en eux. (C. De Cuyper pour l’APEC)

Les pistes à creuser? Sur la base du modèle finlandais : allonger le tronc commun sans redoublements, modifier les rôles des conseils des classe qui doivent davantage servir à chercher des solutions pour remédier aux difficultés des jeunes plutôt que de leur proposer comme uniques options le redoublement ou les reléguations dans d’autres filières.

Affaire à suivre…

Source : Le Soir – 4.12.07