Le Pisa nouveau est arrivé !

Saint-Nicolas a veillé à ne pas oublier le bulletin de notre enseignement. Pisa 2006 dans sa hotte, il a déposé le précieux rapport dans les petits souliers des responsables de l’enseignement en Communautés française et flamande. Avec deux petits jours d’avance, politiques et pédagogues ont donc pris connaissance des résultats de nos élèves dans les domaines des sciences, des mathématiques et de la lecture.

Bonne nouvelle : une lecture rapide des résultats indique que nos élèves – âgés de 15 ans – obtiennent une moyenne légèrement supérieure à celle des pays de l’OCDE… et ce dans les trois disciplines. Avec 510 points pour les matières scientifiques, 520 pour les mathématiques et 501 points pour la lecture, les Belges décrochent les jolies 13e, 8e et 10e positions sur les 30 des pays de l’OCDE. Pas si mal donc…

Mauvais bulletin pour les francophones

Mais une analyse plus poussée – et plus communautaire – met en lumière de fortes disparités entre les résultats des petits francophones et ceux de leurs voisins flamands. Le verdict tombe rapidement, implacable : si les Belges pointent au top 10 PISA, c’est surtout grâce aux résultats de nos voisins du nord. En effet, la moyenne flamande est de 529 points, la communauté germanophone enregistre la note de 516 alors que la Communauté française se voit attribuer un maigre 486.

Et l’analyse est cette fois toute différente. La Communauté française ne devance alors – heureusement – que des pays comme le Portugal, la Grèce ou le Mexique… mais est larguée par la France, la Suède et bien sûr la Finlande, première du classement.

Le tableau n’est pourtant pas complètement noir. L’enquête Pisa révèle également que les élèves francophones ont une attitude positive vis-à-vis des sciences et des mathématiques. Près de 31% des élèves interrogés souhaitent étudier les sciences après leurs études secondaires. S’ils ne sont pas particulièrement doués, les jeunes francophones sont au moins motivés, c’est toujours cela de gagné.

La lecture reste encore un problème malgré l’avertissement de 2003. La moyenne chez nous est désastreuse (473 pts) comparée à celles de nos voisins : 492 pour l’OCDE, 490 pour les Communautés germanophones et flamandes.

La cause de cet échec ? Encore et toujours notre enseignement… trop discriminatoire et inégalitaire. Le taux d’échec reste impressionnant : 44% d’élèves de 15 ans présentent un retard par rapport au cursus scolaire normal contre 23% en Flandre. Une situation unique parmi les pays industrialisés ! Notre école sélectionne, notre école trie…. et trie beaucoup… Les différences de résultats sont significatives entre les élèves « natifs » et les élèves-immigrés des 1ères et 2emes générations ainsi qu’entre les élèves en fonction de leur niveau socio-économique.

Pour Marie Arena :

Les élèves qui ont de bons résultats sont dans la moyenne des autres pays mais le nombre d’élèves faibles reste trop important. Il faut encore travailler, non pas pour atteindre la première ou la deuxième place du classement PISA mais pour que chaque enfant soit tiré vers le haut en Communauté française.

La ministre a également rappelé les mesures adoptées en 2004 dans le cadre du Contrat pour l’école et qui devraient seulement produire leurs pleins effets.

Le rapport ne manquera pas de susciter des réactions dans les prochains jours. Le sénateur libéral Alain Destexhe a déjà insisté sur la nécessité d’instaurer des évaluations externes systématiques tandis que l’Association de parents contre l’échec scolaire prône une responsabilisation accrue des enseignants.

Extraits choisis :

Les résultats sont catastrophiques une fois de plus. Les résultats des élèves doivent être évalués par des épreuves externes, ce qui est un incitant suffisant pour amener les enseignants à améliorer les pratiques (A. Destexhe)

Nous devons sensibiliser davantage les enseignants sur « l’inutilité du redoublement ». Chez les jeunes en échec scolaire, la situation d’apprentissage est à l’origine de peurs qui perturbent l’organisation intellectuelle, ce qui rend nos enfants moins performants car ils ont moins confiance en eux. (C. De Cuyper pour l’APEC)

Les pistes à creuser? Sur la base du modèle finlandais : allonger le tronc commun sans redoublements, modifier les rôles des conseils des classe qui doivent davantage servir à chercher des solutions pour remédier aux difficultés des jeunes plutôt que de leur proposer comme uniques options le redoublement ou les reléguations dans d’autres filières.

Affaire à suivre…

Source : Le Soir – 4.12.07

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25 réponses à Le Pisa nouveau est arrivé !

  1. xavier dit :

    Je propose qu’Arena lise cet article.

    Tout paraît si simple

    http://www.lesechos.fr/info/analyses/4656336.htm

    Trop simple?

    Xavier

  2. Louis dit :

    Bonjour / bonsoir,

    Je suis journaliste intéressé depuis longtemps par la question de l’enseignement en Communauté française.

    J’étais ce matin à la conférence de presse de Mme Arena et consorts (enquête Pisa 2006). Pour compléter mes dossiers, j’aimerais entrer en contact avec des professeurs qui acceptent de témoigner sans langue de bois ni tabous sur la situation qu’ils vivent. Le but étant de dresser un panorama le plus complet possible de la situation. En tant que journaliste professionnel, je m’engage évidemment à respecter le secret de mes sources.

    Merci de me contacter via le gestionnaire de ce site qui, forcément, doit posséder mon adresse courriel.

    Louis

    Merci d’avance à vous,

  3. jacques dit :

    Effectivement à la lecture de cet article,cela serait si simple toutefois comme déjà dit on veut plus,
    avec moins de moyens,ce qui n’est pas pour motiver les troupes ou alors les troupes sont comme les para-commando belge très bon parce que très motivé au vu de leurs faibles moyens. Or ,un prof n’est peut-être pas para de formation ni de coeur….

    Une question suite à un cas vécu:est-il normal que ,en cas de maladie d’un instit, on envoit un prof
    de secondaire,sans emploi,donné cours à des enfants de 1ère primaire ? Possibilité de perturbation chez l’enfant de primaire suite à cela,non? La façon de donner cours en secondaire est-elle la même que en primaire ? Idiote question peut-être, je suppose que non toutefois j’aimerais une confirmation des pros de l’enseignement.

  4. jacques dit :

    Je serais curieux de savoir combien y a t-il en Belgique d’instituteurs , de professeurs qui sont sans emplois car Arena a dit qu’elle avait engagé ou mis 1000 sur le terrain , je me demande bien où se cachent-ils ?
    Et les autres,sans occupation,ils servent à quoi, une réserve générale comme à la police ?
    Pourquoi ne pas pratiquer la rémediation dès la 3eme maternelle afin d’éviter l’échec scolaire plus tard au moins l’enfant aura le sentiment d’être soutenu , suivit si pas chez papa,maman après les cours,du moins à l’école pendant les cours ce qui est déjà cela car tous les parents ne suivent pas forcement leurs rejetons dans le parcours scolaires , ce pour diverses raisons,tout le monde le sait.
    Enfin,….idéalisme !

  5. jacques dit :

    Juste une question de parents quant à PISA :Est-ce la seule source »scientifique » dont dispose la CF pour prendre ses décisions ? Normalement ,pour se faire une idée, on nous a toujours appris en humanités,or elles remontent à une 30aines d’années, qu’il fallait écouter plusieurs sons de cloches afin de se forger une opinion sur un sujet ,ais-je eu un prof de morale laique intelligent ou Arena a t elle oublié son apprentissage scolaire ? Et si source scientifique et amoureuse du système finlandais pourquoi ne fait-elle pas comme eux alors puisqu’elle y fait toujours référence en appliquant les même principes dans son système ? Mais ceci est impossible , Jacques , tu es en Belgique,tu y penses !!! Faut d’abord penser à soi,ses proches,ses copains,ses clients avant de penser à la collectivité …. Puis il faudrait donner d’autres moyens,les augmenter et les financer,non, il vaut mieux prendre un décret,c’est moins cher !

  6. Jean-Marie dit :

    La Belgique se classe 13ème, à seulement 10% du « premier », la Finlande. Le résultat est bon et reste bon. Prise isolément, la Communauté française se classe évidemment moins bien et c’est un euphémisme.
    Le Luxembourg a pourtant obtenu le même score (486). Une étude très fouillée montre que l’explication tient à 2 causes : les élèves étrangers et les étudiants défavorisés tirent largement la moyenne vers le bas. (http://www.gouvernement.lu/salle_presse/actualite/2007/12/04-delvaux-pisa/presentation.pdf.)
    Quand on sait que le Sud du pays accueille plus d’étrangers et qu’il est surtout bien plus pauvre que le Nord… Je demande d’ailleurs à voir les résultats d’autres régions de vieille industrie sinistrée !?
    Ce qui est sûr, c’est que pour réduire l’écart-type, il faut mettre le paquet sur l’enseignement fondamental (1.000 instits, ça fait combien en plus par école ? 1/2 ?)et surtout dans le technique et le professionnel.

  7. xavier dit :

    car Arena a dit qu’elle avait engagé ou mis 1000 sur le terrain

    Attention à la manipulation par les chiffres:

    1.000 sur 120.000 (le nombre de profs), cela fait moins d’un pourcent. Mesure dérisoire (il suffit de comparer au pourcentage de profs malades ou détachés).

    Xavier

  8. PourquoiPas dit :

    L’enquête Pisa est une enquête multicentrique, multinationale et… en principe scientifique.
    Transformer les premiers résultats en conclusions politiques est une erreur méthodologique.

    L’échantillon de la précédente version -sensée évaluer les mathématiques- était méthodologiquement (volontairement ou non) biaisé : pas d’élève d’enseignement général en CF, seulement, au mieux, des éléves de technique dont les difficultés en mathématique sont pour la majorité d’entre eux patentes.
    N’y aurait-il aucun élève d’enseignement général âgé de 15 ans en communauté française ?
    Source : http://www.enseignement.be/@librairie/documents/EVAL/INTER/PISA2003/PISA2003_evaluation.pdf

    Selon les informations de presse d’hier, les résultats de la communauté française sont proches de ceux de la France tout entière et du Luxembourg…
    A première vue- les pays de langue latine sont moins bien classés que ceux de langue anglo-saxonne ou germanique, alors que les questionnaires de base ont été rédigés en français et en anglais. La version néerlandaise est donc une traduction à partir d’un des deux originaux.

    Je suis désolé, mais comparer l’enquête 2003 (centrée sur les maths) à l’enquête 2006 (centrée sur les sciences) revient à comparer des pommes et des poires.
    Il faudrait d’abord savoir si cette enquête est une étude scientifique -auquel cas il convient d’en critiquer la méthodologie pour en évaluer les limites (tout n’est pas à jeter…)- ou si par contre il s’agit d’une machine de guerre politique, auquel cas, elle a coûté trop cher…

    Cette constatation ne change en rien me semble-t-il au caractère impératif d’une saine réflexion sur la qualité de notre enseignement.
    L’évaluation de la qualité peut se faire sur le résultat (c’est en partie le cas ici) ou sur le processus qui a conduit au résultat.
    Si dans l’industrie l’évaluation de la qualité par le résultat est en général adéquate (qualité=produit fini correspondant au standard établi, norme ISO 900x, etc), l’évaluation de la qualité dans les services se fait habituellement sur base des processus (cf clinical pathways en médecine).
    L’enseignement appartenant au secteur des services, il y a la une grossière erreur méthodologique qui malheureusement n’est pas assez dénoncée…

  9. jacques dit :

    Tiré de l’édition du soir de ce jour au sujet de l’étude PISA:

    Les pays les plus performants se caractérisent par « un nombre élevé de bons élèves, un nombre peu élevé d’élèves en difficulté, des systèmes éducatifs équitables, pas forcément parmi les plus dépensiers, n’ayant pas de système d’orientation précoce », et où la qualité de l’enseignement est quasiment homogène quel que soit l’établissement, selon l’OCDE.

    Ben que Arena vous donne les moyens pour le faire – homogèneiser l’enseignement -
    orientation précoce oui ok et si orientation tardive , est ce un mieux ?
    Dépensier ? Or qui dépense nos deniers sinon Arena et ce d’une façon tout a fait irrationnelle par de mauvaises affectations des dépenses ou de ses dépenses ?
    Avant on parlait moins du mal être de l’élève et de ses difficultés; malhaise de société ?

  10. Chantal dit :

    Je suis la maman de deux enfants à haut potentiel. Je me bats depuis quinze longues années contre les ministres successifs mais je pense que Marie Arena obtient la palme … des décisions idiotes, des réponses (à mes nombreux courriers)non fondées, …
    Tout, avec elle, est réalisé à moitié … Elle « pêche » des idées en Finlande(excellentes) mais en applique des « portions », à mauvais escient, au mauvais endroit, au mauvais moment, sans préparation, sans suivi aucun, … Et ses décisions donnent les dérives que l’on connaît …
    Bien sûr, mon cas est spécifique mais je sais que je ne suis pas la seule en Belgique à essayer de faire « changer les choses » à l’égard des enfants dits « surdoués ».
    Si l’approche de l’enseignement changeait pour eux, elle changerait pour tous !
    Que désirent ses enfants ? Un enseignement de qualité qui respecte le rythme de chacun …
    Ce type d’enseignement ne serait-il pas le rêve de chaque parent ?
    Les enfants déficients ont des écoles adaptées à leur handicap. Qu’y fait-on ? On adapte les cours aux capacités de chacun …
    Pourquoi cela ne serait-il pas réalisable à grande échelle ?
    En Com. française, pour éviter le « redoublement », on a inventé les cycles par deux ans …
    Quels résultats ?
    En Finlande, il n’y a aucun redoublement mais le projet est contruit sur toute la scolarité … Les enfants sont suivis, pas à pas, leur rythme est respecté … Il est vrai que je vois dans l’enseignement finlandais la panacée universelle !
    Moi, à qui on répond que « faire des classes où l’on rassemblerait les enfants à haut potentiel serait une erreur car nous pourrions créer des ghettos ».
    Les noirs se rassemblent, les asiatiques, les homos se rassemblent, les handicapés, les jeunes, les universitaires, les vendeurs dans les magasins, les personnes âgées (clubs 3×20) … Arrêtons de nous voiler la face !
    Pour avoir côtoyé ces enfants, je peux vous dire qu’ils préféreraient (de loin !) être dans une classe avec des enfants qui leur ressemblent, qui les comprennent, qui ont des centres d’interêt identiques … que de devoir écouter vingt fois la même explication sous prétexte que les autres sont lents … Ces enfants « doivent s’adapter » selon Marie Arena … Quand ils ont un QI de 150 (quelle que soit la valeur réelle accordée à ces tests), je peux vous dire qu’ils sont « incapables » de s’adapter !!!! Mes fils ont vécu leur douance comme un handicap en ne comprenant pas pourquoi, comme pour les handicapés physiques et mentaux, une infrastructure n’était pas mise en place !
    Ces enfants, intelligents, doués, avides d’apprendre sont livrés à eux-mêmes … Une mine de savoir (une mine d’or !) est laissée à l’abandon … Par contre, des bourses sont offertes à des étudiants étrangers pour les attirer dans les universités belges « afin de relever le niveau » de nos universités !!!
    Puisque l’enseignement est gratuit et accessible à tous, dites-moi pourquoi mes fils n’ont pas pu avoir accès aux seules écoles (privées et très onéreuses) qui aient reconnu la nécessité, l’urgence de prendre en charge ces enfants HP ?
    Pourquoi le « meilleur » est-il toujours destiné au « plus fortuné » ?
    Il y a, en Belgique, un vivier de connaissances, des jeunes qui veulent apprendre, qui sont doués, qui représentent « l’avenir » de la Belgique et qui sont empêchés …
    Je suis certaine qu’il existe aussi des professeurs volontaires, courageux, motivés, pour lesquels enseigner un savoir est une vraie vocation … mais quels moyens ont-ils ?
    Moi, je suis à bout de souffle et je me suis battue par amour pour mes enfants …
    Les profs, eux, se battent par amour pour leur métier mais je pense qu’ils doivent aussi « baisser les bras » face à des décisions stupides, à une totale incompréhension, à un manque de moyens …

  11. pascal dit :

    « Nous devons sensibiliser davantage les enseignants à l’inutilité du redoublement » De Cuyper

    J’ai franchement du mal avec cette affirmation.
    En laissant passer des élèves avec deux ou trois échecs (si pas plus) nous ne leur apprenons plus le goût de l’effort. D’année en année, les élèves savent qu’ils pourront aller dans telle filière même s’ils ont des échecs. Plutôt s’orienter vers plus facile que perdre un an !
    Je ne suis pas d’accord !
    Ma soeur a échoué deux fois en humanités, cela ne l’a pas empêchée de devenir juriste, sans jamais échouer à l’université ! Bien sûr, elle a 40 ans et à cette époque-là, on ratait son année pour un seul échec (c’est du vécu !)

    Bien sûr, vous m’objecterez qu’on peut faire son 1e degré secondaire en 3 ans ! Mais avec quels moyens ?! Le jour où la CF aura les moyens de ses ambitions, peut-être verra-t-on les choses évoluer dans l’enseignement. Pour autant, bien sûr, que l’enseignement devienne une priorité nationale !!!!

  12. Françoise Sleypenn dit :

    Que l’on donne les moyens d’aider les élèves en difficultés pour les tirer vers le haut!
    J’ai une classe de 23 élèves comprenant beaucoup d’enfants en difficultés, car ils sont issus de milieux où il y a très peu de suivi de leur travail scolaire.
    Je mets en place tous ce que je peux pour les aider, mais ce n’est pas suffisant!
    Si seulement je pouvais avoir quelqu’un, ne fut-ce que 2 ou 3 périodes semaines pour scinder la classe en deux groupes, ce serait merveilleux!

    Que madame Arena propose des choses concrètes à mettre en place avec le budget qu’elle a!

  13. pilpoil dit :

    A propos du redoublement, l’ensemble des recherches convergent pour affirmer que le redoublement n’a pas d’effet positif. Bien sûr, tout le monde connait qqun qui malgré 1 ou 2 échecs à l’école a réussi une belle carrière…mais soyez sûr que c’est l’arbre qui cache la forêt. Nombre d’élèves, suite à un redoublement, sont aiguillés vers les filières dites moins nobles à savoir le technique et le professionnel.

    Par ailleurs, c’est quand-même étonnant que la plupart des pays en haut du ranking internationnal dans PIRLS (primaire) et PISA (secondaire) possèdent un système éducatif basé sur un tronc commun jusque 15 ans.

  14. michel dit :

    Pilpoil,

    Que reprochez-vous aux techniciens et aux professionnels qui sont issus de filières moins nobles?

    C’est dénigrant pour les élèves qui suivent ce type d’études et pour les professeurs qui y enseignent…

  15. pilpoil dit :

    Soyons clairs! J’ai bien parlé de filières « dites » moins nobles … ce qui signifie qu’à mes yeux elles ne devraient pas l’être.

    Ce que je dis, c’est qu’il faudrait que le choix vers ces filières technique ou professionnelle soit un vrai choix réfléchi (on fait cela car on a une envie farouche de le faire) et non un choix dicté par ses mauvais résultats scolaires en 1e ou 2e année du secondaire.

    C’est pourquoi j’ai l’impression qu’en rertardant le moment de l’orientation scolaire vers les différentes filières, on permet à tous les élèves, dans le cadre d’un tronc commun, de s’assurer un socle minimal de compétences tant scolaires que sociales mais également de s’ouvrir à tout (fomation manuelle ou autre).

    Voilà, j’espère que le malentendu est levé.

  16. michel dit :

    Absolument!

    Nous sommes d’accord sur le principe du choix.

    La différence principale entre les pays qui ont de bons résultats et notre communauté française, c’est que nous commençons par les mesures régulatoires avant de modifier l’approche en matière de remédiation, en matière de formation des professeurs (il faut en avoir suivi certaines pour se rendre compte) et que donc, il restera fondamentalement des élèves non assistés de façon efficiente. Ces derniers traineront leurs lacunes d’année en année (puisque les redoublements sont interdits) et s’enfermeront dans des frustations (comme aujourd’hui) quel que soit le réseau où ils étudient.

    Notre Ministre met donc la charrue avant les boeufs car ce sont des mesures « sexy » dans son électorat. Rien ne change en matière de qualité d’enseignement. Sauf peut-être une perturbation temporaire de certaines écoles qui fonctionnent bien (et le feront toujours…).

    Saviez-vous un enseignant du libre ne peut avoir de transfert de son ancienneté s’il passe dans l’officiel et vice-versa? C’est aberrant…et je crains qu’il ne faille commencer par ces mesures-là pour vraiment faire bouger les choses. Sans dénaturer la liberté de choix pédagogiques des parents et la liberté des écoles de proposer leur projet pédagogique…

    COrdialement,

  17. pilpoil dit :

    Em matière de propositions un peu moins « sexy » et même totalement « repoussante », à quand le réseau unique d’enseignement ?

    Là, je rêve …

    Mais, si vous vous souvenez, avec Mme Arena je tiens à le souligner, il a été question un moment de créer des bassins scolaires … càd des zones dans lesquelles écoles libres et officielles auraient été amenées à collaborer … un début de réseau unique en quelques sorte … mais le projet est rapidement tombé à l’eau. La faute à qui ? Je vous laisse deviner.

  18. michel dit :

    La pluralité des réseaux doit être conservée, c’est un gage de diversité pédagogique et de respect des différences qui font notre société.

    Chaque parent doit pouvoir choisir librement l’école pour ses enfants.

    Avoir des synergies et des rationalisation est une autre histoire. En tout cas, il convient de respter circonspect sur la finalité réelle des décret. L’élève doit rester au centre des préoccupations. Les enseignants doivent rester libre de choisir la méthode pédagogique la plus appropriée aux besoins de leur auditoire…

    Il n’existe pas qu’une seule et unique manière d’arriver au savoir…

  19. pilpoil dit :

    Pluralité des réseaux=gage de diversité pédagogique !

    Restons sérieux : dire que l’existence de deux réseaux est la garantie du respect des différences, c’est vraiment une position hypocrite.

    La diversité pédagogique peut exister dans un réseau unique puisqu’elle existe au sein-même des deux réseaux.

    Je défends l’idée d’avoir un cours d’éducation aux valeurs et aux religions plutôt qu’un cours d’instruction religieuse ou de morale laïque.

    Vous n’allez en outre pas me dire que vous croyez réellement qu’un enseignant du libre enseigne de manière différente qu’un enseignant de l’officiel. Je connais assez d’enseignants du libre qui me disent que les valeurs chrétiennes, on les aborde quand on a fini d’enseigner tout le reste.

    Je reste persuadé que la pluralité des réseaux est une absurdité.

  20. michel dit :

    Pour recentrer ma position : un réseau unique avec un PO dépendant de l’unique Communauté française et recevant directives et injonctions de sa part est non seulement dangereux pour la démocratie mais pour la conservation de pluralité pédégogique.

    En Finlande, les P.O. des écoles ne sont pas forcément au niveau central! Ce qui n’empêchent pas la qualité, bien au contraire…

  21. pilpoil dit :

    Pour clarfier ma position : je ne suis pas pour un réseau unique qui, comme au Luxembourg, impose manuels prédagogiques et horaires de classe bien définis… on voit ce que cela donne.

    Je parle ici plutôt d’un réseau unique (comme en Finlande !) avec une autonomie des établissements scolaires quant au choix des méthodes (comme en Finlande !). Les écoles finlandaises sont certes très libres mais in fine ont quand même le devoir de respecter certaines règles et d’atteindre les finalités fixées par le niveau national.

    Je reste d’avis que l’existence de réseaux éducatifs CONCURRENTS est une abération. Public/privé passe encore mais pas deux réseaux financés par l’Etat qui se font concurrence.

    Que diriez-vous d’un réseau unique d’écoles publiques en Communauté française ? Ces écoles seraient autonomes au niveau de leur organisation et bénéficieraient de la même liberté pédagogique qu’actuellement?

    Franchement, je ne vois pas la plus value apportée par l’existence de deux réseaux. Au contraire!

    Maintenant, certaines raisons d’ordre politique et économique m’échappent certainement. Mais qu’on les mette une fois pour toute en lumière au lieu de jouer l’hypocrisie et la mauvaise foi (sans jeu de mot) avec des arguments qui n’en sont pas.

  22. jacques dit :

    que d’économie en conséquence si réseau unique avec école autonome à tout point de vue !!
    Pourriez pas mettre ce brin d’intelligence dans le cerveau d’un membre de la CF ?

  23. pilpoil dit :

    Je pense que l’idée est présente à la CF … mais c’est du côté du SEGEC que le travail est à faire.

  24. jean dit :

    Pour M. Louis
    Toujours les mêmes remarques à propos de notre enseignement:
    Il faut un tronc commun pendant les 8 premières années (plus de latines/modernes donc en première et deuxième secondaire)
    Il faut supprimer le redoublement pendant ces 8 années
    Renforcer la détection des lacunes et établir une remédiation immédiate et individuelle pour chaque élève en difficulté.
    Sélectionner les instituteurs et les régents pour avoir les meilleurs (les étudiants des écoles normales ne sont ni les plus motivés ni les meilleurs)
    Revaloriser le statut de ces enseignants pour en faire de vrais professionnels, fiers de travailler en équipe et fiers de leurs responsabilités.

  25. alain dit :

    (les étudiants des écoles normales ne sont ni les plus motivés ni les meilleurs) Cela veut-il dire que seul les autres en ont la capacité ?