Il n’y a plus que les flamands pour s’étonner de ce que les politiques francophones sortent de leurs gonds au lendemain de ce qui est, il faut bien le dire, un nouveau camouflet à leur égard.
Tous les partis flamands (Groen ! excepté) se sont rassemblés derrière le texte déposé par un député de la N-VA, Kris Van Dijck, texte qui prévoit, pour rappel, que la Flandre sera désormais compétente pour l’Inspection pédagogique dans les écoles primaires francophones des communes de la périphérie bruxelloise et ce pour la rentrée 2009. Les flamands mettent ici en pratique le principe de payeur-contrôleur. Si les écoles se trouvent sur le territoire flamand, si elles sont subsidiées par la Communauté flamande alors elles doivent être soumises au programme flamand.
Les réactions
Mais ce n’est pourtant pas si simple. Les réactions, au nord et au sud du pays, sont pour le moins divergentes.
Kris Van Dijck, député N-VA :
Je ne vois pas en quoi ce décret peut poser problème. Il a été conçu en faveur des élèves francophones. J’étais moi-même instituteur et, à ce titre, c’est d’abord à eux que je pense, flamands ou francophones.
Nos lois s’appliquent en région flamande. Ce décret confirme la compétence de la Communauté flamande sur l’enseignement primaire flamand en langue française dans les communes de la périphérie flamande. Aujourd’hui, la Flandre n’a aucun droit de regard sur la qualité de l’enseignement dans ces écoles.
Sven Gatz, chef de groupe VLD au Parlement flamand :
Les Francophones nous font un procès d’intention : tous les auteurs de ce décret sur l’inspection des écoles s’y sont rendus jeudi dernier, ont ouvert un dialogue direct avec les parents et les directions pour les rassurer. Ces inspections se dérouleront en français : pas question pour nous de menacer le caractère francophone de ces écoles en périphérie. Il est tout à fait logique de réaliser nous-mêmes cette inspection pédagogique dans des écoles que nous finançons.
Côté francophone, les quatre partis démocratiques ont adopté à l’unanimité (moins l’abstention d’Ecolo) la proposition de motion en conflit d’intérêt. Pour les francophones, ce sont les droits des minorités qui sont menacés par ce décret. Il n’est pas question de rester sans réagir.
Marie Arena, ministre francophone de l’enseignement (PS) :
Le jour où ils feront des propositions constructives, je ne ferai pas de procès d’intention. Systématiquement – et ce décret le démontre à nouveau –, ils affichent leur volonté d’interpréter les droits des Francophones dans la périphérie comme des droits transitoires. Leur but est de faire en sorte que tous ces Francophones deviennent un jour des Néerlandophones. L’inspection de ces écoles s’est toujours déroulée sur base des socles de compétences exigés en Communauté française. Quel est l’intérêt de ce décret, sinon de flamandiser ces écoles et de faire en sorte qu’en secondaire, les élèves choisissent l’enseignement flamand ?
Marcel Cheron, député Ecolo :
L’abstention d’un membre Ecolo du parlement de la Communauté française – lors de l’adoption de la motion en conflit d’intérêt – signifie que pour nous, le texte flamand est inacceptable, mais elle exprime aussi notre volonté de dialogue avec ceux qui prennent ce genre de risque. Au parlement flamand, un élu Groen a eu une parole « dérangeante » en Commission en jugeant le texte inopportun et en affirmant que s’il avait eu le droit de vote, il n’aurait pas approuvé la proposition de décret.
Le décret est aujourd’hui suspendu grâce à la motion en conflit d’intérêt. Le vote en séance plénière est impossible. Du moins pas avant 120 jours. Il reste à espérer que le prochain gouvernement – s’il est créé d’ici là – invite rapidement les deux communautés à se parler et à trouver ensemble une solution équitable pour sortir de l’impasse.
Source : Le Soir et Vers l’Avenir – 14.12.07
Madame Arena a dit « Le jour où ils feront des propositions constructives, je ne ferai pas de procès d’intention. Systématiquement – et ce décret le démontre à nouveau –, ils affichent leur volonté d’interpréter les droits des Francophones dans la périphérie comme des droits transitoires. »
Madame, faites donc vous enfin une proposition constructive, du genre:
« Ok, nous allons subventionner ces écoles et donc les contrôler »
Xavier
Durant sa jeunesse , Arena a été à l’école gratuitement , mais tout compte fait au fil du temps ,
elle y a été aussi pour rien ,apparemment , elle comprend rien de rien !
C’est plutôt une gifle à sa manière de faire en politique et dire que même battus aux élections ,
ils s’accrochent aux pouvoirs ! M’enfin…
Triste pays !
Je suis ni pour ni contre cette décision! L’argumentation des flamands se tient! Mais quelles seront les conséquences pour ses écoles? En bref, on sait très peu de choses concernant ce sujet! Tant qu’à Arena, lorsqu’elle fera des propositions constructives, on en reparlera.
Au vu des performances de nos écoles, une inspection flamande est peut-être une chance à saisir pour nos écoliers