Prix de l’énergie : les écoles réclament des moyens supplémentaires

Il fallait s’y attendre. Vu la hausse du prix du mazout, les établissements scolaires peinent à faire face à l’explosion de leurs frais de chauffage. Pour certaines écoles, la situation est devenue critique.

La Communauté française réclame donc une aide financière du fédéral, une aide comparable à celle déjà octroyée en 2005. A l’époque, le gouvernement violet avait accepté de verser quelque 10 millions d’euros aux communautés et régions pour les aider à faire face à la hausse des prix de l’énergie. Un chèque « mazout » puissance dix, en somme. Mais seulement voilà, la mesure se voulait unique ! Plus question de venir réclamer à nouveau de l’argent après cela.

Comme la flambée des prix pétrolier n’a, elle, rien d’unique, et à même tendance à se répéter tout en s’aggravant, le Segec (Secrétariat général de l’enseignement catholique) a pris l’initiative de joindre sa plume à celle de la Communauté française, demandant purement et simplement au premier ministre ainsi qu’aux ministres Reynders et Magnette de ristourner les recettes de la TVA sur le mazout. A 0.70 euros le litre, les factures de chauffage des établissements scolaires rapportent, à elles seules, près de 10,4 millions à l’Etat fédéral. Inadmissible pour le Segec qui entend à ce que le gouvernement fasse un geste pour soulager les charges des lieux collectifs (crèches, écoles, internats…).

Mais cet argent suffira-t-il à terme ? L’augmentation de 110% des prix du mazout a généré en 2007, tous réseaux confondus, une dépense supplémentaire de 49,8 millions d’euros. La dépense de chauffage par élève est passée de 33 à 69 euros dans le fondamental et de 50 à 104 euros en secondaire. Les subsides de fonctionnement ne peuvent suivre… De 7% il y a quelques années, la part relative du chauffage dans le budget des écoles est montée à 21% dans l’enseignement maternel et 17 et 16% dans l’enseignement fondamental et secondaire. Pour honorer les factures, les écoles rognent sur l’entretien des infrastructures et le matériel pédagogique. Et quand cela ne suffit pas, on coupe le chauffage comme à l’Institut Henri Maus à Namur où les radiateurs resteront désormais fermés dans les couloirs.

Au MR, on comprend les difficultés des écoles… et on charge la gestion du PS en matière de politique d’entretien des bâtiments scolaires. Pour Françoise Bertieaux, il est inutile que le fédéral apporte chaque année son obole aux communautés si ces dernières ne font rien pour rénover et entretenir le parc scolaire. Le MR dénonce encore l’inertie de l’équipe de Marie Arena qui, après avoir annoncé plusieurs projets – c’était avant les élections – comme un partenariat public-privé pour la rénovation des bâtiments scolaires, laisse aujourd’hui les écoles seules face à leurs problèmes.

La réponse du cabinet de la ministre de l’enseignement (PS) n’a pas tardé :

  1. À propos du partenariat public-privé, 60 écoles font l’objet d’un audit de faisabilité et un projet de décret sera déposé avant Pâques ;
  2. Si le ministre des finances, Didier Reynders (MR), avait diminué comme prévu la TVA de 21 à 6% sur les travaux dans les bâtiments scolaires, on n’en serait pas là.

Pendant que les directeurs s’affolent, que les élèves grelottent… les politiques, eux, jouent au ping-pong.

Sources : L’école veut aussi son aide mazout (Le Soir du 23/01/08) & Chauffage à l’école, il faut rénover plus (Le Soir du 24/01/08).

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Vos commentaires

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  1. Lucy dit :

    Membre du CPPT de mon établissement, je peux vous dire que le chauffage est un souci non négligeable dans l’école.
    Huit chaudières fonctionnent pour que tous travaillent dans de bonnes conditions. Cet été, on a dû remplacer deux d’entre elles et on en a profité pour passer du mazout au gaz.
    Pour l’instant, c’est 50-50 mais on espère pouvoir abandonner toutes les chaudières au mazout d’ici dix ans.
    L’an dernier, la facture de mazout s’est élevée à 35000 euro. On ne peut plus suivre !

  2. Legrand dit :

    Bonjour,

    Il fait toujours trop chaud dans les écoles.
    Toute la famille endosse un pull supplémentaire et des chaussettes en rentrant à la maison
    Ca ne rend pas service aux enfants qui préfèreraient augmenter le chauffage à la maison plutôt que de se réhabiller pour supporter 19°.
    Bien à vous.
    Laurence Legrand.