Souvenez-vous. En 2006, de nombreux établissements supérieurs se voyaient imposer un quota d’étudiants non-résidents. Poussés chez nous par l’absence de concours d’entrée ou d’une quelconque forme de sélection, les étudiants français – qui forment la majorité des étudiants étrangers en Communauté française – devaient déchanter. Dans de nombreuses filières particulièrement bien cotées (kiné, vétérinaire, accoucheuse, éducateur spécialisé, logopède…), il ne fut plus aussi aisé de s’inscrire et de nombreux étudiants durent revoir leurs choix.
Aujourd’hui, on peut affirmer que ce texte, vivement décrié il y a un peu plus d’un an, a atteint son but. Concocté par la ministre Simonet, il entendait limiter à 30% l’apport des étudiants étrangers dans nos écoles – pour ces filières -… asphyxiées sur le plan pédagogique, ne pouvant plus offrir à tous des cours de grande qualité… tous ces étudiants devant être encadrés et dirigés. Aujourd’hui, le nombre de Français dans nos hautes écoles est passé de 2.875 à 1.394. Et ils seront encore moins en septembre 2008.
Mais si le décret « Simonet » a désengorgé les écoles et offert aux étudiants belges des places jusqu’alors squattées par d’autres, il les a aussi privées d’importantes ressources financières. En compensation, le gouvernement wallon a proposé de permettre aux hautes écoles d’ouvrir de nouvelles sections. Vendredi, il a donné son accord à 14 des 20 établissements concernés par la mesure et qui avaient accusé une importante perte d’étudiants. Parmi ces écoles, on retrouve, notamment, la HE Communauté française (Hainaut), la HE Charleroi, la HE de la province de Liège, la HE Paul-Henri Spaak à Bruxelles, la HE Léonard de Vinci à Bruxelles, la HE Robert Schuman, etc.
Les nouvelles formations sont plutôt innovantes, comme celle d’un bachelier en construction-bois à Schuman, suite à la demande du secteur du bois. Les écoles prêtent l’oreille aux entreprises… voulant offrir les meilleures formations et les meilleures chances de décrocher un emploi pour les étudiants qui les suivent.
Marie-Dominique Simonet (CDH) :
Ces nouvelles sections compenseront la perte d’étudiants et donneront à d’autres jeunes la possibilité de se former dans de nouveaux secteurs porteurs en terme d’emploi.
Un bac en construction bois, cela laisse rêveur…
Un plus peut-être… Mais va-t-on équiper de machines performantes, en un été, l’école qui ouvrira cette option en septembre ?
Si oui, avec quel argent ? La CF ne cesse de clamer qu’elle n’en a pas !
ET pourquoi ne pas équiper mieux les écoles secondaires qui proposent des options en construction bois et pleurent après des subsides d’équipement depuis des années ?
Parce que ce n’est pas la même enveloppe ?
Mais c’est pourtant le même budget initial !
A quand une politique de l’enseignement global, réfléchie et intelligente ?