Après la version 2006, voici l’édition 2007 des Indicateurs de l’Enseignement, grande compilation de statistiques sur l’état de l’enseignement en Communauté française de Belgique. Quels « enseignements » en tirer ?
- 335 millions d’euros ! Tel est le cout du redoublement des élèves par an, qui a touché plus de 13,4 % d’enfants en secondaire en 2005-2006.
Le coût public de la scolarité des élèves varie selon les niveaux. Au total, plus de 65.000 euros consacrés par la collectivité pour la scolarité de chaque élève obtenant un certificat d’enseignement secondaire supérieur et plus de 100.000 euros pour chaque étudiant obtenant un master universitaire. - La répartition des élèves par réseau semble stable. Ce sont l’enseignement spécialisé et l’enseignement supérieur (cela tendra peut-être à se réduire avec le décret Dupuis) qui attirent le plus d’élèves de pays limitrophes.
- Un élève sur cinq change d’école (zapping scolaire) dans le secondaire, surtout au premier degré secondaire.
On utilise le zapping scolaire pour sélectionner les élèves [...] On prend ceux qui sont susceptibles de réussir leur parcours scolaire et on jette ceux qui sont susceptible de le rater. Un des objectifs du décret inscriptions est de fixer les populations scolaires et de demander aux écoles qu’elles travaillent avec les enfants plutôt que d’exclure certains enfants de leur système scolaire. Marie Arena
Un dernier point ne manquera pas de faire réagir les enseignants de terrain …
le nombre d’élèves par enseignant est encore très favorable, surtout dans l’enseignement secondaire, puisque le ratio élèves par enseignant est inférieur à 10 pour 1 (indicateur 30).
« A l’issue des huit premières années de la scolarité obligatoire, les élèves sont orientés vers la forme d’enseignement la mieux adaptée à leurs aspirations et à leurs capacités. »
Décret « Missions »,Chapitre III, art. 21, 1997.
Pourquoi pointer du doigt les « bonnes » écoles, une fois de plus, alors qu’elles appliquent seulement ce qui leur a été imposé ? Mon école ne comporte que de l’enseignement général. Parler de « zapping », de « sélection », de « jeter » les élèves, voila autant d’injures lancées une nouvelle fois au monde enseignant.
Non, nous ne formons pas que des jeunes des quartiers chics. Nous jouons beaucoup au contraire à l’ascenseur social, venez voir nos listes d’étudiants ! Bien sûr, cette forme d’enseignement n’est pas appropriée à tous et, le cas échéant, des étudiants doivent changer d’établissement. En son temps, nous aurions bien voulu faire autrement et créer des sections techniques mais nous n’en avons pas reçu l’autorisation. Nous préparons (bien) les futurs étudiants du supérieur, c’est notre boulot. On finira par nous rendre honteux de nos réussites.
Pour améliorer les scores Pisa et consorts, à coup de décret ou de diktat, on voudrait mettre tout le monde dans la moyenne. Au lieu de vouloir rabaisser les têtes, ce qu’il faut plutôt faire pour améliorer l’écart-type, c’est accorder des moyens supplémentaires pour les plus faibles. Il ne s’agit pas d’un « coût », mais d’un investissement.
Notre but ultime doit être d’amener chaque élève au maximum de ses moyens, pas d’amener tout le monde à la moyenne.
Et en complément…
J’aimerais une fois pour toutes qu’on m’explique ce fameux ratio de 10 pour 1.
Même en tenant compte des heures hebdomadaires-élève et celles-professeur, je finis par me demander où se trouvent tous ses professeurs ! On doit sans doute compter tous les malades, les éclopés, les détachés, les prépensionnés (…) ou alors, il y a des milliers d’égarés quelque part !
Quand donnera-t-on plutôt le nombre d’élèves/classe/professeur ?
Pourquoi ne compare-t-on pas les chiffres flamands et les nôtres par TYPE de population scolaire ? Les salaires flamands et les wallons… ?
A ancienneté et titre égal, un flamand gagne eniron 8 % de plus. Si vous acceptez les faits que la Flandre est une région riche, que la Wallonie (+ Bruxelles) ne l’est plus et que l’enseignement est communautarisé depuis longtemps, vous pourrez admettre cela.
Votre remarque sur un comparatif Communauté française et Commaunauté flamande est pertinente. Voyez, pour la seconde fois l’enquête PISA et vous serez édifié. Il est évidemment plus facile de dire que l’on va s’inspirer de la Finlande pour améliorer notre score. On pourrait toutefois s’interroger sur les méthodes en Flandre il me semble ! Bizarement, cela ne semble intéresser personne ! C’est incroyable. Pour ce qui est du ration 10 pour 1, j’voue ne pas comprendre non plus.
La première rationalisation devrait, il me qemble, imposer un regroupement en deux réseaux : L’officiel et le libre.
Nous, les petits, les obscurs, les sans-grade, nous qui marchions, fourbus, crottés, malades, nous ne l’étions pas peut-être, nous, fatigués?
Madame et Messieurs les Ministres,
Pourquoi demeurez-vous sinistres ?
Vous critiquez l’enseignement
Sans le moindre discernement.
Mais si on lit vos circulaires,
Le fond, la forme désespèrent.
Le style est tel qu’au grand jamais
Aucun lecteur ne penserait
Que vous avez, dans votre école,
Eut des succès plus que des colles.
De documents si mal torchés,
L’effet toujours sera gâché,
Avant de crier au scandale,
De traiter les profs de vandales,
Cultivez donc votre jardin…
Reprenez des cours de latin
Et votre langue maternelle
En redeviendra plus belle.
Cher(e)s amie(e)s,
Deux éléments à relever pour l’instant :
Tout d’abord, il est interpellant qu’à euros constants (indicateurs 3), les coûts passent de 100 à 121 en primaire et diminuent de 100 à 98 en secondaire. Tant d’investissements (apparents!) en primaire, alors que le secondaire se serre la ceinture mais les statistiques PISA sont là pour nous rappeler que ces investissements ne semblent pas être efficients. A creuser au niveau du pilotage de l’enseignement…
Ensuite, je vis peut-être sur mars ou pluton mais les ratios de 1 enseignant pour 16 élèves en primaire et de 1 pour 10 en secondaire est risible. Le nombre de professeurs comprend les absents pour cause de maladie, de détachements divers (cabinet, administration, mission internationale,..) et qui sait quoi encore… COmparer ce ratio par rapport à l’efficacité de l’enseignement m’apparaît presque malhonnête. Il eut fallu donner ici le ratio du nombre d’élèves par enseignants présent (dans les établissements scolaires).
Je suis las de voir que les réformes se construisent en opposant systématiquement parents et corps professoraux. Les professeurs font souvent ce qu’ils peuvent sans être récompensés de leurs effrots (avec des moyens qui frisent parfois l’indécence) et les parents qui participent à l’éducation sont découragés car tout montre que le Cabinet et le gouvernement désirent porter leur unique attention sur des positions démagogues et idéologiques, sans réellement entendre les gens de terrains, ni analyser ce qui fonctionnent dans nombre d’écoles, d’horizons divers…
C’est désespérant.
A plus avec d’autres analyses…
Ah j’oubliais,
Dans l’analyse des résultats de lecture en 2e et 5e primaire, il est un critère qui m’a fait sourire : on y compare en effet les résultats selon la profession prestigieuse ou non prestigieuse des parents. Ce critère est non seulement grotesque mais de plus dépourvu de tout sens scientifique.
Qu’est-ce qu’une profession prestigieuse pour un enfant de 7-8 ans et pour un enfant de 10-11 ans? En quoi ce critère permet-il de déterminer le résultat des élèves?
Pour terminer, le nombre de livres à la maison est intéressant mais les bibliothèques seront contentes d’apprendre qu’au crotère nombre de livres lus (par exemple par an), on lui prèfère le nombre de livres achetés par les parents…
Grandiose!
Je me replonge dans cette bible pour découvrir d’autres messages sub-liminaux…
Bonjour,
Soyons positifs, les indicateurs ont le (seul?) mérite d’exister.
Cependant:
1. Il est parfois inutile de devoir utiliser un thermomètre pour savoir que son enfant a la fièvre.
Dans beaucoup de cas les problèmes étaient déjà connus, surtout par les enseignants et les parents eux-mêmes.
2. C’est bien d’analyser, il faut prendre des mesures intelligentes.
Quand on voit que pour le décret inscriptions, des amendements ont été votés en dernière minute ou que pour le décret jours blancs, on va changer les règles en cours d’année, quand on entent qu’Arena « évaluera » son décret Insciption mais « ne changera rien au fond », entendez même si on se rend compte qu’il est contre productif, j’ai des doutes sur la qualité des mesures qui vont être prises.
3. Les analyses que l’on fait détermine à priori ce que l’on veut affirmer
Par exemple, on pourrait faire une analyse entre la part du revenu consacré aux communications GSM. Il est fort à parier que les élèves qui réussissent moins bien consacrent une part plus importante du budget des parents pour leur communication de GSM. Cela simplement parce que ces élèves ont des parents aux revenus plus faibles. Je prendrai donc une mesure pour interdire d’utiliser son GSM plus que x % du revenu des parents et je pourrai le justifier sans problème.
Avant de corréler des variables, il faut réfléchir. Mais surtout il faut ensuite vérifier que la relation de cause à effet existe bien.
Les Flamands l’ont bien compris. Ils prennent les mesures qui s’imposent.
4. Comparaison n’est pas raison
Adage ellement connu qu’on l’oublie.
C’est bien de dire que la Finlande a de bons résultats. Donc faisons comme la Finlande.
Mais la Corée est duxième dans beaucoup de domaines. Et là, personne ne veut faire comme eux (ouf d’ailleurs). Qui se pose la question de savoir pourquoi deux pays aussi différents que la Finlande et la Corée ont les meilleurs résultats? Ne faudrait-il pas voir ce qu’ils ont en commun pour déterminer les réelles raisons?
Xavier
En réaction à Xavier.
Je vous suis amplement dans vos réflexions… Il faut analyser, réfléchir et corréler. Le droit à l’erreur n’existe pas ici, il s’agit de l’avenir de nos enfants… Pas d’un laboratoire!
Quant à PISA. Il s’agit selon moi – de la corée du sud et non de la corée du nord, que certains de nos députés vantaient dans un reportage RTBF voici quelques années… A vérifier.
Je m’insurge évidemment contre ce ratio! Chez nous, les classes avoisines généralement les 30 élèves sauf pour les cours philosophiques où ce ratio est même battu 1 élève pour 1 enseignant !
A salaire égale, responsabilités inégales, corrections inégales et j’en passe !
En une seule année de carrière, j’ai vu autant d’élèves que ces profs en 30 ans !
Quand cela cessera-t-i ? Le monde évolue, les choses changent sauf dans l’enseignant !
De plus ces personnes sont protégées, le directeur ne peut les contrôler, les inspections sont « fantômes ».
Lorsque notre inspecteur nous rend visite, il ferme les yeux devant leur local, et nous demande » à nous « toujours davantage, davantage d’individualisation, davantage de tout, le stress ne cesse d’augmenter, il faut du résultat, je ne suis pas une faiseuse de miracles seul le possible est réalisable !
Nous qui croulons sous les préparations de dizaines de cours différents, de corrections, de bulletins, de surveillances, … et j’en passe !
Je vois de nombreux enseignants dont la santé s’épuise et où au final, c’est l’arrêt avec de nombreux problèmes de santé ! C’est d’ailleurs souvent les meilleurs, ceux qui veulent faire plus, toujours plus… qui sont inquiets pour les chérubins qui leur sont confié !
Cela nous semble si limpide de mettre chaque enseignant face aux mêmes responsabilités ou du moins d’y tenter ! Là, franchement, je conseillerai aux jeunes enseignants de bien choisir leur proposition d’emploi ! C’est souvent leur vie familiale future, leur santé qui en dépendra !
L’enseignant carotteur et fainéant, nous le côtoyons chaque jour ! Ils nous rient au nez, ne comprend pas notre stress ! De plus sa santé est plus fragile que la nôtre, il peut compter sur nous, nous ne comptons pas nos heures et nous gardons ses élèves ou son élève !
Le «nous « que j’utilise, remplace la majorité des titulaires collègues et moi-même !
Il s’agit bien sûr de la Corée du Sud, puisqu’elle est membre de l’OCDE.
Mon point était surtout:
Comment obtenir de meilleurs résultats ?
Pisa 2006 confirme la prééminence de la Finlande, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et ajoute la Corée. Bien que les résultats de la Finlande et de la Corée soient similaires, ils sont le fruit de deux politiques éducatives très différentes. En Corée, le système très concurrentiel oblige les élèves à travailler énormément et à chercher à l’extérieur un soutien sous forme de petits cours ou de tutorat. En Finlande, c’est le repérage extrêmement rapide de la difficulté et son traitement immédiat à l’intérieur du système scolaire qui garantit le succès.
Source: http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/05122007resultatspisa2006.aspx
Quand Arena affirme que la non concurrence explique les bons résultats de la Finlande, son affirmation est contredite par les bons résultats de la Corée.
Sans prendre position sur ce qu’est l’enseignement idéal, je considère qu’il est malhonnête de justifier des mesures, aussi bonnes soient-elles, par des arguments spécieux.
Quand à la qualité de ces mesures, c’est un autre débat, que Madame Arena a déjà annoncé ne pas vouloir avoir.
Xavier
Concernant les ratios:
J’ai déjà dénoncé cette manipulation des chiffres.
En effet:
Ce ratio semble prendre en compte tous les enseignants payés par la CF, donc aussi les profs malades, les profs détachés et (peut-être mais j’espère tout de même que non) les profs en prépension.
Ensuite, n’oublions pas que les élèves ont 32 heures de cours et les profs entre 20 et 24.
Enfin les moyennes cachent toujours la réalité (c’est parfois le but). Non pas les cours philosophiques qui n’entrent pas dans le NPPT, mais des cours de Grec, de complément de Math, de Latin, etc avec quelques élèves.
Donc:
1 prof pour 10 élèves avec 10 % de profs « absents » ====> 1 prof pour 11 élèves.
Ratio pour tenir compte de la différence du nombre d’heures entre les élèves et les profs= 1,6. Nous arrivons déjà à une moyenne de 16 élèves par classe. Donc on peut avoir une classe de 5 élèves pour 1 cours et de 27 élèves pour un autre cours.
Mais je reconnais que même avec ces corrections, le ratio me semble exagéré. Qui sait le nombre de période que « rapporte » un élève à son établissement?
Xavier