Jeunes profs : le ras-le-bol

J’en ai marre !

Je n’en peux plus. Je pars! Mon cauchemar, c’est de retourner dans une classe en septembre. Je préférerais vendre des fringues ou des sandwichs!

Ces propos douloureux sont de Charlotte, 26 ans, qui enseigne « de tout sauf du français » depuis seulement quelques années. Pour elle, l’enseignement, c’est fini. Et elle n’est pas la seule. En Communauté française, après cinq ans, ils sont en moyenne deux sur cinq à abandonner le métier, souvent pour une nouvelle carrière dans le privé. Un taux de survie de 60% donc pour les jeunes profs, au bout de cinq ans. Ce chiffre n’est pas neuf, l’étude qui l’a révélé date déjà de 1999 mais pour de nombreux observateurs de notre enseignement, compte tenu que la formation des enseignants et les conditions d’entrée dans l’enseignement n’ont pas beaucoup bougé depuis, il y a fort à parier que ce chiffre n’a pas changé.

L’insertion reste toujours un moment difficile, comme nous l’explique Christelle Devos, doctorante à l’UCL.

Trop d’abandons…

Les jeunes profs sont souvent engagés très rapidement : « vous donnez huit heures de cours à partir de demain » … Ils héritent souvent des classes les plus difficiles et endossent dès le premier jour les mêmes responsabilités que des profs aguerris. Or, ils ont justement une plus grande charge de travail, puisqu’ils doivent préparer des cours qu’ils n’ont encore jamais donnés et apprendre à gérer une classe. Tout cela avec peu de soutien de collègues; c’est un métier où c’est souvent chacun pour soi.

En Communauté française, des groupes de travail devraient se réunir fin du mois pour plancher sur le sujet alors que la Flandre a déjà pris les choses en main avec un décret : durant les deux premières années, le jeune prof sera accompagné d’un tuteur, d’un parrain.

Mais si les débuts sont difficiles, il reste encore de nombreux points noirs qui rebutent les jeunes pédagogues. Quels sont-ils? Enseignons.be vous les présente et, grâce à Télé Moustique1, vous livre également le point de vue de notre nouveau ministre, M. Dupont.

  1. La solitude des débuts : Peu d’entraide, peu d’échanges, les jeunes profs sont amers et critiquent leurs collègues plus anciens. Selon eux, il est inutile et fastidieux de sans cesse devoir réinventer la poudre quand des formules existent déjà et ont fait leurs preuves. Christian Dupont est favorable au tutorat et à la formation continuée tout de suite après l’agrégation. De plus, il faut également informer les futurs profs que le métier n’est pas toujours rose, qu’il est exigeant et difficile.
  2. Absence de « kit de survie » : Quand un jeune prof débarque à l’improviste, pour un remplacement par exemple, il est souvent un peu démuni. Pourquoi ne pas créer des syllabus, des manuels pour chaque branche? Pour le ministre, la réintroduction des manuels va dans ce sens. Il cite également les documents-programmes et les socles de compétences comme canevas.
  3. La coordination : Une heure de coordination prévue obligatoirement dans l’horaire? Les jeunes sont pour. L’occasion de se retrouver entre profs enseignants la même matière et assurer le suivi. Christian Dupont est d’accord. Mais il revient aux directeurs d’aménager de tels moment dans son horaire…
  4. La reconnaissance : « Si on est prof, c’est qu’on a raté quelque chose ». Qui n’a jamais entendu cela? L’image des enseignants n’est pas toujours celle qu’ils méritent. Pour le ministre, les campagnes de pubs, comme celles qui ont été faites dans le passé, n’y changeront rien. Cependant, une récente étude du journal Vers l’Avenir montrait que 80% des parents se disent satisfaits de l’école de leur(s) enfant(s). Et puis, les valeurs défendues par l’école ne sont pas celles véhiculées par notre société, obsédée par l’argent et l’immédiateté.

… mais beaucoup de jeunes profs

Après le creux des années 90, les aspirants professeurs n’ont jamais été aussi nombreux dans les filières pédagogiques. Depuis quelques années, c’est un véritable boom ! En 2005, on enregistrait, tous degrés confondus, 17.000 inscriptions et 4.000 diplômés. Et les chiffres2 sont à la hausse… dans toutes les filières.

Du sang frais attendu, mais qui ne comble pas les départs massifs de pensionnés entre 1995 et 2000. De plus, certaines matières sont davantage exposées à la pénurie : les langues, les maths, les sciences, la philo et les cours techniques.

A la rentrée 2009, le gouvernement débloquera 40 millions d’euros pour lutter contre l’échec scolaire. 1.200 professeurs seront engagés. En espérant qu’ils ne prendront pas tous la poudre d’escampette après quelques heures passées dans leurs classes…

  1. source : Télé Moustique-9/04/08 []
  2. Source : Indicateurs de l’enseignement 2007 []

Commentaires

  1. Bigmoustique dit :

    ouais, à condition de ne pas brader les diplômes. On passe à 10 de moyenne pour avoir les dispenses. On est pas convaincu par ce boulot. Alors que c’est un boulot de passion… J’ai eu 14 stagiaires cette année. La moitié n’avait rien à faire dans une école… . J’ai d’ailleurs pour la première fois dû remettre les choses au point avec certaines. Pourtant, j’avais pris le temps de construire le kit de survie :-) . Je voudrais juste dire qu’à leur décharge, les écoles supérieures sont complètement à côté des objectifs du terrain. On étudie pas les programmes des autres réseaux, on ne connait pas les derniers outils, on ne connait pas les dernières circulaires, les nouvelles règles…. Allez courage futurs profs nous avons besoin de vous, les enfants ont besoin de vous, la société a besoin de vous…

  2. akhena dit :

    Le point 1 et le point 2 sont résolus gràce à Enseignons…

    Vive Enseignons…

  3. Prof dit :

    Je vais poursuivre sur le terrain des lacunes de la formation initiale : si je n’ai pas eu moi-même l’opportunité d’avoir un stagiaire (peur de la D+ chez les AESS ?), je dois pourtant constater certaines catastrophes pédagogiques dont m’ont fait part mes collègues régents. Ils en sont à courir derrière leurs stagiaires pour pouvoir consulter leurs prépas ou, pire encore, à devoir s’étonner de leur absence de préparation : le summum fut atteint lorsqu’un stagiaire, pourtant en terminale, se cantonna à photocopier le cours d’un de mes collègues…

    Peut-être faut-il également constater l’inadaptation des profs du supérieur : combien ont une expérience récente du secondaire ? Déconnexion, quand tu nous tiens !

    Je trouve un rien saumâtre de reporter la responsabilité de ces abandons sur les collègues ou de supposer qu’il existe des manuels miraculeux pour celui qui ne dispose même pas des bases du simple bon sens.

    A bientôt

  4. agnès noël dit :

    Quelques idées pour mieux accueillir :
    un prof coordinateur par matière et par niveau
    un prof « passeur de culture » qui explique aussi l’implicite du fonctionnement de l’école donnée : les grands moments, les rendez-vous importants, les projets en cours …Afficher sa tête et ses coordonnées à la salle des profs
    un who is who : un classeur avec le trombinoscope des membres du personnel ( à revoir chaque année en fonction des migrations, une fois que la structure de base est faites, il n’y a que quelques point à changer). Indiquer les personnes ressources, les délégués syndicaux, les porteurs de projets …
    Une affiche à la salle des profs avec le calendrier des activités de l’école

    renseigner enseignons.be : j’ai quelques jeunes collègues qui en ont déjà bien profité

    Enfin, pourquoi ne pas organiser dans les écoles des équipes de soutien, de relais des questions?
    Ou bien simplement désigner une personne de confiance, discrète, solide et expérimentée à qui le nouveau pourrait se confier avant que les drames n’éclatent au grand jour et en fasse la proie des critiques ou des commentaires apitoyés ?

    Parfois, il est bon aussi de mettre les stagiaires en visite au courant de genre de situations difficiles pour qu’ils pensent à demander de l’aider avant que les situations ne deviennent catastrophiques.

    L’enseignement est un métier dur et je pense qu’effectivement, il faut penser le soutien et l’organiser, pas le laisser au gré des hasards et des bonnes volontés.

  5. pascal dit :

    Chez nous, la direction accueille les stagiaires et leur donne un vade mecum de l’établissement. Cela leur permet de savoir qui fait quoi, où se trouvent les toilettes, le réfectoire… L’accueil est encore plus important quand il s’agit de jeunes collègues.
    Mais c’est sûr que, suivant les branches (et le degré !!), les collègues sont plus ou moins chaleureux avec les nouveaux venus. Sans par ler de ceux qui les embobinent en faisant mine de les comprendre et de les aider mais se dépêchent de les dénoncer dès qu’un souci survient. ;(
    Pas facile d’être jeunes, nouveaux, inexpérimentés.
    Pas facile de courir derrière un salaire qui tombe ou pas régulièrement et de vivre avec ça !

    Il faut s’accrocher ! On est, hélas, tous passé par là. Hélas car je ne vois pas les choses changer malgré tout ce qu’on a déjà pu dire et écrire sur le sujet !

  6. Edouard dit :

    Non excusez-moi de paraître négatif mais alors photocopier le cours d’un collègue est-ce grave ??

    Moi je dis et , je le pense sincèrement que beaucoup de profs sont atteints d’une « maladie chronique » que j’appelle « égoïsme et beaucoup de jeunes profs en sont aussi atteints car au cours de leurs études c’est moi d’abord toi tu dégages

    Je pense qu’un peu plus d’entraide et de solidarité vraie devrait exister , mais il faut pour cela que chacun « revoie » l’ascensceur à l’autre

    Bien à Tous

  7. Marie dit :

    Bonjour,

    Totalement d’accord avec cet article et ce pour la simple raison que je suis dans ce cas précis: j’ai été diplômée en juin à 20 ans, j’ai commencé à travailler comme institutrice à la rentrée de janvier (depuis,j’ai fait trois écoles deux semaines deux mois et maintenant deux semaines voir prolongation) et j’ai décidé de reprendre des études en septembre.
    Les raisons citées ci-dessus sont totalement vraies mais j’avoue que ce site m’a tout de même bien aidé.
    J’ajouterais tout de même comme argument la question financière.
    Lorsque on travaille toute la journée et tous les soirs jusqu’à 22h afin de remplir le journal de classe, faire les préparations, chercher les compétences, comparer à ce qui a été vus (enfin ce que l’on a plus ou moins trouvé dans un cahier d’élève),les corrections, communiquer avec la personne que l’on remplace,les collègues, les parents et la direction,que l’on a acheté les bouquins nécessaires ou été à la bibliothèque de l’école normale, imprimer les feuilles, acheter un brin de matériel de survie(toutes les écoles ne disposent pas du même matériel il suffit de comparer une école libre subventionnée à la limite de la D+, une école d’application et une école libre subventionnée)) , …

    Vous vous rendez compte que vous « trimez » pour pas grand choses…

    J’oubliais qu’à cela il faut ajouter les frais de transports, la non reconnaissance de certains (les profs ils sont tous fainéants,ils sont payés pendant les vacances, …).
    Comme tout le monde, vous comparez avec votre entourage et vous vous rendez compte que, vous gagnez moins qu’eux mais qu’en plus, eux disposent d’avantages tels que : chèques repas, frais de transports offerts, voiture de société, assurance vie, perspective de prommotion,… mais que vous ce serait peut être tout même mieux de prendre une assurance complémentaire, on ne sait jamais qu’il arrive un accident à l’un de vos élèves.

    Enfin, voilà ma petite contribution, peut être, même certainement défaitiste, à ce forum.

    Juste une petite précision, sur ma classe de 25 diplômés en juin 2007, une dizaine seulement se dirigent encore vers l’enseignement.

    Me vouer à l’enseignement…. j’y ai cru pendant longtemps… mais peut être qu’au fond de moi…. j’y crois encore…

  8. Prof dit :

    @ Edouard,

    Si ce comportement ne paraît pas grave au professeur, il éprouvera quelques difficultés à sanctionner ses élèves pour un « copier-coller » Appréciez-vous, cher collègue, le psittacisme ânonnant, une mutation transgénique de notre cher enseignement ? J’avoue que ce type de commentaire me consterne : je suis toujours d’accord pour collaborer et toujours opposé au pillage de ressources mal comprises.

    Même type de réflexion par rapport au sujet de l’article, et mes excuses anticipées à ceux qui ont mal vécu une telle expérience, mais y a-t-il un taux plus conséquent d’abandons dans notre profession que dans n’importe quelle autre ? Tous les diplômés (ou les articles 20) ne sont pas nécessairement faits pour ce métier, et là je ne parle que de la classe : voulez-vous vraiment que des « assistés » deviennent responsables de l’enseignement des gosses ? Là encore, d’accord pour un coup de pouce mais pas d’accord de me retrouver « institutionnellement » avec des collègues sur les bras. Et pourtant, nous avons peu d’abandons dans notre école en D+ de la région bruxelloise ;)

    J’espère ne pas avoir cédé à la tentation du forum ;)

    A bientôt

  9. Lucy dit :

    Les jeunes profs ont bien du mérite !
    Ils sortent de l’école normale où les profs n’ont jamais mis les pieds dans une classe du secondaire, ils découvrent des programmes qu’ils n’ont jamais eu en mains pendant leurs études (expériences vécues); on leur demande un journal de classe (qu’ils n’ont pas appris à tenir), un cahier de matière (dont personne n’a lu la description précise), des prépas de leçons tip-top… Ils ne peuvent pas trop compter sur les profs en place qui n’en connaissent pas beaucoup plus qu’eux concernant ces dernières exigences (soyons honnêtes, on tâtonne autant qu’eux) et pire, qui ont tellement peur de faire une heure supplémentaire, qu’ils les laissent se dépatouiller tout seuls prétextant que c’est en forgeant qu’on devient forgeron !!
    Ils se retrouvent avec 22h de nouveaux cours, à réfléchir, construire, rédiger, taper, photocopier, sans parler des corrections qu’ils découvrent.
    Bien sûr, on est tous passé par là. Mais je me souviens avoir été accueillie, encadrée, conseillée quand j’ai débuté. Et je vois certains collègues se replier sur eux-mêmes plutôt que de transmettre un savoir, un savoir faire, un conseil, une méthode…

    L’enseignement est certainement l’un de rare métier où le passage de témoin ne se fait pas, où l’expérience acquise ne se transmet pas. Chacun réinvente l’eau tiède, tout seul dans son coin, génération après génération.

    Et nous espérons sans doute, dans nos rêves de grandeur, bâtir avec nos élèves une société solidaire !

    Pffff ! ;(

    Heureusement qu’en dehors de cette rubrique Actualités, il y a un site qui vit, partage, échange, conseille ! Ou quand le virtuel surpasse le réel !!

  10. pascal dit :

    Je ne peut qu’applaudir à la lecture du commentaire 9. C’est aussi ce que je vis.
    Cet article est fondé, réel, objectif. Peu importe de savoir si c’est pareil dans d’autres professions ; cela est vrai dans la mienne et cela me désole !

  11. JonathanF dit :

    Je remercie Pascal pour le « Cet article est fondé, réel, objectif ». Après les critiques parfois dures (mais c’est le métier qui veut ça) sur le bilan Arena, je doutais un peu… ;-)

    Et je salue Lucy pour son commentaire juste et son portrait parfaitement brossé du prof individualiste. J’ai la chance dans mon école d’être encadré et conseillé par des collègues bienveillants. Mais je sais aussi que ce n’est nullement le cas partout. Et c’est bien regrettable.

  12. marie dit :

    Dur dur l’enseignement aux débuts! L’idée du prof parrainant est bonne: c’est quelque chose que je pratique avec les jeunes qui débarquent et ils apprécient! Pour ce qui est de l’heure de concertation: oui et encore oui mais c’est très difficile à mettre en place (individualisme, peur des jugements,…?)Quant aux préparations de cours, on souhaiterait vraiment ne pas apprendre le 1 septembre quelles sont nos attributions: à part les petits gâtés, plusieurs d’entre nous récupérent des nouveaux cours chaque année. Et on voudrait nous faire faire des plannings annuels…Il faudrait également de la concertation avec les écoles normales, un manuel pratique de l’établissement et de la paperasse obligatoire (avec exemples! que de versions différentes…). Il faut avouer aussi que le salaire n’est pas à la hauteur de la fatigue (sans compter les trajets, les heures supp de titulariat, réunions, … et le partage entre plusieurs écoles. Ceci dit, n’oublions pas que nous sommes vraiment utiles à la société: il faudrait rappeler à tous ceux qui critiquent qu’ils n,auraient probablement pas trouvé leur job sans être passé entre nos mains!

  13. hedwige dit :

    JE ne vais pas jeter la pierre aux jeunes profs. Mais… ceux qui partent sont en général ceux qui y sont arrivés par motivation et que la réalité dégoûte. Ceux qui restent (en général) sont les « je-m’en-foutistes » Eux peu leur importe de la qualité de leur travail, des absences répétées pour une petite migraine. Les prépas?? Oh on photocopie un truc ou l’autre et c’est bon pour occuper les élèves… qui font la remarque : « C’est quoi ce prof? »

    Les stagiaires???? Un vrai désastre en ce qui me concerne (histoire DI). Ils n’ont même pas les bases pour la majorité, ne présentent pas leur prépa et s’étonnent du temps que cela prend, du travail que sont les corrections. Et quand on analyse leur parcours… ils en sont à un régendat comme 3ème-4ème choix. Leur faire des remarques??? Une critique… c’est à peine s’ils ne vous envoient pas ch… car ils savent tout mieux que tout le monde. Heureusement, tous ne sont pas comme çà. Mais sur 4stagiaires cette année…. un seul était un stagiaire normal.. qui montrait ses prépas à temps, qui est venu à l’heure, qui a accepté les critiques et conseils. C’est peu.

    Et puis franchement, quand on voit ce que l’on gagne pour tout ce que l’on dépense pour son boulot (manuel, matériel, documentations….) plus pour la santé (faut parfois une bonne dose de chocolat pour tenir..)
    J’aime mon métier. Mais je devrais recommencer mes études… je fais boucherie.

  14. Laetibio dit :

    Jeune enseignante j’ai ressenti plusieurs des points décrits dans l’article (neutre, objectif et très bien rédigé) de JonathanF, mais celui qui m’a le plus attristé dans l’enseignement est le point 1 : cette solitude.
    Dans mon école actuel, il n’est pas possible de beaucoup échanger tout simplement car un seul prof donne les mêmes cours que moi (mais actuellement on attend son remplaçant) mais l’échange humain que je reçois chaque jour dans cette école dépasse mon besoin de recevoir un échange sur les cours, tellement il est précieux.
    Dans mon ancienne école ce qui m’a démoralisée n’est pas l’absence totale d’échange de cours mais cette absence totale d’échange humain où même les bonjours furent rares … tout simplement car beaucoup de profs ne supportaient pas les jeunes profs et encore moins les intérimaires !
    La reconnaissance de mon entourage direct ou même indirect a toujours été présente car peu de personnes aimeraient être prof d’où elles admirent ceux qui ont ce courage d’affronter les élèves, et encore plus quand les profs travaillent dans une école D+.
    Jeune prof dégoûté par l’enseignement dans une école éllitiste et froide mais réconcilié depuis la chaleur humaine de son école D+.
    Courage jeunes profs, une école n’en est pas une autre, comme une classe ou des collègues ! C’est toute la difficulté et la beauté de ce métier !
    Et heureusement après la pluie vient le soleil :) !

  15. pascal dit :

    Hedwige, enseignant les sciences humaines (entre autres), je vous rejoins sur la formation des futurs profs. Mais qui doit-on blâmer ?
    Comme le souligne Lucy, la plupart des profs des écoles normales n’ont jamais enseigné en secondaire. Que dire des profs de psychopéda fraîchement sortis de l’unif la tête bourrée de théories fumeuses et d’a priori ? (Si j’en connais !!)
    Apprendre à apprendre ? Ce slogan éculé devrait retrouver une place dans les Hautes Ecoles et à l’agrégation !
    Mais c’est un autre débat !!

  16. Prof dit :

    Je vais avouer ma consternation et mon agacement à la lecture de certains commentaires…

    1. J’ai détesté l’époque où tous les profs étaient « mauvais » : je n’aime pas plus la tournure victimaire actuelle. C’est un métier, avec ses instants agréables, y compris avec les collègues, et ses corvées, qui se modifient au fil du temps… Personnellement, je me refuse à exercer dans le cadre contraint d’un stéréotype : ni pauvre victime, ni méchant profiteur…

    2. J’ai donné cours dans de « bonnes » écoles comme en D+ : j’ai dû avoir un de ces bols puisque j’ai toujours eu un réel soutien de mes collègues et réciproquement, sans que cela ne m’interdise de fonctionner de manière autonome. Je vais rappeler à mes jeunes collègues (ça y est, je passe dans la catégorie « vieux con » !;)) qu’en principe ils ne sont pas là pour rester sous tutelle mais pour fonctionner le plus tôt possible : aucun truc institutionnel ne fonctionne si le futur prof, ou le prof en gestation, n’a pas le caractère bien accroché et une certaine lucidité. Si je ne me trompe, les jeunes profs sont mûrs pour le service, non ? Et comment pourraient-ils permettre le développement personnel de leurs élèves si eux-mêmes s’avèrent incapables de rebondir ? Il ne s’agit plus là d’un problème de formation mais de personnalité…

    3. Autre stéréotype : le « méchant » individualiste ou le « gentil » membre. Un simple coup d’oeil sur les ouvrages relationnels vous apprendra tout de même qu’il est possible de passer par plusieurs phases très vite, selon l’intelligence de la situation. Le simple bon sens devrait suffire, me semble-t-il, mais il n’a sans doute de commun que d’être partagé par des individualistes, narcissiques qui plus est. Comme le sont tous les profs, non ?

    4. J’ai souvent donné le conseil (défaut de vieil individualiste ?;)) à mes jeunes collègues de faire la part des choses ; c’est-à-dire simplement réfléchir à ce qui pose problème chez eux et ce qui pose problème dans l’institution et chez les élèves… Il me semble que c’est un équilibre nécessaire à trouver par soi-même… Je reste donc étonné que certains motifs d’abandon n’apparaissent pas : direction sadique ou laxiste (il y en a), changements incessants (ça se calme depuis quelques années), pression parentale (voire insultes !), pressions morales ou harcèlements (j’ai dû assister des collègues qui y étaient confrontés), lacunes de la formation initiale (je n’y reviens pas), camouflage des situations pénibles ou des « incidents » (par le prof victime ou par sa direction), etc. Pour certains d’entre eux, il existe des mesures : « étonnamment », elles ne sont pas appliquées… Et ce sont des conversations fréquentes en salle des profs (sans doute l’épreuve la plus pénible pour le débutant) parce que les mêmes constats se ressassent tandis que peu osent agir : et pourtant, ça peut marcher, si on ose ne pas se poser en spectateur passif d’une situation complexe ou même pénible !

    Désolé pour ce (trop) long coup de gueule mais j’aime mon métier, y compris dans ses exigences et ses défis…

  17. pascal dit :

    Prof,
    Vous qui vous insurgez contre la description du prof individualiste et égoïst, participez-vous aux échanges sur le forum ?
    Avez-vous posté leçon ou plan de matière pour aider d’autres collègues ?

    Peut-être pas. Peur du psittacisme ânnonant sans doute…

  18. Prof dit :

    @ Pascal,

    Les arguments ad hominem ne sont-ils pas réservés aux forums, justement ? ;)

    Sinon, pour répondre à votre « question », je pratique le psittacisme avec mes élèves, directement, sur un autre forum : fichu individualisme, n’est-ce pas ?

    Jusqu’à présent, la discussion était consistante : elle a bien perdu en qualité ;)

  19. cécilea dit :

    Je suis désolée de surenchérir à ce qui a déjà été dit, mais en tant qu’ex jeune prof (j’enseigne depuis moins de dix ans), je peux dire que j’ai rencontré plus de profs individualistes que généreux et partageurs.
    Comme tous, j’ai fait ma part d’intérims à droite et à gauche et j’ai connu de tout dans mes remplacements : des profs qui me donnaient leurs cours mais me laissaient seule juge ; des profs qui me donnaient leurs feuilles avec interdiction de faire autre chose ; des profs qui ne me donnaient rien, même pas l’intitulé de la leçon en cours; des profs qui me disaient carrément « faites ce que vous voulez, je n’en tiendrais pas compte » et même des profs qui ne répondaient pas au téléphone et n’avaient aucun contact avec moi durant la durée de l’intérim.
    J’ai eu aussi des remplacements de longues durées et visiter ainsi une quinzaine d’écoles.
    Il y a une culture d’école, je trouve. Certaines sont accueillantes, on s’y sent vite à l’aise, on est considéré, on nous parle ; certaines sont froides et austères, on nous fait remarquer qu’on s’est assis à la place d’untel, on nous ignore pendant des semaines sans se soucier de qui on est et de ce qu’on fait là…
    Je peux dire pour avoir tout essayé, que les écoles les plus chaleureuses sont celles d’enseignement technique et professionnel. Les difficultés rencontrées avec les élèves (tant au niveau pédagogique que relationnel) et les grands bonheurs qu’on peut aussi y vivre (tant au niveau pédagogique que relationnel) me semblent rendre ces enseignants plus humains que dans les grandes écoles élitistes où il m’a été donné d’aller.

    Il est donc assez déstabilisant de vivre ainsi, de passer d’un intérim à l’autre, d’un niveau à l’autre, d’une école à l’autre… Il faut s’accrocher. Je comprends tout à fait que certains se remettent en question et abandonnent. Parfois même des jeunes qui en avaient vraiment rêvé de ce job, qui l’avaient même sans doute, idéalisé, et qui tombent de haut devant les réalités de terrain.

    Personnellement, si je regarde objectivement mon parcours, j’ai eu, jusqu’ici, plus de déceptions et de difficultés avec des collègues qu’avec des élèves.

    C’est triste !

  20. Prof dit :

    @ Cecilea

    Votre commentaire me semble très juste, d’autant que la position des remplaçants est toujours très délicate et que certains profs en place ne réfléchissent même pas au fait qu’il est aussi de leur intérêt que l’intérim se passe au mieux.

    Tiens, à propos d’école élitiste, je voudrais faire mention d’une info donnée par un jeune collègue à propos de ce fameux athénée de Bruxelles, d’ailleurs sous les feux de l’actualité actuellement : les stagiaires y étaient interdits de salle des profs. Là, nous quittons les difficultés réelles du métier pour en arriver à des brimades idiotes (pléonasme !), plutôt révélateur de la mentalité de certaines institutions prises en référence…

    A tôt ou tard

  21. Edouard dit :

    A Prof et Cecilia et oui , vous avez entièrement raison et en plus , si ce que vous dites Prof concernant cette Athénée connue dans la Presse pour un « gros problème administratif » : c’est une honte et si cela est vrai, il faut y faire le ménage

  22. M.Lemaitre dit :

    Lors de mon entrée à l’Ecole Technique provinciale,il y a 28 ans, on m’a propulsé dans une classe de 3me prof avec 33 élèves (qui n’avaient plus eu de prof depuis longtemps!!!)et ce sans autre forme de procès.J’y suis toujours et avec beaucoup de plaisir.
    Aujourd’hui, quand je reçois des stagiaires de l’Ecole Normale ,je suis toujours surpris de me rendre compte qu’ils ne sont JAMAIS informés sur les conditions matérielles du métier qu’ils pratiqueront.
    Aucun ne sait exactement le montant du premier taitement,les règles de nomination, gestion du NTPP,gestion des attributions,…….
    Je suis aussi très surpris de leur réaction face à l’énorme travail que demande un début de vie professionnelle(j’ai, moi, passé des nuits entières à préparer mes cours et ce pendant des années).
    Quand ils arrivent pour la première fois au travail, ils sont très décontenancés par tout cela.
    Je crois qu’il faut dès la première année d’étude tout mettre à plat, tout dévoiler, tout montrer aux candidats profs……l’écrémage sera fait tres vite et les volontaires pour continuer sauront ce qui les attend.

  23. M.Lemaitre dit :

    En réponse a Cécilia
    Je suis prof depuis belle lurette et je prete mes cours aux nouveaux venus sans probleme.
    Je suis tout à fait d’accord pour dire que les vrais bonheurs de l’enseignant se vivent dans les écoles professionnelles et techniques mais à une seule condition: être capable d’établir une relation humaine vraie avec les enfants.
    Sans cette capacité: c’est parfois l’enfer.

  24. Cams84 dit :

    Il y a une idée plus que prégnante (il me semble puisqu’elle a été inscrite dans les programmes officiels de l’éducation nationale et est toujours en vigueur) qui stipule qu’on devrait travailler en cycles…
    En tant qu’assistant d’éducation passant son concours pour la 2ème fois et ayant côtoyé de nombreux enseignants (mon Père, ma Mère, ma Compagne) je n’ai encore vu aucun établissements fonctionner en cycles… et je ne parle pas bien sûr d’une simple organisation administrative !!!
    Ce fonctionnement sous entend un travail commun sur des programmations et non un individualisme à rendre chauve un soixante-huitard… Je m’explique : Cette année j’ai vu une jeune enseignante arrivée à l’école où je travaille. Elle est bien sur en ZEP catégorisée Zone Violence (il faudra qu’on m’explique quelle est cette appellation) et on lui a remis des CM2 (il y a plus simple mais bon passons). Travaillant dans cette école depuis 2 ans j’ai été fort impressionné de voir les anciens enseignants emparés d’une frénésie soudaine visant à vidée la future classe de la jeune enseignante avant qu’elle ne soit en poste… Résultat, plus qu’un tableau, plus de feutres ou alors que des secs, plus de livres en fond de classe, et même presque plus de meubles (à part les bureaux sinon ça aurait été louche!)
    Ne pensez pas que ce que je raconte est un cas isolé car cela est aussi arrivé à ma Compagne l’année dernière…
    Sans vouloir fustiger tous les enseignants, car je pense que beaucoup de stagiaires ne sont pas exempt de toutes critiques, je pense qu’il ne faut pas oublier que ce métier vous l’avez choisi dans le but d’offrir aux jeunes générations une éducation « idéale ». Celle-ci ne sera pas si ces jeunes générations sont éduquées dans un lieu où règne la compétition (surtout que je ne vois pas par rapport à quoi ???), le dédain et l’individualisme (surtout quand on leur enseigne l’entraide et la solidarité)…
    En espérant n’avoir blessé personne, j’espère réellement que les mentalités vont changer car ce métier est beau mais suffisamment difficile pour qu’on puisse se passer des querelles entre adultes…

  25. jeune prof dit :

    je voudrais juste préciser que ce n’est pas seulement la quantité de travail qui pèse sur les jeunes profs mais aussi les « pistonés » qui vous passent devant et contre lesquels vous ne pouvez rien faire. Se retrouver avec 10H réparties dans 2 établissements alors que l’année d’avant vous en aviez 23 dans 1 seul et que cette place est occupée par une personne fraichement sortie de l’école, il y a de quoi être dégoûté.

    Et je ne suis pas la seule personne à être dans ce cas.

  26. Morgane dit :

    Je suis aussi une toute jeune instit, fraîchement sortie au mois de juin. J’ai effectué mes études sans problème ainsi que mes satges. Je pense, sans trop m’avancer, que mes maîtres de stage ont toujours été satisfaits de moi. Pour couronner le tout, j’ai toujours voulu exercer ce métier ! Et pourtant le rêve a été bien gâché quand je me suis mise à travailler « pour de vrai ». Toute seule face à la paperasse où je n’y comprenais rien, devoir faire face aux parents qui, sous prétexte que vous êtes jeune, se croient tout permis et oublient même les règles élémentaires de politesse. La charge énorme de travail lorsque l’on vous appelle en fin de journée en vous annonçant que vous commencez demain matin ! Les établissements ainsi que l’équipe pédagogique qui change toujours, il faut avoir de grandes qualités d’intégration et de sociabilisation! Et, cerise sur le gâteau, le salaire en fin de mois qui se combine avec les frais (déplacement, matériel, livres, emprunts de médias, …). J’ai dû acheter une voiture pour travailler et je n’arrive même pas à la payer tellement je gagne peu. de plus, hors de question de faire des projets comme acheter une maison ou autres, on ne sait jamais si on travaillera le mois prochain et combien on va gagner ! C’est déjà bien quand on arrive à payer son loyer et toutes ses factures … Mais je veux rester objective et il y a de nombreux points positifs dans ce métier (entre autres les enfants et la reconnaissance que l’on peut avoir de leur part). Malgré cela, je suis dégoutée et j’envisage fortement de changer d’orientation. Ce témoignage devrait être lu par chaque futur instit afin qu’il sache à quoi s’attendre. Entendons-nous bien, ceci est ma version et j’espère bien qu’elle ne correspond pas à tous les enseignants !

  27. autre jeune prof dit :

    Je suis très jeune enseignante vu que je n’enseigne que depuis bientôt deux ans et j’ai vécu tout ce qui a été écrit ci-dessus (local complètement vide car on y avait tout pris, aucune aide des anciens, aucun soutien, critiques dans le dos, etc…).Je suis jeune enseignante mais jeune aussi, je n’ai actuellement que 22 ans. Je suis arrivée toute innocente dans le monde du travail et je ne m’attendais vraiment pas à autant de coups bas, à autant de solitude entre collègues et à aucune entraide des anciens. Je suis vraiment tombée de mon petit nuage.Sortant de l’école normale, je n’avais reçu aucune information au niveau des démarches administratives à faire, à ce à quoi je devais m’attendre, etc. On ne nous dit rien, on a rien mais on est censé tout savoir et surtout tout avoir!
    Ce qui est difficile aussi, c’est d’être arrivée en même temps que d’autres collègues qui m’ont rabaissée pour se mettre en avant, être mieux vu pour être plus vite nommé. Cette compétition n’a même pas lieu d’être selon moi et pourtant…
    Quand on est jeune, on a rien et on ne nous donne vraiment rien. On n’a pas de salaire fixe, on a aucune sécurité d’emploi, on a pas d’aide des anciens et les parents ne nous soutiennent pas toujours.
    Je pense qu’il faut vraiment aimer ce métier pour réussir à continuer et à s’accrocher mais je trouve cela vraiment dommage car l’insertion des jeunes enseignants pourrait nettement mieux se passer avec un peu plus d’entraide.

  28. Wayens dit :

    Après lecture de quelques-uns des commentaires ci-dessus, je me permets de vous adresser ces quelques lignes. Je subis cette année un phénomène de burn-out (dixit le médecin) pour n’avoir pas voulu comprendre les signes avant-coureurs. Je suis donc « out » depuis le mois d’octobre et depuis, ma santé se déglingue… J’ai eu quatre remplaçant(e)s cette année. Seule la première s’est présentée chez moi et s’est posé la question de savoir si je pouvais l’aider de quelque manière. Je lui ai donné mes listes d’élèves, avec des renseignements nécessaires (et apparemment utiles) sur certains d’entre eux. Je lui ai expliqué ma méthode de travail, donné mon plan de travail… et toutes mes notes. Elle s’en sort plutôt pas mal. Les autres n’ont pas eu la curiosité de me demander quoi que ce soit et m’ont reproché ensuite, par personne interposée, de ne pas les avoir averti(e)s ou de la « qualité » des élèves, des dangers encourus par des réactions « à chaud » (comment pourraient-elles autres qu’à chaud ?), ou de la façon d’aborder telle matière avec tels élèves.
    Je me pose quelques questions :
    – Avons-nous eu, nous, à l’époque, le choix de démissionner après non pas quelques années mais parfois quelques heures au pire, quelques semaines au mieux ? Je crois que nous avions surtout, comme certains encore maintenant – mais à voir le défilé incessant des remplaçants dans certaines écoles, j’ai des doutes – ? Je crois que notre système d’éducation (le mien ?) faisait qu’il fallait tenir et trouver les moyens indispensables à la survie ? Combien de jeunes profs ai-je entendus, en 25 ans, se plaindre du type d’école ou du type d’élèves? Moi, on ne m’a pas demandé mon avis et je me suis adaptée… J’ai souvent l’impression qu’on abandonne un peu vite !
    – Avons-nous eu, nous, à l’époque, l’aide des anciens ? Jamais il ne me serait venu à l’idée de demander les cours des personnes que je remplaçais, et encore moins de photocopier quoi que ce soit, en tout cas sans l’avis de l’intéressé! Un collègue, à qui je demandais de l’aide, m’a répondu : « Vous avez voulu venir ici (sic !). Débrouillez-vous ». Heureusement, il y en avait d’autres.
    – Les moyens que d’autres nous conseillent sont-ils nécessairement les bons ? Ceux qui marcheront avec les mêmes élèves ?
    – Les cours dans les écoles supérieures sont-ils encore adaptés ? La dernière étudiante en licence que j’ai rencontrée avait eu les mêmes cours de psychologie que moi, 25 ans auparavant ! C’est dire si elle était bien préparée ? Quid de la violence chez les jeunes ? Quid des réactions à avoir face à un élève qui vous traite (très sérieusement!) de pédophile parce que vous lui avez mis la main sur l’épaule en guise d’encouragement … Depuis, d’ailleurs, je n’en ai plus vu… Il faut dire que les techniques et les professionnelles, ça fait peur et pourtant, on y fait du boulot aussi bon qu’avec les « autres » !!

    Je ne donnerais ma place pour rien au monde et je commence à me réjouir de retrouver mes élèves l’année prochaine. Je souhaite aux jeunes profs une meilleure préparation et surtout une ténacité, une pugnacité autres que celles que je constate actuellement.

    Un vieux prof !

    PS. Un de mes remplaçants avait, semble-t-il, en plus de la politesse, oublié les règles les plus élémentaires de la propreté.

  29. encore un jeune prof dit :

    Encore une jeune prof qui se plaint aussi aller vous dire et vous n’aurez pas tort mais j’aimerais vous raconter mon histoire qui illustre bien cet article je pense.
    A mon arrivée en 1e secondaire,l’un de mes enseignants m’avait demander ce quel métier je souhaitais exercer plus tard, sans hésiter une seconde, je lui ai dit que je voulais être à sa place.
    Mon envie d’enseigner remonte donc très loin. J’ai toujours été une élève et étudiante studieuse, réussissant sans difficulté études et stages. Mon future métier était ma passion, j’adorais ce que je faisais … à l’école normale.
    Puis vint le moment de donner cours. J’adore les élèves que j’ai eu, aussi bien dans le DI que le Ds, aussi bien en générale qu’en professionel. Mais voilà je suis sortie de l’école en 2005, j’ai déjà fait 9 écoles, donner 7 matières différentes, et je suis dégoutée.

    Dégoutée de beaucoup de chose

    Des « anciens » qui ne s’investissent plus dans leur école et qui vient donner leur heures puis basta
    Des « nouveaux » qui se prennent de haut et qui ne vous adresse même pas la parole alors qu’ils sont parfois plus jeune que vous
    De toutes ses personnes qui ne font que se plaindre au lieu des chercher des solutions
    Et puis du reste
    Le regard de la société vis-à-vis du métier ( toujours en congé, rien à faire, …)
    Le manque de reconnaissance et d’investissement des parents ( quoi 3 devoirs ils sont fous tes profs, journal de classe jamais signer…)
    Le manque de stabilité et de sécurité d’emplois. 9 école en 3 ans !!!

    J’ai décidé de reprendre des études à la rentrée de septembre.Pourtant je me sens bien devant mes élèves, j’adore voir cette étincelle s’allumer dans leur yeux quand ils comprennent ou quand cela les intéresse mais je veux aussi construire ma vie. Avoir un logement, des loisirs, une voiture.
    Bref des choses normale je pense à 24ans.

    Peut-être qu’un jour je reviendrais dans l’enseignement car c’était réellement ce que je voulais faire, mais aujourd’hui je suis quelqu’un de déçue. Dans le privé je ferais mes 38heures semaines, je prendrais mes congés quand je le veux, j’aurais un salaire décent…

    Bref je fais sans doute partie de ces 2prof sur 5 qui partent, mais c’est à regret. Il faut parfois faire un choix. J’ai choisis la stabilité à la passion

  30. Angélique dit :

    Bonjour à toutes et à tous,

    Je suis aussi une jeune enseignante fraichement sortie de l’Ecole Normale. Après avoir lu tous vos commentaires, je me dis que j’ai beaucoup de chance d’être tombée dans de très chouettes école.

    Dans la première (où j’ai fait un remplacement de 3 mois 1/2 en 5ème), l’équipe éducative m’a accueillie et mes collègues du cycle étaient très présente. On se donnait quelques feuilles, mais on faisait chacune se popote personnelle. Mais elles étaient là si j’avais un problème (administratif ou « scolaire »). J’ai eu des parents très chiants (n’ayons pas peur des mots), mais je les ai bien géré et j’ai eu la grande chance d’avoir un directeur qui me soutenait.

    Dans la deuxième, les enseignantes de l’année travaillent en étroite collaboration. Chacune s’occupe d’une ou deux compétences. On fait chacune nos préparations, mais nous avons toutes les mêmes feuilles. C’est une fabuleuse collaboration. Je ne m’attendais pas à ça en débarquant.

    Je voulais témoigner pour montrer que tous les enseignants ne sont pas à mettre dans le même panier. Je pense qu’il y a autant d’égoïstes et d’individualistes dans l’enseignement que dans les autres métiers. Le problème, c’est que notre métier est un métier de contact. C’est un métier social. On essaye d’inculquer aux enfants la coopération et le respect d’autrui, mais tous les enseignants ne les respectent pas eux-même. Pour qu’une équipe pédagogique bouge et soit cohérente, il faut un directeur ou une directrice qui sait la mener à bien.

    J’aime mon travail, même si la reconnaissance des personnes extérieures et notre rémunération sont pas ce qu’on espérait. Mais voir les enfants progresser vaut tout l’or du monde. Surtout quand c’est un enfant en difficulté (par rapport à sa scolarité ou par rapport à son comportement).

    J’espère avoir rassuré certain(e)s. En tout cas, j’espère vraiment faire ma carrière dans l’enseignement.

    Bonne journée à toutes et à tous.

  31. Edouard dit :

    ce comportement ne paraît pas grave au professeur, il éprouvera quelques difficultés à sanctionner ses élèves pour un “copier-coller” Appréciez-vous, cher collègue, le psittacisme ânonnant, une mutation transgénique de notre cher enseignement ? J’avoue que ce type de commentaire me consterne : je suis toujours d’accord pour collaborer et toujours opposé au pillage de ressources mal comprises

    Si vous saviez combien de fois on m’a pillé mes ressources on s’est servi de mes  » résumés »

    Si cela vous consterne moi pas : je constate c’est tout et si des manuels existaient ne serait-ce pas mieux

  32. vivi2 dit :

    Je me sens concernée aussi par cet article,
    je viens de commencer depuis janvier et quel parcour…
    Classes très difficiles qui ont vu des profs défiler depuis l’année dernière,à qui on a tout permis et quand on vous engage on oublie de vous le préciser.

    Aucune information qui passe sur l’organisation de l’école (je dois aller chercher les infos en questionnant tout le monde), quand j’entre dans la salle des profs, personne ne répond à mon « bonjour », aucun matériel n’est mis à disposition pour sonner un cour correct, je dois tout ammener car les élèves s’en foutent de l’école
    J’ai passé mes cours a des vieux profs, accepter d’échanger le local durant des cours tout ça pour quoi? pour entendre des critiques à mon égard comme « la nouvelle,elle ne sait pas gérer ses classes)que j’aurais préféré 100fois qu’on me donne des conseils plutot qu’aller critiquer chez le préfet!
    c’est trop facile, surtout quand on ne sais pas faire mieux…

    Mais voilà je ne me suis pas arreté à ça, c’est vrai que des classes m’ont donné du fil à retordre mais aujourd’hui,après quelques mois; j’arrive a me faire écouter, respecter et avoir de bon résultats même si je dois chaques jours les pousser et les remettre à leur place… c’est un travail continu

    Actuellement,je ne me sens nullement intégrée dans l’établissement; à tel point que la récréation, je la passe en classe avec les élèves qui eux me disent bonjour et aurevoir!
    je peux les croiser en rue c’est idem, les profs qui se plaignenent du respect sont justement ceux qui ne disent pas bonjour

    J’ai eu très dur au début et oui j’ai passé mes nuits (encore actuellement puisque mon horaire vient de se completer) mais j’essaie de voir le positif dans le négatif car jusqu’a présent j’aime mon métier.
    D’ailleurs je taquine mes élèves avec ça en leur disant: ha bon je n’allais pas tenir 2 semaines? voyons ça fait déja 4 mois que je suis là

  33. vallicelli dit :

    bonjour

    enseignante nouvelle je me retrouve dans certains commentaires ; dure d’être remplaçante ; oui les heures hors « école » sont lourdes, oui des élèves sont en arrêt comme leur prof habituel, oui le remplacant ne remplace pas ..
    j’ai souvent trouvé une direction qui me soutient et peu de contacts avec les collègues, des classes – découragées par les changements (4 en 1 an dans ce cours que je prise)- qui se remettent au travail.
    je suis en général la seule à enseigner ma spécialité dans l’établissement et je cultive, comme eux (mes élèves),cette différence : nous formons une classe. c’est la raison pour laquelle je continue et la raison pour laquelle la direction me soutient.
    un jeune vieux prof.

  34. Marianne dit :

    Bouh! Mais c’est triste à pleurer de lire ces témoignages!
    Cet endroit est-il le réceptacle où les profs déçus viennent décharger leur bile?
    Quelle horreur!
    Je tiens malgré tout à ajouter mon commentaire; le prof est ainsi fait: il doit participer…
    J’ai eu mon premier emploi il y a plus de 25 ans (temps plein réparti sur deux écoles) alors que je n’avais vu une classe de ma vie en tant qu’enseignante puisque j’ai obtenu mon diplôme au Jury d’Etat et non à l’école normale. Effectivement, j’ai beaucoup bossé pour préparer mes leçons surtout que j’avais la hantise de ne pas intéresser mes élèves et donc de me faire chahuter. Il faut dire que j’enseignais la musique, cours qui ne rime pas vraiment avec calme et discipline… Il y a eu des moments difficiles, j’étais parfois débordée au point de prendre un jour de « maladie » pour refaire surface. Après trois ans d’intérim dans des écoles bruxelloises, j’ai été appelée pour en faire un d’un mois dans une école d’enseignement spécialisé. Je vous avoue que j’avais très peur en m’y rendant, à pied, par une belle journée de mai. C’était en 1983. Je ne serais sans doute plus enseignante à ce jour si je n’avais pas fait cet intérim dans cette école où je suis toujours! J’y ai rencontré des profs extraordinairement chaleureux, créatifs, ouverts et accueillants. Les collègues m’ont spontanément passé leurs cours; j’y ai puisé mon inspiration au début mais très vite j’ai créé les miens parce que je ne fonctionne pas bien dans les traces des autres, je dois creuser les miennes.J’ai vu arriver pas mal de jeunes collègues et je les ai aidés tant que j’ai pu parce que j’estime que des connaissances sont faites pour être partagées sinon elles n’ont aucune valeur.
    Bien sûr, il y a aussi, dans mon école, des profs « fonctionnaires » qui en font le moins possible. J’ai décidé de ne pas leur accorder d’attention, je me concentre sur mon boulot, mes élèves qui ont besoin que je leur donne le maximum et les collègues qui veulent avancer.
    Ne vous laisser pas aspirer dans cette spirale de victimisation des profs!
    Puisons nos forces en nous-mêmes et dans les petites joies qui parsèment notre parcours de prof

    Une vieille jeune prof

  35. mermoz dit :

    Réponse à Marianne
    Tout à fait d’accord.
    Il faut cependant dire que cette profession difficile-très difficile- souffre de maux endémiques qu’il faudrait soigner au plus vite.
    1. L’image du prof: salie , cassée par des politiciens qui ont osé nous traiter de paresseux(souvenez-vous de cette dame qui a déjà occupé si brillamment de si nombreux ministères).
    2.Le statut social du prof: petit salaire-insuffisant pour en vivre seul- donc statut social en relation.Parents et élèves ne considèrent plus le prof dans sa mission mais dans son statut-souvent inférieur au leur.De là à considérer l’enseignant comme le précepteur de Monsieur le Marquis d’autrefois , il n’y a qu’un pas que beaucoup franchissent.
    3.La politisation des nominations, promotions: ce système que tout le monde connait et que tout le monde tait….amene à s’occuper d’enseignement, d’établissements, de pédagogie des personnes qui n’ont aucune qualité pour le faire….sauf la bonne carte, le bon appui, la bonne couleur.D’où confusion, répétitions, idioties promulguées au statut de théorème,…..etc
    4.La perte d’autonomie: systeme des recours et autres remises en cause de l’autorité du maître jettent la confusion et le doute sur notre métier. Serions nous des tricheurs, des dictateurs…..
    Il est cependant vrai que la richesse du métier se trouve ailleurs.
    Entendre une jeune fille de rhéto affirmer qu’elle veut devenir prof pour: « être comme vous, sieur » c’est le plus beau cadeau du monde.

  36. Virgile dit :

    Bonjour à tous !

    J’enseigne depuis 5 ans, maintenant et à lire certains commentaires, j’ai l’impression d’être « tombée » dans la bonne école (pourtant en D+). Il est vrai que j’ai eu la chance d’avoir un contrat d’un an dans l’école où j’avais fait mes études secondaires ; il est vrai que j’ai peut-être eu la chance d’être reprise dans ce même établissement les autres années.

    Mais je ne suis toujours pas nommée, j’ai donné tous les cours que je pouvais donner (je suis régente en français et histoire). J’ai enseigné le français en 1C-2C, en 1B-2B (et même en 3P et 3TQ) ; étude du milieu en 1B-2B, en 1C-2C… J’ai même donné un cours obscur de méthode et projet… Bref ! Je crois qu’en 5 ans, j’ai tout fait ! Parfois, j’étais aidée par des collègues soucieux de la masse de travail que j’accumulais ; parfois je devais me débrouiller seule.

    Néanmoins, je crois que le cap de la première année est essentiel. Il est dur, ce cap, il est presque impossible. J’ai aussi pensé arrêter l’enseignement après cette première année, parce que j’avais trop à faire, parce que j’avais l’impression que personne ne me venait en aide, parce que je me sentais terriblement seule… Mais l’enseignement, ce n’est pas seulement ce côté « salle des profs ». Non, l’enseignement, c’est d’abord et avant tout l’élève. Pour avoir été dès le début titulaire en 2° professionnelle, je peux dire que j’ai trimé pour m’en sortir. Pourtant, c’est là que l’on montre ce qu’on vaut, c’est là qu’on apprend à se surpasser. Ce sont mes élèves qui m’ont donné le courage de rédiger une lettre de motivation pour l’année suivante.

    Certains se plaignent du manque de reconnaissance des parents et des élèves mais ce serait mentir de dire qu’on n’a jamais eu un merci, un sourire, une complicité avec tel ou tel élève. C’est souvent implicite, plus rarement explicite. Mais toujours -toujours- nous avons au moins un « merci ». Quand un élève vient vous voir en fin d’année, c’est un merci. Quand il vous dit que le bouquin que vous lui avez demandé de lire était chouette, c’est un merci. Quand un autre vous dit à la fin de l’heure que le cours a passé vite, c’est un merci. Quand un gosse en décrochage scolaire vient en classe, régulièrement, c’est un merci. La reconnaissance existe, à nous de la voir, de la découvrir.

    Et puis, combien de jeunes profs ne se donnent pas la peine de s’intéresser à la vie de l’école, aux activités organisées ? Qui vient aux Journées Portes Ouvertes le vendredi soir et le samedi toute la journée ? Qui part en voyage scolaire avec les élèves ? … Cette année, nous avons plus d’une dizaine de nouveaux enseignants. Parmi eux, ils sont bien peu à travailler un peu plus que leurs 22 heures, pour l’école, pour les élèves. Oui, c’est vrai, ils ont peut-être plus de boulot que d’autres parce qu’ils débutent mais à trop se renfermer sur leur petit monde, ils en oublient de venir vers les autres. Et pourtant, on en a organisé des choses pour eux, cette année, pour qu’ils se sentent intégrés. Un système de parrainage a été mis en place (je suis la marraine d’une jeune prof pleine de dynamisme) ; des heures communes de fourches ont été organisées…

    Il est regrettable que certains fassent des généralités. Tous les jeunes profs ne sont pas laissés à l’abandon ou fainéants ; tous les vieux profs ne sont pas des « fonctionnaires » ou des égoïstes.

    Le métier d’enseignant n’est pas le plus facile mais n’est sans doute pas le plus dur. C’est le plus beau, en tout cas. Nous façonnons les enfants, nous leur permettons d’avancer -qu’ils nous remercient ou non-. Que de joies il nous apporte, ce métier-là !

  37. sellarsky dit :

    Franchement, au bout de 5 ans : RAS LE BOL.
    En plus des différents points soulevés par Mermoz :
    1.Le misérabilisme des conditions de travail : pas de poignée sur la porte, plus de p cul dans les toilettes quand la dame d’entretien est en congé maladie, TV hors d’âge et hors d’usage qq je souhaite exploiter une vidéo (je viens déjà avec MON lecteur DVD, MA prise peritel, Mon lecteur audio…), absence de matériel « moderne » (projecteur)…
    2.Du côté des élèves : brossage systématique des interros, certificats médicaux de complaisance…C’est simple, sur un mois de temps, je dois à peu près voir tous les élèves de certaines classes, mais jamais les mêmes chaque semaine…
    3.L’humiliation administrative avec des circulaires du genre : « devoirs du personnel enseignant et droit des élèves », réforme de l’inspection sans que bien sur, les profs soient informés..

    A bientôt 28 ans, j’en ai plus que plus que marre. Je dis pas que prof c’est mal. Les conditions d’accès à l’emploi sont très bonnes (comme personne veut faire ce boulot…), mais l’optique conquérant de l’inutile c’est épuisant…Sans oublier les points les plus importants : les conditions financières médiocres et ce qui en découle l’absence de reconnaissance de la société…

  38. encore un jeune prof dit :

    Pour répondre a Virgile signalant le manque d’investissement des jeunes profs c’est incroyable de voir comme d’une école à l’autre c’est différent car dans mon école, ce sont justement les jeunes que l’ont voit au souper de toutes les classes ( pour les voyages notamment),ce sont aussi eux qui s’investisse nt dans la journée porte ouverte, qui se bouge, que l’on voit encore à 17h entrain de régler un soucis ou l’autre ou de donner un coup de main à la secrétaire débordée …

    Comme quoi selon l’établissement l’optique peut être totalement différente

  39. Nonime dit :

    Pendant 26 ans, l’école a été ma PRIORITÉ, parfois au détriment de ma
    famille, souvent au détriment de mes loisirs et de mon bien être.
    Après avoir envoyé un élève chez le directeur, la mère (bien connue
    des services de police pour violence) m’a agressée alors que je rangeais
    les élèves pour la sortie. Plainte à la police classée sans suite. Les
    témoins n’ont même pas été interrogés… quant au soutien de la direction
    et les conseils… j’attends toujours. J’ai continué à travailler à temps
    partiel avant qu’on me signale que c’est un « accident de travail »… et
    voilà le parcours du combattant qui commence… de victime on vous
    manipule pour que vous vous sentiez coupable. Je ne sors plus de chez moi
    non accompagnée, j’ai failli baisser les bras plus d’une fois, mais je
    continue mon combat pour d’autres. Un médecin du WTC m’a dit: « mais…
    votre cas est une banalité!!! » Je ne peux accepter que des enseignants
    agressés physiquement et menacés ou harcelés se sentent coupables d’oser
    se poser comme victimes, ne soient pas accompagnés et soutenus par leur
    direction.
    Il est vrai que l’école est devenue un commerce où les élèves sont des
    clients (et comme le client est roi, il a tous les droits), on étouffe
    le fait, on met la tête dans le sable et SURTOUT on évite d’entâcher la
    réputation de l’école.Le mot d’ordre: »Tais-toi, continue d’avancer et
    ne fais pas de vagues ». De l’avis d’anciennes collègues, j’étais pourtant
    une bonne enseignante….

  40. Dominique Cornélis dit :

    Je voulais épouser ma profesion d’enseignant. Après 7 ans, je ne veux plus en entendre parler. Je constate que l’inspection a des objectifs précis tandis que les directions en ont un autre, contradictoire, garder ses élèves et donc ses subsides. Le problème c’est qu’il est impossible de contenter les deux.

    Il en résulte un véritable dialogue de sourds. Je dois signaler que je donnais cours de religion catholique. Cours devenu non certificatif. Les conséquences sont évidemment désastreuses. Ce n’est même pas la religion qui indispose les élèves, mais simplement de se forger un point de vue sur des sujets polémiques, magazines de société à l’appui. Le cours est plus philosophique que religieux, et implique malgré tout quelques efforts eh même ceux-là ils sont encore de trop pour une majorité d’élèves. On me parle alors de règlement et de discipline. Refuser de conduire sa voiture n’est pas commettre une infraction. Mais comment pourrait-il en être autrement puisque le système accepte ce genre d’attitude?

    Comme dirait Al Capone, on est plus efficace poli et armé que seulement poli. La vie est un rapport de force et il ne saurait en être autrement dans l’enseignement de la manière.

    Je veux bien retourner à l’école demain mais avec du pouvoir, je ne retournerai plus dans l’arène aux lions sans fouet!

  41. Nonime dit :

    Sellarsky, comme vous, j’avais mon propre matériel. Quand j’ai été en congé pour « accident de travail », mon fils est allé à l’école avec son camion: étant donné que je n’apparais même plus comme membre du personnel de l’école sur leur blog, il a repris MES affaires: bureau, balais, brosses, raclettes(et oui, je nettoyais aussi avant de quitter ma classe.A l’occasion, je la repeignait aussi pendant les vacances, je refaisais les tentures et quand tout était en ordre, on me changeait de local!!!), livres,bibliothèque, plantes, étagères, installation stéréo, horloge, thermomètre, matériel de bricolage (et encore,j’en ai donné à mes collègues…)etc… bref, la classe était vide… J’avais des remords de reprendre ce qui m’appartenait, mon fils a été plus intransigeant: »Tu as donné assez à l’école, et pour te remercier, on ne t’a pas soutenue ni conseillée… » Pressée come un citron et jetée comme une vieille chaussette. Il m’arrive encore souvent cependant d’aider des collègues pour des projets, des pâtisseries à vendre pour renflouer la caisse de classe (mais où file donc l’argent de l’école:soupers, fêtes… pour lesquels vous travaillez bénévolement et dont vos élèves ne profitent pas des bénéfices???). Je m’arrête ici, j’aurais encore bien des choses à dire…
    Ironie: je prépare un dossier sur « la poire » pour mes collègues!!!Cherchez l’erreur!!!

  42. Nonime dit :

    Orthographe: je repeignaiS.
    Chose bizarre: je repère les fautes sur le plan horizontal, et plus difficilement sur le plan vertical. Une vieille pas habituée à un écran!!!

  43. cécilea dit :

    Non Marianne, pas un réceptacle pour y décharger sa bile ! ;(
    Seulement quelques tristes expériences qui semblent bien moins lourdes une fois qu’elles sont partagées.

  44. Anémone dit :

    Bonjour à tous,

    J’avoue que je suis un peu décontenancée par vos messages. En effet, j’envisage de devenir instit maternelle. J’ai pour modèle ma tante qui exerce ce boulot depuis une dizaine d’année et à l’entendre c pas du tout ce que vous décrivez. Elle gagne très bien sa vie (1500 Euros net) et s’investi très peu en dehors de ses heures de cours. Elle a une réel reconnaissance des parents et a de très bon contact avec les collègues.

    Le seul hic est que ça prend du tps pour être nommée mais bon…

    Est-ce que toutes ses difficultés s’applique aussi au maternel???

    Pouvez-vous m’apporter un témoignage???

  45. Noéline dit :

    Cela fait maintenant 14 ans que je suis enseignante en maternelle (dans le catholique), et je viens « seulement » d’être nommée! Tu as l’expérience de ta tante mais ce n’est pas la seule… Moi en ce qui me concerne, même si nous n’avons pas de corrections à faire à la maison, je travaille quand même pas mal en dehors que ce soit le journal de classe, préparer du matériel, aller en classe le week-end, spectacles,… Pour ce qui est des collègues, quand j’ai commencé, j’ai été très bien accueillie et quand maintenant de nouvelles collègues arrivent, nous essayons de les aider à s’installer en classe, expliquer l’organisation de l’école,…Mais c’est vrai que des tensions entre collègues, il y en a ainsi qu’avec les parents! La vie n’est pas toujours facile à l’école mais qu’est-ce qu’elle est belle!

  46. Juliette dit :

    Ca y est, j’ai tout lu!

    Ca fait du bien de vous lire et de constater que beaucoup de collègues vivent le même quotidien…
    J’ai commencé à enseigner en octobre 2004 après avoir passé le Jury Central (aucun stage!). Je suis tombée dans une chouette école, mais les divers intérims qui se sont succédés ailleurs n’ont pas toujours été roses, mais je savais à quoi m’attendre. Néanmoins, je songe à quitter l’enseignement, non pas pour le salaire (que je trouve relativement correct!) mais parce que la pénurie d’enseignants me fait bien rire!!! Je pense qu’elle concerne principalement ce que l’on a coutûme d’appeler malheureusement les « écoles poubelles »…
    Pour ma part, la branche que j’enseigne (travaux de bureau) commence à être supprimée un peu partout, le matériel est ultra-défectueux (parfois pas d’imprimante pendant plusieurs mois, ce qui engendre un retard de corrections et des élèves ayant un cours incomplet) et les « anciennes » collègues ne sont pas informées des nouvelles normes en la matière! Elles enseignent certaines choses que je dois continuellement rectifier par la suite!!! Mais comme leurs cours sont déjà prêts, elles n’ont pas envie de le modifier… trop fatigant…
    Alors, même si l’enseignement me plaît et que j’ai l’habitude de faire abstraction des bruits de couloirs et de mener ma barque comme je l’entends, il se trouve que j’ai travaillé 10 semaines depuis juin 2006… Et 360 € au chomâge, ça, c’est la misère… parce que contrairement à ce que j’ai pu lire, mon mari et moi sommes tous deux enseignants et, lorsque nous travaillons tous deux à temps plein, ramenons 3100 euros, ce qui n’est pas négligeable et nous permet de payer sans souci nos deux voitures et notre maison.
    Alors, si vous entendez parler d’un job de prof, de secrétaire ou d’éducateur entre Namur et Liège, et ce peu importe le réseau, pensez à moi! Sinon… on se reverra ailleurs!!!

  47. Caroline dit :

    Bonjour!

    Pas facile de tous vous lire…
    Jeune prof primaire depuis quelques annés (je ne sais plus…), j’ai la chance d’avoir ma classe depuis deux ans… Encore faut-il la garder!
    J’en suis arrivée à quelques constatations qui ne sont pas toutes déplaisantes:
    1. Très mauvaises préparations à l’E.N., en effet, ils s’attachent plus à donner et vous faire trimer dans certains cours (inutiles par la suite) qu’à nous apprendre réellement ce qui pourrait nous servir. Pour ma part, j’en ai plus appris en quelques années de terrain que sur mes années E.N.

    2. Il fait bon de travailler dans un cycle, en effet ma classe est composée de troisième et quatrième année = quelle richesse! Et en D+ SVP!
    Pour rien au monde je ne voudrais retourner en classe unique!

    3. J’ai eu l’occasion de vivre plusieurs accueils lors de différents intérims et il est vrai que l’on ne peut que très rarement compter sur les collègues en place: ils ont leurs petites habitudes, leur petite hiérarchie et surtout à 15h30, c’est fini, on plie bagages, direction la maison!Et lors des concert, n’en parlons pas, tu es la petite jeunette alors tais-toi!
    Mais j’ai enore eu de la chance sur ce coup là, tous mes collègues ne m’ont pas laissé tomber, et ceux la je tenais à les remercier, mais ils sont bien trop rares!

    4. les stagiaires = mal préparés au terrain! J’ai eu l’occasion d’accueillir ma première stagiaire. Quel stress! Et une première année en plus. J’ai fait avec elle ce que j’aurais voulu que l’on fasse avec moi lors de mes premiers stages:réunions préparatoires, conseils, rédactions de 3 prépa (math français éveil). Accueillir des stagiaires demande un investissement et je pense que si l’on n’est pas prêt à aider les étudiant, on est susceptible de les décourager avant même l’obtention de leur diplome. Certains « mauvais » maitres de stage s’y emploient très bien et cela je vous l’assure pour l’avoir vécu!

    5. Enfin, le nerf de la guerre: le salaire! Très peu valorisant quand on voit le boulot: prof,éducateur, assistante sociale, psychologue, infirmière,… avec les enfants ET les parents SVP!
    Au vu de cela, nous devrions toucher 4800 eurs par mois et bien non, vous toucher un petit (+/-)1200 euros quand vous avez la chance d’avoir un horaire complet.

    6. Arrêtons de dire: tous ces jours de congé mais c’est génial… Et bien non, moi je commence à en avoir ras la casquette vers mi aout. L’été, c’est trop long et les enfants reviennent endormis! Vivement que quelqu’un reprenne en main la question des vacances, raccourcir l’été pour allonger toussaint et carnaval, cela se serait chouette (enfin c’est mon avis)!

    7 L’inspection, pas peur!

    Voilà les quelques réflexions d’une jeune enseignante qui vit son métier dans ces tripes et qui ne regrette que très rarement son choix (sauf le salaire) mais qui le fait par convictions personnelles.

    A nore époque, être enseignant c’est une vocation, et celui qui le choisi pour les congés ou autres raisons douteuses va droit au casse pipe…

    Alors bonne fin d’année scolaire à tous et au plaisir de lire vos réactions.

  48. Odd dit :

    Bonjour à tous.

    En ce qui concerne les commentaires traitant de la mauvaise préparation au terrain à l’Ecole Normale, ma réaction va peut-être vous étonner, mais je trouve cela… normal !

    En effet, je pense sérieusement qu’il n’y a pas de meilleure façon d’apprendre le métier d’enseignant qu’en enseignant. Vous allez me dire que ce que je dis est bien creux et que cela vaut pour tous les métiers, mais il me semble quand même que cela prévaut pour le métier de prof. Vous qui êtes tous enseignants, vous aurez certainement remarqué qu’on apprend soi-même mille fois plus sur la matière qu’on enseigne et sur la façon de l’enseigner en donnant cours et en l’expliquant qu’en l’étudiant.

    Or, et j’en reviens au premier point, s’il y a préparation aux stages et périodes de stages à l’E.N., c’est bien peu et bien artificiel comparé au métier à proprement parler, et pour cause : comment voudriez-vous simuler tous les cas de figure, tous les menus détails et toutes les contraintes du métier d’enseignant sur les bancs de l’E.N. ? C’est tout simplement impossible.

    Je pense en outre que les réflexions du style « on ne m’avait jamais préparé à ça, on m’a appris des choses qui ne m’ont servi à rien », chaque nouveau diplômé l’a pensé un moment ou l’autre en commençant son métier, mais si l’amertume est compréhensible, elle n’est pas fondée : préparer à 100% quelqu’un à son futur métier et à ses contraintes, qui plus est aux contraintes extrêmement fluctuantes et variables du métier d’enseignant (j’en veux pour preuve les 1001 avis différents postés ici), est impossible.

    Et si vous voulez avoir une bonne idée de ce que sont des cours inutiles et déconnectés de la réalité, allez donc faire un tour du côté de l’agrégation à l’université, vous m’en direz des nouvelles… ;-)

  49. emilie dit :

    Je suis nouvelle dans l’enseignement après avoir entamé un graduat très très tard….
    Et bien je peux vous dire que malgrès mon âge et l’expéience d’une vie pas facile je dois plaindre de tout coeur les jeunes de 21 ans qui doivent enseigner. J’ai vécu l’enfer et j’étais sur le point de faire une dépression de ce qui pouvait se vivre entre collègues de travail. En bref l’individualisme. Je pense que les Direction(s) doivent quand même veiller au grains et entourer les nouveaux et être équitable. Les gens perdent la notion de respect, d’amour etc

  50. Cédric dit :

    Bonjour à tous. Mon expérience de jeune prof (certifié titularisé en 2004) rejoint celle de Sellarsky. Pour moi qui n’avais jamais mis les pieds dans une salle de classe avant de décrocher le Capes, je dois avouer que la désillusion fut grande et le choc terrible! Je pense qu’il serait grand temps de mettre fin à ce bizutage institutionnel malsain qui consiste à mettre les « néotits' » que nous sommes aux prises avec des classes difficiles, dans des établissements qui ont plus l’air de ghettos qu’autre chose…En même temps, faut rester réaliste, c’est pas demain la veille qu’on sera envoyé à Henri IV ,si on y est affecté un jour! Toujours est-il que ce boulot est vraiment pénible et très mal payé de surcroît à tel point que je me demande aujourd’hui si le jeu en vaut vraiment la chandelle. Qu’on soit animé du désir de faire avancer la jeunesse est une chose (fort louable par ailleurs) et je ne doute pas un seul instant de la détermination et de l’engagement de nos collègues, mais je dis qu’on ne pourra pas survivre longtemps dans pareilles conditions (manque criant d’équipement dans certains établissements, conditions de travail dégradées et, par dessus-tout des salaires qui font vraiment pitié!).

  51. Cédric dit :

    Ah j’oubliais pour répondre à Odd à propos de ce qu’elle dit de l’agrégation, je ne pense pas que ce concours soit inutile ou même déconnecté de la réalité. Je me bornerai ici à citer le président du jury de l’agrégation externe d’anglais qui dans un rapport de 2004, dit que ce qui fait la singularité de l’agrégation est « pourtant le postulat qui le fonde et en fait le prix: qu’il faut concevoir la formation des professeurs en fonction d’une idée élevée de ce que les élèves peuvent apprendre et donner d’eux-mêmes. » Voilà j’aurais pas dit mieux moi-même. Ceci étant donné vu que la tendance est plutôt au rabais ces derniers temps, les futurs agrégatifs ont du souci à se faire…

  52. Odd dit :

    Cédric,

    je suis « il » et pas « elle »… ;)

    Tant mieux si tu as retiré quelque chose de l’agrégation… Tu dois être la seule personne de mon entourage proche ou éloigné qui y trouve quelque utilité… ;)

    Quant à ta citation, son fond et sa forme résument bien la nature de l’agreg : de beaux mots qui ne veulent pas dire grand chose et dont les promesses ne collent pas à la marchandise…

    Pour référence : http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=338130

    Je rigolais tout seul en lisant cet article… Le passage sur le cours de socio, c’est presque moi qui aurait pu l’écrire… ;)

  53. Sev dit :

    Je lis plus haut qu’il faudrait renseigner enseignons.be aux stagiaires et remplaçants…
    En ce qui concernent les stagiaires, je ne suis pas d’accord. J’en ai eu deux cette année qui sont arrivés dans ma classe avec des leçons et exercices retirés de ce site, ou d’autres dans le même genre. Ils n’avaient pas vraiment connaissance du déroulement, n’avaient pas pris la peine de changer les fautes d’orthographe, … D’accord, ces sites sont là pour qu’on s’en serve et c’est super, mais les stagiaires se reposent entièrement là-dessus. En faisant leur rapport, j’ai finalement coté le travail d’un enseignant, pas le leur…

  54. NAPH dit :

    L’enseignement est un métier difficile qui demande à la fois des connaissances et du savoir-faire. Il fait partie de ces métiers avec lesquels on ne triche pas :la sélection naturelle y est rude, si vous n’êtes pas fait pour ce métier vous n’y restez pas et tant mieux pour les gosses qui subissent parfois de véritables nullards!!.
    Pour ce qui est de la formation des futurs enseignants, je ne trouve pas que la formation soit si mauvaise, loin de là. Par contre, dans les stagiaires que je reçois, beaucoup ne sont pas à leur place, de plus je constate un manque de résistance et de volonté, beaucoup au lieu de faire face aux problèmes prennent la fuite: abandon de stage dès le premier obstacle, sans prévenir bien sûr; incapacité à fournir une grosse masse de travail en peu de temps et de qualité, incapacité à s’adapter aux situations qui se présentent, se plaignent d’aise et n’acceptent pas ou difficilement les remarques. Bref, s’ils quittent l’enseignement, du moins ceux-là, c’est pas plus mal, pour eux et pour l’enseignement. D’ailleurs les ados ne s’y trompent pas, ils ont une perception des capacités de leurs enseignants très critique et très juste, le malheur c’est que si vous n’êtes pas compétent et que vous ne savez pas les gérer, ils vous le font payer très cher,car ils ne vous respecteront pas … et ils finiront par avoir votre peau au bout du compte.

  55. cécile dit :

    je vous arrêtte tous, je bosse dans le commerce 50 heures par semaine, jai deux enfants,je bosse le samedi, les jours fériés. alors entendre les mgen se plaindre, je suis morte de rire.
    Remettez vous en question.
    Au fait, le commerce c’est l’enfer, pas d’avantages.
    Pas de primes, pas de treizieme mois ni rien.
    revoyez vos copies

  56. Hmidou dit :

    Encore quelques heures et on retrouvera le chemin de l’école.
    Ceux et celles qui étaient amer(e)s à la fin de l’année ont peut être fait le plein de motivation et d’espoir.
    Si les professionnels de l’enseignement quittent l’école, ils seront remplacés, pénurie oblige!, par des personnes moins qualifiées, moins motivées…
    Beaucoup d’établissements scolaires ne ressemblent plus à rien mais il appartient aux enseignants de changer les choses. Chercher le confort ailleurs, c’est facile…mais alors il ne faudra pas se pleindre du niveau de nos enfants.
    Courage chers collègues.

  57. Annonymeux dit :

    Instituteur primaire depuis 10ans, j’arrive à saturation! Entre les enfants de plus en plus violents et irrespectueux, les parents qui ne sont que des géniteurs et n’assument pas leur progéniture, les directions f.f. en attendant la pension et l’administration et le cabinet du ministre qui jouent aux échecs avec les pions que nous sommes…
    Je dois admettre que je pense de plus en plus sérieusement à quitter l’enseignement! Je précise que j’attends toujours une place vacante et que je n’ai aucun rapport négatif!
    Monsieur le ministre; le niveau baisse, c’est une réalité car le niveau des enseignants lui aussi baisse. Et, en ce qui concerne la pénurie, continuez, vous l’entretenez!

  58. partietcontent dit :

    Et bien depuis le 16/8, j’ai quitté l’enseignement. Certes, je suis « physiquement » bien plus présent sur mon lieu de travail, mais je suis très heureux de ma nouvelle vie après 6 ans d’enseignment… Meilleur salaire, meilleurs avantages, meilleur boulot. Pas de direction ou de ministère pour nous harceler, pas d’inspection débile pour casser les initiatives, des conditions de travail optimales ( au moins il fait chaud dans les bureaux et les boissons sont gratuites). En plus, je suis bien moins fatigué, plus de corrections, plus de gestion des photocopies…Au moins mon patron m’écoute…Tout change. L’herbe est bien plus verte ailleurs…

  59. jeune prof dit :

    On dirait que vous cherchez de la reconnaissance mais expliquez moi la reconnaissance de quoi ???de faire votre travail.

  60. Jeune prof dit :

    Bonsoir à tous,

    J’enseigne depuis 5 ans et viens d’être nommée. Depuis que j’enseigne le travail me pèse énormément car la quantité de boulot que nous avons et le peu de reconnaissance que nous avons en retour me décoivent bcp…
    Je pense fortement à quitter l’enseignement…
    S’il y en a qui ont fait le pas pouvez-vous me dire ce que vous faites comme métier maintenant et si vous regrettez ou non…
    J’ai peur de démissionner et de le regretter après…
    J’ai un petit garçon et aimerais pouvoir m’en occuper plus (sans avoir tjrs les idées à « l’école »)…

    1. Osty dit :

      Bonjour,

      Je suis étudiante en sciences de l’éducation et je réalise justement mon mémoire sur l’abandon de l’enseignement chez les enseignants du secondaire. Si vous avez pris la décision d’arrêter l’enseignement, accepteriez-vous de répondre à quelques questions ? N’hésitez pas à me contacter : sophie.ma16@yahoo.fr

      Un grand merci.

      Sophie.

  61. Jeune stagiaire dit :

    Bonsoir,
    j’ai lu quelques commentaires et l’article.
    Je suis jeune stagiaire, je viens de commencer ma formation sur le site de Louvain La Neuve. J’ai déja eu l’expérience d’un stage cette année.
    Je trouve que nous ne sommes pas préparés au premier stage comme il le faudrait. On nous lance dans les classes alors que nous n’avons pas les valises indispensables… La plupart ne savent pas écrire sans faute (moi y compris!), nous ne savont pas comment préparer une leçon, nous n’avons pas la méthodologie non plus, bref nous n’avons pas grand chose en main… Je trouve que c’est à la limite de l’irrespectueux pour les enfants : ils voient arriver de jeunes professeurs, ça change de Madame (ou Monsieur) et en plus celui-ci lui fait des remarques sur les cours devant eux. Que doivent penser les enfants? Ils ne savent pas nous prendre au sérieux!
    Je pense que l’école dans laquelle je suis à essayer de ne pas nous lacher sans rien: à la fin d une semaine de préparation, nous devions voir nos professeurs afin de nous dire si nos leçons sont donnables ou pas. Sans consulter le maitre de stage bien sur. c’est seulement après cela que nous deons donner nos leçons à l’école de stage. Cela à creer des tensions : si l’école dit « ok » et que le maitre de stage refuse les leçons? l’étudiant à arreter…
    Si la formation n’est pas correctement donnée, apprise, … les étudiants deviennent des professeurs pas assez à l’aise ou trop à l’aise du haut de sa jeunesse, et se plante n’imaginant pas le travail que cela demande.
    Je compte devenir institutrice, je veux m’épanouir dans ce métier, mais c’est vrai que beaucoup d’éléments n’y aide pas. A nous de savoir où on veut aller.
    Ce métier demande de soi, de l’énergie et de la volonté. Beau nombre d’étudiants n’ont pas cela! 0_o

  62. Julien dit :

    Il est vrai que beaucoup de choses ne donnent pas l’envie de rester dans l’enseignement. Mais il ne faut pas croire que l’herbe est plus verte autre part. Instituteur depuis deux ans en Province du Luxembourg, j’ai connu de belles galères. J’ai voulu changer de métier, on m’a accepté dans le secteur bancaire pour un salaire plus bas que celui d’instit!!!!!!!Je vous le jure…mais j’ai refusé!

    Je suis aussi un jeune papa, je fais mes intérims à la CF et je trouve que même si parfois c’est très dur, c’est pas plus rose autre part. Le salaire je comprends pas…après deux ans je suis presque à 1500€ net. Une prime en fin d’année, un pécule…Sans parler des congés même si ceux-ci sont là pour bosser, on est là pour sa famille.

    Il y a aussi les parents qui sont pires que tout, les directions etc etc…et surtout quand on est jeune. Mais moi je le répète en connaissance de cause, on est pas si mal. Puis bon, à partir du moment où nous sommes nommé, on à déjà plus trop le tracas du boulot pour le reste de notre vie, ce qui est rare dans d’autres secteurs (faut être nommé en attendant…).

    En tout cas, je trouve que c’est pas évident ce métier, mais est-ce le seul à l’être? Au final, pourquoi toujours regarder chez le voisin…

  63. Prof depuis 15 ans dit :

    Il n’y a pas que les jeunes profs qui se plaignent. J’adore mon métier (accompagnatrice dans un CEFA bruxellois). Malheureusement, je ne supporte plus la structure. J’ai les titres requis depuis mon premier jour de travail…et je ne suis toujours pas nommée. Mes supérieurs ont souvent été des gens arrogants, dotés d’un égo surdimentionné. Au fil du temps, j’ai vu les tâches administratives prendre le pas sur le travail avec les élèves. Certaines écoles sont devenues des « parcs à jeunes » dont peu de gens se soucient encore. Je n’en peux plus et pour la première fois depuis 15 ans, j’ai l’impression en entrant à l’école d’entrer dans un asile. Je crois que je vais aller vendre des hot-dogs …ou m’écrouler.C’était pourtant un si beau métier, ce n’en est plus qu’un simulacre.

  64. sissi dit :

    On parle beaucoup de la pénurie, du taux d’abandon et de dépression élévé chez les profs débutants qui aimeraient trouver du soutien et les anciens qui sont parfois démotivés par les inspecteurs, mais pourquoi ne pas faire comme en France, un site comme enseignons, mais fait par la CF, par les stagiaires en groupe ou par des détachés, des inspecteurs, nommer des spécialistes comme parrains pour les débutants, ça paraît si évident ! une fois que les cours et les programmes sont faits, ue fois pour toutes : les publier sur internet à l’intention des profs et des parents, l’enseignement y gagnerait en qualité.

  65. Xavier dit :

    @Sissi

    Le comble, c’est que si vous lisez le résultat de la consultation des enseignants (lancée par la ministre Hazette), 3 points confirment ce que vous dites:

    manuel pratique, exercices types avec corrections,: 2ème en ordre d’importance avec 11.8%

    banque de données, batterie d’exercices et de corrections 3ème avec 7.5 %

    élaborationcollective d’outils pédagogiques, échanges d’expériences, circulation des
    préparations de cours via Internet. 6 ème avec 5.9 %

    Cette étude montre clairement les besoins exprimés des enseignants. le succès d’enseignons.be le confirme aussi.

    Les Flamands l’ont bien compris: voyez par exemple http://www.klascement.net/ qui a le soutien de »Departement Onderwijs « .

    En conclusion, une autre demande des profs non respectée:

    « Consulter et écouter les enseignants sur les réformes avant de les imposer, surtout
    concernant les programmes, les inspections et l’organisation de l’école. » (en 7ème place …)

    L’étude complète est à lire ici: http://www.enseignement.be/download.php?do_id=1324&do_check=

  66. Vocation scalpée ! dit :

    Encore un message de jeune prof dégoûtée de voir ses idéaux s’effondrer…

    Motivée, dynamique, pleine d’enthousiasme je me suis, comme les autres, très vite confrontée à la réalité. Un regard méprisant de la société (profs, ces paresseux ! ) qui ne met pas beaucoup d’aides en place pour venir au secours des intérimaires. Cette année, j’ai travaillé 2 fois un demi mois, qui va m’aider à payer mon loyer ? Je me retrouve ce 1er juin sans emploi, qui va m’engager pour 2 semaines ? Et durant cet été ? Sans parler de quelques uns qui, par leurs relations, bénéficient de postes certains (engagement à l’année).

    J’ai toujours été bien accueillie, tant par les professeurs que les élèves, mais ces incohérences dans la pratique pour acquérir un poste fixe me démolissent le moral… Passer encore une année sans savoir si j’arriverai à clôturer mon mois ??? Pas question ! Pourtant les élèves vont me manquer, j’ai adoré me trouver en dialogue avec eux et les guider vers de nouvelles réflexions.

    1. Osty dit :

      Bonjour,

      Je suis étudiante en sciences de l’éducation et je réalise justement mon mémoire sur l’abandon de l’enseignement chez les enseignants du secondaire. Accepteriez-vous de répondre à quelques questions sur ce sujet ? Si cela vous intéresse vous pouvez me contacter : sophie.ma16@yahoo.fr

      Un grand merci.

      Sophie.

  67. Vocation scalpée ! dit :

    Pour mieux exprimer ma détresse : je préfèrerai faire n’importe quel autre boulot pourvu d’avoir une certitude d’emploi… Ce doute me rend malade (vraiment). Et l’idée de postuler aujourd’hui pour trouver un poste le 1er juin me donne mal au ventre : quand préparer mes cours entre la fin de cet intérim et le début du suivant ?

  68. Osty dit :

    Bonjour à tous,

    Je recherche pour mon mémoire des enseignants du secondaire qui ont abandonné la profession… Si c’est votre cas ou bien que vous en connaissez, n’hésitez surtout pas à me mettre en contact (sophie.ma16@yahoo.fr).

    Un grand merci!