CSC : l'inspection dérape…

La CSC-Enseignement vient de publier une lettre ouverte au ministre Dupont1 dans laquelle elle dénonce certaines dérives de l’inspection, principalement dans le secondaire. Témoignages à l’appui, le syndicat chrétien épingle, entre autres, l’absence de cohérence entre les observations formulées et les programmes établis et approuvés, des considérations d’ordre pédagogique en contrariété avec la loi de 1959 (liberté des méthodes pédagogiques)…

Si Prosper Boulangé reconnait que la grande majorité des inspecteurs font correctement leur travail, il regrette cependant quelques exemples extrêmement malheureux. Pour le syndicaliste, l’inspection ne fait que renforcer le sentiment d’insécurité lorsqu’elle incarne la sanction et la coercition. De plus, les rapports négatifs ne feraient que jeter le discrédit sur les enseignants.

Le syndicat demande donc au ministre « d’apporter toute précision quant aux modalités pratiques d’application du décret du 8 mars 2007 relatif au service général de l’inspection« . Un décret que la CSC avait à l’époque rejeté.

Si elle devait constater de nouveaux incidents, la CSC se réserve le droit de procéder à des actions publiques de protestations voire à des arrêts de travail.

Du côté du service général de l’inspection, on reconnaît la possibilité que des erreurs aient pu avoir lieu mais on précise qu’il n’est pas toujours possible de garantir le degré zéro de dérapages dans un service de 250 personnes. Pour Gilbert De Samblanc, inspecteur général coordonnateur, il ne faut pas accuser immédiatement les inspecteurs.

Les dérapages en question sont basés sur les interprétations des enseignants qui reçoivent un rapport forcément pas toujours bien perçu. Quand on procède à l’évaluation globale d’un établissement et qu’un rapport cible une lacune dans telle branche, à tel niveau, on identifie forcément le professeur concerné. Il est dès lors logique que l’inspecteur donne des conseils – et non pas des directives – pédagogiques ou de gestion de classe. De plus, si les études internationales soulignent les problèmes de notre enseignement, il est logique que des rapports négatifs apparaissent.

Christian Dupont reste zen. Ancien enseignant, il sait pertinemment que la visite d’un inspecteur est un moment difficile à vivre. Il admet que la nouvelle configuration interréseaux ait pu connaître des ratés et invite les enseignants, les inspecteurs et les directions au dialogue. Les négociations sectorielles ayant débuté ce 30 avril, le ministre aura l’occasion d’aborder le sujet avec la CSC.

  1. Source : La Libre-25.04.08 []

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  1. pascal dit :

    Mouais !
    Les rapports généraux, ce n’est pas l’idéal non plus. Quand dans un groupe de profs, quatre font bien leur travail et qu’un cinquième, tire-au-flan, en fait le minimum, le rapport général n’est pas bien reçu par les profs consciencieux. Pourquoi éviter d’appeler un chat, un chat ?
    Les inspections, je ne suis pas contre. Cela nous pousse à être pro, cohérent, précis. Ce qui me met hors de moi, c’est le nombre de paperasseries inutiles qu’on nous fait remplir !!

  2. Baudot J. dit :

    La cohérence – entre programmes, compétences et méthodes pédagogiques – voilà bien une tâche à laquelle le nouveau ministre va devoir s’atteler.
    Comme enseignants nous devons toujours rechercher le positif pour nos élèves, l’inspection pourrait faire de même pour les enseignants !