Décret mixité adopté
Il ne s’agit plus d’un projet de décret1 mais d’un décret tout court. Il sera appliqué dès la prochaine rentrée scolaire.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’accouchement fut laborieux, les présidents Di Rupo et Milquet ayant même dû intervenir pour forcer l’accord en fin de semaine.
Un « détail » divisait encore le PS et le CDH : la question des écoles adossées, c’est-à-dire la possibilité pour une école secondaire de signer une convention avec une école fondamentale donnant une priorité d’inscription aux élèves qui en sont issus. Les socialistes n’en voulaient plus alors que les humanistes s’y accrochaient fermement. La poire a finalement été coupée en deux : ok pour les écoles adossées mais pour un nombre plus limité d’établissements et seulement pour les cinq prochaines années.
Terminées les files de parents – c’est du moins ce que disent les ministres PS et CDH – devant les écoles, dans le froid. Le premier arrivé ne sera plus le premier servi. Place aux critères, aux quotas, à l’inscription en trois phases… Petit hic, si le décret est sans doute plus juste, il est aussi diablement plus compliqué. Les dates se succèdent, les phases s’enchaînent… Il est probable que les parents n’y verront pas tout de suite clair. Gageons que le ministère saura communiquer intelligemment afin de leur d’expliquer, à eux et aux élèves, les enjeux et étapes du nouveau décret.
L’opposition est satisfaite
Ecolo se réjouit du retrait du « décret inscriptions » et accueille avec plaisir la suppression de la logique chronologique, la prise en compte de critères objectifs (proximité géographique, indice socio-économioque…) et le retour à une certaine autonomie pour les établissements chargés de définir leurs critères de sélection.
Le MR est du même avis mais pointe tout de même quelques faiblesses.
- Le décret précédent a créé un « climat de psychose » qui, selon les bleus, ne va disparaître avec le nouveau décret. Le risque de files n’est donc pas totalement écarté et, si le sentiment de pénurie devait à nouveau apparaître, les parents pourraient revenir camper devant les écoles. Et cela malgré le « saucissonnage » de la procédure d’inscription en trois phases.
- Les quotas voulus par le ministre Dupont risquent de stigmatiser certaines écoles et, du même coup, leurs élèves. Le MR déplore que l’on ne dispose pas, à l’heure actuelle, de critères objectifs pour déterminer ce qu’est une école ou un élève moins favorisé.
- La suppression des écoles adossées est une erreur car, en agissant de cette manière, on supprime également le continuum pédagogique de l’élève.
Il faudra attendre l’année prochaine pour voir si Christian Dupont a eu le nez plus fin que son prédécesseur Marie Arena et si son décret peut vraiment prétendre à renforcer la mixité dans nos écoles.
- Source : Le Soir-17.05.08 [↩]






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