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	<title>Commentaires sur : Décret mixité adopté</title>
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	<link>http://www.enseignons.be/actualites/2008/05/19/decret-mixite-adopte/</link>
	<description>Tout pour l&#039;enseignement : Cours de profs, ressources pédagogiques, forum enseignant primaire, secondaire et maternel</description>
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		<title>Par : Décret inscription recalé au Conseil d&#8217;état &#124; Actualité de l&#8217;enseignement</title>
		<link>http://www.enseignons.be/actualites/2008/05/19/decret-mixite-adopte/#comment-2003</link>
		<dc:creator>Décret inscription recalé au Conseil d&#8217;état &#124; Actualité de l&#8217;enseignement</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jun 2008 07:56:38 +0000</pubDate>
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		<description>[...] Décret mixité adopté [...]</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>[...] Décret mixité adopté [...]</p>
]]></content:encoded>
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	<item>
		<title>Par : Brouyère Jacqueline</title>
		<link>http://www.enseignons.be/actualites/2008/05/19/decret-mixite-adopte/#comment-2002</link>
		<dc:creator>Brouyère Jacqueline</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jun 2008 06:56:12 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.enseignons.be/actualites/?p=545#comment-2002</guid>
		<description>Je trouve amusant le lien obligé que l&#039;on fait entre réussite scolaire (dans une &quot;bonne école&quot; s&#039;entend)et réussite sociale. Au lieu de vouloir à tout prix transformer tous les enfants en Einstein, pensez donc à ceci.
Pour remettre un joint d&#039;étanchéité à votre robinet qui fuit, le plombier vous demande 75 € + 30€ de déplacement. Coût de la rondelle 0,02€, durée du travail 12 min. Une coupe de cheveux vous coûte en moyenne 50€.Un simple entretien de votre voiture vous coûte minimum 300€.
Par comparaison, une visite chez le médecin vous coûte 19 € (dont12,88€ vous seront remboursés), un cours particulier vous coûte 25 € pour une heure(aucun prof n&#039;osera vous comptabiliser en plus l&#039;heure qu&#039;il a passée à préparer le cours ni celle qu&#039;il passera à corriger les exercices, ni son déplacement .... comparez avec le plombier !!!),un chercheur à l&#039;université gagne moins de 2000 € par mois.
Voilà pour les gens ordinaires, mais que dire des &quot;talents&quot; ! Un sportif de renommée gagne autant en un match qu&#039;un prix Nobel en une vie (l&#039;argent de ces prix étant redistribué pour la recherche), et il en va de même pour les vedettes de la chanson et du cinéma.
Alors, pourquoi ne pas permettre aux enfants de s&#039;épanouir pleinement en fonction de leurs possibilités réelles, que celles-ci soient sportives, techniques,artistiques ou intellectuelles, plutôt que de vouloir uniformiser l&#039;enseignement par décret, et ainsi interdire le développement des talents individuels quels qu&#039;ils soient ?</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je trouve amusant le lien obligé que l&#8217;on fait entre réussite scolaire (dans une &laquo;&nbsp;bonne école&nbsp;&raquo; s&#8217;entend)et réussite sociale. Au lieu de vouloir à tout prix transformer tous les enfants en Einstein, pensez donc à ceci.<br />
Pour remettre un joint d&#8217;étanchéité à votre robinet qui fuit, le plombier vous demande 75 € + 30€ de déplacement. Coût de la rondelle 0,02€, durée du travail 12 min. Une coupe de cheveux vous coûte en moyenne 50€.Un simple entretien de votre voiture vous coûte minimum 300€.<br />
Par comparaison, une visite chez le médecin vous coûte 19 € (dont12,88€ vous seront remboursés), un cours particulier vous coûte 25 € pour une heure(aucun prof n&#8217;osera vous comptabiliser en plus l&#8217;heure qu&#8217;il a passée à préparer le cours ni celle qu&#8217;il passera à corriger les exercices, ni son déplacement &#8230;. comparez avec le plombier !!!),un chercheur à l&#8217;université gagne moins de 2000 € par mois.<br />
Voilà pour les gens ordinaires, mais que dire des &laquo;&nbsp;talents&nbsp;&raquo; ! Un sportif de renommée gagne autant en un match qu&#8217;un prix Nobel en une vie (l&#8217;argent de ces prix étant redistribué pour la recherche), et il en va de même pour les vedettes de la chanson et du cinéma.<br />
Alors, pourquoi ne pas permettre aux enfants de s&#8217;épanouir pleinement en fonction de leurs possibilités réelles, que celles-ci soient sportives, techniques,artistiques ou intellectuelles, plutôt que de vouloir uniformiser l&#8217;enseignement par décret, et ainsi interdire le développement des talents individuels quels qu&#8217;ils soient ?</p>
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	<item>
		<title>Par : Daouda</title>
		<link>http://www.enseignons.be/actualites/2008/05/19/decret-mixite-adopte/#comment-2001</link>
		<dc:creator>Daouda</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2008 21:54:36 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.enseignons.be/actualites/?p=545#comment-2001</guid>
		<description>L&#039;école ne fait qu&#039;entériner une situation sociétale dans laquele elle est elle-même inscrite.
Si parfois, pour certains individus particuliers, l&#039;école peut consister en ce fameux &quot;ascenseur social&quot;, elle ne sera jamais qu&#039;un médium utilisé par quelques personnes remarquables qui ont décidé de &quot;réussir&quot; leur vie malgré une origine sociale modeste. L&#039;école a au moins ce mérite : elle sert à quelque chose pour ces individus particuliers, voire exceptionnels, qui acceptent de jouer le jeu de l&#039;école et qui acceptent de croire en elle et dans les perspectives d&#039;avenir qu&#039;elle offre.
Dans la majorité des cas, l&#039;école n&#039;empêche pas les schémas familiaux de se répéter. Les enfants d&#039;universitaires iront très probablement à l&#039;université. Dans certaines familles (du côté de Charleroi, pour faire dans le stéréotype) on pointe depuis trois ou quatre générations ...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;école ne fait qu&#8217;entériner une situation sociétale dans laquele elle est elle-même inscrite.<br />
Si parfois, pour certains individus particuliers, l&#8217;école peut consister en ce fameux &laquo;&nbsp;ascenseur social&nbsp;&raquo;, elle ne sera jamais qu&#8217;un médium utilisé par quelques personnes remarquables qui ont décidé de &laquo;&nbsp;réussir&nbsp;&raquo; leur vie malgré une origine sociale modeste. L&#8217;école a au moins ce mérite : elle sert à quelque chose pour ces individus particuliers, voire exceptionnels, qui acceptent de jouer le jeu de l&#8217;école et qui acceptent de croire en elle et dans les perspectives d&#8217;avenir qu&#8217;elle offre.<br />
Dans la majorité des cas, l&#8217;école n&#8217;empêche pas les schémas familiaux de se répéter. Les enfants d&#8217;universitaires iront très probablement à l&#8217;université. Dans certaines familles (du côté de Charleroi, pour faire dans le stéréotype) on pointe depuis trois ou quatre générations &#8230;</p>
]]></content:encoded>
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	<item>
		<title>Par : Pat</title>
		<link>http://www.enseignons.be/actualites/2008/05/19/decret-mixite-adopte/#comment-2000</link>
		<dc:creator>Pat</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 May 2008 21:49:32 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.enseignons.be/actualites/?p=545#comment-2000</guid>
		<description>&quot;La sociologie progressiste qu&#039;incarnait particulièrement l&#039;œuvre de Pierre Bourdieu met au cœur de l&#039;inégalité scolaire la violence symbolique imposée par toutes les règles tacites du jeu culturel qui assurent la reproduction des &quot;héritiers&quot; et l&#039;auto-élimination des enfants des classes populaires.
Mais elle en tire, selon la logique même du progressisme, deux conséquences contradictoires. D&#039;un côté elle propose la réduction de l&#039;inégalité par l&#039;explicitation des règles du jeu et la rationalisation des formes d&#039;apprentissage. De l&#039;autre, elle énonce implicitement la vanité de toute réforme, en faisant de cette violence symbolique un processus qui reproduit indéfiniment ses conditions de possibilité.
Les réformateurs gouvernementaux ne tiennent pas à voir cette duplicité propre à toute pédagogie progressiste. De la sociologie de Bourdieu, ils tirèrent donc un programme qui visait à réduire les inégalités de l&#039;Ecole, en y réduisant la part de la grande culture légitime, et en la rendant plus conviviale, plus adaptée aux sociabilités des enfants des couches défavorisées, c&#039;est-à-dire, pour l&#039;essentiel, des enfants issus de l&#039;immigration. Ce sociologisme réduit n&#039;en affirmait malheureusement que mieux le présupposé central du progressisme, qui commande, à celui qui sait, de se mettre &quot;à la portée &quot; des inégaux et confirme ainsi l&#039;inégalité présente au nom de l&#039;égalité à venir.&quot;

&quot;La pédagogie traditionnelle de la transmission neutre du savoir et les pédagogies modernistes du savoir adapté à l&#039;état de la société prennent toutes deux l&#039;égalité comme but, c&#039;est-à-dire qu&#039;elles prennent l&#039;inégalité comme point de départ.
Toutes les deux surtout sont enfermées dans le cercle de la société pédagogisée. Elles attribuent à l&#039;Ecole le pouvoir fantasmatique de réaliser l&#039;égalité sociale ou, à tout le moins, de réduire la &quot;fracture sociale&quot;. Mais ce fantasme repose lui-même sur une vision de la société où l&#039;inégalité est assimilée à la situation des enfants en retard. Les sociétés du début du 19e s  avouaient l&#039;inégalité et la division en classes. L&#039;instruction était pour elles un moyen d&#039;instituer quelques médiations entre le haut et le bas : de donner aux pauvres la possibilité d&#039;améliorer individuellement leur condition et de donner à tous le sentiment d&#039;appartenir, chacun à sa place, à une même communauté.
Nos sociétés sont loin de cette franchise.
Elles se représentent comme des sociétés homogènes où le rythme vif et commun de la multiplication des marchandises et des échanges a aplani les vieilles divisions de classes et fait participer tout le monde aux mêmes jouissances et aux mêmes libertés.&quot;

Jacques Rancière</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;La sociologie progressiste qu&#8217;incarnait particulièrement l&#8217;œuvre de Pierre Bourdieu met au cœur de l&#8217;inégalité scolaire la violence symbolique imposée par toutes les règles tacites du jeu culturel qui assurent la reproduction des &laquo;&nbsp;héritiers&nbsp;&raquo; et l&#8217;auto-élimination des enfants des classes populaires.<br />
Mais elle en tire, selon la logique même du progressisme, deux conséquences contradictoires. D&#8217;un côté elle propose la réduction de l&#8217;inégalité par l&#8217;explicitation des règles du jeu et la rationalisation des formes d&#8217;apprentissage. De l&#8217;autre, elle énonce implicitement la vanité de toute réforme, en faisant de cette violence symbolique un processus qui reproduit indéfiniment ses conditions de possibilité.<br />
Les réformateurs gouvernementaux ne tiennent pas à voir cette duplicité propre à toute pédagogie progressiste. De la sociologie de Bourdieu, ils tirèrent donc un programme qui visait à réduire les inégalités de l&#8217;Ecole, en y réduisant la part de la grande culture légitime, et en la rendant plus conviviale, plus adaptée aux sociabilités des enfants des couches défavorisées, c&#8217;est-à-dire, pour l&#8217;essentiel, des enfants issus de l&#8217;immigration. Ce sociologisme réduit n&#8217;en affirmait malheureusement que mieux le présupposé central du progressisme, qui commande, à celui qui sait, de se mettre &laquo;&nbsp;à la portée &nbsp;&raquo; des inégaux et confirme ainsi l&#8217;inégalité présente au nom de l&#8217;égalité à venir.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;La pédagogie traditionnelle de la transmission neutre du savoir et les pédagogies modernistes du savoir adapté à l&#8217;état de la société prennent toutes deux l&#8217;égalité comme but, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;elles prennent l&#8217;inégalité comme point de départ.<br />
Toutes les deux surtout sont enfermées dans le cercle de la société pédagogisée. Elles attribuent à l&#8217;Ecole le pouvoir fantasmatique de réaliser l&#8217;égalité sociale ou, à tout le moins, de réduire la &laquo;&nbsp;fracture sociale&nbsp;&raquo;. Mais ce fantasme repose lui-même sur une vision de la société où l&#8217;inégalité est assimilée à la situation des enfants en retard. Les sociétés du début du 19e s  avouaient l&#8217;inégalité et la division en classes. L&#8217;instruction était pour elles un moyen d&#8217;instituer quelques médiations entre le haut et le bas : de donner aux pauvres la possibilité d&#8217;améliorer individuellement leur condition et de donner à tous le sentiment d&#8217;appartenir, chacun à sa place, à une même communauté.<br />
Nos sociétés sont loin de cette franchise.<br />
Elles se représentent comme des sociétés homogènes où le rythme vif et commun de la multiplication des marchandises et des échanges a aplani les vieilles divisions de classes et fait participer tout le monde aux mêmes jouissances et aux mêmes libertés.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jacques Rancière</p>
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