Après l’année du français, c’était au tour des mathématiques. L’évaluation externe1 qui, en février dernier, a été soumise à près de 10.000 élèves de 2e et 5e primaire et 2e secondaire, a livré ses résultats.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats ne sont pas fameux. Et c’est un euphémisme. Si dans les classes de 2e primaire, 60% des élèves maîtrisent les compétences, ils ne sont plus que 20% en 2e secondaire commune, 40% ne maîtrisant pas du tout les concepts. Et le chiffre est encore plus élevé en 2e professionnelle : 50% d’élèves en échec.
Dominique Lafontaine (ULg), spécialiste des sciences de l’éducation, interrogée par la RTBF2 :
Il y a certains problèmes qui posent plus de difficultés comme, en général, ce qui est de l’ordre des grandeurs, de la géométrie. Puis, à l’intérieur de cela, on peut aller de manière plus fine, par exemple, ce qui pose beaucoup de problèmes en 2e année du secondaire, ce sont les compétences de type algébriques.
Notons toutefois que le seuil de réussite est particulièrement élevé : 70% contre 50% pour le CEB. Mais cela n’explique pas tout. Les épreuves sont radicalement différentes et donc peu comparables.
Le constat est implacable : la proportion d’élèves en difficulté entre la 2e et la 5e primaire est croissante et les résultats catastrophiques enregistrés dans les classes du secondaire mettent en évidence l’incapacité du système à résorber les difficultés qui apparaissent à la fin de la 2e année primaire. C’est donc dès la 3e année primaire qu’il faut agir…
Autres enseignements : les élèves issus d’un milieu socio-économique favorisé obtiennent de meilleurs résultats que les autres. Une différence accentuée encore par le nombre de livres auxquels l’élève a accès chez lui. De plus, le redoublement semble une fois encore peu pertinent. Les élèves répétant leur année sont, en terme de résultats, en dessous de la moyenne, bien loin derrière les autres élèves… alors qu’ils devraient au contraire tirer leur épingle du jeu. Qui peut encore dire aujourd’hui que le fait de « bisser » son année permet de combler le retard accusé dans certaines matières?
Le ministre se veut optimiste. Il voit dans ce rapport un « outil scientifique » qui aidera à situer les éventuelles faiblesses d’enseignement. Et il évite surtout de s’en prendre aux enseignants, qu’il invite toutefois à bien s’assurer que la matière est comprise et assimilée après son enseignement.
On n’en sera plus là dans quatre ou cinq ans, lorsque l’on aura tenu compte des remarques des évaluations.
Les enseignants recevront bientôt un guide pour améliorer l’apprentissage des mathématiques. Un guide qui fera la part belle aux notions qui ont posé problème cette année. La formation continue des enseignants sera aussi recentrée sur le sujet. Histoire que de tels résultats ne se répètent pas.
Tant que les ministres successifs, tuyautés par les « pédagogues » spécialistes de la chose, n’osent pas remettre en question le système dans son entièreté, aucune amélioration ne sera à espérer.
Peut-on encore, après toutes ces études, oser prétendre de laisser passer un élève au niveau supérieur s’il ne maîtrise pas les compétences requises ?
Il faudrait un NOUVEAU système d’enseignement, basé sur les disciplines et non plus sur les années. Et oser un chamboulement de l’organisation globale : un élève pourrait avoir un niveau de 3è en math, de 2è en néerlandais et de 5è en français par exemple… Et tant que les compétences propres à chaque branche ne sont pas maitrisées, inutile d’aller plus haut.
Je crains déjà de multiples « réformes » à la remédiation, mais qui seront inefficaces au vu de l’organisation actuelle.
Il est grand temps de revenir aux examens de passage dans TOUTES les années pour éviter le laisser-aller des élèves face aux compétences à acquérir….Imaginez en 2è professionnelle, un élève, même ayant des échecs partout …, passe en 3 P !!!! La loi du moindre effort, ils la comprennent très vite.Les résultats en math comme en français sont les conséquences désastreuses des politiques de rabais menées dans l’enseignement et qui laissent croire aux élèves que le 1er degré notammanent est une simple formalité de passage de classe en classe!!! Désastreux…..
Avec de si mauvais élèves, comment avons-nous encore des médecins à foison, des pharmaciens à ne savoir que faire, des vétérinaires, une pléthore d’avocats… ou de ministres…
Peut-être aussi que des programmes mieux pensés amèneraient de meilleurs résultats !
J’ai vu des exemples de questions dans Le Soir.
Je n’arrive toujours pas à y croire.
C’est cela notre enseignement.
Pas de panique, avec le décret mixité, les résultats seront bons l’an prochain!
Moi je fais juste une constatation… je n’ai rien compris au dossier des résultats. Sont-ce des math? du français? Je ne suis pas prof de math… mais je trouve que plus de concret ne ferait pas de mal. Faire de la trigo quand la simple division écrite n’est pas acquise à quoi cela sert-il????
Encore faut-il que les enseignants lisent le guide… Le fait d’être « installé » dans sa classe, d’avoir un système qui permet, une fois nommé, de pouvoir à peu près tout se permettre ne favorise pas les démarches pédagogiques innovantes. Dans mon équipe, il y a des enseignants qui pensent qu’ une interro tous les jours de 10 calculs va améliorer le niveau des enfants… même si en cinquième dans un problème ces calculs sont irréalisables pour les élèves (vécu!)… évidemment ce n’est pas général mais c’est un travail d’équipe et quand un échelon coince c’est tout le système qui coince… . Quand une direction aura le choix de son équipe, aura la possibilité de gérer les finances de son école, on pourra alors voir une amélioration (les responsabilités étant croissantes, les enseignants (et la direction)seront certainement plus réactifs). Aux inspections à vérifier les finances, les procédures mises en place avec à la clé des sanctions financières si le travail n’est pas fait correctement) ah oui c’est comme cela en Flandre…. voilà peut-être une piste… plus de responsabilité, plus d’autonomie et un contrôle de la CF utile. Mais là, je rêve…
Avez-vous lu les questions ?
J’ai vu quelques questions du test de P2 !! On demande aux enfants d’entourer les objets qui laisseraient une trace carrée sur une table. J’ai demandé à mon fils ce qu’il avait entouré. Il m’a dit « j’ai entouré l’emballage de papier alu et la boite de la bouteille de sirop, mais je ne suis pas sûr que c’est juste. Si on les met dans l’autre sens, cela formera un rectangle ! »
Vous déposez votre papier alu à la verticale, vous ?
Qui rédige de telles questions ?
Ne peut-on faire plus simple ? Plus évident ?
Au lieu de leur demander 15-3, on leur raconte une histoire de dix lignes. ESt-ce ça les math ?
Qu’est-ce qu’on évaluait ? L’esprit mathématique, les connaissances mathématiques ou la lecture ???
J’ai pensé la même chose que Pascal en voyant la question présentée dans « Le Soir ». On y voit un tarif de restaurant et demande ce que la famille X payera si elle prend 2 brochettes, 1 saucisse et 3 frites.
Même si ce genre de problèmes est bien sûr, évidemment, à voir en classe, lorsqu’on analyse les connaissance mathématique des enfants, à grande échelle, ne devrait-on pas limiter le texte pour se focaliser sur les calculs ?
En 2e primaire, certains ne lisent pas encore couramment mais cela ne les empêche pas de compter juste !
Pat et Pascal
Mais oui, ce sont ça les maths.
8-5=3, la machine peut le faire et quel intérêt de connaître l’opération par cour?
Mais savoir que j’ai 8 euros en poche, que j’en perds 5 et que je dois faire 8-5 pour trouver qu’il me reste 3, ça c’est utile.
J’ai vraiment l’impression que plus on prend les élèves pour des débiles, plus ils le deviennent.
Mon fils savit qu’il fallait faire « 8-5″ et comptait sur ses doigts. Je l’ai laissé faire. Apprendre des calculs par coeur est débile. Savoir les utiliser est utile
Assez d’accord avec echocynique.
Il faut se concentrer sur ce que les machines ne peuvent pas faire.
Certes, l’exemple du papier alu pose question : le fils de Pascal aura certainement une mauvaise note à cet exercice, alors qu’il a en réalité réfléchi plus loin que les autres.
De nos jours, la capacité à calculer n’est plus très importante. Ce qui est réellement important, c’est de comprendre quel concept mathématique s’applique à quelle question « réelle ».
À des tests de calculs, les ordinateurs feront mieux que les humains (y compris la reconnaissance d’écriture pour lire le questionnaire). Or, il ne sera pas dit que les ordinateurs sont bons en math !
Et si, plutot que de dire que les enseignants sont responsables on nous donnait les moyens de faire notre boulot ?
Parce que travailler sans budget, ça va, on fait ce qu’on peut, mais on en arrive à des situations catastrophique !
Et si les parents et la population arrêtaient de remettre en cause toutes les décisions que prend un enseignant dont le seul but est de favoriser l’apprentissage des enfants !
Rendez-nous notre « dignité » et notre « statut » de prof avant de nous descendre !!!
Est-on sûr qu’avec une machine on trouvera la bonne réponse?
Math&matique ou logique, that is the question!
Pour cela, il faut maîtrser sa langue maternelle!
Bizarre, c’est toujours la faute aux profs, au système, aux méthodes, aux origines socio-culturelles…
Et l’accompagnement des parents dans tout cela? Il ne faut pas nécessairement être d’un milieu favorisé pour s’intéresser aux apprentissages de sa progéniture. Les devoirs cela se supervise.
Les questions, on essaie d’y répondre et si on ne sait pas il y a toujours moyen d’obtenir de l’aide via les profs, les copains …..
La littérature dans le test de math??? Logique non… Si on ne comprend pas un énoncé, comment résoudre un problème? Les maths, ce n’est pas juste des soustractions, des additions ……
Autre chose m’interpelle dans ce rapport, on y associe la présence d’une bilbiothèque fournie à la réussite scolaire. Or, la question a été posée aux enfants en fin de test.
Comment l’info peut-elle être vérifiée? D’autre part, la présence d’une bibliothèque fournie à la maison ne prouve pas que les enfants lisent beaucoup.
Nous avons la chance de diposer de réseaux d’enseignement variés.Toutes les écoles n’appliquent pas la même pédagogie. Toutes les pédagogies ne conviennent pas à tousles enfants.
Les parents doivent aussi assumer un munimum de responsbilités quant aux apprentissages de leurs enfants.
Les parents de ma génération (49 ans) ont connu un système où on demandait surtout aux élèves de la restitution. A la limite, une bonne mémoire suffisait à obtenir de bons résultats.
Actuellement, je pense que l’on demande beaucoup plus aux enfants d’utiliser leur esprit critique et leurs qualités d’observation et de déduction.
Est-ce si mauvais?
Dans ce pays de cocagne, tout le monde critique tout le monde mais qui apporte des solutions….
Quand je disais qu’il y avait beaucoup à lire, je pensais aux enfants de 2e primaire. Tous n’ont pas un excellent niveau de lecture alors qu’ils savent peut-être très bien calculer.
Lire prend du temps. Certains dans la classe de mon fils n’ont pas eu le temps de finir.
Je ne me prononce pas sur les autres tests.
Autre anecdote, concernant la bibliothèque.
Mon fils a répondu qu’il y avait plus de 100 livres à la maison. Et il s’est inquiété en rentrant de savoir s’il n’avait pas menti en disant un chiffre trop élevé. Alors on a compté ensemble ceux de SA bibliothèque. Plus de 50 ! Mais il ne s’était jamais rendu compte de ce que cela représentait en nombre.
Comment un enfant de 2e primaire, je le répète, peut-il évaluer ce genre de choses ?
Ce n’est pas très important, certes, mais cela me semble inadapté à cet âge.
@ Pascal
Il y avait des dessins pour permettre aux élèves d’évaluer.
@ Cédric
Il y a pourtant des profs qui réussissent à améliorer le niveau de leurs élèves. Peut-^tre parce qu’ils travaillent au lieu de remtre la faute sur les parents.
@ Cédric
La « dignité » ne se déclare pas par un texte ou un règlement. C’est la manière dont vous agissez qui fera que vous serez respecté ou pas.
@Pascal
C’est vrai que des gens qui ne lisent jamais ont 3.000 livres dans leur bibliothèque?
De plus en plus de matières,de plus en plus de congés et de plus en plus d’échecs,pourquoi ne pas obliger les prof à préparer les repeches mi-aout….Tous les parents n’ont pas 15 euros de l’heure à donner en black….Lorsque l’on ne les gagne meme pas sois meme……
@ un peu assez
En ce qui concerne les échecs, de mon expérience perso, j’ai donné énormément de cours particuliers (math et physique) et je n’ai jamais vu que deux causes d’échecs :
1. Faignantise de l’élève (90% des cas). Là, les parents sont en partie coupables.
2. Mauvais prof (10% des cas)
Mais en aucun cas je n’ai vu d’examen trop dur, de matière trop abondante ou d’élèves nuls.
Mais bon, ce n’est que mon expérience de cours particulier de « mi-août » …
De plus en plus de congés ? Où ?
Moi, j’en ai moins aujourd’hui qu’en début de carrière !
Vu de mes propres yeux cette semaine, en surveillant un examen.
Un élève de 3e secondaire qui devait effectuer 17 X 4 a écrit sur sa feuille de brouillon, sous forme de calcul écrit 17 + 17, solution, + 17, solution, + 17.
N’est-ce pas effrayant ?
Et ne venez pas me dire que la machine peut le faire pour lui. Il y a là un souci de raisonnement et de méthode assez flagrant, non ?
@ Pascal
Dans le même ordre d’idée, j’ai déjà vu des personnes qui, pour résoudre ax=b, écrivaient 5*2=10 puis 2=10/5 (parce que le 2 correspond au x) et donc x=b/a.
Savoir faire du calcul écrit est encore important, d’autant plus que le calcul écrit montre bien quel est la nature de l’opération de multiplication.
Note que dans la vie réelle, 17*4, je l’aurais fait par 40+(7*2*2)=68.
Réponse à Pascal: toutes les consignes étaient lues une par une, donc les ES faibles en lecture n’étaient pas pénalisés
Février 2011. Rien n’a changé depuis 2008 en ce qui concerne les résultats en math. Et c’est toujours les mêmes poncifs que ci-dessus… Je suis prof (pas de math) mais je constate que les ministres successifs prétendent toujours avoir trouvé LA solution qui va tout améliorer. On voit ce que cela donne…