Classes et activités réduites dès la rentrée

Il n’est pas content le Segec, le Secrétariat général de l’enseignement catholique. Et il lance un cri d’alarme1 :

A partir de l’année prochaine, de nombreuses écoles devront renoncer à organiser une bibliothèque ou un centre cybermédia, à animer des études dirigées, à faire du conseil en prévention ou du tutorat. Sans aucun bénéfice pour l’encadrement des élèves.

La cause de son courroux? Un avant-projet de décret du gouvernement de la Communauté française limitant la taille des classes et les heures de coordination dans le secondaire. Ce texte, issu de l’accord sectoriel 2007-2008 entre gouvernement et syndicats, avait déjà été adopté en première lecture. Il n’attend plus que son vote par le parlement avant d’être appliqué dès la rentrée prochaine.

Mais deux éléments en particulier fâchent l’enseignement catholique. D’abord, la volonté de limiter à 3% le nombre d’heures de coordination, ces heures que les écoles peuvent consacrer à d’autres activités pédagogiques que les cours. Quand on sait que près de 20% des écoles consacrent déjà plus de 6% de leurs crédits d’heures à ces activités de coordination, on comprend que la pilule ait du mal à passer. Si elles devaient passer à 3%, ces écoles devraient renoncer aux études dirigées, aux conseillers en prévention ou aux bibliothèques et centres de documentation.

L’objectif de cette mesure serait de « ramener les professeurs dans les classes, face aux élèves« , et essentiellement au 1er degré du secondaire. Une mesure ridicule pour de nombreux chefs d’établissements. Ainsi, ce préfet qui, via la suppression de son centre de documentation, récupérera une vingtaine d’heures et, du coup, le professeur qui s’en occupe, ne pourra que s’offrir, avec ces 20 heures, l’encadrement d’un demi-élève supplémentaire par classe.

Le second point litigieux concerne les normes de dédoublement des classes, soit le nombre maximum d’élèves à partir duquel l’école est obligée de créer une classe supplémentaire. Ces seuils sont revus à la baisse et passent à 24 élèves en 1ère année commune, 15 en 1ère année différenciée, 27 en 3e et 4e année générale ou technique, etc.

Pour le Segec, cette situation sera tout simplement ingérable. D’une part parce que le nombre de professeurs restera inchangé… il ne sera pas possible d’engager de nouveaux professeurs pour les classes ainsi créées. D’autre part parce que les décrets inscriptions et mixité interdisent de refuser un élève si l’école à la place de l’accueillir.

Par ailleurs, il est évident que de nombreuses écoles devront revoir leur offre globale et l’organisation de leurs options. Mais c’est bien là l’objectif de la mesure. Le gouvernement n’apprécie que très moyennement la multiplication des options, ouvertes parfois pour seulement quelques élèves, dans le seul but de rendre certains établissements plus attractifs.

Le Segec, qui dit être suivi par les autres pouvoirs organisateurs de l’enseignement subventionné, voit dans ce décret une nouvelle réduction considérable de l’autonomie des écoles. Pour eux, ces nouvelles règles centralisatrices ne font que réduire leur marge de manœuvre et risquent d’influer sur la qualité des résultats attendus. Autrement dit : si les résultats des élèves ne sont pas bons (évaluations externes, PISA…), ce ne sera pas de notre faute.

  1. Source : Le Soir-23.05.09 []

9 réponses à Classes et activités réduites dès la rentrée

  1. Jean-Marie dit :

    Marre ! Marre ! Marre !

    Depuis des années, on assiste à une rage « décrétoire ». « On » détient seul la vérité. »On » veut tout régenter. « On » n’a aucune confiance dans les Professeurs ou les Chefs d’Etablissement.

    Si on a 241 inscriptions en première, devra-t-on ouvrir une 11ème classe ? Avec quels profs ?

    Et si on jouait plutôt la carte de la décentralisation ? Et si on vidait le Ministère pour mieux remplir les classes ?

  2. echocynique dit :

    De nouveau une tentative de casser ce qui va bien.

    Le libre a de meilleurs résultats?

    Peut-être est-ce parce qu’ils répartissent leur NTTP de manière plus efficiente et sans a priori dogmatique.

    Fini.

    Comme cela, les bons deviendront moins bons et l’écart entre les bons et les moins bons diminuera.

    Triste CF

  3. viviane dit :

    Et bien moi je me réjouis!
    A quand de telles règles dans l’enseignement primaire!
    Dans notre école, le nombre d’élèves par classe varie de 15 à 35 , tout cela est dicté en grande partie par le choix de la direction d’accorder au non les périodes à telle ou telle autre classe!
    Je me réjouirai d’apprendre que dorénavant je ne dépasserais plus les 24 élèves!

  4. pat dit :

    D’accord Viviane. Mais encore faut-il avoir suffisamment d’heures NTPP pour se permettre de former une classe de 24 élèves. Et si vous en avez 26 à inscrire ? Les deux autres, sans NTPP suffisant, ils peuvent aller voir ailleurs !
    De plus en primaire, tous les enfants d’une même année ont le même cursus, les mêmes heures de cours. C’est loin d’être le cas en secondaire où on jongle avec des horaires à la carte !!
    On ne peut pas comparer, ce n’est pas la même organisation.

    Moi je vois que cela va, une fois de plus, lèser les écoles de taille moyenne ou les petites écoles. Et les perdants seront les élèves (moins d’encadrement, de guidance, d’étude dirigée…)

    Grâce à ces normes, on peut déjà dire adieu au concours d’écriture de l’Athênée de Montegnée puisque l’organisateur, détaché pour l’occasion, a été prié de retourner en classe.
    De quoi décourager les iniatives qui pourraient se mettre en place à l’avenir. On n’est vraiment pas payé pour le travail qu’on fait !

  5. echocynique dit :

    @Pat

    C’est cohérent avec les objectifs de la CF.

    Tous égaux.
    Donc, pas de concours d’orthographe qui privilégie les « meilleurs ».

    On oublie très souvent que c’est grâce aux « meilleurs » que les autres s’améliorent aussi.

    Quand nous avons eu deux joueuses de tennis au Top, il faut voir le nombre de jeunes qui se sont mis au tennis.

    Pauvre CF

  6. elia dit :

    Moi je me pose une question de fond.
    Ce décret a été rédigé et décidé en concertation avec les syndicats. Cela me semble aberrant mais c’est comme ça.
    J’aimerais savoir ce qu’ils ont demandé et/ou obtenu en échange ? Qu’ont-ils gagné dans l’aventure pour accepter des choses aussi incroyables ?

  7. echocynique dit :

    @Elia

    Les syndicats ne sont-ils pas censés représenter les enseignants?

    Donc, ce sont les enseignants qui ont demandé cela.

    donc, silence, les enseignants :-)

  8. elia dit :

    !!!

    Moi, ce qui me fait rire (jaune) c’est que chez nous, trois profs sont détachés… pour le syndicat !!!
    C’est l’hôpital qui se moque de la charité !

  9. Romain dit :

    Professeur non nommé (informaticien de formation avec CAP), une partie de mon travail (14 heures de cours – 6 heures maintenance) consistait à gérer le parc PC (70 machines + serveurs + réseau + réseau de direction).
    Avant que je n’arrive dans l’école, lorsqu’un problème survenait, il fallait parfois que les professeurs attendent 3 à 4 semaines avant qu’il ne soit résolu, la personne responsable, à l’époque, travaillait aussi sur un autre site.
    Ce décret me renvoie de l’école, car je ne peux me permettre un demi horaire.
    Qui sera le plus pénalisé ? (Pas moi car les offres d’emplois ne manquent pas dans mon domaine même si les élèves me manqueront)

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Publié le par jonathanf | Publié dans Secondaire

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