« Une perte de temps, un « enseignement » qui coûte cher pour peu de résultats », disent les uns. « Une étape importante et indispensable dans le développement des enfants, qui s’éveillent et se socialisent », pour les autres.
C’est en France que la bombe a éclaté. Un ouvrage intitulé « Faut-il fermer les écoles maternelles? » (Editions Michalon) remet en cause le travail des instituteurs et institutrice des classes de maternelles1. Son auteur, un certain Jules Dazay (pseudonyme), qui se prétend inspecteur de l’Education nationale, tire à boulets rouges sur cette scolarisation précoce qui, selon lui, représente beaucoup de temps et d’argent pour pas grand chose.
(…) les petits enfants passent leur journée à être chaussés et déchaussés pour se rendre aux toilettes, à la récréation, à la cantine. Les « ateliers » où ils sont regroupés pour des activités ne sont que prétexte à gribouillage. Les siestes s’éternisent, les récréations aussi. Bref, les enfants ne travaillent même pas une heure par jour.
Des chipoteries qui mobilisent des enseignants formés à bac+5 chez nos voisins français… mais qui ont tout de même réalisé trois années d’enseignement supérieur chez nous.
Doit-on continuer les frais? En France, on s’interroge. Et si Jules Dazay, lui, pousse le bouchon un peu loin, il sont de plus en plus nombreux à s’interroger sur l’utilité d’un tel enseignement… du moins organisé de cette manière. Pourquoi s’inquiéter soudain de la qualité de l’enseignement dans les classes de maternelles? Une récente étude du PIRLS (Progress in International Reading Literacy Study) montre que les jeunes Français, comparés à leurs voisins européens – les Belges feraient un tout petit peu mieux -, seraient plutôt de mauvais lecteurs. Pire, qu’ils n’avaient aucun plaisir à lire et à écrire. Ajoutez à cela un manque criant de vocabulaire et vous comprenez pourquoi des voix se lèvent pour souhaiter que les jeunes élèves se mettent au plus vite au travail… même s’ils n’ont que 3 ans.
L’été dernier, le Haut Conseil de l’Education, l’institution chargée d’évaluer le système éducatif en France, a publié un communiqué pour le moins direct.
L’école maternelle ne met pas tous les enfants dans les conditions de réussir à l’école élémentaire. La question de la responsabilité de l’école maternelle dans l’échec scolaire à long terme ne peut pas être éludée.
Le ministre français de l’éducation réclame des propositions. Les rapports se succèdent… et se ressemblent. Pour écrire le sien, Alain Bentolila, linguiste, a trempé sa plume dans le vitriol :
Le bien-vivre a pris le pas sur le bien-apprendre. Pour schématiser les deux premières années, ont fait la classe au fil de l’eau, avec des activités qui n’ont pas de réels lien entre elles et sans objectifs clairement définis.
Pas obligatoire, pas assez exigeante, des résultats insuffisants… n’en jetez plus, la coupe est pleine. Et comme s’il fallait encore ajouter une couche, les études commandées soulignent que cet enseignement coûte cher. L’encadrement d’un petit Français en maternelles coûterait à l’Etat pas moins de 4.680 euros. Lorsque l’on sait qu’il y a 2,6 millions d’enfants dans ces classes du fondamental, on imagine sans peine l’économie colossale que l’on pourrait réaliser en les supprimant ou en les restructurant. Les enseignants coûtent cher? Ne prenons plus que des puéricultrices. Les écoles maternelles sont trop nombreuses (17.250 en France), faisons comme les tribunaux et fermons la moitié d’entre elles. Mais, plébiscitées par les parents, les classes maternelles restent encore protégées pour l’instant. Le ministre Xavier Darcos n’envisage pour l’instant que de limiter l’accueil des tous petits.
Côté « programmes » aussi, il y aura des changements. Les enfants auront bientôt des listes de mots à apprendre, des exercices répétitifs et quotidiens à effectuer. La dernière année de maternelle, aussi appelée la grande section, deviendrait la première année de l’école obligatoire, dont l’âge serait abaissé à 5 ans. Vous imaginez pareille réforme en Belgique?
L’intérêt d’une telle mesure serait de confier enfin aux enseignantes de ces classes un « vrai travail d’apprentissage » et de les rendre solidaires de leurs collègues, tenus à des résultats en terme de lecture, écriture ou calcul. Le gain serait aussi financier : 2 milliards d’euros économisés par le ministère qui se délesterait de ces classes en les confiant aux collectivités locales.
En face, la défense se met en place. Les enseignants des classes maternelles goûtent peu ces nouvelles mesures.
Il ne sert à rien de tirer sur la queue du têtard pour le transformer plus vite en grenouille.
Alors, recul ou avancée? Au bord du bac à sable, les pro-maternelles et les anti-maternelles s’écharpent. Les premiers avancent également leurs arguments. Dans les écoles nordiques, dont on sait le système scolaire performant, il n’y a pas d’écoles maternelles. Seulement des jardins d’enfants dotés de personnels éducatifs très bien formés. Et l’objectif de ces centres n’est pas scolaire. L’enfant apprend à s’exprimer, se familiarise avec les lettres et les chiffres, sans aucune obligation de résultats et sans aucun objectifs.
Bernard Hugonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE résumé le système en quelques mots :
L’essentiel est de développer sa curiosité et sa confiance en lui.
Flora Batze, institutrice, est scandalisée2 :
Dans l’emploi du temps des enfants, tout est réfléchi pour qu’ils apprennent sans arrêt, depuis l’instant où ils arrivent à l’école jusqu’au moment où ils ressortent. Ils n’apprennent pas qu’à comprendre qu’un mot se compose de sons ni à se socialiser, mais aussi à se structurer dans le temps et dans l’espace. Le matin en arrivant, ils remplissent un calendrier en barrant le jour précédent, cela leur fait comprendre que la semaine est cyclique, que le lundi revient au bout de plusieurs jours, etc. De même, les enfants font tous les jours de la gym: c’est important pour la motricité et pour se mouvoir dans l’espace.»
Et si à tout vouloir tout contrôler, à vouloir sans cesse les meilleurs résultats, on passait à côté de l’essentiel? Chez nous, en Belgique, les instituteurs des « petites classes » ne sont pas encore montrés du doigts, désignés comme coupables des lacunes des élèves dans les classes du primaire… Mais sait-on jamais… Il viendra sûrement un jour un politicien qui voudra « remettre de l’ordre » dans les classes de nos bambins, estimant qu’ils devraient plutôt apprendre leurs tables de multiplication au lieu de faire du picotage.
- Source à la base de ce billet : Le Nouvel observateur-8.05.08 [↩]
- Source : http://www.planete-elea.com/ [↩]
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Je ne peux pas croire que les maternelles se résument à ça en France !
En tout cas, je suis tout à fait satisfait des maternelles de mes enfants. Je les y ai vus se développer, s’éveiller et s’épanouir avec le même émerveillement à chaque fois.
Bravo à tous les instits de maternelle !
D’abord nous ne faisons plus du picotage!!!!! Ensuite, j’ai failli m’étrangler en lisant l’article. Je me suis même posée la question de savoir s’il fallait le lire jusqu’au bout et puis je me suis dis que Jonathan y avait passé du temps et qu’ils en valaient la peine, et l’article et Jonathan! Alors j’ai lu et j’espère bien que nos « chers ministres » ne vont pas suivrent les idées d’à côté…
Sont-ils réellement venus voir dans les classes pendant plusieurs jours? J’en doute!
C’est en effet effarant de voir ainsi un enseignement remise en cause à ce point.
J’imagine que le débat arrivera un jour en Belgique…
« chaussés et déchaussés pour se rendre aux toilettes » => original
Jules Dazay le Destexhe français ? C’est très tendance de défoncer des portes ouvertes.
Y a un moment, il faut arrêter de tirer sur l’ambulance. C’est quoi cet acharnement ?
« ECOLE MATERNELLE », UNE EXPRESSION ARCHAIQUE !
Un choix de mots n’est jamais neutre…
Qui est choqué ou simplement interpellé par l’expression « Congé parental » disant qu’il faudrait lui préférer celle de « Congé maternel » ? Personne ! Même si dans les faits, plus de mères que de pères y ont recours (l’inégalité salariale dont les femmes sont victimes y est pour beaucoup), aucun individu ne peut aujourd’hui sérieusement prétendre qu’endormir bébé ou lui changer les couches est un « travail féminin » ! Le tissage du lien qui unit le père comme la mère à l’enfant est aussi lié à la présence et à l’investissement de l’un comme de l’autre au quotidien et ce dès la naissance.
Le choix des mots est donc important, et ce n’est pas qu’un problème de sémantique ! La terminologie utilisée est le reflet d’une culture.
Mais aucun parent n’a compétence dans tous les domaines et c’est donc aussi pour cela qu’une grande majorité d’entre eux font appel à l’école (un quart des enfants de deux ans, 95% des enfants de trois ans et 98% des enfants de quatre et cinq ans sont scolarisés) pour préparer leur progéniture aux fondamentaux de l’éducation (lecture / écriture / calcul) sans oublier la socialisation.
Dressons un bref historique : En 1770 le pasteur jean Frédéric Oberlin (Alsacien né en 1740 et décédé en 1826) crée la première « salle d’asile » destinée à accueillir les jeunes enfants. Cent dix ans plus tard, soit en 1880 on en comptera 4655 et en 1881, alors que l’enseignement primaire devient gratuit et laïc (Loi Jules Ferry), les salles d’asile deviennent « écoles maternelles ».
Sociologiquement, comme culturellement, en rapport avec l’éducation, il s’agit là d’indéniables avancées majeures ! Mais sous l’angle de l’égalité de droits hommes / femmes, quelle était alors la situation féminine et que révèle le terme école maternelle ? Les exemples qui suivent sont édifiants !
Le Code Civil consacre l’incapacité juridique des femmes mariées.
Le Code Pénal qualifie l’adultère de la femme de délit mais celui du mari n’est passible que d’une amende et si les faits ont eu lieu au domicile conjugal d’une façon répétée.
Les femmes n’ont pas le droit de vote.
Etc. etc. Bref, l’expression « Ecole maternelle » est apparue dans un contexte fortement machiste ou il était de bon ton que madame torche bébé pendant que monsieur est à la chasse ou au bistrot avec les copains… Dans un tel contexte, oui il faut parler d’ « Ecole maternelle » et d’ailleurs ce sont des institutrices qui y travaillaient, les instituteurs exerçant dans le primaire (pour garçons).
Mais qu’en est-il à présent ? Restons dans l’histoire en rappelant -quelques- faits :
1909 : le port du pantalon par une femme ne constitue plus un délit à condition que celle-ci tienne par la main un vélo ou un cheval.
1920 : Les femmes peuvent se syndiquer sans demander et avoir obtenu l’accord du mari.
1924 : Le baccalauréat passé par les filles devient identique à celui passé par les garçons.
1938 : Les femmes mariées peuvent ouvrir un compte en banque librement.
1944 : Le droit de vote et d’éligibilité est accordé aux femmes.
1946 : IV° République : sa Constitution reconnaît le principe d’égalité entre hommes et femmes.
1972 : La loi « garantit » l’égalité de rémunération quel que soit le sexe.
1984 : Congé parental ouvert à chacun des parents salariés sans distinction de sexe.
Aussi, parler aujourd’hui encore et toujours d’école maternelle, n’est-ce pas un archaïsme ?
Nous avons là une expression apparue non pas au siècle dernier mais au cours celui qui le précède et la culture qui y est rattachée (rappelons que nous ne parlons pas du droit à l’éducation) est peu glorieuse et ne constitue en aucun cas un exemple à suivre. D’ailleurs nul n’envisage d’en faire un modèle à réhabiliter et à restaurer !
Parce qu’un choix de mots n’est jamais neutre, il me semblerait donc judicieux d’abroger le nom des établissements accueillant les « tous petits » ! Mais pour le remplacer par quoi ?
Les Belges utilisent comme terme « école gardienne » et les Suisses « école enfantine ». Toujours de mon point de vue, cela n’est pas non plus pleinement satisfaisant : cette école ne fait pas que de la garde -elle n’est pas un parking- et la terminologie « école infantile » occulte son côté pédagogique et formateur.
Aussi, de la même façon que notre droit parle de « congé parental » et non pas de congé maternel, pourquoi ne pas dire, au lieu d’école maternelle, « école parentale » ? Son rôle éducatif serait souligné et le côté machiste, héritage du passé, supprimé !
COLPIN Didier
Oui et bien je me fous du nom que portera les classes des « maternelles », c’est de la branlette cérébrale (désolé du mot, je n’en trouve pas d’autres plus polis). Je suis directeur d’une école fondamentale et je voudrais souligner la travail essentiel et remarquable des enseignantes des maternelles. Elles construisent les bases des structures internes des enfants. Elles devraient être beaucoup plus considérées par la société. On devrait leur fournir des formations bcp plus pointues. Et une fois pour toute! LAISSEZ-NOUS FAIRE NOTRE JOB!! Beaucoup le font très bien; avec passion, conviction et courage… Venez dans nos classes, laissez-moi gérer mon école, mes frais, mon équipe et que l’on nous évalue, nous, les directions. Ce serait bien plus utile car sans commandant à bord, la bateau échoue… . Et là, il y a du boulot d’analyse…
Ca c’est un directeur qui sait écouter et respecter les autres.
Je lis … »Venez dans nos classes, laissez-moi gérer mon école, mes frais, mon équipe et que l’on nous évalue, nous, les directions. Ce serait bien plus utile car sans commandant à bord, la bateau échoue… . Et là, il y a du boulot d’analyse… »
A cela, je me permets de répondre : « Sans commandant, le bateau échoue : Ok ! Mais sans équipage de qualité, le bateau échoue aussi ! »
Mais pour revenir à l’article, je suis consternée de constater le peu de crédit que l’on donne à nos collègues du « maternel ». Je suis institutrice primaire ( en 5/8 ans pour le moment ) et sans le travail qu’elles font, le mien serait bien plus difficile.
MERCI et BRAVO à nos collègues qui font un boulot extraordinaire !!!!!
Non l’école maternelle ne se résume pas cela…,non nous ne contentons pas de picotage et de modelage….Moi aussi je m’étranglerai bien en lisant ces lignes…
Cependant cet article (si je le lis au second degré voire au troisième…)met en avant les conditions dans lesquelles nous essayons de continuer notre passion..
En effet notre rôle a bien changé…avec l’évolution de notre société…Des tables à langer installées dans les classes (80 % des petits de classe d’accueil ne sont pas »propres » à l’arrivée en classe) ,des micro-ondes au dîner pour assurer les repas,,Les petits déjeuners à l’accueil,les services infirmiers…. Nous devenons assistante sociale,infirmière…..Quelles spécialisations!!!!…
Avec le peu de formations,de’ moyens financiers et nos classes surpeuplées(moyenne 23 petits anges) nous arrivons encore à ENSEIGNER!!!
Encore un article (et un livre) qui n’est qu’une caricature de l’enseignement.
Il faut n’avoir jamais mis les pieds dans une classe de maternelle, ou alors, il y a très très longtemps, pour écrire de telles âneries.
Si, les activités sont motivées par des liens, des thèmes, des apprentissages et des compétences, encore plus pointues et détaillées que dans l’enseignement secondaire !!!
Si, les enfants y sont éduqués, instruits, éveillés. On y pratique la socialisation et la mise en place du langage. La maternelle, ce n’est pas un jardin d’enfants, on n’y fait pas de garderie !
Quant à savoir si le nom est bien choisi, il n’y a que les pédagogues de salon pour s’en inquiéter. Et même si les pères d’aujourd’hui partagent davantage les tâches et l’éducation que ceux d’hier, il reste cependant qu’ils ne sont pas légions à postuler dans l’honorable métier d’instituteur maternel !
Etant maman avant d’être prof, j’admire le boulot fait par les instis de maternelle. Surtout avec le peu de moyens dont ils disposent…faire des merveilles avec du rien ou pas grand chose… Sachant combien il est essentiel pour la scolarité future des enfants de savoir tenir un crayon, des ciseaux… et je n’ai absolument rien contre le picotage qui permet à l’enfant de se concentrer sur une consigne, d’être précis… par contre je râle contre les disparités… mon fils en 3ème maternelle est moins bien formé dans son école que son cousin du même âge même niveau qui est mieux préparé à son entrée en 1ère primaire.
Arrêtons de prendre les maternelles comme une garderie bon marché car le boulot que ces personnes font avec les bambins est la BASE de tout le reste. Bravo chers instits.
C’est du n’importe quoi!
Sans les classes maternelles, il y aurait encore plus d’échec dans le primaire!
Je n’ose imaginer mes petits-enfants sans leur école maternelle… Elles en font du bon boulot!
Chapeau bas! collègues.
à Marie_1971: Bien sûr, c’est un travail d’équipe. Je voulais juste dire qu’il y en a marre de toujours mettre les enseignants au peloton… Il n’y a pas qu’eux dans une école. La responsabilité DOIT être partagée. Parents, enfants, enseignants et direction.
Comme maman et comme enseignante, j’admire tout le travail fait par les institutrices maternelles.
Que ferions nous sans elles ? C’est toute la socialisation et tous les apprentissages de base qu’elles réalisent avec les enfants !
Et bien cela fait plaisir de vous lire! Merci…
Pfff… Pour dire cela,ils n’ont pas très bien observé :@ J’ADMIRE VOTRE TRAVAIL!!!
Je suis maîtresse de CP en France et travaille en partenariat avec ma collègue de maternelle grande section. De Janvier à Juin, nous effectuons même des échanges de classe de 1h15. Elle travaille avec mes CP en arts visuels et j’effectue une prévention des dangers domestiques avec ses GS qui deviendront mes CP à la rentrée suivante!
Il est indéniable que le travail des enseignants en maternelle est primordial!
Bravo à vous tous!
Dans l’école de mes enfants, la maternelle (qui s’appelle « le jardin d’enfants »
) est une étape fondamentale dans la formation.
Voici un extrait du projet pédagogique qui me semble particulièrement éclairant :
« Au Jardin d’Enfants, de nombreuses propositions d’activités permettent à l’enfant de
développer, d’exercer les compétences sur lesquelles se fondent les apprentissages de
l’école primaire : psychomotricité globale, psychomotricité fine ; jeux de sollicitation des
capacités instrumentales (perception, organisation spatiale, organisation temporelle,
latéralisation, …) ; entraînement de la fonction d’observation (prenant appui sur la
sensorialité), de la fonction d’association (comparaisons, classements, recherche de
critères,…) ; échanges langagiers (développement de la capacité d’exprimer et de
communiquer une expérience ou un « ressenti » personnels) ; diversification des moyens
d’expression (jeu symbolique, activités manuelles, éventail de représentations
individuelles ou collectives des situations évoquées : maquettes, dessins, modelages,
bricolages,…) ; confrontation de la pensée de chacun à la pensée du groupe et ajustement
du raisonnement vers des hypothèses éventuellement généralisables ; constitution d’un
stock de références qui petit à petit devrait permettre à l’enfant de se dégager de son
rapport égocentrique au monde.
Ceci définit les pré-requis aux apprentissages de base. Aucune préparation formelle de
type pré-écriture ou pré-lecture n’est proposée dans notre pédagogie. » (http://be.ecoledecroly.net/ped_pro.htm)
Dommage que les réactions soient épidermiques.
Quand je lis les commentaires, je me dis que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Ne changeons rien.
Nos élèves sont parmi les plus mauvais de l’OCDE.
Mais ne changeons rien.
Et surtout ne réfléchissons pas
Franchement, je ne pense pas que les choses à changer le soient en maternelles.
Vous si ?
Lesquelles ?
Pat,
Je ne sais pas ce qu’il faut changer, je ne suis pas un spécialiste.
Mais les échecs dans le supérieur sont attribués à une mauvaise préparation en humanité. Les échecs en humanité supérieure sont attribués à la mauvaise préparation en humanité inférieure, etc.
Peut-être qu’il faut réfléchir à ce que l’on peut faire, à ce que l’on doit faire dès le début de la scolarité.
Une réaction épidermique n’est jamais bonne.
Cela devrait lancer la réflexion.
Que faire à tous les niveaux, même en maternelle pour sauver ce qui peut l’être
Personnellement, je pense que l’enseignement maternel d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui d’il y a 15 ou 20 ans. Il a été repensé de fond en comble et ne ressemble plus aux garderies qu’ont peut-être connu certains. Un réel apprentissage est mis en place dès la classe d’accueil. Et cela se sent en 1e primaire. Les rares enfants qui ne sont pas passés par les maternelles sont souvent moins autonomes que les autres.
Maintenant, pour améliorer notre enseignement, il faudrait peut-être repenser les programmes, revoir les priorités dans les savoir et savoir faire.
Aujourd’hui, on en demande tellement à l’école qu’elle fait parfois de tout, un peu. Beaucoup de savoir vivre et de savoir être sont aujourd’hui transmis, appris par l’école alorsqu’il y a 10 ans encore, ce sont les familles qui les prenaient en charge.
C’est peut-être là aussi qu’il faudrait changer les choses. Non ?
Une collégue de travail me dit: « tu as vu ce que viens de pondre notre président concernant les maternels »…elle m’explique…je ne peux le croire; je me dirige vers internet pour avoir plus de renseignements…là, je tombe de haut! Je suis outragée de ce que je peux lire.
Les classes de maternelles sont indispensables pour nos enfants; ils apprennent ce que nous n’avons pas le temps de leur apprendre, car Monsieur le Président, dans le monde dans lequel nos vivons nous sommes obligés d’aller travailler à deux parents, et de surcroit noussommes beaucoup moins présents pour enseigner à nos enfants le minimum (chiffres, couleurs, lettres); nous secondons les enseignants, nous en sommes réduits à cela. Pour ma part, les enseignants de mes enfants sont parfaits, j’en suis tout à fait satisfaites. Je ne suis pas militante, mais si ce projet venait à passer, je serais dans la rue.
Si vous avez besoin d’argent ne touchez pas à nos enfants, revoyez plutot le budget de l’Elysée…
Mère de famille, j’ai toujours été convaicue des bienfaits de l’école en général sur le développement des enfants.
Je suis tombée de haut en mettant mon aînée à l’école maternelle!
J’ai constaté que les instits faisaient de leur mieux…peut-être… mais que le « niveau » de la classe était nivelé sur celui des élèves les moins habiles tant au niveau moteur que langage ou graphisme!!!
Résultat: sur 27 petits élèves, 10 donnent le « ton » et les 17 autres s’adaptent et attendent la fin des chahuts, la fin des crises, la fin des activités, la fin de tout le reste…
Même l’instit l’a reconnu en disant qu’elle regrettait mais qu’elle n’avait pas les moyens de fonctionner différemment (ce dont je doute puisque je suis entourée d’amis dont les enfants sont dans des classes « verticales » où chacun peut coopérer et évoluer à son rythme…y compris lorsque le rythme est plus soutenu!)
Pour ma fille et ses petits camarades c’est une année quasi blanche et ennuyeuse (mots des enfants)…je comprends dans ce cas qu’un tel rapport puisse trouver des oreilles attentives…
Allons, allons ! Ne faisons pas d’une classe une généralité.
La grande majorité des classes de maternelle, des enseignants de maternelle, fonctionnent très bien.
La preuve sans doute, le projet belge de descendre l’obligation scolaire à 5 ans. Afin que chaque enfant soit le mieux préparé possible à l’entrée en primaire.
Pour avoir lu ici et là, sur des sites français et dans des quotidiens français, ce fameux rapport et les commentaires ou analyses, il me semble qu’il essaie de justifier par du pseudo pédagogique, des économies et des diminutions de postes.
Je suis effarée!
Je termine cette année mes études d’instit préscolaire. Et ce que nous apprenons a l’école normale ne va pas dans le sens de ce qui est décrit dans ce texte!!! Et toute la construction de l’esprit de l’enfant, de ses démarches de recherche??? Nous lui donnons envie d’apprendre, nous lui donnons des pistes pour qu’il puisse trouver un fonctionnement qui lui convienne. Nous apprenons à l’enfant à travailler en ateliers, nous visons ainsi à ce que chacun puisse développer ses propres potentialités => Cela s’appelle la différenciation!
Les enfants, grâce à ces 3 années de maternelle ont l’occasion de découvrir le mode d’être éveillé aux richesses des apprentissages, de la socialisation, du respect de l’autre,… Je n’ai jamais compris pourquoi les gens se situant hors de l’enseignement (et certains de nos collègues ou futurs collègues) nous critiquent ainsi. Certains des étudiants de notre école normale Nous appelaient les changeuses de couches! C’est triste… Ma propre sœur me dit sans arrêt que j’ai choisi ce métier car c’est une planque!!! Les gens ne pensent pas a tout l’intérêt que nous portons à notre travail. chaque activité donnée est réfléchie dan sun but précis.
Alors plutôt que se laisser critiquer,invitons ces personnes à s’interroger, à se plonger ne serai-ce qu’une journée dans la vie d’une classe maternelle? Pour qu’enfin ils se rendent compte et puissent ainsi s’émerveiller de la richesse et de l’intérêt de notre enseignement…
Je prends plaisir à lire les réactions du public belge à cette polémique française qui me touche particulièrement étant instit en maternelle…
Pour correspondre régulièrement avec une amie belge, instit aussi en maternelle (votre équivalent), je sais que les compétences que nous avons à travailler sont de part et d’autre de la frontière, bien complexes et tendent toutes à aider l’enfant à construire sa personnalité et sa façon d’apprendre. Je n’ai pas le temps de faire du picotage, j’ai bien trop de choses à leur faire faire … observations, expériences, manipulations, graphisme ou écriture…Oui mes élèves de GS savent tous écrire en cursive en sortant de ma classe tout en s’étant régalés sur les jeux mathématiques, les élevages, les Arts Plastiques, les jeux de prélecture, les livres et les contes que je leur lis, la danse contemporaine, la chorale, l’anglais etc… Ils savent cette année même se servir d’Internet pour jouer et ce qu’est un raccourci stocké dans les Favoris… Ils ont compris ce qu’était le temps et les générations. ETC …
L’école maternelle ne sert à rien ? En sommes nous si surs ? Peut être, certaines classes effectivement sont à mettre à part (enseignants peu ou mal formés : il n’y a pas de spécialisation en France, juste la chance de rencontrer des Instits de maternelle qui savent et aiment faire leur travail…)
Mais, je ne change pas les couches (les enfants sont propres en rentrant à l’école), je travaille avec tous les niveaux (3 ans à 5 ans), pas seulement les grands (les moyens me réclament la cursive et ils sont effectivement prets alors pourquoi pas commencer … ILS ONT ENVIE !) et J’ai 29 élèves.
Par contre, j’éduque… respect des autres, principe de réalité,
Si, la maternelle est efficace… ( si vous saviez comme ma collègue de CP me remercie sur les élèves qu’elle a eu cette année)…y compris pour ceux pour lequel le pronostic n’est pas bon au départ…
Et il est possible d’y donner l’envie aux enfants d’apprendre et continuer à l’école. Et des armes pour y réussir, notamment la confiance en soi, l’acceptation de l’erreur, la rigueur et l’effort pour réussir, la nécessité de s’entrainer pour s’améliorer et comprendre qu’on fait toujours des progrès …
Mais il faudrait bien récupérer des sous pour payer … autre chose que l’école…
Alors comme le renard et les raisins, décrions ce que nous ne pouvons plus nous payer…
Etudiante en dernière année, je suis scandalisée par cet article, ces personnes feraient mieux de prendre quelques cours sur le développement de l’enfant afin de comprendre que la maternelle joue un rôle essentiel dans l’évolution de l’enfant ! Pourquoi vouloir brûler les étapes en leur bourrant le crâne de liste de mots (utilité?!) alors que des compétences de bases ne sont pas encore acquises telle que la motricité, la structuration du temps et de l’espace…
Je pense serieusement que pour tenir de tels propos, ces personnes n’ont jamais réellement mis les pieds dans une classe maternelle !!
Encore une chose, que vont devenir les institutrices qui auront fait des études pour le métier qu’elles aiment ?! Les réorienter ? NON, respectez notre métier !!
Bonjour à tous.
Il y a quelques années de cela, j’ai enseigné deux ans en première année à Kinshasa. J’ai également travaillé en discrimination positive à Bruxelles. Dans les deux cas, j’ai pu constater à quel point la majorité (toujours nuancer) des enfants n’ayant pas fait leurs maternelles éprouvaient des difficultés bien plus grandes que ceux les ayant faites. Je ne veux pas entrer ici dans le débat relatif à la pertinence du système scolaire tel qu’il est organisé mais une chose me paraît avoir été démontrée par l’expérience: les maternelles sont une étape importantissime du système scolaire que nous connaissons.
je dis juste » chapeau bas » à toutes ces professionnelles qui s’occupent des enfants .
je suis assistante maternelle mais je sais rester à ma place, je m’occupe de mon public…. 3 mois -3 ans.
il faut savoir comprendre que l’équipe professionnelle qui s’occupe des bouts de chou qui font leurs premiers pas dans une école est bien adaptée à leurs besoins!!! est ce que Mr Darcos a passé une journée dans une école maternelle??? a posé des questions aux enfants??? car il entendrait » j’aime beaucoup ma maitresse, j’aime bien la dame qui s’occupe de nous à la cantine et la super dame qui aide la maitresse » et oui , en stage lors de mon Cap j’en ai entendu des enfants » adorer » l’école, veut pas des vacances…. » alors il faut se rendre à l’évidence !!! oui certaines ont un super niveau pour s’occuper de ce public , mais à qui la faute??? j’ai une maitrise de socio et je suis assistante mater….mais qu’est ce que ça veut dire?? ça veut dire que lorsqu’on sort de notre bac, nous sommes mal orientée…du moins c t le cas à mon époque…. mais cela ne remet pas en cause le travail des maitresses des sections de maternelles » qui ne font pas de changes de fesses…. »!!
j’espère que les écoles ne fermeront pas !!! je compte m’occuper moi meme de ma fille et ne pas la mettre dans ses jardins!!!! qui met en danger certaines professions….pour du fric !!! et oui ça coute moins cher que la nounoue !!! mais à quel prix?? etre enfermé avec d’autres camarades, n’apprenant rien, sans sorties….la fete quoi!!!! enfin….
mes hommages à ces professionnelles et bonjour au directeur d’école qui a laissé un message
j’ai été à l’école maternelle, moi même ( j’avais à peine 2 ans) …
une nounoue, une maman …déçue
bisous à ma copine / ATSEM
Une chose est sûr, l’école maternelle est beaucoup plus utile que certain ministre et leur cabinet (coût élevé …)
Et on se demande pourquoi il y a pénurie dans l’enseignement!!!!nous ne sommes même pas soutenu par ces chers ministres!!!Sont- ils déjà venu passer une journée en classe avec nos chers bambins; là ils pourront constater que nous ne faisons pas que du piquetage; nous essayons de leurs apprendre les bonnes bases pour « accéder » au niveau primaire. Merci aux collègues primaires qui reconnaissent l’utilité de l’école maternelle!!!!!Ps: je suis enseignante maternelle (3eme) et fière de l’être…..