Classes réduites : le Segec grapille un an

Nous vous en parlions le 25 mai dernier. Le gouvernement de la Communauté française entendait voter un décret limitant la taille des classes et les heures de coordination dans le secondaire. Produit de l’accord sectoriel de 2008-2009 conclu entre le gouvernement et les syndicats, il devait être appliqué à la prochaine rentrée scolaire.

Il sera pourtant reporté d’un an1. L’intense lobbying mené par les représentants de l’enseignement catholique – qui ne digéraient pas, mais alors là pas du tout, ce décret – aura finalement retardé son vote et donc son adoption. Pour éviter de passer ce décret dans la précipitation, le ministre Dupont a préféré jouer la prudence en même temps que les prolongations.

Qu’est-ce qui pouvait bien fâcher le Segec (Secrétariat général de l’enseignement catholique) à ce point? Deux choses en fait. D’abord la limitation à 3% du nombre d’heures de coordination, heures que les écoles peuvent consacrer à d’autres activités que les cours : les études dirigées, les bibliothèques… Ensuite, les nouvelles normes de dédoublement des classes. Pour le Segec, ces nouvelles normes portent atteintes à l’autonomie des écoles, forcées de revoir leur offre et l’organisation des options.

Les syndicats, eux, sont furieux. Ces nouvelles mesures visent avant tout à ramener les professeurs dans les classes et éviter que ces heures de coordination soient utilisées pour faire tout et n’importe quoi. A la CSC, on rappelle que ce décret a essentiellement un objectif de transparence et que des dérogations pour passer les 3% sont possibles pour autant que les demandes soient justifiées et basées sur la concertation interne. Le syndicat chrétien a appelé au respect des accords conclus avec le gouvernement.

Soucieux d’éviter que cette crise ne paralyse la négociation sectorielle en cours pour 2010 et 2011, le ministre a réuni tous les protagonistes ce jeudi pour rétablir le dialogue. Chacun ayant campé sur ses positions, Christian Dupont a donc préféré le report, qui offre l’avantage d’éviter une rentrée chahutée – si le décret avait été voté juste avant les vacances, il aurait été difficile d’en appliquer les mesures liées à l’organisation des classes et des cours dès la rentrée – et l’espoir pour le Segec d’une renégociation.

Mais la CSC n’entend rien lâcher dans ce dossier. La lutte au sein de la famille chrétienne sera âpre…

  1. Source : Le Soir – 13.06.08 []

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  1. echocynique dit :

    Tiens, ne serait-ce pas une raison pour laquelle les résultats du libre sont meilleurs que dans l’officiel?

    Si l’objectif des syndicats de « ramener les professeurs dans les classes » est louable, l’objectif du SEGEC de permettre de disposer au mieux des ressources en organisant des bibliothèques dignes de ce nom, des remédiations gratuites et de qualité, un support informatique digne de ce nom (voir les messages sur cyberclasses), est certainement tout aussi louable.

    Plutôt que de rester planté sur des dogmes, pourquoi ne pas essayer de comprendre l’un et l’autre, d’analyser les résultats. Et de permettre à chaque direction d’organiser ses classes et son temps professeur au mieux pour ses élèves?

  2. elia dit :

    Moi ce qui m’amuse, c’est que chez nous, il a trois profs en détachement… pour le syndicat !!!

  3. pascal dit :

    Chez nous, seulement deux. ;)

  4. gwendoline dit :

    .en date du 16juin 2008 je lis dans la presse « réaction du cabinet de Christian Dupont…il n’est pas encore certain que cette mesure entre en vigueur à la rentrée prochaine… »
    Gouverner c’est prévoir m’a -t-on appris.
    Effet d’annonce,mesures prises sans concertation,changement mais sans volonté de s’attaquer au problèmes réels de l’enseignement en communauté française connus de longue date démotivation de beaucoup d’enseignants qui en ont marre de ces changements de directives,de programmes…….,laxisme dans l’éducation car dépassés et non soutenus.A quand une politique cohérente respectueuse de l’enfant et de l’enseignant?