Décret mixité : PS et CDH divisés

Vous le savez à présent, le Conseil d’Etat a recalé le nouveau décret voulu par le ministre Dupont. En cause principalement : les critères que chaque école pouvait définir afin de prioriser les demandes excédentaires. Selon le Conseil d’État, cette manière de faire était totalement discriminatoire puisqu’un élève pouvait être recalé dans l’établissement qu’il avait choisi sur base d’un critère X alors que si l’établissement avait utilisé le critère Y en vigueur dans l’école voisine, il aurait certainement été accepté.

Voilà donc les ministres forcés de revoir leur copie… et vite ! Car le temps presse. Mais autour de la table, tout le monde ne semble pas avoir la même vision des choses. Hier, en commission de l’enseignement, le député Léon Walry (PS) et le sénateur Marc Elsen (CDH) ont rédigé… trois amendements1. Ils ont été envoyés en urgence au Conseil d’État, pour avis.

Une belle manière pour la majorité d’afficher son unité…

Mais que disent ces trois amendements?

1. Le premier la joue finaud… il redit, avec d’autres mots, bien sûr, la même chose que le texte recalé;

2. Le second prévoit d’obliger les écoles à choisir leur « critère ultime » dans une liste fermée de quatre options qui sont en fait différentes variantes de tirage au sort : par date de naissance, par première lettre du nom…;

3. Le troisième impose aux école un tirage au sort plutôt alambiqué basé sur les dates de naissance.

Pour l’opposition, ce cirque devient insupportable. Elle pense que PS et CDH, ne pouvant se mettre d’accord, attendent que le Conseil d’État tranche. Mais il reste encore une semaine de négociations à la majorité pour s’accorder sur le texte final… qui pourrait être voté in extremis et appliqué dès novembre…

Qui vivra verra…

  1. Source : Le Soir – 3.07.08 []

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  1. echocynique dit :

    Qu’on supprime simplement ce décret mal réfléchi!

  2. hunin dit :

    Lettre à notre fille,

    Depuis que tu es scolarisée nous t’encadrons et t’inculquons le prix de l’effort. En effet, dans la vie, pour y arriver il faut s’appliquer, travailler dur et faire des sacrifices. Grâce à ta motivation et à notre appui, tes résultats scolaires ont toujours été plus qu’honorables. Nous savons tous les trois ce que cela implique et ce que cela nous coûte au quotidien.

    L’année prochaine, tu entreras en première secondaire, qui est à l’évidence une année charnière dans ton parcours scolaire. Depuis deux ans , nous avons entamé les démarches pour trouver une école qui réponde aux critères que nous nous étions fixés tous les trois : proximité, qualité de l’enseignement, discipline, établissement où, de plus, tu allais retrouver tes camarades de classe actuels. Nous avions arrêté notre choix sur un collège d’une commune voisine que nous avions visité et qui t’avait définitivement séduit. Nous t’y avons donc préinscrite l’année passée.

    Depuis quelques semaines, nous savons que nos projets risquent fort d’être réduits à néant par un tirage au sort. C’est ce que certains élus appellent le « Décret Mixité Sociale » voté durant la période de vacances passés (!!!!). Après lecture et analyse de ce roman-décret, que nous avons tenté de t’expliquer au mieux, nous nous posons de nombreuses questions :

    - Pourquoi et de quel droit ?
    - Qu’en est-t-il de la reconnaissance et de la récompense de tes efforts ?
    - De quelles libertés disposes-tu pour choisir ton avenir ?
    - Après le marathon-inscriptions qui nous attend afin de t’assurer une scolarité pour l’année prochaine, dans quel établissement le hasard te mènera-t-il ?
    - Correspondra-t-il à tes attentes ?
    - Seras-tu en sécurité lors des trajets que tu devras effectuer seule désormais ?

    Comme tu l’as constaté, le débat est ouvert aux portes de ton école… Après en avoir discuté avec les parents de tes copains de classe, ce qui en ressort, c’est un sentiment de discrimination et de pénalisation. D’une part, à l’égard des enfants qui, comme toi, ne pourront bénéficier de la priorité des établissements primaires adossés parce que inexistants dans leur commune et d’autre part, à l’égard des parents, toutes origines et couches sociales confondues, qui s’impliquent dans la scolarité de leurs enfants mais qui, malheureusement, ne résident pas dans les communes disposant d’établissements scolaires de qualité.

    Quel miracle espèrent les instigateurs de ce décret ? Pensent-ils effacer d’un coup de balai les carences cumulées de l’enseignement de la Communauté Française ou veulent-ils simplement noyer le poisson ? Il y a de quoi s’inquiéter de ce nivellement par le bas officialisé quand on sait que le niveau de l`enseignement en Communauté Française est déjà «au ras des pâquerettes…».

    En fin de compte, cette loi n’est autre qu’un emplâtre sur une jambe de bois dont les principales victimes sont, une fois de plus, les enfants. La conséquence logique en sera une démotivation des élèves, des parents, des professeurs et des directeurs d’écoles que l’on prive purement et simplement de leur liberté. Chronique d’une mort annoncée.,,

    Nous n’avons qu’une chose à te dire : crois en toi, plus que jamais.

    Tes parents.