Ils écrasent les francophones aux test PISA en obtenant de meilleurs résultats en maths, sciences, lecture… Ils n’étudient pourtant parfois qu’à quelques kilomètres de nos athénées wallons. Pourquoi les flamands obtiennent-ils de si bons résultats?1 Ils ne sont pourtant pas plus malins que nos élèves. Alors?
Au-delà des chiffres parfois trompeurs et/ou manipulés, il y a une réalité que l’on ne peut nier : la Flandre est plus performante que la Communauté française. Rapidement, notons qu’aux tests PISA, elle relègue les Wallons à 40 points en sciences et à prêt de 50 points en lecture. Un gouffre ! Mais il n’en a pas toujours été comme ça. Dans les années 70, les performances des deux communautés étaient à peu près équivalentes. Mais l’enseignement du nord a évolué alors que les résultats du sud se tassaient lentement. Aujourd’hui, nous n’avons pas un train de retard… mais toute une gare.
Une conjoncture économique favorable
La Flandre jouit actuellement d’un contexte économique plutôt favorable. Une santé presque insolente qui pèse sur les résultats des petits néerlandophones. En effet, les pays les plus avancés sur le plan économique obtiennent généralement de meilleurs scores que les autres. Ainsi, si on compare les résultats par provinces, on constate que le Brabant wallon obtient, par exemple, un résultat nettement supérieur à ceux des petits Hennuyers. Personne ne sera surpris de lire que les Brabançons les laissent 50 points derrière en sciences… Une différence qui pourrait s’expliquer par les difficultés socio-économiques qui marquent plus particulièrement le Hainaut. Mais ce n’est pas la seule explication…
Un taux de redoublement plus faible
La Communauté française est championne toutes catégories du redoublement. Aux JO de l’échec, elle décrocherait aisément la médaille d’or. En cause principalement, un enseignement basé sur la sélection. Nos professeurs pensent encore trop souvent, à tord, qu’il faut « sélectionner » les meilleurs. Combien de fois a-t-on entendu « le petit nombre des élus garantit la béatitude au paradis »? Les contrôles et devoirs servent avant tout à classer l’enfant par rapport aux autres. En Flandre, elle le situe par rapport à l’ensemble de la classe. La nuance est très importante.
En Communauté française, ils sont 49% d’élèves à afficher un retard scolaire d’au moins un an alors qu’ils ne sont que 27% en Flandre. Si cela joue? Indiscutablement. La Finlande, qui ignore le redoublement, cartonne dans les enquête internationales. Alors, réduire le redoublement pour améliorer les résultats? Selon les spécialistes, si la proportion d’élèves « en retard » baissait de 20%, l’écart entre les deux communauté serait réduit de près d’un tiers. Un gain non négligeable.
Un enseignement de qualification plus performant et mieux valorisé
Si ces filières sont déconsidérées en Communauté française, elles sont en revanche très bien vues au Nord. Ils sont 53% de flamands à avoir fait le choix de l’enseignement de qualification alors qu’on parle de « relégation » pour les 36% de francophones qui y « échouent » ou « descendent ». Le choix des termes n’est pas innocent… loin de là. « Tu ne vas quand même pas descendre en technique?. Comme s’il y avait les études d’en haut… et les études d’en bas. Dans les milieux les plus favorisés, les élèves et les parents ne s’y trompent pas… et font le forcing pour rester dans l’enseignement général… quitte à répéter une ou deux fois son année. Un gâchis?
Les élèves francophones du technique et professionnel y sont rarement par choix. Ils ont décroché du système « général » et/ou ont été invités gentiment par le conseil de classe à revoir leurs projets d’avenir. En Flandre, un élève qui échouerait dans une option du technique se verrait plutôt proposer de passer dans l’année supérieure dans une autre filière. Un choix préféré au redoublement dans la même section… Un choix positif qui fait un pari sur l’élève… et non un constat d’échec.
Et si on observe de grandes différences entre nos deux enseignements, l’écart est particulièrement significatif lorsqu’on pointe la filière de qualification.Et cela même si cette section rassemble davantage d’enfants issus de milieux moins favorisés. La situation économique n’explique pas tout. Et heureusement… en tout cas pour les Flamands.
Un meilleur financement
Il n’y a pas de secrets. Le Nord dépense 3 776 euros par élève et par an dans le fondamental, 7 187 dans le secondaire contre 3 078 et 6 058 en Communauté française. Une différence de moyens expliquée par le faible taux de redoublement qui permet d’investir davantage.
Notons aussi que des chercheurs ont estimé que les socles de compétences sont plus clairs et plus précis en Flandre. Tous ces éléments combinés permettent à cette communauté de tutoyer les sommets et de défier la puissante Finlande. Qu’il serait bon que nos politique s’inspirent de notre voisine.
- Source à la base de cet article : Le Vif – 29.08.08 [↩]
Je ne remets pas nécessairement en cause les conclusions de cette étude.
Je me dis simplement que les conclusions sont assez hâtives et risquent de mener à de mauvaises réactions.
Corrélation n’est pas cause à effet
http://www.economiques.eu/fausses-evidences/correlation-pas-cause-a-effet.htm
Par exemple;
si la Flandre consacre plus d’argent à l’enseignement, il y a des pays qui consacrent moins et qui s’en sortent mieux.
on a l’impression que les élèves s’en sortent mal parce que le taux de redoublement est élevé . C’est peut-être l’inverse?
Pour ma part je crois (mais c’est une conviction comme une autre):
1. Les Flamands utilisent beaucoup mieux leur argent que nous. Le seul exemple de Cyberclasse est suffisant.
2. Les flamands jouissent d’une plus grande autonomie pédagogique, voir à ce sujet l’étude de Destexhe
3. Les profs flamands sont plus « heureux », comme dit plus bas. Donc plus motivés et cela influence les élèves.
4. Les profs flamands travaillent plus ensemble. Au niveau de l’établissement et au niveau de la Communauté. Il suffit de voir le succès des réunions qu’ils font
5. Les profs flamands jouissent d’un support plus grand. Voir à ce sujet leur site ou leur revue Klasse (tiens et chez nous, où en est le projet?)
Je place beaucoup d’espoir dans notre ministre Dupont. je crois qu’il a une vision claire et vise le long terme et pas les prochaines élections.
Question amusante. Les enseignants flamands sont-ils « heureux » parce qu’ils ont un enseignement de qualité ou l’enseignement est-il de qualité parce qu’ils sont « heureux »?
Par ailleurs, je ne partage pas l’idée que plus d’autonomie = réussite ou meilleure gestion. Les néerlandophones souffrent d’autant de contraintes que nous, si du moins on peut utiliser ce terme. Il a été démontré que l’étude de Desthexhe est une fumisterie, une grossière manipulation des chiffres dans le but de placer quelques théories libérales sur l’enseignement.
Vous voulez un enseignement autonome, libéral? Allez étudier aux Etats-Unis…
En même temps, je suis d’accord avec l’idée qu’il faut revoir nos priorités. Les Flamands utilisent mieux leur argent que nous… mais disposent de davantage de moyens. C’est indéniable. Où file notre argent alors?
Pour ma part, je ne sais pas quoi penser du nouveau ministre. Je ferais confiance… mais j’attends de voir concrètement ce qu’il va mettre en place. On n’est jugé que par nos actes.
le principal problème vient du fait que les Wallons (« francophones ») gèrent deux communautés et une région avec la pléthore des ministres qui les composent… faut les payer ces gens-là non ?
Les flamands ont eu… une et une seule fédération qui regroupe tout !!! Il dépense donc au moins la moitié moins d’argent rien que pour les frais « fixes » chauffage, électricités, intendance, … Rien que ça, et à l’heure actuelle c’est déjà pas si mal comme rallonge budgétaire non ???
Mais là, c’est du domaine auquel nos politiques s’attèlent lourdement et avec conscience depuis plusieurs mois…
Et qu’on arrête de fusiller les enseignants qui estiment que « enseigner » ce n’est pas niveller par le bas comme on nous le demande !!! Non tous les élèves ne sont pas fait pour être médecin et de même tous ne sont pas fait pour être artisan indépendant…
Or on nous demande d’en faire tous des ingénieurs…, on dénigre les sections qualifiantes et les « pauvres » élève qui n’en n’ont manifestement rien à faire de l’école, quels choix ont-ils ?
« Un enseignement de qualification plus performant et mieux valorisé »
Je crois que tout est dit avec cette phrase. La différence entre les deux communautés est là.
Si l’on compare les résultats Pisa avec seulement les élèves des classes de GENERAL, la Flandre et la CF ont des résultats semblables. C’est le technique et le professionnel qui ne fonctionnent pas chez nous : ce sont des filières de RELEGATION. Très rarement un choix positif. Comme je l’ai déjà indiqué sur ce site dans un précédent post, il faut retirer ces élèves de l’enseignement traditionnel. La formation en alternance me paraît être la meilleurs solution pour eux : deux jours de cours grand maximum avec les bases en math et en français et un partenariat avec les entreprises pour les trois autres jours, comme dans les centres CEFA. Le privé se plaint de ne pas trouver de la main d’oeuvre qualifiée dans le bâtiment, l’usinage, … et recourt bien souvent à de la main d’oeuvre étrangère … et illégale. Tout le monde ne peut pas suivre des études supérieures ou universitaires, il faudrait valoriser ces travailleurs manuels en supprimant d’abord cet obsolète statut « d’ouvrier » socialement défavorable. Mais les syndicats d’enseignants n’en voudront pas : le professionnel et le technique « offre » davantage d’heures d’encadrement que le général donc… on n’y touche pas. Pourtant, l’école devrait s’adapter à l’offre du marché, me semble-t-il.
A propos de Desthexhe
Oui, ces propos sur le réseau de la CF sont même insultants et des chercheurs suisses, donc logiquement impartiaux, ont infirmé sa thèse en précisant que le mode de calcul pour comparer les résultats est erroné. Selon eux, la différence entre les résultats des réseaux concurrents en Belgique est INFIME.
Et si la mentalité était peut être en cause??? L’envie de réussir, de travailler????
« Il a été démontré que l’étude de Desthexhe est une fumisterie, une grossière manipulation des chiffres dans le but de placer quelques théories libérales sur l’enseignement. »
cela m’intéresse parce
1. Ce que j’ai lu dans l’étude du sénateur Destexhe
2. Les calculs que j’ai effectués moi-même sur le site de Pisa
3. L’analyse critique des réactions à cette étude qui chaque fois montraient un dogmatisme ignare (peut-être une tautologie?)
4. Le simple bon sens
5. La cohérence: comment peut-on vouloir augmenter l’autonomie de nos élèves et considérer que l’autonomie ne peut être un facteur d’amélioration de la qualité.
« Oui, ces propos sur le réseau de la CF sont même insultants »
Vous devriez relire l’étude elle-même, pas les comptes rendus déformants qui en ont été faits.
Bien sûr, c’est plus facile de se sentir insulté que de réfléchir sereinement.
hedwige
« Et si la mentalité était peut être en cause??? L’envie de réussir, de travailler???? »
Attention, ça, c’est insultant
A jonathanf
« Question amusante. Les enseignants flamands sont-ils “heureux” parce qu’ils ont un enseignement de qualité ou l’enseignement est-il de qualité parce qu’ils sont “heureux”? »
Plus qu’amusante, je trouve.
Je crois que c’est les deux (réponse de Normand)
C’est comme la réussite des élèves et leur motivation.
Une élève m’a dit un jour »j’étudie une matière quand je l’ai bien réussie »
Depuis, je commence par une interro qui semble difficile et je note super large.
Et cela marche: les élèves étudient mieux parce qu’ils ont bien réussi.
Comme quoi, il suffit parfois d’une étincelle pour allumer un brasier
Elle a bien entendu été lue avec intérêt.
Et je persiste et signe.
Ok JonathanF,
Mais il faudrait citer les sources alors.
Parce que si c’est l’étude citée dans
http://www.enseignons.be/actualites/2008/05/21/le-libre-meilleur-que-lofficiel/
il faudrait alors revoir les chiffres.
Les élèves de milieu socio économiques plus faibles réussissent mieux dans le libre que dans l’officiel.
ce sont les chiffres.
Si le technique et le professionnel sont trop souvent des filières de relégation, c’est parce que la mentalité francophone pousse les parents à essayer d’abord l’enseignement général. Et si cela ne va, à mettre ensuite l’enfant en technique ou professionnel. De nombreux parents (et même enseignants du primaire) pensent que « c’est toujours ça de pris ».
Parce que ces filières souffrent d’une image dégradante et dégradée et souvent fausse !
Un enfant qui commence sa scolarité dans une école technique la termine en général en 6 ans. Un enfant qui y arrive en cours de route mettra au moins une année de plus pour terminer sa scolarité !
Une autre remarque sur la différence Nord Sud…
Les Flamands ne se sont pas jetés à corps perdu dans le Rénové comme nous le fîmes dans les années 70. Et ils n’ont pas eu à encaisser les dizaines de réformes qui ont suivi en CF.
La stabilité de leur enseignement et la réflexion qui a permis des réformes mieux construites apportent aujourd’hui des résultats probants !
D’accord avec vous Pat mais je demeure persuadé que ces filères seraient nettement mieux formées par l’entreprise. Rien que pour le matériel, quelle école peut-elle se permettre d’avoir du matériel mis à jour ? Aucune, évidemment. A quoi cela sert de former des élèves sur du matériel qui devient rapidement obsolète ? C’est un non-sens économique mais surtout humain. Une société a besoin certes de cerveaux mais encore, et heureusement, de mains. Cette mentalité francophone trouve son origine dans la mentalité de fonctionnaire de beaucoup de personnes. Le Wallon a beaucoup moins d’esprit d’entreprise que d’autres peuples. Il est malheureusement très difficle de changer de mentalité. Quand on voit l’assistanat qu’une certain parti politique promeut, on ne s’étonne pas que les jeunes Wallons n’en veulent pas. Je ne suis pas libéral mais je suis écoeuré quand je vois des gens qui touchent des allocations toute leur vie alors qu’ils ont deux bras et deux jambes come moi. Ce ne sont pas des cas isolés. Ce sont des gens qui profitent d’un système socialement trop attractif.
Mes deux enfants suivent leur scolarité en néérlandais depuis leur première maternelle. Ils sont actuellement en rhétorique (economie-moderne talen) et en deuxième (grieks-latijn). Nous sommes francophones et habitons Gembloux.Comme quoi… tout est possible!
Je pense que dès leur plus jeune âge, on leur donne le sens de l’effort.Ils doivent travailler tous les soirs, ont des dictées presque tous les jours, doivent lire 20 minutes tous les soirs (en primaire). En humanité, on ne les laisse pas tomber en cas d’échec même s’il s’agit d’une branche comme histoire.L’enfant est tout de suite pris en main et épaulé par son professeur. Les adultes se mobilisent davantage et les élèves ont un grand respect pour leurs professeurs.Le vandalisme et l’impolitesse sont sanctionnés directement.Il y a davantage de dscipline, d’exigence mais cela depuis la première maternelle (en rang par deux en silence, manger proprement,lever son doigt,…)L’enfant ne s’en rend plus compte car c’est devenu une habitude.Il a envie de réussir, l’effort peut l’ennuyer mais pas l’arrêter.
Confier l’enseignement professionnel et technique aux entreprises, ce serait former des techniciens hautement spécialisés qui risqueraient de se retrouver sur le carreau lors de la délocalisation de leur entreprise.
Former ces jeunes à l’école, c’est, malgré le caractère obsolète de certaines machines, en faire des techniciens polyvalents capables de rebondir en cas de perte d’emploi.
Elia,
Vous avez déjà vu la « formation » que reçoivent certains jeunes dans certaines écoles professionnelles.
C’est de l’arnaque pure et simple
Je ne parle pas de ce que je ne connais pas. Dans mon école, c’est loin d’être de l’arnaque !
OK Elia,
Comment expliquez-vous alors d’une part la pénurie de main d’œuvre et d’autre part le chômage des jeunes qui sortent du P?
Professeur de français dans l’enseignement flamand, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt la discussion sur les différences de l’enseignement entre la communauté française et la communauté flamande. J’ai pas mal d’amis francophones et on m’a déjà souvent posé des questions sur ce phénomène. Comme on a déjà dit dans le forum, je crois qu’en effet ça commence très tôt. Dès leur entrée à l’école maternelle, on met des limites strictes auxquelles les petits doivent se tenir. Puis, petit à petit, on leur donne des responsabilités parfois importantes qui stimulent leur engagement. Mais attention: détrompez-vous: chez nous aussi, il y a des enfants qui rebellent, qui ne s’habituent pas au système. Chez nous aussi, il y a encore beaucoup de parents qui veulent que leurs enfants commencent dans l’enseignement général. On a beau leur dire qu’il vaut mieux mettre l’enfant dans le technique voire le professionnel, il y aura toujours des gens qui méprisent ces sections. Et les profs flamands seraient plus heureux que vous? Je n’en sais rien mais en lisant votre forum j’ai l’impression que vous n’êtes pas si malheureux que ça! Vous me paraissez vraiment intéressés et motivés!
(dernier correctif)
Bonjour
peut-être y a-t-il aussi un problème entre les différents pouvoirs : je travaille dans un réseau où l’on sent que l’intérêt du po n’est pas l’éducation, où “citoyenneté responsable” n’est qu’un fond de commerce qui leur sert de pub. Je travaille dans une école où le seul intérêt est lié à la vanité sociale, où les lignes “pédagogiques” sont inexistantes. J’ai vu dans ma carrière les chefs s’entourer de coquins qui n’avaient à la bouche que le mot “citoyen », “droit de l’homme”… Je travaille dans un établissement où Communauté et po ne sifflent pas la même rengaine, où le prof est soumis à des critères d’inspection variables selon les pouvoirs. Je travaille dans une école où le centre multi média est inexistant (ordi complètement défaillants, pas de personnes-ressources). Je travaille dans une école où les élèves n’ont pas emprunté un livre en 7 ans. je travaille dans une école où le silence est de mise. Comme dans beaucoup d’endroits en Baronnie Valonne. Peut-être aussi faudrait-il aller voir du côté des pouvoirs et autres barons locaux ? Je m’insurge d’avance de l’accusation de « poujadisme » que l’on pourrait faire à la lecture de ces lignes qui éclairent seulement d’une lueur pâle et désespérée la situation de certains profs dans certains réseaux ou dans certaines écoles. J’aime à espérer que ceci n’est qu’un cas isolé et que j’ai joué de malchance… Il y a trop de pouvoirs locaux et l’autonomie de ceux-ci n’a pas toujours l’effet démocratique qu’on aurait pu en espérer. Au contraire,…
En ce qui concerne les différences de résultats entre néerlandophones et francophones, personne n’a pointé certains facteurs défavorables.
- Toutes les émissions, les dessins-animés, les films des petits francophones sont doublés dans leur langue tandis que chez les néerlandophones, il y a beaucoup plus de sous-titres. Les néerlandophones lisent donc plus, ce qui a un impact sur les résultats dans leur langue natale, mais également dans les autres disciplines. En effet, pour résoudre un problème mathématique, il faut d’abord être capable d’en comprendre l’énoncé.
La Communauté Française et son cortège d’enseignants ne devraient-ils pas user de leur influence pour modifier les usages des chaînes de télévision ?
- Les problèmes de l’enseignements sont directement liés aux problèmes de société et à l’éducation transmise pas les parents. Ainsi, un enfant qui a des parents à l’esprit travailleur aura-t-il plus tendance à faire des efforts pour apprendre, tandis que l’enfant qui a des parents laxistes aura tendance à laisser aller. (C’est un peu stéréotypé, j’en ai conscience, aussi, dites-moi si je me trompe).
La communauté francophone ne devrait-elle pas revaloriser le travail et les travailleurs ? Agir sur les parents, c’est aussi agir sur leurs enfants.
la situation économique de la wallonie n’explique rien.Mon épouse est issue d’une famille d’immigrés italiens de dix enfants dont le père était mineur de fond. Il y a dans cette famille:une architecte, une superviseuse d’hypermarhés pour toute une province, un commissaire de police , un licencié en sciences sociales, deux infirmières graduées , une institutrice , un militaire avec grade d’adjudant,une secrétaire parlementaire et une secrétaire de direction. Des parents peu instruits et non francophones,la prmiscuité etle manque de moyens matériels ne les ont pas aidés. Seuls le travail et la volonté les ont amenés là où ils sont.Faire croire à nos jeunes qu’on peut apprendre et réussir en s’amusant et sans effort est un leurre qui coûte très cher et hypothèque sérieusement toute vie professionnelle future.
Merci M. Lechat. Votre épouse nous montre que l’ascenseur social fonctionne encore. Quels cons, ces chercheurs qui depuis des années disent le contraire.
Je travaille dans une école flamande et mes enfants vont à l’école en Wallonie (il faut étudier ou on habite, sinon on ne fais pas parti de la société)
Malgré le fait qu’ils sont dans une école réputé ils doivent travailler beaucoup moins que les élèves dans mon école technique et professionelle flamande.
Par exemple si un prof est absent, dans mon école il est remplacé par un autre prof et bien souvent le prof absent donne un devoir à faire.
Mes enfants peuvent parfois arriver plus tard ou quitter l’école plus tôt à cause d’un prof absent.
C’est probablement une question de mentalité (qui peut/devra changer). Je suis membre de 2 bibliothèques en Flandres et une en Wallonie. En Flandre après lecture tout le monde remet son journal ou magazine où il l’ a trouvé. Dans ma ville en Wallonie après lecture on laisse le journal ou magazine sur une table et en fin de journée plus personne retrouve ce qu’il cherche.
Elia
« Confier l’enseignement professionnel et technique aux entreprises, ce serait former des techniciens hautement spécialisés qui risqueraient de se retrouver sur le carreau lors de la délocalisation de leur entreprise.
Former ces jeunes à l’école, c’est, malgré le caractère obsolète de certaines machines, en faire des techniciens polyvalents capables de rebondir en cas de perte d’emploi. »
La réalité est tout autre.
Les écoles, et c’est normal, ne sont pas au fait des nouvelles techniques et certainement pas des techniques de demain.
Or, il faut former nos élèves aux techniques de demain, pas celles d’aujourd’hui et encore moins celles de hier.
Qui mieux que les entreprises peut savoir cela.
Et s’ils ont une main d’œuvre hautement qualifiée en Belgique, ils ne délocaliseront pas.
Je pense que l’entreprise ne peut tout gérer, pas plus que les écoles dans l’état actuel des choses. Mais des partenariats existent. Avec TechniFutur notamment. Cela donne des résultats très satisfaisants.
Bon nombre de nos étudiants y ont trouvé leur futur employeur.
N’y aurait-il pas aussi un problème au niveau de l’orientation des élèves? Pensez-vous qu’un jeune de 14 ans soit en mesure de choisir une orientation professionnelle? Sait-il qui il est, connait-il assez la société et ses possibilités, ne va-t-il pas changer…? J’ai toujours enseigné dans le technique et professionnel et chaque année, j’avais des élèves qui terminaient leur formation en me disant ne pas aimer leur métier.
Ne serait-il pas plus intéressant (comme cela se passe en Finlande) d’avoir un tronc commun jusqu’à 16 ans, au cours duquel les élèves développeraient à la fois leurs compétences intellectuelles, manuelles, artistiques, sociales… et donc un enseignement adapté à tous et qui donnerait le temps et les moyens aux jeunes de mûrir et de construire leur projet personnel et professionnel en évitant l’échec, la relégation, l’humiliation, les blessures, l’ennui…?
Ce qui est vrai pour certains ne l’est pas forcément pour tous.
Depuis qu’il est petit, mon fils est passionné par le travail du bois : sculpture au canif, confection d’un nichoir puis achat d’une découpeuse… et en fin de 2e l’évidence pour tous : une 3e qualification en menuiserie. Il est en 4e et adore ce qu’il fait. C’est moins évident pour les cours généraux, mais on ne peut pas tout avoir.
Le problème de l’enseignement, c’est de créer un moule unique, sensé être applicable à tous. Mais nous sommes tous différents ! Orientez plus tard : oui, pour certains mais pas en faire une loi unique, qui en découragerait beaucoup d’autres.
Qu’on ne perde plus de temps à chercher les causes du retard des élèves francophones mais qu’on apporte des solutions réelles :
1° une stabilisation des programmes qui n’arrêtent pas de changer.
2° des programmes de cours qui mettent vraiment l’accent sur les connaissances fondamentales et qui ne nous demandent pas de construire sans fondations
3° des programmes lisibles et facilement compréhensibles qui sont écrits par des gens sérieux et non par des psychopédagogues huluberlus
4° moins de tracas administratifs (compétences, objectifs, inspection) pour puvoir se consacrer à son métier d’enseignant
5° Mise à disposition des enseignants d’outils pédagogiques (manuels scolaires) qui correspondent aux programmes pour que l’enseignant puisse consacrer son temps à l’enseignement au lieu de chercher de la documentation
6° Que les politiques donnent leur confiance à l’école et aux enseignants au lieu de donner tous les droits à l’ »enfant-roi » (soutien des enseignants face à la violence, à leurs décisions,…)
Si on veut que le niveau se relève, il est temps de se mettre au travail et pas de se lamenter ou de se consoler en se disant que d’autres pays ne sont psmieux que nous.
Je suis bien d’accord avec Jean (28 ou 29 sept.)….. Prenons les exemples de l’Allemagne et de la Finlande pour réformer notre système scolaire et comme l’ont dit d’autres interlocuteurs, supprimons des politiciens (impossible avec le PS qui a voulu les lois d’août 1980 pour étendre le pouvoir de « la gauche » en Wallonie…et quelle gauche! caviar, oui sans aucun doute!)
Il y a 3 types d’écoles en Allemagne et dès 10 ans, les élèves sont classés et placés dans un type, chaque type se valant et n’étant pas la « honte » des autres (comme le technique et le professionnel chez nous): le gymnasium pour les « intellectuels, un second type (excusez ma mauvaise connaissance de l’Allemand) qui représente la filière plus technique et un troisième la filière plus professionnelle. Si les tests de « placement » se sont trompés quant à un élève ou si celui-ci s’ »éveille » plus tard et se révèle plus capable d’aller au gymnasium, il peut changer de filière…… Ici en belgique, sous prétexte que certains enfants sont dans de mauvaises conditions sociales, etc. on nivelle tout le monde par le bas, du moins on le veut ainsi, ce qui explique l’engouement pour certaines écoles, qui n’est qu’un « engouement pour un certain type de population sociale »…je caricature sans-doute un peu… mais notre système scolaire, dans son application, est une mauvaise mixture d’un « socialisme » mal compris ou perverti, d’une culture de l’ »enfant-roi consommateur piégé », d’un laxisme pervers….La pédagogie des savoir-faire uniques, mal désservie par des savoirs mal acquis, en d’autres mots la pédagogie des « compétences » (encore un produit d’Amérique du Nord), est une catastrophe dans son application….