La rentrée coûte très cher aux parents. Crayons, cahiers, cartables, trains, bus, frais divers… A chaque rentrée, ce sont des centaines d’euros qui quittent le portefeuille.
Un poste particulièrement onéreux est celui des frais de cantine. Le prix varie le plus souvent entre 1,5 et 2 euros dans le maternel, de 1,8 à 2,5 dans le primaire et de 2,5 à 3,5 euros dans le secondaire. Ils seraient plus de 187 000 à prendre chaque jour ce repas en Communauté française, parmi eux, des enfants dont les parents tirent le diable par la queue.
Le ministre Dupont a suggéré hier à ses collègues du fédéral de rendre ces frais déductibles fiscalement comme le sont déjà les frais de garde, déductibles à hauteur de 11,20 euros par jour de garde et par enfant1. Christian Dupont a constaté que ce maximum était rarement atteint, la moyenne des frais de garde étant de 5 ou 6 euros par jour. Une marge budgétaire est donc disponible pour permettre à tous les enfants de prendre un repas chaud à l’école. Quand on sait que certains enfants ne mangent même pas chaud chez eux le soir, on mesure combien cette mesure pourrait aussi avoir de la valeur sur le plan diététique.
L’opposition libérale parle de « démagogie« . Françoise Bertieaux ne mâche pas ses mots à l’égard de la nouvelle idée du ministre de l’enseignement.
Cette mesure est innaplicable. On l’a dit et redit, notre priorité, c’est d’objectiver les frais scolaires réclamés, parfois illégalement, par les écoles. Pour ce faire, la facturation devrait être obligatoire. Le ministre doit d’abord veiller à ce que l’enseignement tende vers la gratuité. Et puis voir comment la Communauté française peut agir. Mais pas refiler la patate chaude au fédéral.
Christian Dupont balaie la critique. La Communauté ayant soutenu le fédéral pour le transport scolaire, il lui semble normal qu’il participe à son tour… d’autant que cette mesure, importante pour le pouvoir d’achat des familles, s’intègre parfaitement dans son plan d’action lancé à la rentrée et visant à soulager les budgets des moins favorisés comme des familles nombreuses.
Le ministre soumettra son idée très bientôt à son collègue des Finances Didier Reynders. Après les grosses réductions des abonnements TEC, la gratuité des cantines? Ce serait un nouveau pas dans la bonne direction.
- Source : La Meuse – 2.09.08 [↩]
« Quand on sait que certains enfants ne mangent même pas chaud chez eux le soir, on mesure combien cette mesure pourrait aussi avoir de la valeur sur le plan diététique » => Une fois de plus, on charge l’école de combler les lacunes à charge des parents. A suivre ce raisonnement, certains parents vont vraiment se déresponsabiliser à tous les niveaux. Je pense qu’il faudrait plutôt investir dans l’éducation du « bien manger » à l’heure où l’Europe imite tristement le comportement des Américains et la « fat attitude ».
« refiler à son collègue du fédéral »
Tiens, on a un gouvernement fédéral ???
Une fois que les soi-disant problèmes communautaires dont tout le monde se moque résolus, peut-être qu’il restera un peu de temps pour s’occuper des citoyens qui ont élus nos parlementaires…