Nos écoliers ont des problèmes d'écriture

C’est à se demander ce qui se passe. Après les problèmes de lecture mis en évidence dans une étude publiée récemment par la Communauté française, voilà qu’une autre enquête, commandée par le fabricant de matériel scolaire Pelikan, met en évidence des problèmes graphomoteurs pour plus de 30% de nos élèves, 1 élève sur 31.

Et ces problèmes ont des conséquences parfois dramatiques. Un enfant qui écrit mal en souffre dans sa vie quotidienne, comme en témoigne les parents du petit Dries, 9 ans.

Avant, mon fils était un enfant très sociable, drôle et joueur. Maintenant, il éprouve plus de difficultés à nouer contact. Souvent, il ne se sent pas bien et adopte un comportement difficile. Il se plaint plus qu’avant, s’éveille de mauvaise humeur, dit se sentir malheureux et se dispute plus souvent avec son frère

Dries n’est pas le seul à se sentir mal. Les informations glanées durant 6 mois par les enquêteurs et concernant près de 40 000 enfants sont très claires, il sont des milliers en Belgique à se sentir à la traîne, à ne plus avoir confiance en eux… « simplement » à cause de leur écriture.

Pourquoi écrivent-ils mal? Souvent parce qu’ils adoptent une position tendue ou crispée, parce qu’ils tiennent mal leur stylo, produisent des lettres illisibles, écrivent trop rapidement ou trop lentement, n’arrivent pas à se concentrer… Certains écrivent même à l’envers ! Le résultat est sans appel : un retard scolaire assuré. Mais ces soucis d’écriture ont aussi une influence sur leur développement social (difficultés à communiquer) et émotionnel. Il en résulte une démotivation voire un refus d’aller à l’école. Lorsqu’ils arrivent en secondaire, il est parfois trop tard.

J’étais gêné de participer aux travaux de groupe (…) Finalement, je n’avais plus envie d’écrire, donc je n’écrivais plus. Mes résultats scolaires ont chuté parce que je ne parvenais pas à relire mes notes.2

Certains enfants se plaignent aussi de douleurs physiologiques : ils ont mal à la main ou au poignet, sont fatigués… Pour la graphologue Sylvie Tramasure, 9% des enfants concernés sont victimes d’un déficit d’attention, 8% sont dislexiques, 2,5% dispraxiques, 1,8% atteints de troubles neurologiques et 25%… sont des surdoués !

En effet, parfois l’esprit de l’enfant est tellement vif que la main ne peut pas suivre la pensée. Mais n’allez pas hurler au génie si votre enfant écrit moins bien que votre siamois, il a peut-être « seulement » des problèmes de structuration dans l’espace ou de motricité fine (votre enfant, pas le siamois).

Mais quand agir? Le plus tôt possible. Les problèmes apparaissent le plus souvent entre 4 et 8 ans. Mais ils ne sont souvent détectés que plus tard… quand il est parfois trop tard. Les parents se savent alors plus à qui s’adresser. Mais lorsque le problème d’écriture est diagnostiqué suffisamment tôt, il peut disparaître en à peine quelques semaines… Un graphothérapeute est la personne la plus indiquée pour déceler un éventuel problème… et surtout y remédier. La faute à ne surtout pas commettre? Croire que cela va s’arranger tout seul. En général, cela ne fait que s’aggraver.

Les enseignants, eux, se disent peu formés pour agir et corriger le problème. Les jeunes professeurs ne connaissent plus, selon les « anciens », la bonne manière d’écrire des lettres. S’ajoute à cela un manque de pratique. Soumise à la pression du temps, l’école est définitivement passée dans le camp des photocopies, délaissant la prise de notes manuscrites. A la maison, c’est l’ordinateur le coupable. Tout ces facteurs, ajoutés au fait que les enfants pratiquent de moins en moins, à l’école comme à la maison, des activités de bricolage susceptibles de les aider à développer leur motricité fine, explique en grande partie les problèmes d’écriture de nos enfants.

Les instituteurs devront donc être encore plus attentifs aux devoirs et dictées de leurs petites têtes blondes. Quelques principes très simples appliqués tôt peuvent les aider à enseigner ce qu’est « une bonne prise en main » et « une bonne position ». Ainsi, l’enfant veillera à tenir son bic (ou son crayon) selon la prise « tripode« , c’est-à-dire que l’instrument d’écriture reposera sur la première phalange du majeur et sera soutenu par la partie latérale du pouce. L’index se déposera ensuite, en toute légèreté, un peu recourbé.

L’enfant sera assis sur une chaise assez proche de la table. Ses pieds devront toucher le sol et les genoux ne devront pas être trop hauts. Le dos droit et les épaules légèrement inclinées vers l’avant, l’enfant regardera sa feuille dont la distance idéale avec les yeux doit être de 30cm. La feuille doit former un angle de 20° par rapport au bord de la table et être inclinée vers la gauche pour les droitiers… et vers la droite pour les gauchers.

Le stylo à bille doit être proscrit. Il empêche l’enfant de sentir ce qu’il écrit. Pour de bons débuts dans l’écriture, les parents et les enseignants préféreront les crayons et les pastels sur un papier rugueux.

  1. Source : Le Soir – 28.08.08 []
  2. Aurélien D., 12 ans, cité dans Le Soir []

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7 réponses à Nos écoliers ont des problèmes d'écriture

  1. SeB dit :

    J’écris très mal et je ne vois pas en quoi ça change le moral d’un gosse, j’ai toujours écrit comme ça…

    Faut pas être fort de caractère pour s’en faire pour si peu…

  2. echocynique dit :

    commandée par le fabricant de matériel scolaire Pelikan, met en évidence des problèmes graphomoteurs pour plus de 30% de nos élèves, 1 élève sur 3

    Il suffit de lire le début de la phrase.

    C’est pas eux qui vendent des « stylos pour apprendre facilement à écrire »?

    Quel est l’échantillon? L’intervalle de confiance? Les questions posées?

  3. JonathanF dit :

    C’est indiqué un peu plus bas.

    6 mois d’enquête, 40.000 enfants suivis. :)

    Alors oui, on peut se poser des questions. Mais ils auraient aussi pu dire « les gosses écrivent tous très bien… et 90% de ces enfants utilisent nos stylos ». ;)

    Les campagnes contre l’alcool sont en grande partie financées par les brasseurs. C’est dangereux? Oui. Mais c’est ca ou rien (ou presque rien).

  4. echocynique dit :

    JonathanF

    Tu crois vraiment que l’on a suivi 40.000 enfants pendant 6 mois?

    Même avec un coût ridiculement bas de 100 € par élève on arrive à plus de 4.000.000 €.

    40.000 élèves, ce n’est pas plutôt le nombre d’élèves, qui selon l’étude, auraient des problèmes?

    « concernant près de 40 000 enfants » ne veut pas dire que l’on a suivi 40.000 élèves!

  5. echocynique dit :

    Euh, tu crois que c’est vraiment de gaité de coeur?

    Les campagnes contre l’alcool sont en grande partie financées par les brasseurs. C’est dangereux? Oui.

  6. johan dit :

    J’avoue, j’écris très petit mais j’essaie toujours de m’améliorer.

  7. Ecriturefacile dit :

    Cela permet une amélioration de l’écriture.