Non, il ne s’agit pas d’un nouveau décret. Le texte rédigé par Christian Dupont puis voté en juillet dernier sera bien d’application pour toutes les écoles de la Communauté française. Pour autant, le décret « mixité sociale » ne rassure pas grand monde. S’il est presque acquis que les files interminables de parents devant quelques établissements cotés ne se reproduiront plus, les chefs d’établissement redoutent encore d’autres effets pervers.1
Ces chefs d’établissements qui ont reçu cette semaine la circulaire n°2448 qui fixe les « modalités relatives à l’inscription des élèves en première année de l’enseignement secondaire ordinaire« . Une circulaire… épaisse : 38 pages, petits caractères, aucune image. Et plutôt indigeste… certains préfets et directeurs s’arrachent parfois les cheveux devant la complexité du texte. Quant ce ne sont pas les parents qui, paniqués, harcèlent les secrétariats au téléphone. Le directeur du Collège St-Pierre de Jette, M. Thierry Vanderijst, dit ainsi avoir reçu près d’une centaine de demandes d’informations de la part de parents inquiets.
L’homme s’attend d’ailleurs à ce que les parents, préférant jouer la prudence, inscrivent leur(s) enfant(s) dans plusieurs établissements. En effet, les écoles qui n’auront pas assez de places devront procéder à un tirage au sort pour les demandes excédentaires. Et plus on achète de billets, plus on augmente ses chances de tirer le gros lot. CQFD.
Pour les directions, cette situation est impossible. Imaginez un parent qui multiplie les inscriptions (un simple document envoyé à l’école suffit) sans se soucier du projet éducatif des établissements qu’il convoite pour son enfant et qui ne prendra pas la peine (c’est presque certain) de prévenir les établissements où ce dernier sera reçu mais qu’il ne retiendra finalement pas. Un cas classique mais qui posera de gros problèmes dans les écoles. Jusqu’au moment de la rentrée, il sera impossible de connaître le nombre réel d’élèves dans une école.
Mais pour Christian Dupont, les problèmes ne concerneront que vingt-neuf écoles. Le ministre parle de « phénomène marginal« .
Cela n’a pas de sens de multiplier les inscriptions et de se précipiter comme s’il n’y avait pas de place alors qu’il y en a plus que ce qu’on croit.
Il reste quand même que ces établissements « cotés », où se bousculent les parents, en pénaliseront indirectement beaucoup d’autres… essentiellement à Bruxelles où on en retrouve 19. Au Collège St-Pierre, il reste encore 90 places pour de nouveaux élèves… mais le directeur parie une bouteille de champagne avec le ministre qu’il enregistrera au moins 600 demandes. S’il le dit, on veut bien le croire…
- Source : Le Soir – 24.09.08 [↩]
La mixité imposée par décret est un leurre. Certaines écoles réputées le sont pour leur niveau d’étude, leur projet pédagogique, la relation parent-enfant-enseignant et non pour leur ghetto social. On nous trompe véritablement sur les enjeux.
Je plains les enfants qui iront se faire dégommer par manque de niveau de base en entrant dans les sacro-saintes écoles convoitées. Le problème est à la base: alphabétisation, intégration sociale et citoyenneté. Tout le reste n’est que vanité.
Un papa impliqué…
@ bruno: Vous avez raison mais il y a malheureusement des enfants qui n’auraient pas accès à certaines de ces écoles sans ce décret. Le souci est que cela reste très marginal et que comme à sa (mauvaise) habitude, la CF préfère tout détruire au lieu d’aller chercher ces quelques écoles (moins de 5 à Bruxelles). La politique de la CF a toujours et sera toujours frileuse. Ils ont tellement peur de toucher à certains points (pacte scolaire, inscription abusive,…) que cela en devient incroyable. J’ai une petite fille de 1 an et je me demande dans quel système scolaire je vais devoir vivre. On frôle l’absurdité. Voici un système bien plus simple. La CF construit un logiciel en ligne consultable par internet (et protégé). Chaque parent qui inscrit un enfant en 1ère secondaire reçoit une copie de son inscription sur ce logiciel. Les directions des écoles encodent le n° de registre national de la personne à charge de l’enfant (et uniquement cette personne, nul autre ne peut inscrire). Cet encodage fait, l’inscription est réalisée et la mise en réseau de celles-ci permet aux autres écoles de voir directement si il y a déjà une inscription. Le parent serait alors dans l’obligation de bien se renseigner sur le projet pédagogique de l’école, son règlement car il ne pourrait plus qu’inscrire que dans une seule école. Et pour la CF, il serait très facile de réaliser des statistiques d’inscription et de là allez vérifier les éventuels abus. Mais non, on préfère envoyer une circulaire dingue, créer une loterie scolaire. En faisant croire à la mixité. Et si ce n’était simplement qu’un parti politique qui ne peut se permettre de tirer dans son propre pied (Dupond, Arena et onckelinckx, même combat–) détruisons l’école. Et avec le sourire et de l’auto-satisfaction. Comme je dis toujours, 1 enfant flamand (45 euros de subside +/-, 1 enfant francophone (+/- 9 euros) en math on dit CQFD…
J’aime beaucoup le dessin qui illustre l’article.
Il résume tout !
Lamentable dérive d’une bonne idée à la base (la mixité sociale dans les écoles). L’éducation renvoyée au rang de la star academy et du loto réunis. Une fois encore, nos politiques font de la musculation idéologique extrême et laisse l’essentiel au vestiaire : la lutte contre l’échec scolaire n’avancera pas d’un iota avec ce loto éducatif édulcoré.
Charité bien ordonnée commençant par soi-même, le principe du loto ne devrait-il pas être instauré pour l’ordre sur les listes électorales. Tous les candidats dans un panier et hop, on tire une date de naissance ou les deux premières lettres d’un nom et on confectionne les listes. Economie de campagne, respect de l’égalité des chances et peut-être des idées saines au rendez-vous, proches du citoyens…
Rendez-vous fin novembre pour l’analyse…
« Rendez-vous fin novembre pour l’analyse… »
Le problème, c’est qu’il n’y a pas eu analyse du décret précédent.
sauf une désinformation comme quoi les files n’avaient eu lieu « que devant quelques écoles ».
Mais j’ai l’espoir que le ministre Dupont sera un peu plus honnête.
Il y a du progrès avec Christian Dupont : 26 écoles annoncées pleines au 1er septembre sur 515 établissements. L’an dernier, Marie Arena avait donné un chiffre de 19 écoles avec files sur quelques 720 établissements. Monsieur Dupont a eu l’honnêteté de déduire des 720, les écoles qui n’organisent pas le premier degré de l’enseignement secondaire. Les chiffres pourraient encore être plus fiables si aux 26 écoles qui ont déjà déclaré être pleines, nous pourrions ajouter celles qui le sont sans l’avoir déjà déclarer (est-ce possible? peut-être car l’annexe publiée au décret mixité fin août dernier n’évoquaient que 16 écoles et elles sont déjà 26!).
Ceci nous écarte du sujet : est-ce que l’échec scolaire va réellement être battu en brèche avec ces formules de tirage au sort? N’est-ce pas mettre la charrue avant les boeufs et laisser croire à tous qu’il suffit d’être dans un établissement bien côté pour réussir? Je n’entends jamais cité les notions d’efforts, de remédiations, d’approche (réellement) différenciée,…
Si cela ne concerne que 29 écoles , pourquoi le morpion P$ s’acharne t’il avec autant d’ardeur pour appliquer un tel décret $candaleux ? Bien le P$ ça ….
N’y a-t-il pas moyen de différencier les intervenants dans l’actualité ?
J’ignore qui est le pat qui a écrit ci-avant mais il n’a rien à voir avec moi !
Pq les écoles « IN » pour les gens de bonne famille et les écoles « OUT » pour les peu nantis ?
D’accord pour que nous ne fassions pas de ghettos « intellectuels » et « manuels » de nos écoles.
Maintenant, fallait-il absolument un Décret pour régler tout ça … ?
Et en tant que parents de futurs élèves de 1ère humanité, voulant une bonne école pour son fils en respectant les règles du jeu sans utiliser ses failles, on fait quoi ?????
Après avoir travaillé plusieurs heures afin de comprendre ce décret, j’avais plusieurs questions qui restaient sans réponse. En effet, on ne parle pas dans ce décret des élèves qui entrent en secondaire sans leur CEB; ce sont les classes « différenciées » (quel superbe nom plein de sens!!).
Si l’on doit tenir compte des 3 critères de classement (commune/critères objectif/ critère de mixité) on n’est pas certain d’arriver à notre nombre d’inscrits en 1ère différenciée. L’idéal étant de faire 2 catégories pour les inscriptions: les 1D et les 1C
J’ai téléphoné au n° de téléphone indiqué en cas de problème et là on m’a dit que je ne pouvais pas appliquer ma solution, la seule différence admise pour une inscription étant l’immersion. Mais on n’a pas de solution à mon problème pour le moment (les inscription commencent dans un mois!!)
Les classes différenciées (anciennement les accueils) sont systématiquement oubliées par nos ministres, pourtant le travail qui y est réalisé par nos professeurs est tout simplement incroyable.
Comment voulez-vous que ces professeurs soient motivés alors que leur travail n’est pas reconnu.
Bonne chance à tous pour vos inscriptions….
La Fapeo exige un moratoire sur le décret mixité
La Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel (Fapeo) exige un moratoire sur le décret Mixité, annonce jeudi dans un entretien au Soir son président, Hakim Hedia, qui affirme qu’ »il y urgence ».
Depuis la rentrée, des centaines de parents d’élèves craignent de ne pouvoir inscrire leurs enfants dans l’école secondaire de leur choix suite à la mise en place du décret Mixité sociale, essentiellement à Bruxelles et dans le Brabant wallon où sont concentrées la plupart des écoles où le nombre de places risque d’être inférieur à la demande.
La Fapeo propose dès lors la mise en place de comités chargés de gérer les flux d’inscriptions dans les écoles. « Ce qui importe, c’est que les parents choisissent une école en connaissance de cause, motivés par son projet pédagogique. En cas de surplus, le comité serait chargé de trier les demandes en bon père de famille, sur base de critères objectifs et de la réalité locale », dit notamment M. Hedia qui précise que ces critères pourraient être par exemple la continuité pédagogique, l’ouverture à d’autres publics, la proximité géographique.
Il affirme aussi qu’ »il faut un plan d’urgence pour revaloriser les écoles plutôt que de focaliser l’attention sur quelques-unes ». Il plaide aussi pour une centralisation des informations relatives aux inscriptions au ministère qui fait le tri entre par exemple trois écoles qui ont la préférence des parents. Etant donné qu’il est trop tard pour mettre un tel système en place, la Fapeo demande un moratoire, « la suspension du décret pour éviter le chaos ». (belga)
23/10/08 10h45
Apprenant qu’elle ne faisait pas partie des « prioritaires » (parce que arrivée en cours de 5ème année primaire dans son école), triste à l’idée de « ne pas être tirée au sort » et pouvoir rester avec les autres « adossés », ma fille m’a proposé de « rater » sa 6ème… : « comme ça je serai prioritaire l’année prochaine » ! ? Ce décrêt aura au moins le mérite de faire réfléchir nos têtes blondes.
La mixité est louable mais, petit problème, cela demanderait la reproduction dans chaque école de l’ensemble de la population, à tout point de vue, niveau social, confession, genre, etc… Autant dire que pour y parvenir il faudrait une machine étatique sans faille.
L
ben voila j ai inscrit le fiston dans 5 etablissements scolaires et je me vois un refus pour ces 5 etablissements,je vous dis pas le stress je vais donc essaye de l’inscrire encore dans une dizaine d ‘autres établissements.
QUEL RECOURS AI JE DONC SI JE ME VOIS ENCORE REFUSER CETTE INSCRIPTION
Je ne vois pas la difficulté majeure de centraliser dans UN fichier unique TOUS les enfants et leur inscription (qui ne sera pas multiple), cf registre des citoyens, des voitures…