Le décret « Lotto » comme l’ont rebaptisé des parents d’élèves en colère va devoir bientôt affronter un double recours. Un recours en suspension auprès du conseil institutionnel ainsi qu’un autre en annulation. C’est ce qu’ont décidé, jeudi soir, des dizaines de parents d’une quinzaine d’écoles bruxelloises de tous les réseaux. Incapable de se résigner à laisser l’avenir de leurs enfants dans les mains du hasard, ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure.1
Le vote, à main levée, a été sans appel dans cette petite salle de l’Institut du Christ-Roi de Laeken. Réunis pour écouter les conclusions de deux avocats consultés quant à la faisabilité d’une action en justice contre le fameux décret, les parents n’ont pas hésité.
C’est surtout un recours « pression » pour montrer aux politiciens qu’on est tous ensemble contre cette politique de l’enseignement et contre la façon dont ce décret a été pensé.2
Voilà des semaines que ces parents se démènent, se mobilisent… écumant les plateaux de télévision, se fendant de nombreuses cartes blanches dans différents quotidiens. A chaque fois, la réponse du ministre est la même. Christian Dupont se borne a répéter que les problèmes ne concerneront qu’une infime minorité des écoles de la Communauté française. Et donc une infime minorité des enfants. Mais voilà, ce sont ces écoles qui intéressent ces parents et ce sont leurs enfants qui risquent de payer le prix d’une meilleure mixité.
« Mixité d’accord, mais pas dans l’école de mon enfant » semble être devenu leur slogan. Ces pères et mères, dont la majorité restent proche du réseau libre catholique, ont bien tenté, ces dernières semaines, d’obtenir le soutien du CDH, parti traditionnellement proche de l’enseignement catholique, mais sa présidente n’a semble-t-il pas l’intention d’intercéder en leur faveur auprès de son allié socialiste. Tout fout le camp ma bonne dame!
Et voilà donc le décret devenu la cible des premiers recours juridiques. Selon les avocats, le « bébé » de Christian Dupont ne serait pas sans faille. Certaines de ses dispositions seraient contraires à la liberté de choix garantie aux parents par la Constitution. Vincent de Wolf est l’un des deux juristes qui conseillent ces parents3 :
L’espoir des requérants, c’est d’arriver à une suspension, avant la fin de l’année scolaire, de certaines dispositions du décret, ce qui doit alors contraindre la Communauté française à relégiférer.
Le talon d’Achille du décret, selon ces avocats? La question des adossements, cette disposition qui autorise une école secondaire à signer une ou plusieurs convention avec des écoles primaires dont elles sont proches pédagogiquement ou géographiquement. Des dizaines de conventions avaient été signées avec le décret Arena. Mais cette disposition a été modifiée depuis, redant ces convention caduques. De plus, la ville de Bruxelles a récemment fait savoir qu’elle supprimait les adossements pour ses écoles.
Le ministre se dit confiant, le Conseil d’Etat ayant déjà été consulté deux fois au sujet de ce décret, et les modifications souhaitées ayant été apportées.
Mais les parents y croient, eux qui espèrent un arrêt d’ici le printemps, histoire de stopper net le processus d’inscription pour les enfants qui sont actuellement en 6e primaire. Le recours en annulation, lancé en parallèle, n’aura, lui, pas le même caractère d’urgence et un arrêt n’est pas attendu avant quelques mois.
Les parents n’abandonnent pas la partie. Déjà, ils se préparent à de nouvelles actions… Le décret Dupont n’a pas fini d’entendre parler d’eux.
- Source : Le Soir – 7.11.08 [↩]
- Source : Sandrine Hanon, parent d’élève interrogée par les micros de la RTBF ce jeudi 7.11.08 [↩]
- Source : JT RTBF – 7.11.08 [↩]
Faute de projet, on se base sur la chance, le problème c’est que le politique joue avec nos enfants…
Pourquoi ne pas proposer un tirage au sort à nos politiciens ?
On tirerait au sort (sur bas de la date de naissance évidemment) ceux ou celles qui occuperont des fonctions dans la liste présentée aux élections.
Moi ce qui m’irrite c’est, une fois de plus, de voir un décret, une loi… voté pour tous alors qu’à l’origine, le problème ne touche que 3% des établissements scolaires.
A quand un peu de bon sens ?
La nouvelle est tombée ce jour : l’école dans laquelle nous comptons, depuis plusieurs années,
inscrire notre fils compte 15 % d’élèves de trop. Nous sommes dans l’attente
du fameux « tirage au sort ». Alors que des parents qui ont inscrit leur enfant
dans cette école en second choix, et dans d’autres, où ils sont prioritaires (fraterie) ne se soucient pas de prévenir que finalement leur choix s’est porté ailleurs, nous qui avons projeté depuis plusieurs années l’avenir de notre enfant, nous devons nous contenter d’accepter les dérives du décret mixité.
L’an dernier, l’implication des parents était au moins récompensée, mais cette année seul le hasard
peut tout faire basculer. C’est tout simplement scandaleux.
Voilà les dés sont jetés!!!!
J’ai inscrit mon fils dans 9 écoles secondaires de Bruxelles. Mon fils est né le 4 juillet et aucune des écoles choisies n’a tiré les chiffres gagnants!!
Charles Janssens 8/10
Saint-André 31/8
Ma Campagne 30/5
Decroly 7/1
Sainte-Ursule 14/6
Emile Jacquemain a refusé de donner la date mais mon fils serait le nº 190 sur liste d’attente!!
Collège Saint-Pierre a refusé de donner la date??
Notre Dame des Champs 30/3.
Donc, vu le nombre de places disponibles dans chacune des écoles et après décompte des PRIORITAIRES + % écoles défavorisées + enfants habitants dans la commune + etc.., je doute fort que mon fils dispose d’une place dans l’une de ces écoles.
Monsieur le Ministre qu’avez-vous prévu pour les enfants qui n’auront pas eu la chance d’être tirés au sort ?? Allez-vous nous suggérer de les inscrire dans vos écoles « poubelles ».
Monsieur le Ministre,
Mon fils, qui travaille très bien, n’a pas eu la chance d’être tiré au sort dans l’école de notre choix, ayant un projet pédagogique bien adapté à nos attentes, un très bon niveau, et située à proximité de mon travail. Il est loin dans la liste d’attente « hors commune »… autant dire qu’il n’aura pas de place dans cette école, notre premier choix. Nous voici obligés de l’inscrire dans une autre école,second choix que nous avons opéré, forcé par votre décret, qui nous convient moins bien, et qui va nous occasionner plus de déplacements…sans parler de la déception de notre fils, qui comme nous,avait été plus que séduit par cette école Sainte-Marie à Namur…. Qu’avez-vous fait ? Notre fils, appliqué et adorant l’école, mérite-t-il d’être ainsi « jeté ». Quand je pense que son professeur nous conseillait les meilleures écoles pour notre fils car ayant du potentiel… Le voilà maintenant inscrit dans une autre école, qui n’a pas été obligée de passer par le tirage au sort car moins prisée…mais surtout qui ne correspond pas exactement à nos attentes.
C’est la nouvelle démocratie belge… On n’a même plus le droit de choisir. On le fait pour nous sans nous connaître, comme à la loterie. Nous sommes très déçus et nous n’avons que nos mots pour le dire bien que nous savons que nous ne serons pas entendus…
Je dois modérer mon commentaire.
Sommes profondément déçus. Voilà mon fils rejeté par le sort, d’une école qui nous séduisait vraiment… Nous n’avons plus qu’à accepter, sans rien dire. Le mauvais sort a choisi. Merci Monsieur le Ministre.
C’est ainsi que de très bons élèves sont exclus de très bonnes écoles et que certains parents auront des déplacements quotidiens supplémentaires !!!! Cela ce n’est pas une théorie, c’est bel et bien la réalité, notre réalité…
Le tirage au sort a eu lieu, ce mardi soir, dans 4 écoles liégeoises où le nombre d’inscrits était supérieur au nombre de places.
Dans un de ces 4 établissements, coexistent une classe de première classique et une classe d’immersion partielle en néerlandais.
Pour la première année en immersion, la demande était tellement supérieure à l’offre de places disponibles qu’il a fallu tirer au sort en respectant une proportion d’élèves de la commune (environ 50 %) et hors commune. La soirée fut d’une tristesse jamais vue : Des enfants déchirés car, ensemble depuis leurs 6 années primaires, ils voulaient faire mutation ensemble dans le même établissement et avait choisi la classe d’immersion. Le tirage au sort en a décidé autrement. Un enfant habitant à 100 mètres de l’école devra s’inscrire ailleurs au profit d’un enfant habitant à 22 km de l’établissement (et issu d’une commune et d’une famille « aisée » – le but était pourtant de laisser rentrer des moins défavorisés dans cette école dite « chic »), et dont on ignore si, finalement, il sera présent au premier septembre 2009 ; les parents ayant inscrit leurs enfants dans 2,3 voire 4 écoles. En septembre, il n’est pas du tout certain que l’école saura même remplir ses classes, alors qu’à première vue, actuellement, la demande dépasse l’offre. Un gâchis incroyable. Une tristesse palpable. Pas de mixité sociale (pour autant que l’on considère cela comme un plus) supplémentaire pour autant.
Rien que des perdants.
Le plus grand regret : Que Madame Arena ne fut pas là pour consoler les enfants et constater ses immenses dégâts. Je suis persuadé qu’elle aurait été touchée et meurtrie. La gauche idéologique wallonne est désespérante.
Le ministre Dupont, j’ai l’impression, n’aurait jamais lancé un tel absurde projet aux effets pervers quasi imprévisibles.
Je propose un tirage au sort sur base du code postal du domicile des parents de l’enfant multiplié par le code postal de l’école demandée. Vous prenez la première décimale : si c’est un nombre pair, vous pouvez vous inscrire ; si c’est un nombre impair, vous ne pouvez pas. Si c’est zéro, vous rejouez.
C’est incroyable de constater qu’au 21è siècle, dans un Etat démocratique, qui est le siège de l’Europe, où l’on parle des droits de l’Homme (et de l’enfant), où l’on prône l’obligation scolaire et le droit à l’enseignement, qu’on en soit venu à débattre sur la situation d’inscription de nos enfants dans des écoles.
Ces soi-disant écoles « défavorisées » ne devraient même pas exister!!!!
Nos politiques, qui ont soutenu ce décret jusqu’au bout, pourraient-ils nous donner les statistiques du nombre d’enfants qui fréquentent des écoles « défavorisées » qui auraient été « tirés au sort » pour fréquenter les écoles « favorisées »? J’en doute! Tout ceci n’a fait que contribuer à créer une autre catégorie de discrimination : celle des enfants sans école…
Alors, chers politiciens, ce n’est pas à nous parents d’expliquer à nos enfants pourquoi vous avez failli à votre mission. Prenez vos responsabilités : organisez des rencontres avec nos pauvres enfants discriminés pour leur expliquer vous-mêmes comment vous comptez réparer votre erreur. Vous devez les voir et les entendre. Vous lirez dans leur visage la déception et l’incompréhension et cela vous permettra peut-être de prendre conscience qu’ils ne sont pas des jouets mais qu’ils sont aussi des êtres humains capables de s’exprimer, qu’ils ont aussi des ambitions (comme vous) et des rêves que vous n’avez pas le droit de détruire!
Si vous estimez que certaines écoles ne sont pas « favorables » à l’enseignement, il n’est pas juste d’envoyer nos enfants dans ces écoles après l’avoir vider d’autres enfants. Financez l’enseignement et il n’y aura plus d’écoles défavorisées. Nous disons toujours à nos enfants de prendre au sérieux leurs études car c’est le seul vrai héritage que nous leur léguons sont l’éducation et l’enseignement. Honte sur nos politiques!!! La Belgique serait-elle un pays en voie de SOUS-DEVELOPPEMENT ????