Nous entamons cette semaine notre « série élections » avec les cinq priorités du programme libéral.1
1. Le MR ne surprend plus. Sa première proposition, il la martèle depuis des semaines, depuis des mois : supprimer le décret inscriptions. Si les bleus rejoignent leurs camarades socialistes et humanistes sur la question de la mixité dans nos écoles, ils estiment que la méthode pour y parvenir n’est pas des plus appropriées. Le MR se verrait plutôt faire confiance aux directions d’école tout en responsabilisant les établissements scolaires dans une plus grande autonomie. La mixité passerait aussi, selon eux, par un refinancement des écoles les plus défavorisées qui pourraient alors proposer une meilleure qualité de formation.
2. Le MR se propose ensuite de renforcer les savoirs de base, en organisant la remédiation immédiate et en maintenant les devoirs à domicile. La moyenne de la classe pourrait aussi se voir inscrite dans les bulletins, histoire de pointer plus facilement les éventuelles faiblesses en vue d’y remédier rapidement. Les réformateurs souhaitent aussi optimaliser les périodes de délibération et renforcer l’enseignement en immersion.
3. Le programme 2009-2014 prévoit aussi la revalorisation de l’enseignement technique et professionnel. Le MR veut accentuer les partenariats avec les entreprises et vérifier l’adéquation des formations aux besoins de ces dernières. Le partage d’outillage de pointe entre les établissements scolaires est également évoqué. De plus, les libéraux veulent assurer à ces élèves une formation de base solide en français, mathématiques et en langues.
4. N’oublions pas non plus le plan de lutte contre la violence scolaire. Le MR plaidera pour une intervention immédiate lors du premier dérapage de l’élève par le biais de sanctions pédagogiques. La mise en oeuvre des centres de rescolarisation (encore eux!) et de resocialisation est également prévue sur le papier ainsi que la conception d’un plan de lutte contre la drogue.
5. Enfin, le Mouvement Réformateur, qui a dit qu’il ne s’opposerait pas à l’allongement de la durée des études des futurs enseignants, souhaite la mise en place d’une formation en promotion sociale pour les profs déjà en place, histoire de leur garantir une formation aussi solide que celle qui pourrait attendre leurs cadets. Le MR ne se prononce pas encore sur la faisabilité de ce projet ni sur son coût. Car enfin, allonger la durée des études impliquerait une revalorisation salariale que la Communauté française ne peut, pour l’instant – mais quand le pourra-t-elle? – assumer seule.
Le parti libéral se dit inquiet au sujet de la pénurie d’enseignants que rencontrent de nombreuses écoles, principalement dans la région bruxelloise et dans les secteurs techniques. Pour l’heure, aucune proposition visant à revaloriser le métier n’a été soumise aux professionnels de l’éducation. Il faudra pourtant trouver quelque chose qui attirera à la fois les jeunes dans les classes mais les motivera également à y rester… le plus tard possible.
Si le MR devait décrocher la timbale aux prochaines élections, ce serait certainement Françoise Bertieaux (qui d’autre?) qui s’en irait remplacer Christian Dupont au ministère de l’enseignement. Mais pour l’instant, cela reste de la politique fiction.
- Sources à la base de cet article : mr.be [↩]
Ce qui me semble primordial, c’est de remotiver les jeunes à apprendre ! Et notamment dans les filières techniques et professionnelles. Mais peut-on leur en vouloir d’être peu motivés quand l’horizon indique « chômage, délocalisation, perte d’emplois… »
Alors, il faudrait prendre les choses dans l’ordre !
« La moyenne de la classe pourrait aussi se voir inscrite dans les bulletins » et des médailles en chocolat pour les meilleurs ? Rétrograde et discriminatoire, tout prof sensé sait que chaque élève avance à son rythme et que ce genre de classement ne fait qu’accroître le ressentiment et le rejet de l’école des élèves mal classés.
Adopter un vrai partenariat avec les entreprises pour les élèves de T et de P me paraît par contre une très bonne idée. Même si le climat économique est plus que morose. Il faut absolument aider ces jeunes à acquérir une formation professionnelle pratique. « Mais peut-on leur en vouloir d’être peu motivés quand l’horizon indique “chômage, délocalisation, perte d’emplois…” » écrivait Elia. D’accord avec vous, mais l’emploi ne se résume pas au salariat ! Qu’on cesse en Wallonie avec cette culture de fonctionnaire, d’assisté, … on peut très bien se créer son emploi ! Quand on voit la difficulté qu’on a de trouver certains corps de métier (plomberie, construction, menuiserie,…), on peut penser que des débouchés existent. J’ai demandé récemment un devis pour une façade à plusieurs entrepreneurs indépendants, le plus court délai était d’UNE ANNEE. Ce n’est qu’un exemple mais il est éclairant. Le problème est que pour certains jeunes, leur seule ambition est d’émarger au chômage. Je suis favorable à une protection sociale efficace mais « I want my money back » pour des gens qui ne veulent rien faire, qui profitent de l’assistanat public. Et cela commence à l’école, certains jeunes viennent juste pour toucher les allocations. C’est triste !
Je suis bien d’accord, Franufle, mais tous n’en sont pas capables.
Eh ben on n’est plus à une c**** près avec le MR… l’avenir de nos écoles sera plus rassurant sans eux au pouvoir…
Allonger la formation des enseignants…
Pour ma part, ça aurait été 2 années supplémentaires de perdue!
Au contraire, réglementons la formation des enseignants, inspectons, vérifions ce qui est fait dans les hautes écoles.
Adaptons la formation aux réalités de terrains.
Je vous cite: « l’horizon indique “chômage, délocalisation, perte d’emplois…”
Il y a, sur le site de l’Orbem, 78 places de menuisier et 165 places de soudeur or nos élèves de ces sections sont pour la plupart au chômage! chercher l’erreur?? Inadéquation des programmes??NON!! manque de motivation au travail et trop de facilités pour les chômeurs! c’est par là qu’il faut chercher!
Arrêter systématiquement de croire que le fléau de notre société ce sont les chômeurs ! C’est ultra populiste ! Les problèmes structurelles d’emploi existent. Pensez aux discriminations à l’embauche, aux demandes des entreprises à accepter des personnes déjà expérimentés ou ayant une solide formation ou ayant des compétences plus importantes que celles acquises aux sorties d’école, … et j’en passe. Le problème est plus complexe que ça ! Ce que je regrette dans la plupart des discours, c’est le manque de regard sur plusieurs dimensions (méthodes pédagogiques, marché de l’emploi, accès au marché de l’emploi, systéme éducatif belge, allocations de chômage, salaires minimums, type d’emploi, conditions sociales, … ) pour comprendre une problématique.
A croire qu’il faut pleurer derrière chaque élève pour qu’ils veuillent bien faire son devoir …Non mais vous vous êtes lus ?? L’école c’est un devoir de travail de chacun sans pleurnicherie, car pour l’instant c’est toujours un suivis couteux de chacun qui provoque l’affaiblissement bien connus de notre institution scolaire. Bien entendu, le savoir ne semble pas important à côté des amusements de nos pauvres chéris, ils sont si mignons quand ils brulent des bagnoles ou rançonnent dans la rue. Ils sont à l’école, ils sont élèves donc ils ont d’abord un DEVOIR d’apprendre, ensuite on verra leurs droits…’faut arrêter de mettre la charrue avant les boeux.
Cornil … on est bien d’accord, le « devoir d’apprendre » est important. Mais, apprendre comment ? Les rapports au savoir, la sociologie de l’éducation, les recherches et pratiques sur la prédagogie interculturelle ou la socio-pédagogie ont permis de s’ouvrir à de nouveaux horizons sur l’acte d’apprendre. Ne pas prendre en compte ces éléments est une faute grave, à mon sens. Et, néfaste pour la réussite de l’élève. Vous pourrez dire, « vous avez le devoir d’apprendre! », cela ne marchera pas puisque l’élève ne trouvera pas du sens dans l’apprentissage. Devoir d’apprendre ? Bien entendu … mais comment ? Nous n’apprennons jamais d’une seule manière. Et, pas seulement d’une manière donnée par le professeur.
C’est une vaste question qui ne doit pas se limiter à votre discours que je trouve plutôt « exclusif ».
Ensuite, je pense que les devoirs ne vont jamais sans les droits sinon nous n’apprenons pas aux élèves les bases élémentaires de la démocratie.
Il peut y avoir des droits/devoirs différents selon les années d’études ou selon son niveau d’apprentissage. Mais, les devoirs et les droits vont ensembles.
Et, que je ne vienne pas lire que cela peut créer de l’indiscipline ou du laxisme ! Ce type de pédagogie démocratique marche même dans des écoles dites « difficiles » (où les jeunes crament des bagnoles ?)! Cela demande d’être bien formé (rapports aux savoirs, etc.), d’être un minimum soudé entre profs, chercher des outils d’apprentissage appropriés et exigent, de mordre sur sa chique comme partout, de savoir se remettre en question et remettre en question un système.
Seccotine … Comment pouvez-vous analyser la situation avec une méthode de collecte d’informations aussi basique et simpliste. J’ai été sur le site du forem, pour la Région Wallone, il y a 55 soudeurs demandés ET, depuis décembre 2008 et principalement d’avril 2009. Ce qui veut dire que les places ont certainement été prises depuis ton analyse. Cela bouge donc ! Alors, 55 soudeurs par rapport à un nombre bien plus important d’élèves qui se forment … faut relativiser ! Et surtout, mieux analyser la situation (dans le temps, rapport offres/demandes dans le secteur, exigences des employeurs/statuts des demandeurs, motivation des jeunes au chômage/contrôle par des institutions/ etc.)!
Je suis même gênée de mon analyse tellement elle est simpliste.
Pour faire un meilleur enseignement ,selon moi, il faut 1) De l’argent (rehausse salarial + entretien locaux + formation des profs…etc) et 2) arrêter les violences scolaires (avant 68 les profs tapaient les élèves maintenant c’est l’inverse)
Enseignement de la communauté française de Belgique.
Constats:
1) Les études européennes montrent que notre enseignement (général secondaire) sudiste est mauvais, alors que le nordiste est parmi les meilleurs. D’autre part,les filières techniques et professionnelles servent trop souvent de relégation aux échecs du général.
2) Les ressources consacrées à notre enseignement (nombre de professeurs, d’écoles..) sont importantes (125.000 emplois).
Je pense que les causes de l’échec de notre enseignement proviennent essentiellement de deux attitudes typiques de la gauche wallonne:
1) Priorité à l’institution, cad aux enseignants et non aux enseignés.
Un seul exemple:le choix d’appliquer le numérus clausus en médecine en fin de première année au lieu d’un concours d’entrée, comme en Flandre (et quasi partout ailleurs) permet de justifier des subsides aux universités .
2) Volonté de faire de l’école un outil d’égalisation des élèves.
Exemple le plus récent: les décrets limitant le libre choix de l’établissement en vue de favoriser la mixité scolaire.
Autres exemples: l’interdiction du classement des élèves ou des écoles.
Encore un autre: la suppression des manuels sensés privilégier les enfants des classes favorisées.
Je propose les pistes suivantes pour en sortir:
1) Obligation scolaire ramenée à 15-16 ans comme en Suisse et favoriser l’apprentissage pour les jeunes qui ‘n’aiment pas l’école’ (c’est leur droit).
2) A 15 ans, TOUS doivent:
- Comprendre et écrire quasi parfaitement le Français;
- Appliquer les règles essentielles du ‘savoir vivre en société’;
- Disposer d’un bagage mathématique SUFFISANT mais pas EXAGERE !
Les autres disciplines restent mais les examens en sont indicatifs.
3) Comment y arriver:
3.1) Remplacer les redoublements par la REMEDIATION: Celle-ci consiste à renforcer les connaissances des élèves à difficultés PENDANT L’ANNEE SCOLAIRE, en utilisant:
- Les mercredi apres midi , samedi matin, quelques jours de vacances, voire quelques heures de matières non prioritaires.
- Les meilleurs profs, qui recevraient des primes pour ce faire.
3.2) Les élèves perturbateurs (et leurs parents) doivent être sanctionnés. Dans les cas graves, on remplacera l’allocation familiale monétaire par des tickets d’échange non monétaire ou par versement sur compte bloqué. Les cours de philosophie seraient chargés principalement de cette matière et deviendraient de ce fait des cours ‘importants’.Les cas désespérés doivent se voir confier à des institutions de ‘redressement’.
3.3) Reprendre les manuels, communiquer les cotes moyennes de la classe et le rang de l’élève afin que ses parents sachent où se situe l’élève. Organiser des examens identiques pour toutes les écoles (comme le bac français).
4) Revaloriser le professionnel notamment par des contrats avec les entreprises, qui, prendraient en apprentissage à mi – temps (comme en Allemagne).
5) Généraliser les examens d’entrée dans l’universitaire.
6) S’intéresser moins au ‘modèle Finlandais’ et beaucoup plus au modèle Flamand !
7) Enfin et surtout : mettre l’élève au CENTRE des préoccupations: l’enseignement doit avoir pour BUT UNIQUE de permettre à chacun d’atteindre son MAXIMUM, même si celà implique que l’on doive respecter le FAIT que l’égalité en droit ne signifie pas l’identité en compétence!
Un programme de droite quoi …
les causes de l’échec scolaire n’est certainement pas liées aux attitudes de la gauche wallonne. C’est la tension entre un enseignement libéral (double liberté constitutionnelle, quasi-marché scolaire, culture libérale dominante où chacun est attaché à garder ses choix entre une foultitude de réseaux, d’options, de filières, etc.) et des politiques clairement de gauche qui tentent vainement de réguler ce marché, si même pas de le supprimer. Les politiques de gauche font du bon boulot mais sont très mal côtées, sont impopulaires, maladroites (c’est vrai), tant les intérêts individuels sont dominants. Ainsi, des solutions possibles concrètes et largement débattues peuvent être mises en avant : un tronc commun jusqu’à 14/15 ans, la fusion des réseaux, la création d’instances de régulation des inscriptions avec des critères claires. Et, moins évident, reformuler les différents décrets (Missions, Contrat pour l’école, etc.) en un tout cohérent pour que cela soit un sacré outil de régulation pour les professeurs. Mais là c’est vrai, que c’est le foutoir.
De plus, il y a du boulot en primaire. Mais, ça bouge aussi. Lire, écrire, compter … c’est le début de tout.
ça c’est pour le macro !
Ensuite, je pense que les futurs professeurs doivent être mieux formés. Et, principalement aux pratiques différenciées, à la pédagogie du projet, au rapport aux savoirs, à la sociologie de l’éducation, aux pratiques citoyennes … Cela commence mais timidement ! Pourquoi ? Parce que les enjeux sont grands. Les échecs scolaires sont énormes et faire apprendre/apprendre à l’école est un boulot de fou. Il faut donner un maximum d’outils pédagogiques cohérents aux futurs professeurs.
ça c’est pour le micro !
Après lecture attentive, je trouve les idées du MR, excellentes.
Il n’y aura pas de changement tant que les étudiants seront en mesure de partager l’autorité avec leurs professeurs. L’école, de ce point de vue, ne doit pas être démocratique. Les règles doivent être expliquées clairement et ensuite respectées. Tolérance zéro pour ceux qui ne les respectent pas. C’est ainsi, du reste, que l’on pratique un peu partout, sauf en Communauté française de Belgique.
Renseignez-vous sur ce que fait la Flandre et ses excellents résultats depuis des années au lieu de chercher inlassablement dans les pays scandinaves ou dans des recettes de gauche qui ont détruit l’enseignement pour les plus faibles.
Donner le meilleur de soi-même devrait être l’exigence N°1 dans tous les établissements scolaires. Dans certaines classes, plus de 50 % des élèves ne veulent pas foute grand chose mais réussissent tout de même. Médiocrité wallonne entretenue à un point tel que l’on ne peut plus s’en rendre compte. Allez voir en Flandre…
Je ne suis évidemment pas d’accord avec le renouveau de l’autorité autoritaire que vous défendez Criant. Un modèle qui a fait son temps et qui a ses effets néfastes autant que le modèle d’autorité évacuée d’après mai 68.
Je vous propose de lire les écrits de Bruno Robbes, Fernand Oury, Jacques Pain, Noëlle Desmet et les expériences pédagogiques de la revue Traces (Cgé)ou des dossiers sur la notion d’autorité éducative pour ouvrir votre esprit critique. Certaines personnalités MR sont d’ailleurs tout à fait ouvertes aux pédagogies qui poussent vers l’autonomie, le travail coopératif, le partage du pouvoir au sein de la classe, l’imposition de règles non-négociables ET les prises de décisions avec le(s) professeur(s).
Nous n’avons jamais attendu les résultats PISA des pays scandinaves pour parler d’alternatives pédagogiques possibles au sein de la Belgique.
L’école se doit de pratiquer la démocratie par le prisme de l’autorité éducative. Et, cela marche même dans des écoles « où les élèves s’en foutent! » Sinon, nous irons vers un modèle de société autoritaire avec sa tolérance zéro avec des individus peu critiques, peu autonomes. Mais cela, c’est sûr que ça dérange. C’est justement en poussant les élèves à prendre des responsabilités, à prendre du pouvoir dans la classe tout en étant exigent avec eux je vous l’accorde au niveau des savoirs et des règles fondamentales non-négociables que vous n’aurez plus « de petits wallons médiocres assistés » comme vous dites !
Je le répète qu’à ce niveau (micro) nous n’avons pas attendu les scandinaves pour mettre en pratique l’autorité éducative.
Et, attention avec l’ »excellent résultat de la Flandre » ! Les chiffres, nous pouvons jouer avec eux. Si nous prenons l’indice global d’égalisation des chances qui intègre notamment 3 critères (niveau d’éducation de la mère, indice socio-économique des parents, pays de naissance du père) en lecture, math et sciences, la Belgique est 20ème et la Flandre 16ème !
Mais, je vous accorde qu’il y des mesures structurelles sur lesquelles nous pouvons se fier.