Un tirage au sort dans une école sur deux à Bruxelles

Les inscriptions pour la prochaine rentrée se sont terminées hier. Et les établissements scolaires vont maintenant confronter le nombre de demandes aux nombres de places disponibles. Si l’offre est supérieure à la demande, tous les élèves seront inscrits. Dans le cas contraire, l’école devra procéder à un tirage au sort sur la base de critères chronologiques ou alphabétiques…1

Pour l’association de parents SOS Elèves, le tirage au sort concerna 82 écoles (17,8%) dont 50 sur 101 à Bruxelles et 14 sur 32 dans le Brabant wallon. Une école sur deux, donc, dans la capitale. Le cabinet du ministre Dupont avance lui les chiffres de 47 écoles à Bruxelles, 11 en Brabant wallon, 4 à Namur, 5 à Liège et 7 dans le Hainaut. 74 écoles. Moins d’une école sur cinq.

L’an dernier, les files avaient concerné plus de 35% des établissements scolaires à Bruxelles et près de 50% en Brabant wallon.

Par ailleurs, on apprenait hier que le document officiel d’inscription ne demandait pas le nom de l’école primaire de l’élève, une donnée pourtant essentielle à la garantie de la mixité sociale. Voilà les écoles obligées de rappeler tous les parents pour obtenir cette information.

  1. Source : Le Soir – 29.11.08 []

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5 réponses à Un tirage au sort dans une école sur deux à Bruxelles

  1. Louise dit :

    Grotesque!

    Finalement, contre des probabilités à dix contre un, ma fille est tirée au sort dans une école qui n’était pas notre premier choix. Et pour cause : hyper-élitiste, cette école de la Ville de Bruxelles aurait été jugée beaucoup trop tape-à-l’oeil pour des parents comme nous le sommes, aisés, universitaires et favorisés, mais profondément attachés à une solidarité inter-culturelle et sociale marquées.

    Si on nous avait laissé le choix, nous aurions choisi l’école que voulait notre fille : l’athénée de la commune voisine, sans prétention, où depuis des années vont s’inscrire toutes les copines de 6ème de cette petite école communale à forte mixité où sont d’ailleurs accueillis un nombre important d’enfants ‘du juge’ ou en trouble d’apprentissage.

    Malgré le fait que notre fille n’ait jamais eu une cote sous 80%, nous n’avions jamais fait le choix de l’élitisme et nous n’aurions pas changé d’attitude sans ces décrets absurdes.. Tout comme nous avions jusqu’ici choisi la maternité de l’hôpital public, la crèche communale, les stages à l’Adeps, le club d’athlétisme du coin, .. Tout ce qui met nos filles le plus tôt possible dans le bain de la vie et de la diversité.

    Ce choix de l’école de proximité, de mixité, sans calcul protectionniste, nous ne le ferons pas. Au lieu de ce choix responsable, le duo Arena-Dupont nous a imposé leur choix : celui de la peur et des avantages acquis. Au nom d’une mixité mal étudiée, on a attisé la pénurie, créant une bulle spéculative sur l’avenir de nos enfants qui ne demandaient rien.

    Du jour au lendemain, ma fille naturellement ouverte aux autres a du apprendre que les autres, surtout les plus faibles, étaient synonyme de danger, de compétition, de filles, de loterie, de méfiance, …

    Du jour au lendemain, j’ai commencé à évaluer les risques. Celui que ma fille aille dans cette école qui forme à l’échec, où les enseignants me disent « l’option latin, ça va encore, mais les autres options, c’est de la garderie… ». Du jour au lendemain, je suis devenu joueuse, spéculatrice, … Oui, j’ai inscrit ma fille dans 5 écoles. Pour ce faire, employée supérieure, j’ai pu prendre congé. J’ai vu des parents devoir rebrousser chemin face à l’attente et ne pouvant s’absenter de leur boulot.

    Le drame, c’est que votre politique m’a donné raison : finalement, j’apprends que même l’école sans prétention à laquelle aspirait ma fille, cette école qui n’a jamais connu la pénurie ou les refus d’élèves avant que PS et CDH s’en mèlent, cette école connaîtra aussi un tirage au sort avec des probabilités de moins de 40%..

    Alors tout ça, c’est un gros gâchis absurde. Vous avez vu vos responsabilités par le petit bout de la lorgnette. « L’enseignement est inégalitaire ? Mélangeons tout! »

    Peut-être que tout ceci servira à quelque chose. Peut-être que l’électeur vous sanctionnera. Peut-être qu’on laissera Bruxelles défendre son enseignement seule. En attendant, voilà la deuxième promotion de gosses gâchée. Ma fille ira à Catteau. C’est même pas sur le chemin. C’est mon tour d’être forcée dans un choix élitiste qui, ce soir, m’empêche de dormir, qui me fait vomir.

    Pour cette raison, Mme Arena, Mr Dupont, Mr Demotte, Mr Antoine, Mme Milquet, et tous les presse-boutons parlementaires qui vous soutiennent,
    je m’excuse,
    mais je vous hais.
    Profondément.

    Louise V.

  2. Baujoe dit :

    Que faire ? Pour une famille dont l’aînée est à l’école – les parents ne parlant pratiquement pas le français, la maman qui a été accidentée, c’est l’aînée qui doit tout gérer ! – ils ont, malheureusement, inscrit un autre enfant après le délai des prioritaires. Et pas de chance le tirage au sort par lettre c’est le O …leur nom de famille commence par L , l’enfant est donc sur une liste d’attente.
    Cette famille courageuse accumule les déboires en peu de temps ! Existe-t-il un recours – sans passer par des procédures judiciaires longues et coûteuses- pour cette famille ?
    En plus l’école est la plus proche de leur domicile !
    Voici un cas concret d’un système ridicule !

  3. echocynique dit :

    Par ailleurs, on apprenait hier que le document officiel d’inscription ne demandait pas le nom de l’école primaire de l’élève,

    A mourir de rire. Comme d’ailleurs:

    1. Un délégué de la CF qui se trompe dans les papiers et inscrit 4/8 au lieu de 8/4.
    2. Les écoles qui ont dû chacune « faire des papiers » avec des chiffres de 1 à 12, puis de 1 à 28, de 1 à 29, de 1 à 30 et de 1 à 31 (je crois d’ailleurs qu’ils ont oublié les mois de février de 29 jours). Comme si ce n’était pas plus simple d’amener leur matériel.

    Pauvre CF

  4. echocynique dit :

    Tiens Dupont reconnait qu’il s’est trompé.

    C’est tout à son honneur.

    Bien que tout le monde lui avait dit, redit et répété…

    Milquet pointe du doigt le Conseil d’Etat, responsable selon elle du désastre.

    Soit c’est de l’humour, soit c’est de la mauvaise foi

  5. Baujoe dit :

    Si le ministre reconnaît son erreur, pourquoi ne pas tout annuler ? Les enfants qui rentreront en 1ère en septembre 2009 seront encore les « dindons de la farce  » !