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fév  09
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Quand Facebook s’invite à l’école

facebookUne fois n’est pas coutume, épinglons deux faits divers qui ont secoué le petit monde de l’enseignement à Liège mais aussi à Mons. Ils témoignent du malaise grandissant des autorités éducatives vis-à-vis des nouvelles technologies en général, des blogs et des réseaux sociaux en particulier.

Ce matin, sur les ondes de Bel RTL, on apprenait que la direction de l’Institut  St-Jacques à Liège avait décidé de sanctionner près de 70 élèves, coupables d’avoir publié un groupe sur Facebook appelant à la démission de l’une de leurs éducatrices.

Nous avons découvert que des élèves avaient créé un groupe sur Facebook appelant à la démission d’une éducatrice et assorti de propos blessants pour cette éducatrice. Donc nous avons tout de suite demandé au créateur de ce groupe de le supprimer et nous avons voulu amener tous les élèves faisant partie du groupe à réfléchir à la portée de leurs actes.1

Selon la directrice de l’établissement, Françoise Neuray, les jeunes n’avaient pas bien réalisé ce qu’ils faisaient. La sanction? Deux heures de colle et la remise d’un travail de rédaction sur les dangers d’internet et ses dérives pour tous les membres du groupe que la direction n’a eu aucun mal à identifier…

Un travail sans doute très utile, quelques élèves ne comprenant pas que l’on « bride » ainsi leur « liberté d’expression ». Un nouveau groupe est ainsi né (voir illustration) sur Facebook, révélateur de l’état d’esprit de ces potaches pour qui dire tout et n’importe quoi, risquant ainsi de blesser et de porter atteinte à autrui, est un droit fondamental. Grossière erreur puisque tout écrit, même sur Internet, engage la responsabilité de son auteur. Qui pourrait être poursuivi s’il s’avérait que sa prose porte atteinte à la vie privée.

A Mons aussi on a parlé de Facebook. C’était  il y a quelques semaines, l’effort de la rentrée enfin digéré. La direction de l’École du futur avait fait parvenir à tous ses enseignants une note interne dans laquelle elle leur interdisait de compter des élèves (les anciens excepté) parmi leurs « amis » sur le réseau. Cette décision était, semble-t-il, essentiellement motivée par le souci de respecter le code déontologique des enseignants. Pour les profs « coupables » de s’acoquiner ainsi avec leurs élèves, la direction n’hésitait pas à parler de « démarche déontologique inadmissible ».

Très décus, les élèves ne comprenaient pas ce qu’ils ressentaient pour beaucoup comme une sanction injustifiée. Car à l’École du futur, les nouvelles technologies font partie de l’apprentissage, un apprentissage où l’ordinateur est pour eux ce que le stylo est pour d’autres, un simple outil… comme ces réseaux sociaux qu’ils apprennent à apprivoiser avec plus ou moins de prudence.

Mais le texte n’aura pas vécu longtemps. Aussitôt publié, il fut cassé par le pouvoir organisateur provincial qui estima que la direction de l’École du futur avait outrepassé ses droits. La députée provinciale (PS), Annie Taulet, a souhaité remettre les pendules à l’heure :

On ne peut interdire, légalement, aux profs d’avoir comme amis certains de leurs élèves sur Facebook. Tout au plus peut-on leur rappeler les règles déontologiques inhérentes à leur profession. Chaque enseignant est donc libre d’agir en son âme et conscience. Facebook relève de la sphère privée et il ne nous appartient pas d’intervenir.2

Ces deux faits divers, à la fois si proches et pourtant différents, rappellent en tout cas que tout n’est pas permis sur la toile. Nos élèves sont-ils assez informés? Et les professeurs? Si discuter avec un(e) élève sur Facebook est autorisé, comme le fait d’aller boire un verre avec ce(tte) même élève après les cours, cela reste-t-il acceptable déontologiquement? Faudra-t-il un jour légiférer? Ou bien chaque école devra-t-elle s’adapter et revoir son réglement d’ordre intérieur?

Pour l’instant, c’est à chaque enseignant de poser ses limites et faire ses expériences…

  1. Source : RTL – Françoise Neuray – 3.02.09 []
  2. Source : Le Soir – 15.01.09 []

13 commentaires à propos de “Quand Facebook s’invite à l’école”

1

3 février2009
pascal

Deux affaires assez différentes selon moi.
Discuter avec des élèves sur Facebook ne me semble pas être une faute déontologique. Une faute de goût, tout au plus :)
Par contre, appeler à la démission d’une éducatrice, la nommer, placer sa photo sur FB, c’est autre chose. Il y a atteinte à l’intégrité de la personne.
Dans « La Meuse » du jour, un parent d’élève trouvait la sanction exagérée. Je la trouve bien douce. Que sont deux heures de colle pour méditer sur les risques d’Internet face à un procès qu’aurait très bien pu intenter l’éducatrice (et/ou l’école) contre les membres de ce groupe ?

2

4 février2009
Echocynique

« Tout au plus peut-on leur rappeler les règles déontologiques inhérentes à leur profession. »

Il faut vraiment les rappeler? Cela ne va-t-il pas de soi?

3

4 février2009
Jacqueline

Je suis peut-être « vieux jeu » mais je ne comprends pas que des enseignants acceptent comme « Amis », sur Facebook, des élèves auxquels ils donnent cours.
Comme Pascal, je considère que la sanction concernant le groupe ayant demandé la démission de l’éducatrice est « douce ». La preuve : la création de « J’ai été en colle pour l’affaire X mais j’assume » ! Autrement dit, cette « sanction » n’a guère eu d’effet !
Je plains, sincèrement, l’éducatrice concernée ! Je la trouve bien magnanime !

4

5 février2009
pascal

Je ne le ferai pas non plus, Jacqueline.
Mais si mes collègues veulent le faire, ça les regarde. Avec les risques que cela comporte…

5

5 février2009
hedwige

J’ai des amis qui sont des anciens élèves. Je refuse d’office les élèves que j’ai ou pourrais avoir en classe. Donc une fois en rhéto.. (je suis dans le DI) je les accepte dans une liste particulière bien réglementée. Si j’ai des contacts avec eux ils se bornent à des nouvelles de ce qu’ils font comme étude, ou travail. J’ai ainsi une de mes toutes premières élèves il y a 15ans qui m’a contactée et écrit un joli message. Ca fait toujours plaisir.
JE crois que chacun doit bien se rendre conmpte que facebook est une arme à double tranchant… il faut veiller à ce que l’on poste, protéger aussi sa vie privée. C’est ce que j’appelle toute une éducation et je pense que l’école à son rôle à jouer dans l’utilisation d’internet, de facebook ou des blogs. Car… ce que des ados mettent sur la toile aujourd’hui pourrait ressortir du placard dans 10ans… et ils auront bien changé.

Pour l’autre cas… je comprends que l’éducatrice ait été blessée…mais avant les élèves avaient d’autres moyens pour faire passer leur « message ». Je suis pour une punition car les jeunes doivent apprendre qu’on ne peut pas tout se permettre en argüant la liberté d’expression ou la vie privée. En tant que prof. notre vie privée est fort limitée sachant que nous devons à tout moment surveiller nos écrits, nos gestes même ceux qui ont un rapport avec la vie privée. Nous ne sommes pas libre non plus de faire ce que l’on veut une fois la porte du bahut claquée. Donc… si les porfs ont une limitation dans l’expression ce doit être pareil pour les élèves.

7

6 février2009
Philippe

Bonjour,

Quelle naïveté de la part de ceux qui veulent censurer profs ou élèves ! A moins que ce ne soit la peur, sans doute conservatrice, de la nouveauté technologique

Se focaliser sur Facebook est ridicule. Il convient d’apprendre aux jeunes à utiliser les technologies de l’Information et des Communications (dont l’Internet) correctement et légalement. Qu’ils diffament quelqu’un sur Facebook ou sur un blog … où est la différence ?

C’est précisément là que nous devons les aider: en les accompagnant, en leur expliquant et pas en censurant !!!

Philippe

8

6 février2009
pascal

Amusante ?
On vit dans un monde bien étrange où il semble normal de dénigrer et calomnier en public et anormal de sanctionner un manquement d’éthique et de valeur.
Il serait temps qu’on arrête de critiquer une école chaque fois qu’elle prend une mesure ou donne une punition à un élève.
Lui demande-t-on d’éduquer les jeunes ou de fermer les yeux comme nombre de parents ?

9

6 février2009
Mme F.

Je suis entièrement solidaire de l’éducatrice qui a été odieusement vilipendée, sans possibilité de se défendre. Je suis aussi solidaire de la direction de cette école qui a fait le choix courageux de rappeler ce qui est bien et ce qui est mal. Ceux qui se réfugient derrière la liberté d’expression doivent savoir qu’exprimer des idées, ce n’est pas diffamer ou calomnier quelqu’un, ce sont des démarches tout à fait différentes.
Des jeunes qui enfreignent les codes de la morale doivent être remis sur le droit chemin, et donc censurés. Ils devraient aussi, à mon sens, procéder à une démarche d’excuse face à la personne qu’ils ont ainsi démolie. Et les adultes devraient les encourager à cela plutôt que d’essayer à toute force de justifier leur erreur. A mon sens le discours devrait être celui-ci : « Tu as fait une erreur pour telle et telle raisons. Tu vas essayer de réparer et tu pourras ainsi récupérer ta place dans la communauté scolaire. » Au lieu de ça, il y a des adultes qui brandissent des « droits à la vie privée »… Et la vie privée de l’éducatrice, ils y ont pensé ? Et la vie au sein de l’école, suite à ce dérapage, comment la voient-ils ? On pourrait donc impunément cracher son venin sur ses professeurs, ses éducateurs en toute sérénité ?

10

6 février2009
pat

Avant, on écrivait ses graffitis sur le mur des toilettes.
Maintenant, on choisit Facebook.

11

7 février2009
Echocynique

« Avant, on écrivait ses graffitis sur le mur des toilettes.
Maintenant, on choisit Facebook. »

Le différence est que ce que l’on écrit dans les toilettes ne prut pas être lu par des milliards d’internautes

12

8 février2009
anna

C’est l’arroseur arrosé. Amusant, non ?
L’an dernier les profs de cette école usaient du même procédé pour obtenir la démission de leur nouveau directeur. Et ils l’ont eue !
Cette année, ils condamnent les élèves : « faites ce que je dis, pas ce que je fais »
Amusant, oui !

13

2 mars2009
Monique

La même triste « aventure » est arrivée il y a quelques années à une enseignante de l’école de mon fils via un blog tenu par plusieurs élèves… les commentaires fusaient, des photos trafiquées étaient ajoutées, etc…
Et ce n’est sûrement pas un cas isolé, comme ce groupe sur Facebook.

Avec ces nouveaux moyens d’expression et de communication (si on peut appeler cela ainsi pour des délations), c’est si facile !

Mais j’apprécie FB pour retrouver des anciens élèves et rester en contact; je fais d’ailleurs partie d’un groupe d’anciens de l’école et dans mes « amis », j’ai plusieurs d’entre eux.

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