Rien de neuf sous le soleil. Ils sont encore près de 4000 élèves – 2700 convoitant une place dans l’enseignement catholique et 1300 espérant pouvoir s’inscrire dans l’enseignement officiel – à n’avoir obtenu aucune place dans une des écoles de leur choix. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir multiplié les inscriptions, histoire de forcer quelque peu la chance. Ce sont toujours les établissements bruxellois et du Brabant wallon qui restent les plus demandés. La situation dans les autres provinces semble s’être normalisée.
4000 élèves ! Le chiffre est important… Mais le ministre (qui commence à s’impatienter) le relativise néanmoins très vite en rappelant que près de 3000 jeunes sont encore inscrits dans plusieurs établissements. Les écoles étant en ce moment à pied d’œuvre pour essayer de débusquer les doubles ou triples (voire plus) inscriptions. Problème, si la communication semble plutôt bien fonctionner entre écoles relevant d’un même réseau, le réseau catholique et son confrère non confessionnel n’ont pas encore confronté leurs listes. Et cela malgré que le ministre avait affirmé que cela serait fait vers la fin du mois de janvier 2008. Un enfant tiré au sort à l’athénée X pourrait avoir aussi décroché une inscription au lycée Pie Y… et donc bloquer une place précieuse. Et si le libre semble avoir mis de l’ordre dans les listes de 60%de ses écoles, le réseau officiel reste à la traine.
Le premier a envoyé il y a quelques semaines un courrier à quelque 2000 parents, leur demandant de confirmer leur inscription dans l’un des 80 établissements à Bruxelles et en Brabant wallon ou d’accepter de se désister des autres listes où leur enfant figure en ordre utile ou en liste d’attente, sachant que chaque désistement permet à un autre enfant de gagner une place dans la liste.
Inutile de dire que moins de la moitié de ses missives lui sont revenues… dont certaines barrées d’injures. En effet, rien n’oblige les parents à se décider avant la rentrée prochaine. Il est donc peu probable d’enregistrer de nombreux désistements dans les jours et les semaines qui viennent.
A Bruxelles-Ville, un millier de lettres viennent de partir. Ces écoles avaient pris du retard, notamment à cause de divers recours en justice. Les derniers chiffres font état de 9200 demandes pour 6700 places disponibles dans une soixantaine d’écoles.
Mais ici aussi, on s’attend à peu de coopération de la part de parents très remontés et dans un réseau d’établissements qui comptent parmi les plus demandés.
Les (rares?) réponses qui reviendront seront transmises aux directions d’écoles qui adapteront leurs listes. Une fois ce travail effectué, ces dernières seront comparées et un nouveau courrier sera envoyé aux familles encore inscrites plusieurs fois. Lorsqu’elles auront répondu, on saura (enfin!) combien d’enfants restent sur le carreau. Mais pour cela, il faudra qu’elles répondent…
Ils sont nombreux à parier aujourd’hui que la bulle des inscriptions multiples ne sera pas dégonflée avant… septembre 2009.1
- Source : Le Soir - 6.02.09 [↩]
Zéro pointé. Une roue de charrette. Une grosse bulle.
Le décret mixité, c’est l’exemple par l’absurde qu’une politique mal préparée, avec des bouts de ficelles et sans réelle étude d’impact, ne peut aboutir.
Bulle d’inscriptions multiples, bugs informatiques, interprétations différentes entre différents établissements. Christian Dupont a raison sur un point: qu’est-ce qui a vraiment changé par rapport à avant?
Et bien : l’appel d’air vers les écoles de qualité pointées par les files d’abbord puis par la longueur de la liste d’attente ensuite. Donc de l’ultra-libéralisme faisant les beaux jours de la dualisation de l’enseignement.
Ensuite, le coût administratif incroyable nécessaire pour accueillir les parents endéans une période courte, pour traiter les dossiers multiples, pour assainir les listes et avertir les parents,…
Enfin, la détresse psychologique énorme conséquente de ces inepties démagogiques. Des enfants en souffrance, des parents fragilisés (parfois même dans leur couple), des directions prises d’assaut et des équipes pédagogiques attristées de ces messages contre-productifs pour leurs images.
L’échec scolaire dans tous cela, secondaire! car l’important est l’égalité des chances d’entrer dans l’école, pas d’en sortir!
Donc, si une balance est faite entre les points positifs et les points négatifs, le décret mixité est l’uns des décrets les plus couteux en temps, argent et perte d’image pour le Ministère de l’Enseignement.
TOUS les participants qui ont poussé, préparé et voté ce texte sans en percevoir les enjeux réels et les incidences concrètes (les associations de parents les avaient pointées elles anticipativement mais sans succès d’estime à l’époque), devraient être mis hors d’état de nuire et rendre leur tablier. Ils ont montré leurs limites. Le seul qui mérite de rester est celui qui a déclaré qu’il s’était trompé : Christian Dupont. Mais avec une nouvelle équipe et de nouveaux parlementaires à la Commission Education. Comment imaginer un seul instant que ceux qui ont voté ce texte vont le déclarer caduque et voter son contraire?
La roue tourne mais les hamsters semblent morts… Ils se laissent guider par la rotation d’inertie en attendant que le mouvement s’arrête de lui-même… Le problème: il y a plusieurs centaines d’enfants (en décomptant les multiples inscriptions) qui ont aussi sont dans l’incertitude de ce balancier irréfléchi et hors de tout comité de pilotage…
>> Ils sont nombreux à parier aujourd’hui que la bulle des inscriptions multiples ne sera pas dégonflée avant… septembre 2009
Et on peut parier qu’à ce moment, le ministre ne sera plus en charge du dossier, mais qu’il aura été cédé à quelqu’un d’autre, après les élections de Juin.
Comme Mme Arena, Mr Dupont se verra proposer un autre siège par Mr Di Rupo et jamais, au grand jamais, ils n’assumeront leurs erreurs.