Au lendemain de l’agression à l’Athénée Royal d’Ans-Alleur, nous étions nombreux à nous demander si ce genre de faits divers était monnaie courante dans le petit monde de l’enseignement. Certes, le cas cité est exceptionnel de par sa violence et le drame de Termonde n’est pas étranger à l’emballement médiatique qu’il a suscité. Mais à côté de cet acte sauvage exceptionnel, combien d’agressions crapuleuses, combien de coups et combien d’insultes essuyées par les professeurs au quotidien?
La réponse, la Communauté française nous la livre tous les deux ans sous forme de statistiques. En 2005, elle avait relevé 176 agression tant physiques que verbales, à l’égard des enseignants. En 2007, la Cellule des accidents du travail en a répertorié 239.
Les faits de violence vont de la bousculade au lancement de projectiles en passant par l’étranglement ou l’empoisonnement. Ces derniers restent heureusement assez rares quand on les compare aux menaces et aux insultes.
Dans 70% des cas, les auteurs des agressions sont des élèves. Et dans 11% des cas, ce sont des parents.
C’est le Hainaut qui se trouve être la province la plus touchée avec 90 faits. La ville de Bruxelles et la province de Liège complètent le top 3 avec respectivement 66 et 43 agressions répertoriées.
Bien sûr, ces chiffres ne sont pas exhaustifs. Mais ils témoignent néammoins d’une montée irrésistible de la violence au sein de nos écoles. Le ministre compte sur les « écoles mobiles » pour occuper le terrain et sensibiliser à la non-violence. Espérons que les statistiques de 2009 traduiront, sinon un recul, au moins une stagnation. Les enseignants – comme les élèves – mérient bien ça.1
- Source : Sudpresse – 5.02.09 [↩]
Si je comprends bien il s’agit donc principalement d’insultes et de menaces.
Donc je ne suis pas sûr qu’il y ait vraiment une augmentation de la violence.
Deux phénomènes peuvent jouer:
- les élèves contrôlent moins leurs paroles. Tout comme les parents.
- les profs signalent plus qu’avant les incidents, même s’il s’agit « seulement » de menaces.
Je ne dis pas que ce n’est pas grave. Une seule violence est une violence de trop. mais il faut relativiser.
239 sur 100.000, c’est plus que la moyenne en CF?
« Le père s’accoutume à traiter son fils en égal (…), le maître tremble devant ses élèves et préfère les flatter (…), alors les citoyens se mettent à se moquer des lois (…) alors c’est, en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie. »
Platon, République, l. VIII.
C’est un métier où l’on travaille avec du « matériel humain ». Dès lors, espérer que tout se passe comme dans le meilleur des mondes est illusoire. L’école n’est que le reflet de notre société même si cela reste un milieu protégé et ces chiffres ne sont pas significatifs. Evidemment, on ne peut ignorer que la province « à risques » est le Hainaut qui traîne un retard économique considérable en Wallonie avec un taux de chômage important. Cette corrélation n’est pas un hasard.
Cette corrélation n’est pas un hasard? Les régions où l’on respecte moins son prof seraient celles avec un plus grand chômage?
C’est possible.
Raison de plus pour le ministre Dupont d’améliorer l’enseignement
A mon avis, ces statistiques sont loin de refléter la réalité… Les insultes et autres agressions verbales sont quotidiennes dans certains établissements, sans pour autant être officiellement dénoncées. Malheureusement, ça devient « banal »…
On peut rajouter une personne… J’ai commencé en septembre et j’ai déjà eu deux problèmes: menaces et bousculade et la semaine passée insultes en rue et agression physique…
Ca donne envie de continuer…
Je n’ai jamais connu de « grosses » agressions dans mon établissement mais je trouve qu’il y a une violence latente de plus en plus flagrante. Beaucoup d’insultes entre élèves, de coups perdus à gauche et à droite « pour jouer », de cris… Sans parler du manque de respect. Certains élèves ne parlent pas, ils crient. Et ça, c’est usant.
Je m’y ajoute, enseignante depuis 4 ans, je n’avais jamais eu peur, jusqu’à cette année, un élève de 3TQ, caractériel, je n’ai dû mon salut qu’aux autres garçons de la classe qui l’ont retenu, celà fait 3 semaines et il est toujours en classe, aujourd’hui c’est un élève qu’il a fait frappé , cet individu fait peur à tout le monde mais on le garde car l’école a besoin d’élèves ! J’ai maintenant peur de ne plus rentrer chez moi un soir et j’envisage d’arrêter d’enseigner. M le ministre, donnez-nous des videurs dans les écoles et des cours de self défense !!
Moi aussi j’ai été aggressée physiquement par deux fois. Un èlève a refermé intentionnellement la porte avec violence ==> gros hématome à la main. Puis une seconde fois :un projectile à la fesse alors que j’écrivais au tableau – j’ai cru recevoir une balle tellement la douleur fut fulgurante ! J’ai eu une douleure lancinante pendant quelques jours puis une douleur comme un gros bleu pendant le reste de la semaine. Mais le plus dur c’est de voir que la direction située dans un autre bâtiment quelques rues plus loin (après avoir reçu deux rapports) n’a rien fait. C’était un remplacement à mi-temps (je courrais entre cette école et une autre bien plus loin) et quelques jours plus tard il se terminait. Mais la titulaire ne rentrant pas on m’a demandé de prolonger mon intérim. J’ai refusé. Incompréhension de la direction … ! Heureusement l’inspecteur l’a très bien compris et m’a tout de suite donné un autre intérim. J’avais hésité à porter plainte la prochaine fois je n’hésiterai plus.
J’ai été agressé le 13 mars 2008 en classe suite à une remarque concernant un manque d’éducation vis-à-vis de la classe et d’un autre élève. Quelques semaines plus tard, j’avais de plus en plus mal et j’ai eu une épaule « gelée ». L’agression a été reconnue par le CF et heureusement pour mon moral. Je n’ai pas déposé plainte car je ne voulais pas attaquer mon établissement, mais sans doute que la prochaine fois, ma réaction sera différente. J’ai annulé mes vacances en août car je ne pouvais rien faire. Quelques examens, piqûres, et 65 séances de kiné, mon dossier est en consolidation depuis quelques semaines. Je n’ai pas pris un seul jour de maladie et je vois chaque jour cette élève dans la cour. L’élève a été sanctionnée d’une journée de renvoi.
Je n’ai pas ( encore ? ) rencontré les parents, reçu leurs excuses et ceux-ci sont d’ailleurs rassurés : l’assurance familiale va payer les frais. En fait, nous payons donc tous solidairement pour ces agressions. C’est inadmissible que les parents n’ont pas à assumer les actes de leur enfant. En 30 ans de métier, c’est la première ( et dernière fois, j’espère ) que je me faisais agressé physiquement et ce n’est pas si évident que cela surtout quand la victime vit cette situation comme une impunité. Je m’engage toujours vis-à-vis des élèves ( presque )comme avant car tous ne peuvent payer pour quelques agreseurs. Je pense que dès qu’une agression physique est reconnue par la CF, un renvoi définitif devrait être prononcé . Je suis bien conscient que cette mesure peut sembler lourde, mais il faut passer par là pour me juger.
Et tout cela pour avoir dit à une élève qu’elle ne pouvait faire ce genre de remarques en classe et qu’elle manquait d’éducation vis-à-vis des autres élèves de la classe.
Mais pour les autres, ceux qui nous méritent, nous faisons le plus beau métier du monde.
Au « corps enseignant »…
Il est tout à fait exact que vous faites l’ »un » des plus beau métier du monde.Un métier honorable que de transmettre son savoir pour instruire et éduquer(le temps que l’élève est sous votre responsabilité) la jeunesse.
J’aimerai en savoir un peu d’avantage sur les agressions des professeurs ,si quelqu’un pouvait me renseigner où je peux me procurer les statistiques d’agression d’enseignants de ces cinq dernière années, je vous en serai reconnaissante…
Merci d’avance!
Cordialement
Sarah