Fin de carrière : Dupont chouchoutte les "seniors"

euros2On l’a assez dit : l’enseignement connait une grave pénurie. Les jeunes ne sont pas (plus?) attirés par la profession et les collègues expérimentés sont, en revanche, nombreux à compter les jours qui les séparent de la retraite. Certains n’hésitent pas à profiter des DPPR qui sont, pour rappel, garanties jusqu’en 2011.

Souvenez-vous de ce que nous vous rapportions en juin dernier :

Pour éviter que tous les professeurs âgés de 55 ans ou plus ne prennent la poudre d’escampette, il est prévu un incitant salarial pour les professeurs âgés de plus de 57 ans qui choisiraient de rester dans leurs classes. Cela sera-t-il suffisant? En ces temps difficiles, les enseignants vont-ils préférer un salaire plus important? L’avenir nous le dira.

Peu de précisions à l’époque sur ce qu’allait être cet « incitant salarial ». Le ministre Dupont s’est voulu plus précis la semaine dernière en annonçant de nouvelles mesures dont l’une offrirait 120 euros nets supplémentaires aux enseignants de 58 ans.

Il faut savoir que sur 100% d’enseignants candidats à la prépension chaque année en Belgique, 65% sont francophones. Et en Flandre, pas question de partir avant 58 ans, au contraire de la Communauté française.

Voilà les professeurs invités, en échange de ce cadeau financier, à poursuivre leur enseignement le plus longtemps possible. Toni Pelosato, chef de cabinet du ministre Dupont explique :

Depuis le 1er janvier, il leur est attribué une biennale supplémentaire dès qu’ils atteignent l’âge de 57 ans et une seconde à l’âge de 58 ans. Cela peut représenter 120 euros nets de plus chaque mois. Ce n’est pas rien et c’est aussi valorisé dans le calcul du montant de la pension future.

Comment nos colègues vont-ils accueillir ce présent de leur ministre? L’argent sera-t-il une motivation suffisante pour rester devant le tableau noir? Le ministre semble en tout cas faire le pari que, crise aidant, ils seront moins nombreux à vouloir raccrocher. Et offrir un peu d’argent de poche, c’est toujours intéressant, électoralement parlant.1

  1. Source : La Libre – 16.02.09 []

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5 réponses à Fin de carrière : Dupont chouchoutte les "seniors"

  1. franufle dit :

    Quand on voit les difficultés auxquelles sont confrontées les enseignants aujourd’hui, je suis sidéré de constater qu’on incite les « seniors » à rester le plus longtemps possible à l’école.
    Je pars du principe qu’un enseignant doit être à 100 % de ses capacités physiques et intellectuelles pour avoir l’énergie de « tenir » une journée devant les élèves d’aujourd’hui. Beaucoup de gens approchant la soixantaine ont des petits problèmes de santé, n’ont plus la patience de gérer des enfants ou des ados qui pourraient être leurs petits-enfants ! Bien sûr, leur expérience est très riche mais ont-ils toujours envie de se remettre en question, de renouveler leurs cours alors que l’heure de la retraite approche ? Dans mon école, je côtoie deux ou trois profs (sur 80 !)de plus de 55 ans qui sont très motivés et qui iront vraisemblablement jusqu’au bout. Mais depuis que j’enseigne (20 ans l’année prochaine) l’immense majorité des profs que j’ai rencontrés aspiraient à terminer le plus tôt possible, usés par un métier où les élèves ne vous pardonnent pas une faiblesse. J’invite le ministre à donner cours aux classes de 3P-4P pendant une semaine et il constatera que ses adversaires politiques sont des « bisounours » par rapport à certains de ces élèves.

  2. Termina dit :

    Entièrement d’accord avec le commentaire de Franufle.
    Cette mesure est un camouflet de plus. Si le salaire était le seul élément motivant de la carrière d’enseignant, peu resteraient !
    Il est vrai qu’il ‘agit d’un métier qui carbonise et une carrière en 3P / 4P est usante. Au contraire, la retraite des profs qui totalisent une carrière complète dans ce genre d’enseignement devrait être majorée d’office… car c’est plus dur que KHO LANTA.

  3. charlemagne dit :

    J’ai eu de la chance après 30 ans de carrière d’avoir été mutée ds une autre ècole après du harcèlement de la directrice car ma motivation pour l’enseignement était au plus bas….Mon nouveau directeur me motive et je suis bien partie pour quelques années à 52 ans et dans une jeune équipe super motivée.Je suis enseignante de 1ère maternelle ,une classe de 26 enfants aidée d’une charmante puéricultrice.

  4. Jacqueline dit :

    Il est possible que cette augmentation pécuniaire « motive » certains enseignants à prolonger leur carrière au-delà de 55 ans.
    J’écris « certains » car tous les enseignants ne font pas « le même métier ». Il est indéniable que l’école où l’on enseigne, la tranche d’âge, les sections, le cours lui-même…représentent des éléments qui rendent la profession plus ou moins « facile ».
    Pour la plupart des enseignants, je pense que c’est un leurre de croire que cette augmentation va les inciter à rester plus longtemps dans le métier.

  5. Marianne dit :

    J’aurai bientôt 51 ans et 27 ans de carrière. Je regarde avec envie mes collègues de 55 ans qui partent, et ceci pour une seule raison : classes surpeuplées (31 élèves ou 28) au deuxième degré en D+++++.
    Je suis fatiguée de faire de la discipline, de les faire taire et en même temps de les faire parler, vu que je donne un cours de langues modernes.
    J’adore mon métier, même en D+, mais ne peut-on pas réduire tout simplement le quota d’élèves au second degré, comme c’est le cas au premier ?
    Ce n’est pas nécessaire de nous faire miroiter des augmentations de salaire ou une réduction du nombre d’heures. Ce serait nettement plus productif d’avoir des classes moins nombreuses !